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9 juillet 2024 2 09 /07 /juillet /2024 03:23

« Pierrot est un grand enfant. Ce n'est pas de la provocation, c'est de l'espièglerie. Et c'est surtout du texte ! Il écrit bien, le bougre, il l'a tellement prouvé tout au long de son immense carrière. » (Un internaute sur Youtube en juin 2024).



 


L'auteur-compositeur-interprète français Pierre Perret fête son 90e anniversaire ce mardi 9 juillet 2024. Il chante depuis... 1956 ! (à l'âge de 22 ans).

Pendant longtemps, j'ai cru que ce chanteur populaire était fait pour les enfants, s'adressant à eux, parfois avec des chœurs d'enfants, avec des chansons très connues comme "Les joyeuses colonies de vacances", "La cage aux oiseaux" et bien sûr, l'incontournable et rigolote chanson pour l'éducation sexuelle, "Le Zizi" !

En fait, avec son air naïf et ses expressions parfois simplettes, ce saltimbanque joue avec les mots et avec les idées, il est capable de chanter sur l'actualité, un peu à l'instar de Michel Sardou (il l'a encore fait récemment sur les poubelles de Paris et sur le covid-19), mais il est plus que cela. Parfois, il peut faire penser à Georges Brassens, juste une guitare, une mélodie pas très travaillée, des phrases beaucoup plus travaillées, un peu de malice avec les mots et les idées, de la malice aux yeux brillants et un coin de sourire ensoleillé. Et il utilise même l'argot, puisque fils de cafetier, il connaissait bien le parler populaire.

Quand on lit sa bio, d'ailleurs, il est dit justement qu'au début de sa carrière, Pierre Perret a rencontré Georges Brassens et qu'il a été souvent comparé à lui. Difficile de ne pas imiter ceux qu'on aime. Il a été très vite remarqué par un directeur de cabaret, par quelques artistes dont Boris Vian, et aussi Eddie Barclay. Il a aussi rencontré Jacques Brel aux Marquises.

 


Très tôt, Pierre Perret a mis en garde contre le racisme, dès 1977 avec "Lily", il a continué à contrer les idées de l'extrême droite avec "La bête est revenue" en 1998.

Grivois ou engagé, selon les cas. Poète, toujours. Ami de Michel Rocard et de Lionel Jospin, il a soutenu ce dernier aux élections présidentielles de 1995 et 2002, il a soutenu aussi le mouvement des gilets jaunes (c'est son côté un peu anarchiste), mais il a fustigé la politique municipale d'Anne Hidalgo à Paris. Son dernier disque ("Ma vieille carcasse") est sorti le 14 avril 2023 et sa dernière tournée en 2020 ("Mes adieux provisoires") a été interrompue par la crise sanitaire.


Magnéto, Pierre !



1. "Le tord boyaux" (1964)






2. "Les jolies colonies de vacances" (1966)






3. "Pépé la Jactance" (1966)






4. "Cuisse de mouche" (1968)






5. "La cage aux oiseaux" (1971)






6. "Le représentant en confiture" (1971)






7. "Le Zizi" (1974)






8."Ça y est les mecs" (1974)






9. "Ne partez pas en vacances" (1974)






10. "À poil" (1974)






11. "Ma p'tite Julia" (1974)






12. "Mon nouvelle adresse" (1976)






13. "Lily" (1977)









14. "Mon p'tit loup" (1979)






15. "Bernard Pivot" (1986)






16. "La Corinne" (1995)









17. "La bête est revenue" (1998)






18. "La vie du Pape" (2010)






19. Concert à l'Olympia de Paris le 29 octobre 2006



 

Son hommage à Bernard Pivot est particulièrement poignant cette année...

« Car le soir de diffusion d'Apostrophes
Plus un chat dehors

Pour les prolos commerçants philosophes
L'émission d'abord
Et même ceux qui font l'amour sur la table
Arrêtent leurs ébats coupables

Ils prennent le pied en regardant le show ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 juillet 2024)
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Pour aller plus loin :
Les poubelles de Paris.
Pierre Perret.
Michel Polnareff.
Françoise Hardy.
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Sophia Aram.
Fanny Ardant.
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Alain Chamfort.
Micheline Presle.
Plastic Bertrand.
Jacques Dutronc.

Guy Marchand.
Maria Callas.
Catherine Deneuve.
Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
Fernand Raynaud.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240709-pierre-perret.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-espiegle-poete-pierre-perret-255607

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/07/08/article-sr-20240709-pierre-perret.html



 

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3 juillet 2024 3 03 /07 /juillet /2024 03:09

« C'est très présomptueux que de penser qu'on est en possession de sa propre vie. On n'en est que le locataire. Et un jour il faut rendre les clefs. » (Michel Polnareff, "Spèrme", éd. Plon, 2016).



 


Ce n'est pas chapeau melon et bottes de cuir, mais tignasse blonde et lunettes noires ...et blanches (depuis l'automne 1971) : le chanteur franco-américain (encore un binational !) Michel Polnareff fête ses 80 ans ce mercredi 3 juillet 2024. Bon anniversaire ! Auteur-compositeur-interprète pianiste, Michel Polnareff tient une place à part dans la chanson française par son talent, sa voix exceptionnelle, sa musique et (parfois) ses provocations (par exemple, une paire de fesses pour devanture). Musiktips a cité le 24 octobre 2020 son idée de la provocation : « La provocation n’est pas ma fonction première. Ma fonction première est de faire des choses qui font plaisir aux oreilles. ». Et même, au-delà des oreilles, au cœur.

Dans la provocation, il y a surtout les choses du sexe. Quand il était un peu trop crû, il était interdit d'antenne en 1966 avant 22 heures, et on pouvait diffuser après sa chanson "L'Amour avec toi" parce que les enfants dormiraient quand le chanteur chanterait : « Il est des mots qu’on peut penser, mais à ne pas dire en société. Moi, je me fous de la société et de sa prétendue moralité. J'aimerais simplement faire l'amour avec toi ! ». C'était l'archevêché de Paris qui avait protesté auprès des dirigeants de l'ORTF, on était à une tout autre époque !

Le langage crû, c'est de dire les choses clairement. Ainsi, dans son premier ouvrage "Polnaréflexions" (éd. Stock, 1974), il démentait être homosexuel, et en profitait pour dire que s'il l'était, il l'aurait dit pour avoir plus de facilité à trouver des partenaires : « J'ai toujours dû expliquer que je n'étais pas pédé, et que si un jour ou une nuit je le devenais, je le dirais tout de suite. C'est facile à comprendre. Pour une vedette, les succès d'ordre sexuel sont plus accessibles que pour la moyenne des gens. Donc si demain je devenais homosexuel, évidemment, je le ferais savoir tout de suite. Histoire de faciliter les contacts. Parce que, en 1974, cela ne doit plus être un problème. Plus du tout. ».

Dans "Polnareff par Polnareff" (éd. Grasset, 2004), il racontait une histoire d'hétérosexuel, dans une période déprimée : « Au Royal Monceau, j’étais sans grand appétit sexuel. Les mélanges d’alcools ayant provoqué des pannes de braguette embarrassantes, je rappelle mes anciennes fiancées en me disant que le résultat final importait peu, vu qu’elles m’avaient connu avant. Mais la plupart étaient maintenant mariées. Comment, on n’a pas la patience de m’attendre dix ans ou plus ? Je me retrouve dans des situations inédites. Appelant le mari d’une ex-conquête, je lui explique mon problème et lui demande s’il ne peut pas me laisser passer un moment de vérification avec sa femme. C’est juste pour un test, et finalement je la connaissais avant lui. Un peu étonné, il m’explique que malgré toute l’admiration qu’il a pour moi, musicalement s’entend, et sa compassion pour mes difficultés, je devrais essayer de trouver une solution ailleurs. Devant l’urgence quasi médicale, je réussis à le convaincre de la laisser venir. Grand seigneur, il s’incline. D’une voix un peu enrouée, il m’appelle le lendemain pour savoir comment ça s’est passé. Je lui réponds que je ne m’en souviens pas, il m’a eu l’air vaguement déçu. Je pense, sans aucun cynisme, que c’était une belle leçon de générosité sans aucune perversité de part et d’autre et qu’en tant que mec, quelque part il aurait souhaité que ça ait marché. ».

En lisant ces quelques phrases, même s'il ne croyait pas l'être, le chanteur montrait un grand sexisme et machisme parce qu'il laissait entendre qu'une femme, c'est juste un objet sexuel, un jouet qu'on peut se prêter entre mecs. Il a toutefois écrit dans "Spèrme" (éd. Plon, 2016) : « Néanmoins, je ne vis qu’à travers les femmes. Les femmes ont un rôle absolument étonnant. Elles commencent par nous porter, pour ensuite nous supporter. Depuis toujours elles sont ma source d’inspiration. ».

Fils d'un musicien russe né à Odessa et réfugié à Paris en 1929, et d'une danseuse bretonne, Michel Polnareff n'a pas connu sa tante et son oncle qui sont morts en déportation, à Auschwitz. Son père, ancien résistant, écrivait des chansons pour, entre autres, Édith Piaf, Yves Montand et Marcel Mouloudji, si bien que le fiston s'était mis au piano dès l'âge de 4 ans. Premier prix de solfège à 12 ans, Michel était battu par son père pour qu'il fût excellent et lui rêvait d'Amérique et de rock. SDF à l'âge de 20 ans pour être indépendant, il fut repéré par André Pousse et Lucien Morisse au début de l'année 1966 et fut rapidement connu pour ses premières chansons "Love Me, Please Love Me" et "L'Amour avec toi". L'Olympia dès le 25 octobre 1966 ! Il fut considéré comme faisant partie de la jeunesse dégénérée, en raison de son look un peu efféminé (pas loin de David Bowie) et de ses mots crûs. Un style était né. Et un look cinq ans plus tard.

"Le Bal des Laze" est, pour moi, un véritable chef-d'œuvre et la chanson émouvante que je préfère de Polnareff. Sortie en février 1968, mélodie qui fait dialoguer un orgue et une basse électrique, la chanson évoque un drame de l'amour d'un amant impossible, l'assassinat de son concurrent et son exécution prochaine (les paroles sont de Pierre Delanoë).


Dans les années 1970 et 1980, il a composé les bandes originales de quelques films comme "Ça n'arrive qu'aux autres" (1971) de Nadine Trintignant, "La Folie des grandeurs" (1971) de Gérard Oury ou encore "La Vengeance du serpent à plumes" (1984) de Gérard Oury (une dizaine de films en tout).

Multipliant les disques d'or mais en proie à la dépression, à des deuils, à des chagrins d'amour, à la peur de cécité, à la vie en Californie et à Paris, Michel Polnareff continue toujours à produire et même à venir sur scène. L'année dernière en 2023, il a fait une grande tournée en France dans des salles de concert ou dans des festivals, avec un grand succès à l'Accor Arena de Paris-Bercy les 2 et 3 juillet 2023, il y a juste un an.


Grâce à Internet, on peut écouter quelques-uns de ses succès, principalement sur ses sites officiels.



1. "Love Me, Please Love Me" (1966)






2. "L'Amour avec toi" (1966)






3. "La poupée qui fait non" (1966)






4. "Le Bal des Laze" (1968)






5. "Tous les bateaux, tous les oiseaux" (1969)






6. "Dans la maison vide" (1969)






7. "Tout, tout pour ma chérie" (1969)






8. "Je suis un homme" (1970)






9. "Holidays" (1972)












10. "On ira tous au Paradis" (1972)






11. "Fame à la mode" (1975)






12. "Lettre à France" (1977)









13. "Une simple mélodie" (1978)






14. "Tam tam l'homme préhisto" (1981)






15. "Radio" (1981)






16. "Viens te faire chahuter" (1984)






17. "La Belle veut sa revanche (Encore et encore)" (1985)






18. "Goodbye Marylou" (1989)






19. "Kâma-Sutrâ" (1990)






20. Concert aux Arènes de Nîmes le 8 juillet 2023






« J'en ai marre, j'en ai marre de lire des trucs moches dans les journaux
J'en ai marre, très, très marre qu'on m'dise c'qui est laid ou ce qui est beau
J'veux partir
Redevenir l'homme préhisto
Avec rien sur sa peau

Jouer du tam, tam, tam, tam, tam »

(Michel Polnareff/Jean-Paul Dréau, 1981).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 juin 2024)
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Pour aller plus loin :
Michel Polnareff.
Françoise Hardy.
Charles Aznavour.
Alain Souchon.
Patrick Bruel.
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Sophia Aram.
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Alain Bashung.
Alain Chamfort.
Micheline Presle.
Plastic Bertrand.
Jacques Dutronc.

Guy Marchand.
Maria Callas.
Catherine Deneuve.
Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
Fernand Raynaud.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240703-polnareff.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/michel-polnareff-provocateur-au-255293

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18 juin 2024 2 18 /06 /juin /2024 12:27

« Anouk Aimée, c'est un peu un cas en marge. "Huit et demi", "Lola", "Un homme et une femme" sont eux aussi des films en marge, mais c'est dans les marges du cinéma que se conçoit et s'épanouit le vrai cinéma. » (François Chalais, mai 1966).




 


Monument du cinéma français, selon l'expression de France Culture, l'actrice Anouk Aimée s'est éteinte à son domicile parisien ce mardi 18 juin 2024 à l'âge de 92 ans (née le 27 avril 1932 à Paris) selon un communiqué de sa fille Manuella. Cette dame déjà d'un grand âge avait su rester jeune non seulement dans l'esprit mais même dans le corps, il suffit de revoir une interview de 2002 (elle avait presque 70 ans) pour s'en rendre compte (on ne lui aurait pas donné un tel âge). Elle était une enfant précoce du cinéma et, jeune et belle star des années 1950 et 1960, elle a tourné avec les plus grands réalisateurs.

Pour Pierre Murat, dans un article publié ce 18 juin 2024 dans "Télérama", elle était la « reine des rôle énigmatiques » et n'avait pas besoin d'être dirigée : « Elle était là, elle, et cela suffisait. Tous ses metteurs en scène s’effaçaient devant l’incroyable présence qui lui servait de talent. ». Fellini, qui lui a donné deux rôles, disait d'elle : « Son visage évoque la même sensualité que ceux de Greta Garbo, de Marlene Dietrich et de Joan Crawford, ces grandes reines pleines de mystère. ». Il a dit à Anouk joliment : « Le temps se comporte avec toi comme un gentleman ! ».


Née de deux parents comédiens et d'origine juive, elle s'appelait d'abord Nicole Dreyfus. Cette origine juive l'a conduite à être scolarisée au collège de Morzine en Savoie pour échapper aux rafles, et elle y a connu Roger Vadim qui lui a appris à faire du ski. Parce qu'elle était une adolescente à la beauté étincelante, le réalisateur Henri Calef lui a proposé de tourner dans "La Maison sous la mer" (sorti le 20 août 1947) : elle avait 14 ans. En fait, Anouk Aimée a toujours un peu regretté de ne pas avoir fait carrière : elle aurait pu demander des rôles, elle n'a fait qu'accepter (ou refuser) les rôles qu'on lui proposait. Elle est devenue actrice par effraction, et elle aurait voulu devenir danseuse classique ou pharmacienne.

Ainsi, malgré la participation à des films éclatants (et culte), elle n'a jamais bénéficié de ses succès et chaque fois, ce fut un recommencement pour avoir des rôles. Elle n'a pas "capitalisé" sur ses succès parce qu'elle n'a jamais cherché à le faire. Un peu plus tard, dans les années 1970, elle a même fait un break pour devenir femme au foyer et elle a appris à faire de la bonne cuisine lorsqu'elle vivait avec l'acteur britannique Albert Finney, son quatrième (et dernier) mari.

Elle n'a pas fait carrière mais elle a quand même tourné près de quatre-vingt-dix films, surtout au cinéma, quelques-uns à la télévision. Et pas rien : Marcel Carné, André Cayatte, Alexandre Astruc, Julien Duvivier, Jacques Becker, Georges Franju, Jean-Pierre Mocky, Federico Fillini, Jacques Demy, Philippe de Broca, Robert Aldrich, Claude Lelouch, André Delvaux, George Cukor, Élie Chouraqui, Robert Altman, Alexandre Arcady, Marceline Loridan-Ivens, Yvan Attal, Édouard Molinaro, Agnès Varda, Charlotte de Turckheim, etc.

En particulier, elle a tourné avec le rôle principal dans des chefs-d'œuvre : "La dolce vita" de Fellini (sorti le 5 février 1960 ; Palme d'Or à Cannes) avec Marcello Mastroianni et Anita Ekberg ; "Lola" de Jacques Demy (sorti le 3 mars 1961) ; "Huit et demi" de Fellini (sorti le 14 février 1963) avec Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale ; "Un homme et une femme" de Lelouch (sorti le 27 mai 1966) avec Jean-Louis Trintignant, Pierre Barouh (un futur mari) et Valérie Lagrange. 1966 fut la consécration internationale pour l'actrice de 32 ans avec ce film qui a obtenu la Palme d'Or à Cannes et une nomination aux Oscars : dans l'une des deux vidéos que je propose ci-après, on la voit interrogée par François Chalais pour le Festival de Cannes en mai 1966. Elle était enjouée, souriante, spontanée, naturelle. Elle ne jouait pas la star boudeuse.

 


Elle a été adulée aux États-Unis et on lui a permis de rencontrer Groucho Marx. L'acteur qu'elle admirait John Wayne est aussi venu la voir pour la saluer et la féliciter. Avec Danielle Darrieux et Catherine Deneuve, Anouk Aimée était l'une des muses de Jacques Demy (trois films). Et aussi une des égéries de la Nouvelle Vague, elle était une actrice fétiche de Claude Lelouch avec qui elle a tourné huit films.

Anouk était le nom de son premier personnage dans son premier film "La Maison sous la mer" et rapidement, on l'appelait ainsi. Elle comptait garder ce nom de scène tout seul (Anouk) comme une autre actrice s'appelait seulement Arletty ("Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?"), mais Jacques Prévert lui a confié ce précieux conseil : Anouk tout seul ? Mais à 40 ans, qu'est-ce que tu vas devenir ?... et il lui a ajouté : Aimée. Elle allait donc être Anouk Aimée.

Elle avait fait la connaissance de Jacques Prévert en mai 1947 pendant le tournage de son deuxième film, "La Fleur de l'âge", de Marcel Carné (avec Arletty, Serge Reggiani, Martine Carol et Paul Meurisse), qui n'a pas été achevé pour cause de manque de financement (Prévert en était le coscénariste). Au début des années 1950, Anouk Aimée s'est intégrée dans le petit milieu de Saint-Germain-des-Prés, faisant la connaissance de Pablo Picasso, Jean Genet, Jean Cocteau, Raymond Queneau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, etc. (Pierre Murat : « Jean Genet qui lui dit adorer sortir avec elle : sa beauté attire le regard des hommes qu’il tente, ensuite, de draguer ! »). Elle a joué avec de nombreux acteurs comme Gérard Philipe, Jean-Pierre Cassel, Serge Reggiani, Yves Montand, etc. En France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis. Dans les années 1990 puis 2000, elle a fait du théâtre avec Alain Delon, Philippe Noiret, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Weber, Bruno Cremer, etc.

Dans les récompenses qu'elle a reçues, on peut citer entre autres le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes en 1980, un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 2002 (et une nomination au César de la meilleure actrice en 1979), un Golden Globe en 1967 (meilleure actrice), le prix de la meilleure actrice étrangères aux BAFTA en 1968, même l'Aigle d'or en 2010 (récompense russe), une nomination pour l'Oscar de la meilleure actrice en 1967 (pour "Un homme et une femme"), etc.


Anouk Aimée se répandait rarement sur les plateaux de télévision. Néanmoins, elle était l'invitée de Thierry Ardisson le 13 avril 2002 sur France 2 dans son émission "Tout le monde en parle" (et pas le 9 octobre 2004 : elle venait juste de recevoir son César d'honneur). C'est la seconde vidéo que je propose ici. Se prêtant au jeu du pas très conventionnel animateur, elle se montrait à la fois intelligente et intellectuelle (elle disait regarder Arte), et malgré son caractère réservé, elle dévoilait un excellent sens de la répartie.
 


L'intellectualisme, on peut l'appréhender lorsque Thierry Ardisson lui a demandé quelle question elle lui poserait : elle lui a posé une question ...tellement compliquée que cela a rendu silencieux le bavard animateur (qui était donc sans réponse). À la question : si vous deviez refaire votre vie, elle a reconnu qu'elle prendrait en considération avec un peu plus de sérieux l'argent... tout en se disant pour sa vie en cours : « Je n'ai pas trop à me plaindre ! ». À la question : que vous dites-vous en vous regardant dans un miroir le matin ?, elle a répondu : « Je me regarde, mais je ne mets pas mes lunettes ! ». La dernière fois qu'elle a pleuré (le sujet est encore d'une actualité très brûlante) : elle a vu deux mois auparavant un reportage sur des enfants palestiniens et des enfants israéliens qui jouaient ensemble... puis quand ils sont rentrés chez eux, ils se disaient que peut-être, quand ils seraient grands, ils seraient amenés à s'entre-tuer.

Mais la plus belle démonstration de son esprit de répartie, c'était à la question : s'il vous restait vingt-quatre heures à vivre, vous feriez quoi pendant ces vingt-quatre heures ? Elle a répondu avec un éclat de rire et sans hésiter : « Je pars à Honolulu parce que je gagne un jour ! ». Hélas, ce mardi matin, les vols pour Honolulu étaient complets. RIP.


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Sylvain Rakotoarison (18 juin 2024)
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Pour aller plus loin :
Anouk Aimée.
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Édouard Baer.
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Charles Aznavour.
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Patrick Bruel.
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Fanny Ardant.
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Alain Chamfort.
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Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Comment va Alain Delon ?
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.











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12 juin 2024 3 12 /06 /juin /2024 03:34

« Pardon si je pars en catimini
Et sans préavis
Pardon pour ce soir, pour hier aussi
La pièce est finie »

(Françoise Hardy/François Maurin, 2012).




 


Tristesse et peut-être soulagement : ce mardi 11 juin 2024, dans la soirée, la nouvelle est tombée. Françoise Hardy s'est débarrassée de sa maladie, mais pas seulement. Icône des années 1960, star durable de la chanson française, elle avait beaucoup témoigné ces dernières années pour raconter ses souffrances et sa maladie. Elle avait fêté ses 80 ans au début de l'année, il y a à peine cinq mois.

Elle n'aimait pas être une star, ni être sur scène, mais elle aimait chanter et elle nous a laissé de très nombreuses œuvres (79 albums en France, 43 musiques de film, etc., sans compter les albums pour l'étranger). Avec beaucoup de collaborations avec d'autres artistes comme Serge Gainsbourg ("Comment te dire adieu"), Michel Berger ("Message personnel"), Michel Jonasz ("J'écoute de la musique saoule"), Alain Souchon ("C'est bien moi"), Michel Fugain ("Tabou"), Louis Chedid ("Moi vouloir toi"), Jacques Dutronc ("Partir quand même"), Étienne Daho ("Laisse-moi rêver"), Julien Clerc ("Fais-moi une place"), etc. Une chanson comme "Partir quand même" est très belle, très douce, très nostalgique (elle allait devenir disque d'or en quelques semaines) ; elle m'avait souvent accompagné dans mes trajets nocturnes à une époque où je faisais beaucoup de route le week-end. En janvier 1982, Françoise Hardy disait : « J’ai toujours été la même, j’aime les belles chansons lentes sur fond de violons. Je n’aime que les chansons tristes. » ("Best" n°62, cité par Wikipédia).

Bien entendu, femme éclatante (de beauté en particulier), qui attirait tout le monde, jusqu'à Bob Dylan ! Jacques Dutronc fut son mari et Thomas Dutronc leur fils. Elle a eu un peu de chance pour ce qui allait devenir son "tube" très connu qui a marqué les années 1960, "Tous les garçons et les filles", car lors de la soirée électorale du référendum sur l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, le dimanche 28 octobre 1962, soirée très suivie par les téléspectateurs sur l'unique chaîne de la future ORTF, entre deux intervenants politiques, la chanson a été diffusée en guise d'intermède, ce qui l'a rendue célèbre et populaire en quelques minutes. Le disque s'est vendu à plus d'un demi-million d'exemplaires à la fin de l'année. Merci De Gaulle !

Comme actrice, elle a également amorcé à ses débuts une carrière cinématographique qu'elle n'a pas poursuivie, sauf pour les bandes originales de films. Pour son œuvre musicale, elle a reçu de très nombreuses récompenses dont deux Victoires de la musique (en 1991 et 2005), le grand-prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1963, le grand-prix de la Sacem en 2000, la grande médaille de la chanson française de l'Académie française en 2006, etc.


L'Internet peut faire revivre ses principaux succès immédiatement.
Hommage, en quinze déclinaisons.


1. "Tous les garçons et les filles" (1962)






2. "Comment te dire adieu" (1968)






3. "Parlez-moi de lui" (1968)






4. "Message personnel" (1973)





5. "Les Paradis perdus" (duo avec Christophe, sur Europe 1 le 21 septembre 1974






6. "Chanson sur toi et nous" (1977






7. "J'écoute de la musique saoule" (1978)






8. "C'est bien moi" (1982)





9. "Tabou" (1982)






10. "Moi vouloir toi" (1983)






11. "V.I.P." (1986)






12. "Partir quand même" (1988)






13. "Laisse-moi rêver" (1988)






14. "Fais-moi une place" (1989)






15. "Rendez-vous dans une autre vie" (2012






« Partir quand même
pendant qu'il dort
pendant qu'il rêve
et qu'il est temps encore
partir quand même
au moment fort
briser les chaînes
qui me lient à son sort
vont faire de moi un poids mort

un objet du décor »

(Françoise Hardy/Jacques Dutronc, 1988).



Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (11 juin 2024)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Un calvaire.
Françoise Hardy.
Charles Aznavour.
Alain Souchon.
Patrick Bruel.
Eden Golan.
ABBA.
Toomaj Salehi.
Sophia Aram.
Fanny Ardant.
Alain Bashung.
Alain Chamfort.
Micheline Presle.
Plastic Bertrand.
Jacques Dutronc.

Guy Marchand.
Maria Callas.
Catherine Deneuve.
Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
Fernand Raynaud.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

 





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25 mai 2024 6 25 /05 /mai /2024 03:43

« Vous voulez dire que ma vie se définit par la quête de la fidélité et du plaisir qu'elle procure ? C'est vrai. » (Alain Souchon).


 


Dans cette interview recueillie par Hugo Cassavetti et Valérie Lehoux, et publiée dans "Télérama" le 27 septembre 2008, il poursuivait : « Comme j'ai beaucoup changé, tout le temps, je me suis toujours dit que je n'aimerais pas changer de femme, j'habite toujours le même appartement, j'ai toujours le même numéro de téléphone... ». Et d'ajouter à Ludovic Perrin le 19 octobre 2019 dans le "Journal du dimanche" : « Je n’ai ni portable ni tablette, je n’ai pas l’expérience d’Internet ! ».

Eh oui, il y a toujours cette impression que le chanteur est en dehors du temps, un peu tendre rêveur, un peu souriant amer, un peu nostalgique... et voici qu'il se prend sur la binette la glaciale addition de l'état-civil : Alain Souchon fête son 80e anniversaire ce lundi 27 mai 2024. Un vieillard, un vieillard adolescent ! Le 24 mai, c'était le tour de Dominique Lavanant, et le 25, cela aurait dû être celui de Pierre Bachelet, mais il est parti depuis longtemps sans crier gare.

Ce ne serait pas très original si j'écrivais que j'adore Alain Souchon, et comme c'est vrai, je l'écris quand même. Il est à la fois hors du temps et en plein dans son époque, car beaucoup de ses chansons évoquent de nombreux sujets d'actualité, de société, et c'est le cas pour de nombreux chanteurs, d'ailleurs. Il combat ce monde d'hyperconsommation et se dit qu'il n'était pas fait pour ce monde. Heureusement qu'il est devenu un chanteur à succès, avec une carrière qui lui a permis cette existence sociale, car il ne sait pas ce qu'il aurait fait de sa vie, sans cela : « Il y a un truc de maladie, de tristesse, je suis sûr de ça. Je suis privilégié, j'ai une vie extraordinaire qui me permet de ne pas être pris dans le tourbillon, d'être retiré du monde rentable. Mais seul, on n'est rien. Les autres, c'est notre raison d'être. Regarder, écouter les autres, c'est toujours intéressant. » ("Télérama"). "Foule sentimentale" : « On a soif d'idéal, Attirée par les étoiles, les voiles, Que des choses pas commerciales, Foule sentimentale, Il faut savoir comme on nous parle ».

Alain Souchon, c'est le gars trop distrait pour faire des études, sorte de Gaston Lagaffe (il a un tonton Gaston) avant l'heure... et sans les gaffes. Qui aurait bien aimé explorer le Pôle Nord ou être un universitaire écouté et érudit. Et puis, il y a eu ce satané accident d'automobile qui a coûté la vie à son père prof d'anglais (sa mère a dû écrire des romans de gare pour survivre). Nouvelle famille à 7 ans (sa mère s'est remariée avec son père biologique, après avoir quitté son beau-père). Orphelin à 15 ans. Amour, tendresse, et gravité à la fois, dépression même. Et bien sûr nostalgie. Les thèmes sont souvent graves et pourtant doux en même temps. Il n'a vraiment commencé sa carrière d'auteur compositeur interprète qu'en 1973 où il a vite eu une reconnaissance de professionnels et la possibilité d'enregistrer un disque. À l'aube de ses 30 ans.

Le disque, c'est tout pour lui. Il en a d'ailleurs vendu plus de 10 millions, c'est beaucoup même si d'autres confrères ont fait bien plus : « Autrefois, on faisait des disques qui marchaient très fort et qui passaient beaucoup à la radio. Et puis on allait faire des salles, à Montpellier ou ailleurs, et il n'y avait personne. Maintenant, c'est le contraire. Les radios sont tellement submergées qu'on peut très peu y passer. En revanche, il y a du monde aux spectacles. Comme dans les années 50, on revient à la fonction première du chanteur : il chante et, éventuellement, on achète son disque pour se souvenir. Mais moi je viens d'une époque où l'important, c'était le disque. » ("Télérama"). La consécration, pour lui, fut l'Olympia en 1979 (au début, il était en première partie de spectacle, ceux de Thierry Le Luron par exemple). Et plus tard une dizaine de trophées aux Victoires de la musique.

 


Avec quelques autres comme Michel Jonasz ou Jacques Higelin, Alain Souchon a un peu révolutionné la chanson française, avec la volonté d'éviter de copier Georges Brassens ou Jacques Brel qui l'ont fasciné. Sa chance, c'était sa rencontre avec un autre artiste débutant Laurent Voulzy en 1974 et depuis, ils ont cultivé une grande amitié mais aussi collaboration fidèle et durable. En gros, Voulzy compose de la musique pour Souchon (exemple : "J'ai 10 ans") et Souchon écrit des textes pour Voulzy (exemple : "Rockollection" en 1977) : « On se voyait avec Michel Jonasz, nous n'étions alors pas connus. On voulait être différents, mais c'était instinctif, pas calculé. On n'avait pas envie de faire comme ceux qui nous avaient précédés. D'abord parce qu'on n'aurait pas pu. Quand on arrive derrière Brassens, on ne peut pas faire mieux, ni même aussi bien, c'est tellement fort. Alors, j'écrivais mes trucs de "bobo-pipi-bobo" sans réfléchir. C'est venu tout seul. Je n'étais qu'un amateur. Puis j'ai rencontré Laurent Voulzy, avec sa culture pop extraordinaire, qui jouait de la guitare les doigts dans le nez. Il jouait comme j'en rêvais. Lorsqu'on a fait "J'ai 10 ans", ça m'a ouvert un monde : c'était travaillé, agencé, avec des notes placées volontairement, pas par hasard. Ça m'a donné un plaisir inouï, à cause du rythme, du "beat". C'était exactement ce que je voulais, je n'y arrivais pas tout seul. Laurent est trop perfectionniste et moi trop amateur, c'est cet équilibre qui définit notre couple. Et qui est rassurant. Pour moi. Pour lui. Cette approche plus rythmique m'a obligé à modifier mon écriture, à briser mes phrases, à bousculer la langue, le français. C'était comme un jeu. Un jeu qui a duré plusieurs années. Jusqu'à en devenir un tic d'écriture, trop facile. Alors je suis revenu à un style plus classique. » ("Télérama"). Laurent Voulzy a maintenant 75 ans et les deux chanteurs continuent à bosser ensemble !

Comme de nombreux chanteurs, Alain Souchon a fait une (courte) incursion dans le cinéma. Déjà pour la musique de films, en particulier avec François Truffaut ("L'amour en fuite", en 1979), mais il a aussi été acteur, jouant sous la direction de Claude Berri, Jean-Pierre Rappeneau, Jean Becker, Jacques Doillon, Agnès Varda et quelques autres, aux côtés de Catherine Deneuve, Serge Gainsbourg, Isabelle Adjani (particulièrement "Tout feu, tout flamme" et "L'Été meurtrier"), Miou-Miou, Robin Renucci, Gérard Depardieu, etc. (en tout, douze films de 1980 à 2019, mais, malgré ses deux nominations aux Césars en 1981 et 1984, il n'a pas beaucoup persévéré dans cette voie quand il a vu Michel Bouquet ou Michel Piccoli, entre autres, qui étaient, eux, de grands acteurs).

Alain Souchon a fait de nombreuses collaborations artistiques, pas seulement avec son compère Voulzy mais aussi avec (notamment) Jane Birkin, Françoise Hardy, Louis Chedid, Charles Aznavour, Jean-Louis Aubert, Eddy Mitchell, Patrick Bruel, Zazie, Nolwenne Leroy, Michel Delpech, Salvator Adamo, Nana Mouskouri, Véronique Sanson, etc. ...et même Marcel Amont ! Sans compter que depuis quelques années, ses deux enfants (Pierre Souchon et Charles Souchon dit Ours) l'accompagnent dans ses prestations.

Invité d'Émilie Mazoyer le 4 janvier 2023 sur France Bleu, Alain Souchon, grand travailleur, a lâché : « À 16 ans, j'étais un trainard impressionné par le fait qu'il fallait gagner sa vie. ». Plus de soixante ans plus tard, il est plus impressionnant qu'impressionné parce qu'il est toujours sur scène, l'an dernier dans une tournée de cent cinquante concerts. Son dernier album est sorti le 25 novembre 2022. Alors, puisqu'on ne présente pas Souchon (Émilie Mazoyer le présente comme « l'un des plus grands artistes » et « le monument de la chanson française », tandis que sa notice dans le Larousse explique doctement qu'il « [cultive] l'image d'un éternel adolescent au spleen tout baudelairien »), laissons-nous vibrer avec lui...



1. "J'ai 10 ans" (1974)






2. "Bidon" (1976)






3. "Jamais content" (1977)






4. "Allo Maman bobo" (1977)






5. "Y'a d'la rumba dans l'air" (1977)






6. "Papa mambo" (1978)






7. "L'amour en fuite" (1979)






8. "C'est comme vous voulez" (1985)






9. "La ballade de Jim" (1985)






10. "Ultra moderne solitude" (1988)







11. "Quand j'serai KO" (1988)






12. "C'est déjà ça" (1993)






13. "Foule sentimentale" (1993)






14. "L'amour à la machine" (1993)






15. "Sous les jupes des filles" (1993)






16. "Le baiser" (2000






17. Interview par Darius Rochebin sur RTS le 22 janvier 2012



 


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (25 mai 2024)
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Charles Aznavour.
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22 mai 2024 3 22 /05 /mai /2024 03:32

« Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître »
(Charles Aznavour, "La Bohème", 1965).





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L'auteur, compositeur, interprète et acteur Charles Aznavour est né il y a juste 100 ans, le 22 mai 1924, au sixième arrondissement de Paris. Il serait aujourd'hui centenaire, et un centenaire chantant, car il n'a jamais vraiment arrêté de chanter depuis ses débuts en 1933, jusqu'à son départ de terre le 1er octobre 2018.

À l'occasion de ce centenaire, Universal France a sorti le 10 mai 2024 le coffret "The Complete Work, Centenary Edition" qui réédite toute sa discographie française et internationale, avec des enregistrements en studio mais aussi en concert (en live), de 1948 à 2015. Il contient 100 CD avec des sons restaurés et remasterisés, incluant des versions inédites. Répartis notamment ainsi : 33 CD pour sa discographie française complète (51 albums originaux comprenant 751 titres) ; 26 CD pour sa discographie internationale complète (41 albums originaux comprenant 542 titres) ; 20 concerts comprenant 513 titres (et il y a encore des CD pour des bonus, des contes pour enfants, etc.). Ce coffret est vendu 300 euros en tirage limité et numéroté (je n'en fais pas la publicité mais je le signale simplement). (Moi, ça m'impressionne toujours les coffrets "toute l'œuvre complète" d'un artiste, que ce soit un chanteur ou un acteur ; c'est comme une urne funéraire, un cube somme toute relativement petit pour représenter, ici, quatre-vingt-quatorze années d'existence de la vie d'un homme).

Parce que ses chansons éternelles datent de cette époque, malgré ces nombreuses décennies de scène, Aznavour me fait penser avant tout à la nostalgie des années 1960, une nostalgie très parisienne, Montmartre, etc. Une époque peut-être encore facile (ce qui est faux, se soigner était plus compliqué qu'aujourd'hui), sans les turpitudes de la complexité du monde d'aujourd'hui, complexité économique, géopolitique, planétaire, numérique, génétique, etc. S'il fallait donner un couple de chanteurs caractérisant les Trente Glorieuses à Paris, ce serait évidemment Charles Aznavour et Édith Piaf... Je propose à la fin ses quelques chansons ultraconnues qui ont fait si bien aimer Aznavour, Paris, le français, la France, les Français, l'amour...

Auparavant, je veux évoquer un élément étonnant de sa biographie : sa rencontre avec les Manouchian qu'il connaissait bien avant et pendant la guerre.

Le père de Charles Aznavour était un Arménien de Géorgie (à l'époque province russe) et sa mère une Arménienne de la région de Marmara (à l'époque dans l'empire ottoman, maintenant, à l'ouest de la Turquie), et ils se sont rencontrés à Constantinople (Istanbul) en 1921. Ils se sont réfugiés à Paris en 1924, juste avant la naissance de Charles (et après la naissance de sa sœur Aïda, née seize mois avant lui). La petite famille Aznavourian était à la fois artiste et restauratrice : le père baryton tenait un restaurant, la mère comédienne, la sœur au piano, et forcément, Charles était dans cette ambiance d'artistes de toutes origines, réfugiés d'Europe centrale et orientale des années 1920 et 1930 (et il y avait aussi en France une forte immigration arménienne à l'époque, les Arméniens fuyant la nouvelle Union Soviétique après avoir fui la Turquie génocidaire). Charles Aznavour, passionné de cinéma et voulant être acteur, adopta son nom définitif, Aznavour (au lieu d'Aznavourian), dès l'âge de 9 ans, à ses premières prestations (il voulait être chanteur et acteur, comme ses parents). Adolescent, il a assisté à des dizaines de concerts de Maurice Chevalier, et allait toutes les semaines au cinéma russe et au théâtre arménien.

 


Quel rapport avec les Manouchian ? Celle qui allait devenir Mélinée Manouchian était une rescapée du génocide contre les Arméniens. Orpheline à l'âge de 2 ans, elle s'est réfugiée en Grèce en 1922 puis en France en 1926. Dans les années 1930, elle s'est intégrée à la famille Aznavourian à Paris, et a ainsi accompagné le premier succès de radio-crochet de Charles Aznavour en 1935. Adhérente du parti communiste français pour combattre le fascisme, elle y a rencontré son futur mari, Missak Manouchian, en 1934, qui passait aussi de nombreuses soirées chez les Aznavourian à chanter ou à lire ses poèmes (il a appris à Charles Aznavour à jouer aux échecs). Missak fut fusillé par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien après leur engagement dans la Résistance (les Aznavourian avaient caché le couple chez eux). Mélinée Manouchian lui a survécu quarante-cinq ans. Tous les deux ont été transférés au Panthéon le 21 février 2024 dans une cérémonie présidée par le Président Emmanuel Macron.

Après la guerre, les Aznavourian envisageaient d'aller vivre en Arménie soviétique, ils s'étaient déjà fait faire des passeports soviétiques (Staline avait encouragé tous les réfugiés arméniens à revenir en Arménie), mais Mélinée Manouchian les en dissuada en raison de l'extrême dureté du régime stalinien. La suite est d'ailleurs très étrange : les passeports soviétiques, qui n'ont servi donc à rien, furent laissés au fond d'un tiroir d'un meuble. Complètement oubliés. Un peu plus tard, le meuble en question a été donné à une association caritative pour être vendu (comme aujourd'hui chez Emmaüs). Bien plus tard, Charles Aznavour a reçu un coup de téléphone de l'actrice Simone Signoret : elle venait de retrouver ces passeports et voulait les lui rendre. Elle venait d'acheter le meuble. Destin farceur. Cette anecdote est restée secrète pendant de longues années, jusqu'à ce que Charles Aznavour se soit livré en septembre 2014 auprès de Cyril Hanouna dans son émission sur Europe 1 ("Les pieds dans le plat").

Fasciné par Maurice Chevalier et Charles Trenet, Aznavour a voulu chanter joyeusement sur des sujets pas forcément joyeux. Charles Trenet était son modèle absolu parce que, comme il l'expliquait le 8 décembre 2014 : « Parce qu’il a fait ce que les autres n’ont pas fait : chanter des chansons gaies, mais avec du fond. Prenez la plupart de ses premiers succès. "Je chante", par exemple : le texte n’est pas du tout léger. C’est tout de même l’histoire d’un gars qui se pend. "J’ai rendez-vous avec la lune: non plus. Il a montré qu’on pouvait aller au-delà de la chansonnette facile. Il y a une ouverture pour quelqu’un comme Guy Béart. D’ailleurs, c’est aussi la force de Trenet : il y a chez lui une ouverture pour tous ceux qui sont venus ensuite. Pour Brassens, pour Brel, et pour moi bien sûr. Trenet, c’est celui que chacun d’entre nous a rêvé d’être. » ("Migros Magazine").

Cela a donné, après une vingtaine d'années de scène un peu laborieuse, un énorme succès tant commercial qu'artistique, amorcé par "Je m'voyais déjà". En tout, plus de mille deux chansons interprétées (beaucoup d'autres écrites pour d'autres chanteurs comme Édith Piaf, Eddie Constantine, Gilbert Bécaud, Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Juliette Gréco, Maurice Chevalier, Régine, Johnny Hallyday, Mireille Mathieu, Eddy Mitchell, Dorothée, Richard Antony, Bob Dylan, etc.), en neuf langues (le français, l'allemand, l'anglais, l'italien, l'espagnol, le russe, l'arménien, le napolitain et le kabyle), quatre-vingt-douze albums enregistrés en studio, dont une trentaine de disques d'or, plus de 180 millions d'exemplaires vendus partout dans le monde. Sans compter sa participation à en environ quatre-vingts films et téléfilms et cinq pièces de théâtre.


Il avait besoin de la scène : « C’est le miracle. Ce n’est pas juste un désir, c’est un bonheur. Je suis poussé vers elle. Bien avant la presse, le public m’est fidèle. Et j’ai besoin d’aller devant lui. (…) Je suis sans doute le seul chanteur triste qui est heureux d’être devant son public. Et il paraît que ça se sent. » ("Migros Magazine").

Parmi les très nombreuses collaborations avec d'autres artistes, citons par exemple José Carreras, Elton John, Dalida, Nana Mouskouri, Liza Minnelli, Claude François, les Compagnons de la chanson, Franck Sinatra, Ray Charles, Fred Astaire, Petula Clark, etc. Même le chanteur Kendji Girac, sous les projecteurs de l'actualité récente, a chanté en 2015 sa fameuse chanson "La Bohème" (qui racontait le quartier de Montmartre). Charles Aznavour a reçu de très nombreuses récompenses, dont un Lion d'or de la Mostra de Venise en 1971, un César d'honneur en 1997, deux Victoires de la musique en 1997 et 2010, etc.

Mais laissons-nous nous enivrer de sa nostalgie...



1. "Je m'voyais déjà" (1961)






2. "For me formidable" (1963)






3. "Hier encore" (1964)






4. "La Bohème" (1965)






5. "Emmenez-moi" (1967)






6. "Mourir d'aimer" (1971)






7. "Comme ils disent" (1972)






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Sylvain Rakotoarison (20 mai 2024)
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Alain Chamfort.
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Jacques Dutronc.

Françoise Hardy.
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Maria Callas.
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Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
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Marcel Zanini.
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13 mai 2024 1 13 /05 /mai /2024 03:57

« Qu'est-ce que j'ai fais de ces années ?
J'ai pas flotté tranquille sur l'eau,
Je n'ai pas nagé le vent dans le dos.
Dernière ligne droite, la rue Soufflot »



 


Le chanteur Patrick Bruel fête ses 65 ans ce mardi 14 mai 2024. J'écris chanteur pour préciser auteur compositeur interprète, car c'est son activité principale, mais il est aussi acteur, comme souvent dans le métier, et ses deux carrières se sont développées à peu près en même temps, parallèlement, avec plus ou moins de succès. Bruel est son nom de scène, car dans le civil, il était Maurice Benguigui à sa naissance, ce qui n'avait pas échappé à Jean-Marie Le Pen qui en parlait à propos de la "prochaine fournée". Bruel, il a trouvé ce nom parce qu'il adorait Jacques Brel. Depuis 1982, le chanteur a sorti vingt-cinq albums et trente singles.

Bruel, c'est le mec sympa. Enfin, je ne le connais pas, mais il apparaît comme un mec sympa, toujours le cœur sur la main, et même dans les films, il est souvent le genre d'homme qui prend tout pour lui, qui contrôle la situation, qui veut le bien de l'autre, qui gagne aussi bien sa vie... Figure d'autorité très lisse et sympa. Ça peut être trompeur dans ses rôles. Ah c'est sûr, je préfère nettement le Patrick Bruel acteur au Patrick Bruel chanteur, même si je ne doute pas un instant qu'il est d'abord chanteur (au point d'avoir engendré une véritable bruelmania dans les années 1990, heureusement, qui semble s'être étiolée de nos jours). Il m'excusera (de ce qui va suivre) mais sa chanson "Casser la voix" est absolument infernale. Elle casse aussi les oreilles pour ne pas dire autre chose (sinon, j'aime bien les autres).


C'est en 1978 que Patrick Bruel a commencé sa carrière cinématographique avec Alexandre Arcady. Cinéma et théâtre avant la scène et le studio d'enregistrement pour chanter. Et puis en 1984, il y a quarante ans, il a crevé l'écran... enfin, non, les hauts-parleurs avec sa chanson "Marre de cette nana-là". Sa carrière de star était ainsi lancée. Ah mais si, l'écran aussi. La même année, c'était aussi sa participation dans le film "P.R.O.F.S." de Patrick Schulmann (sorti le 18 septembre 1985) : Patrick Bruel est le prof de français, Fabrice Luchini le prof d'arts plastiques, Laurent Gamelon le prof de gym, Christophe Bourseiller le documentaliste, Guy Montagné le prof de maths, Isabelle Mergault la prof de sci-nat, etc. 1989, nouvelle étape chansons et cinéma. Chansons : de nouveaux tubes ("Alors regarde", "Place des grands hommes", etc.), et au cinéma, des films marquants (ou remarqués au moins) : "L'Union sacrée" d'Alexandre Arcady (sorti le 15 mars 1989) avec Richard Berry, Bruno Cremer, Marthe Villalonga et Claude Brasseur, et "Force majeure" de Pierre Jolivet (sorti le 5 avril 1989) avec François Cluzet et Kristin Scott Thomas.
 


Et la star a pu s'éclater dans ses deux passions, au point d'avoir une Victoire de la musique 1992 (et douze autres nominations) ainsi qu'une nomination au César du meilleur acteur pour "Le Prénom", un excellent film d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (sorti le 25 avril 2012), adaptation d'une pièce de théâtre, avec Charles Berling, Guillaume de Tonquédec, Valérie Benguigui, Françoise Fabian et Judith El Zein.

Oui, je le préfère en acteur parce qu'il assure toujours avec ses rôles. Il a une présence incontestable, il a ce qu'on appelle du charisme. Il est avocat, médecin réputé, cadre supérieur (« qui tente de manipuler tout le monde avec l’espièglerie et l’arrogance de celui à qui rien ne résiste, en apparence… » selon le compte-rendu bien léché d'une médiathèque, celle de Montceau-les-Mines), joueur de poker endetté...

Citons notamment les films suivants : "Le Jaguar" de Francis Veber (sorti le 9 octobre 1996) avec Jean Reno, Roland Blanche, François Perrot, Edgar Givry, etc., "L'ivresse du pouvoir" de Claude Chabrol (sorti le 22 février 2006) avec Isabelle Huppert, François Berléand, Marilyne Canto, Jean-François Balmer, Robin Renucci, Pierre Vernier, Roger Dumas, etc., "Le code à changé" de Danièle Thompson (sorti le 18 février 2009) avec Karin Viard, Marina Foïs, Dany Boon, Emmanuelle Seigner, Patrick Chesnais, Pierre Arditi, Laurent Stocker, etc., et "Les yeux jaunes des crocodiles" de Cécile Telerman (sorti le 9 avril 2014), adapté d'un roman de Katherine Pancol, avec Emmanuelle Béart, Julie Depardieu, Alice Isaaz, Édith Scob et Jacques Weber.

Je retiendrai en option deux films qui ont été récemment rediffusés par la télévision TNT et qui sortent un peu de l'ordinaire bruélien. "Le Secret" de Claude Miller (sorti le 3 octobre 2007) avec Cécile de France, Ludivine Sagnier, Julie Depardieu et Mathieu Amalric : Patrick Bruel est un lutteur juif sous l'Occupation nazie et sa femme s'est laissé arrêter (et déporter et assassiner) avec son fils par les nazis par désespoir amoureux (son mari Bruel en aime une autre). "Villa Caprice" de Bernard Stora (sorti le 2 juin 2021) avec Niels Arestrup, Irène Jacob, Laurent Stocker et Eva Darlan : Patrick Bruel est un grand patron du CAC40 bien puant qui a été incarcéré par un juge zélé et son avocat (Niels Arestup), très célèbre, réussit à l'en sortir (l'un des derniers rôles du succulent Michel Bouquet, celui du père agonisant de l'avocat, il avait 93 ans au tournage).

J'ajoute aussi la participation de Patrick Bruel à l'excellente série télévisée "Fais pas ci, fais pas ça" (dans deux épisodes) où il joue non pas son propre rôle mais le rôle de son propre sosie... qui joue au poker. Un rôle qui montre un évident sens de l'autodérision. Et effectivement, dans la vie réelle, Patrick Bruel est un grand joueur de poker, qui a gagné plus d'un million et demi d'euros de gains cumulés lors de tournois, bien classé dans les championnats internationaux depuis 1998. Il est même un des quatre associés du site Winamax. On ne s'étonne donc pas qu'il soit un joueur de poker dans "Le Jaguar".


Pour l'anecdote, énonçons enfin qu'Élie Semoun est son cousin au second degré (arrière-grands-parents communs). Mais revenons quand même à son cœur de métier, la chanson, dont voici les principaux "tubes" qui l'ont fait connaître et qui en ont fait une véritable "star" !...


1. "Marre de cette nana-là" (1984)






2. "Comment ça va pour vous ?" (1985)






3. "Casser la voix" (1989)






4. "J'te l'dis quand même" (1989)






5. "Alors regarde" (1989)






6. "Place des grands hommes" (1989)






7. "Combien de murs..." (1994)





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Sylvain Rakotoarison (12 mai 2024)
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12 mai 2024 7 12 /05 /mai /2024 03:21

« L’Eurovision s’affirme comme la plus ancienne manifestation d’unité culturelle européenne (…). Loin de n’être qu’un spectacle kitsch, le concours européen de la chanson pose un certain nombre de problématiques sur les frontières culturelles de l’Europe. » (Fabien Venon, le 23 janvier 2007 dans "European Journal of Geography").



 


Soyons clairs : les manifestations culturelles comme le concours de chansons Eurovision (créé en 1956) et les manifestations sportives comme les Jeux Olympiques et Paralympiques devraient se dévêtir de toute considération politique, mais elles sont en elles-mêmes des manifestations politiques.

En fait, toute compétition mettant en jeu les nations introduit sa dose de politique, puisque les ressortissants de chacun des pays participants auront un point de vue plus nationaliste que culturel ou sportif, en ce sens que leur soutien se portera plus aisément à leur pays qu'à l'équipe qui, selon eux, aura été la meilleure du point de vue de la compétition. C'était même le cas avec les "Jeux sans frontières" ou "Intervilles" à la télévision (quand j'étais petit), qui ne valaient pas mieux que les stupidités télévisuelles d'aujourd'hui.

Il n'est donc pas étonnant d'observer une politisation de ces manifestations culturelles ou artistiques avec des arrière-pensées qui, parfois, ne sentent pas vraiment bon. C'était le cas avec ce 68e concours d'Eurovision dont la finale s'est tenue ce samedi 11 mai 2024 à Malmö, en Suède. Pendant toute la semaine, la chanteuse Eden Golan, qui représentait son pays, Israël, a été l'objet de réactions manifestement discourtoises voire agressives de la part de militants pro-palestiniens pour qui tout devrait être politisé.

À 20 ans, Eden Golan participait à Eurovison 2024 avec la chanson "Hurricane". En 2015 déjà (elle avait 11 ans !), elle avait participé au concours Eurovision des juniors où elle était classée cinquième en finale. Précisons qu'à l'époque, elle faisait partie de la sélection russe. En 2016, elle a chantée en Crimée, alors sous occupation russe, ce qui a fait que beaucoup d'Ukrainiens la considèrent comme une ennemie de l'Ukraine. Elle-même a une mère d'origine ukrainienne et un père d'origine lettone, et a vécu à Moscou de 2009 à 2022, Russie qu'elle a quittée avec soulagement en raison de la manifestation d'un antisémitisme récurrent. Pour certains journalistes israéliens, la chanson "Hurricane" (chantée en anglais et en hébreu) fait clairement référence aux massacres du 7 octobre 2023.





Après un choix de la chanson différent du choix initial pour concourir à Eurovision 2042, Eden Golan a été qualifiée lors de la seconde demi-finale le 9 mai 2024 dans une atmosphère abominable puisque une dizaine de milliers de manifestants l'ont sifflée et huée en raison de la politique de Benyamin Netanyahou qui mène une guerre impitoyable contre l'organisation terroriste le Hamas. Notons que parmi les manifestants, il y avait... Greta Thunberg.

Le Premier Ministre israélien l'a congratulée en déclarant : « Non seulement vous participez fièrement et de manière admirable à l'Eurovision, mais vous affrontez avec succès une horrible vague d'antisémitisme. ». Concrètement, Eden Golan devait être sous surveillance policière matin midi et soir en Suède, tant sa sécurité était en cause. Une centaine de policiers étaient mobilisés pour elle ! Le scandale n'est pas cette protection policière mais sa nécessité pour lui assurer la sécurité.

 


À ceux qui croient que l'État d'Israël n'aurait pas le droit de participer à Eurovision comme la Russie n'aurait pas le droit de participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques, il faut rappeler les faits, rien que les faits : la Russie, elle, a déclaré la guerre à l'Ukraine et les Ukrainiens n'ont rien demandé. Ils luttent pour leur survie. S'il faut faire une comparaison pour Israël, ce pays n'est pas comparable à la Russie mais à l'Ukraine, il a subi les assauts terroristes particulièrement cruels du Hamas le 7 octobre 2023 et aujourd'hui, il lutte pour sa survie en voulant éliminer le Hamas dont le seul but est l'anéantissement d'Israël. Tous ceux qui soutiennent la cause palestinienne sont aujourd'hui instrumentalisés par les islamistes, non seulement par les Hamas mais aussi par les mollahs d'Iran qui souhaiteraient la destruction d'Israël au profit d'une théocratie comme l'Iran actuel, où la liberté n'existerait plus et où les femmes seraient soumises à des règles absolument scandaleuses et rétrogrades.

Heureusement, face à ces militants extrémistes qui dénaturent toutes les manifestations artistiques ou sportives, il y a les peuples, les peuples silencieux qui savent parfois réagir avec sagesse et bienveillance. Ce fut le cas pour Eurovision 2024 puisque les votes du public ont soutenu massivement Eden Golan classée alors deuxième avec 323 points, juste derrière la Croatie 337 points et devant l'Ukraine 307 points. Grâce à ce soutien des téléspectateurs, Eden Golan a finalement été classée en cinquième position avec 375 points (en effet, la note finale prend en compte les appréciations d'un jury). Bravo à elle !


La France aussi n'est pas mal classée puisque son représentant, le chanteur français d'origine algérienne Slimane (34 ans), a obtenu la quatrième place avec 445 points pour sa chanson "Mon amour" interprétée en français dans la grande tradition française des chansons d'amour ! Slimane a participé lui-même à l'écriture des paroles et de la musique de cette chanson, avec deux auteurs franco-israéliens Yaacov Salah et Meïr Salah qui travaillent avec lui régulièrement (et tant pis pour les militants du Hamas !). Cette belle performance (quatrième place) fait la fierté des Français, ceux en tout cas qui aiment la France et lui souhaitent le meilleur.





Étaient-ce des considérations artistiques ou politiques qui ont aussi apporté massivement à l'Ukraine les votes du public par solidarité à leur résistance face à l'armée poutienne ? Je n'en sais rien, mais toujours est-il que l'Ukraine s'est classée en troisième position avec 453 points pour le duo des chanteuses Jerry Heil (28 ans) et Alyona Alyona (32 ans) qui interprétaient "Teresa & Maria".





 


Pour finir le Top 5, citons aussi Baby Lasagna (28 ans), qui concourait pour la Croatie avec "Rim Tim Tagi Dim" et a obtenu la deuxième place avec 547 points.





À peine moins que le premier de la finale, le chanteur Nemo (24 ans), représentant de la Suisse, pays par excellence neutre politiquement, qui a chanté (en anglais) "The Code" avec 591 points. Mais finalement, pas si neutre que cela car Nemo, jeune homme, est apparu habillé en femme pour sa prestation afin de casser les codes et promouvoir la non-binarité de la société comme l'affiche ouvertement sa chanson "The Code". Sa victoire est aussi considérée comme celle de la "communauté" LGBT+ (n'en déplaise à Vladimir Poutine).





La présence de la chanteuse israélienne dans le Top 5 du classement d'Eurovision 2024 a de quoi rassurer sur la réalité du soutien de ces militants particulièrement agressifs contre Eden Golan. Ils montrent que le peuple silencieux, celui qui ne manifeste pas tous les dimanches pour un oui ou pour un non, est capable toutefois de réagir quand il le faut et de soutenir par solidarité les enfants d'un pays qui a toujours été victime, encore aujourd'hui, malheureusement, et peut-être même plus aujourd'hui qu'hier, d'un antisémitisme qui s'affiche désormais de plus en plus ouvertement.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 mai 2024)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Eden Golan.
ABBA.
Fanny Ardant.
Alain Bashung.
Alain Chamfort.
Micheline Presle.
Plastic Bertrand.
Jacques Dutronc.

Françoise Hardy.
Guy Marchand.
Maria Callas.
Catherine Deneuve.
Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
Fernand Raynaud.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.


 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240511-eden-golan.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/eurovision-2024-la-chanteuse-254643

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6 avril 2024 6 06 /04 /avril /2024 04:17

« Oh là là, comment ai-je pu te résister ?
(…)
Oh là là, combien tu m'as manqué !
Oui, j'ai eu le cœur brisé,
J'ai été triste depuis le jour où on s'est séparés,
Pourquoi, pourquoi t'ai-je laissé partir ?
(…)
Oh là là, je ne pourrais jamais te laisser partir ! »
(ABBA, "Mamma Mia !", septembre 1975).





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C'était il y a cinquante ans. Un samedi, comme en 2024. À Brighton, le samedi 6 avril 1974 a eu lieu la 19e édition du concours d'Eurovision de la meilleure chanson. Dix-sept pays ont participé à la compétition. Pas la France : pourtant, elle avait sélectionné la chanson de Dani ("La Vie à 25 ans"), mais la mort du Président Georges Pompidou et son enterrement le jour du concours ont empêché cette participation, et la diffusion de l'émission en France a eu lieu avec trois jours de différé. A participé une chanteuse qui n'était pas encore la star mondiale qu'elle allait devenir quatre ans plus tard, Olivier Newton-John, représentant le Royaume-Uni, qui a été classée quatrième. Et en premier, très largement, le groupe ABBA pour sa chanson "Waterloo".

Cette victoire fut le véritable amorçage de la carrière internationale de ce groupe suédois devenu mythique, alors qu'il était encore peu connu. Beaucoup de ses chansons ont fait le tour du monde et "Waterloo" fait partie des chansons les plus écoutées. Entre 1972 et 1982, la durée du groupe, ABBA aurait vendu plus de 400 millions de disques (dont 180 millions certifiés). Certes, cela ne vaut pas les Beatles (600 millions de disques vendus), ni Elvis Presley (500 millions), ou encore Michael Jackson (500 millions millions). Cela reste toutefois impressionnant.

Composé de quatre personnes, deux femmes et deux hommes, ou plutôt, deux couples : Agnetha Fältskog (née en avril 1950) et Björn Ulvaeus (né en avril 1945), et Anni-Frid Lyngstad (Frida, née en novembre 1945) et Benny Andersson (né en décembre 1946), le groupe ABBA (reprenant l'initiale des prénoms) s'est formé le 1
er novembre 1971 à Stockholm. Le premier disque enregistré est sorti le 1er juin 1972 (avec "People Need Love").


Très typés dans des costumes excentriques dignes des pires années kitsch, celles des gros cols et des pat' d'éléphant, aux couleurs et style des Bogdanoff, les membres du groupe ont créé une identité très forte et ont été parmi les premiers à réaliser des vidéo-clips.

La notoriété du groupe a explosé avec sa victoire à Eurovision (ce qui est finalement assez rare), et ses chansons ont envahi le monde entier pendant la période disco (des années 1970). Si vous aviez entre 10 et 30 ans au milieu des années 1970, ABBA doit vous dire quelque chose !


Le risque des couples est la séparation, ce fut le cas pour ces deux couples séparés dans la vie privée le premier en 1979 et le second en 1981. L'envie de créer ensemble s'est progressivement éteinte. Le dernier album est sorti le 30 novembre 1981. Les quatre artistes ont tenu leur dernière journée en studio en août 1982 et le 11 décembre 1982, ils sont apparus pour la dernière fois ensemble dans une émission de télévision. Sans l'officialiser formellement, le groupe s'est disloqué pour laisser à chacun le désir de poursuivre une carrière individuelle.

Toutefois, en 2016, ils ont renoué et en avril 2018, ils ont annoncé l'enregistrement de nouveaux titres, puis d'un nouvel album qui est sorti le 5 novembre 2021. Le groupe s'est même produit sur scène le 27 mai 2022, mais pas en vrai, avec des hologrammes de leurs personnages jeunes des années 1970 (les membres avaient alors autour de 75 ans).

Pendant ces quarante ans d'absence, toute une ABBA-mania s'est développée à travers la planète. Deux films inspirés du groupe ABBA sont sortis, les comédies musicales "Mamma Mia !" de Phyllida Lloyd (sortie le 10 juillet 2008) avec Meryl Streep, Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgard, Julie Walters et Christine Baranski, puis "Mamma Mia! Here We Go Again" d'Ol Parker (sortie le 18 juillet 2018) avec, en plus, Lily James et Cher.

On peut réentendre les grands succès d'ABBA sur Internet.
En voici quelques-uns...


1. "People Need Love" (1972)






2. "Waterloo" (1974)






3. "SOS" (1975)






4. "Mamma Mia !" (1975)






5. "Dancing Queen" (1976)






6. "Money, Money, Money" (1976)






7. "The Name of the Game" (1977)






8. "Take a Chance On Me" (1977)






9. "Chiquitita" (1979)






10. "Gimme ! Gimme ! Gimme !" (1979)






11. "Super Trouper" (1980)






12. Documentaire 50 ans 1972-2022 (en anglais)






13. Compilation (3 heures 21)



 



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 avril 2024)
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Pour aller plus loin :
ABBA.
Fanny Ardant.
Alain Bashung.
Alain Chamfort.
Micheline Presle.
Plastic Bertrand.
Jacques Dutronc.

Françoise Hardy.
Guy Marchand.
Maria Callas.
Catherine Deneuve.
Gérard Depardieu.
Stéphanie de Monaco.
Jane Birkin.
Fernand Raynaud.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

_yartiABBA01

 



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240406-abba.html







 

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21 mars 2024 4 21 /03 /mars /2024 04:12

« C'est magnifique de pouvoir tout d'un coup inventer une chose qu'on aurait aimée. (…) Dans ces mensonges, on va peut-être avoir l'occasion de s'infiltrer pour dire une vérité. » (Fanny Ardant dans "Apostrophes", émission animée par Bernard Pivot).


 


L'actrice française Fanny Ardant fête son 75e anniversaire ce vendredi 22 mars 2024. Celle qui a incarné à la fois la liberté absolue, la jeunesse, hors des codes, est-elle devenue une vieille dame ? Sûrement pas ! « Depuis que je suis une petite fille, j’ai l’impression d’avoir mille ans ! », confiait-elle à Pierre Mathieu dans "La Dépêche" le 24 novembre 2013.

En tout cas, elle n'a pas peur de se montrer âgée. Elle n'a jamais été convaincue par la chirurgie esthétique (tant pis pour Olivier Véran !) et c'est pour cette raison qu'elle a été recrutée par la réalisatrice Carine Tardieu pour son film "Les Jeunes Amants" (sorti le 2 février 2022) où une femme de 71 ans, veuve, rencontre l'amour avec un homme marié de 45 ans (avec Melvil Poupaud, Cécile de France et Florence Loiret Caille). C'est sa mère et sa grand-mère qui l'ont toujours convaincue d'assumer son âge. Pourtant, Fanny Ardant n'a pas toujours accepté son corps. Adolescente, elle se croyait laide et se maquillait à outrance. De même qu'elle n'a jamais voulu dévoiler sa nudité derrière la caméra, ce qui est assez rare pour une actrice d'une telle importance (« Je ne me suis jamais montrée nue à l'écran. C'est un truc personnel, je ne porte aucun jugement, mais si pour certains le rapport au corps est clair et net, pour moi, il l'est beaucoup moins. (…) La nudité totale filmée, c'est trop réaliste. D'un seul coup, on considère le corps de l'autre. Ce n'est plus le corps du personnage, c'est celui de l'actrice. » disait-elle à Léa Cardinal dans "Gala" le 27 janvier 2022). On la retrouve toujours avec des bagues à chaque doigt, une croix tatouée sur une paume, deux yeux hypermaquillés, etc.

Dans son documentaire diffusé sur Arte le 27 septembre 2023, le réalisateur William Karel, qui a eu la chance d'avoir aussi été le photographe de François Truffaut pour ses deux derniers films, toujours excellentissimes, "La Femme d'à côté" (sorti le 30 septembre 1981) avec Gérard Depardieu et Henri Garcin, et "Vivement dimanche !" (sorti le 10 août 1983) avec Jean-Louis Trintignant, qui ont été les deux premiers grands films de l'actrice en rôle principal, William Karel l'a décrite comme un ovni du cinéma français : « Elle a continué à s'affranchir des codes comme aucune autre, jusqu'à incarner dans le cinéma français une figure de liberté, une actrice à part, insaisissable, incandescente, rebelle dans l'âme, imprévisible et anticonformiste. ».

Elle se prenait tellement au jeu de la caméra et de son anticonformisme singulier qu'elle a proposé à Williarm Karel qui voulait faire un documentaire sur elle d'en faire un complètement faux, en quelque sorte, de construire une fake-news ! Et en effet, elle s'est mise à évoquer son enfance, une fausse enfance, avec un faux papa qui aurait été accessoiriste, ce qui lui aurait permis de jouer le bébé du landau qui roulait sur les marches du grand escalier dans le film culte d'Eisenstein "Le Cuirassé Potemkine", etc. La tromperie est très grosse puisque les dates ne coïncident pas, elle n'est née qu'en 1949 alors que le film est sorti le 24 décembre 1925, mais c'est justement sa pudeur de se retrancher derrière un masque, derrière une histoire fausse, derrière une vérité alternative... (chaque scénario de fiction est une vérité alternative, c'est le quotidien d'un comédien).

Son regard mystérieux donne une sorte de parallèle avec les hommes : elle est à Catherine Deneuve ce que Jean-Louis Trintignant est à Alain Delon. On a redécouvert d'ailleurs les relations tumultueuses entre Fanny Ardant et Catherine Deneuve dans le très intéressant film de François Ozon, "Huit femmes" (sorti le 6 février 2002), avec aussi Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux, Ludivine Sagnier, Virginie Ledoyen, Firmine Richard, etc.

Fanny Ardant a sans doute été la première actrice à laquelle j'étais secrètement amoureux, comme de nombreux de mes congénères ! Sa diction parfaite (qu'elle a utilisée pour des séances de lecture et pour le théâtre), avec ce petit air d'aristocrate, appuyé de ce regard si profond et secret, m'avait définitivement conquis. Elle était ce qu'on pouvait dire "classe" ! Peut-être aussi parce qu'elle est la première femme (la seule ?), à ma connaissance, qui apprécie le désordre, les fouillis ?

 


Aristo, elle l'était un peu puisque son père, officier de cavalerie, était un grand copain du prince Rainier de Monaco où elle a passé son enfance. Honteuse de sa haute taille, elle se réfugia, solitaire, dans la lecture devenue sa passion (elle habite près d'une librairie) et son seul rêve était de déclamer la littérature, de jouer au théâtre, de sortir ces tirades parfois longues comme pour sortir de tous ses complexes d'adolescente. Et son père l'a accepté, cette famille aisée mais stricte (elle a été scolarisée dans un pensionnat sévère qui lui a donné le goût de la rébellion et surtout de la liberté, le même que celui de Caroline de Monaco) qui lui a permis de faire des études au conservatoire après ses années à l'Institut d'études politiques (IEP) d'Aix-en-Provence. Le théâtre, au début, était donc plus une activité annexe alors qu'elle comptait avoir un vrai métier avec son diplôme de sciences politiques en relations internationales en poche.

Elle a eu sa chance avec Nina Companeez pour une série télévisée, "Les Dames de la côte" (diffusé à partir du 22 décembre 1979 sur Antenne 2, avec Michel Aumont, Edwige Feuillère, Hélène Vincent, Hélène Duc, Francis Huster, Denise Grey, Françoise Fabian, etc.) qui a très bien marché. Mais c'est avec François Truffaut, foudroyé par un coup de foudre en voyant cette série télévisée, qu'elle a amorcé sa carrière de star. Il voyait en Gérard Depardieu, acteur simple qui est en fait un homme compliqué, et en Fanny Ardant, actrice compliquée qui est en fait une femme simple, un couple particulièrement original et riche en ambiguïté, qui a fait de cette histoire terrible dans une banlieue lointaine de Grenoble, "La Femme d'à côté", un grand classique du cinéma français.

Ce fut le grand amour, hélas gâché par un cancer du cerveau qui a emporté le grand réalisateur à seulement 52 ans. Dans "Le Monde" du 14 mars 2021, Fanny Ardant revenait sur François Truffaut : « Il y avait chez François Truffaut ce que j'ai toujours aimé chez les êtres passionnés par ce qu'ils font, ce qu'ils disent, ce qu'ils sont. François était un outsider, quelqu'un qui s'était fait tout seul, il n'avait pas de snobisme, il ne cherchait pas à plaire, il ne se vendait pas. Comme moi, il mettait l'amour au-dessus de tout. Il m'a réconciliée avec la douceur. Il m'a appris qu'on pouvait être doux et passionné à la fois, avoir des fêlures, des excès. Il est mort et tout a sombré. (…) Très jeune, l'idée de la mort m'a accompagnée, peut-être à cause de mon éducation religieuse. Je n'ai pas attendu de la connaître pour savoir qu'elle arrivait très vite, j'ai toujours eu le sentiment de l'éphémère. Pourtant, il y a eu un avant et un après. C'est comme si j'avais mis longtemps à plonger et que quand j'avais réussi à le faire, la piscine s'était vidée. Je me suis fracassée. ». Truffaut lui a laissé quand même une fille, Joséphine, deuxième d'une "fratrie" de trois filles.

Elle a reçu, entre autres récompenses, le César 1997 de la meilleure actrice pour "Pédale douce" de Gabriel Aghion (sorti le 27 mars 1996, avec Patrick Timsit, Richard Berry, Michèle Laroque, Jacques Gamblin, etc.), l'Ours d'argent de la meilleure contribution artistique à la Berlinale de 2002 pour "Huit femmes" (pris partagé avec les sept autres actrices), le César 2020 de la meilleure actrice dans un second rôle pour "La Belle Époque" de Nicolas Bedos (sorti le 6 novembre 2019, avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Pierre Arditi, Doria Tillier, Denis Podalydès, etc.). Elle a eu en outre six autres nominations pour les Césars et deux nominations pour les Molières.

L'exquise marquise Fanny a eu de la chance, dans sa carrière : « Mon seul luxe, ma seule liberté, c'est de n'avoir fait que des rôles que j'aimais. Donc, chaque fois que j'allais sur un plateau de cinéma, j'étais très heureuse. C'était une joie intense. ». Au cinéma, au programme, beaucoup de réalisateurs prestigieux : François Truffaut, Alain Resnais, Anne Fontaine, Claude Lelouch, Nadine Trintignant, Costa-Gabras, Michel Deville, Claude Berri, Sydney Pollack, Patrice Leconte, Diane Kurys, François Ozon, Jean Becker, etc.

Mais aussi à la télévision, souvent avec Josée Dayan (elle a joué Alexandra Federovna dans "Raspoutine" diffusé le 25 décembre 2011 sur France 3, avec Gérard Depardieu dans le rôle de Raspoutine), etc. Elle a fait aussi beaucoup de théâtre (de 1976 à 2019), elle a chanté, lu des textes (elle a enregistré une quinzaine de livres audio)... et a même participé au clip de "Madame rêve" d'Alain Bashung en 1990. Enfin, elle a réalisé quatre films donc "Le Divan de Staline" (sorti le 13 novembre 2016) avec Gérard Depardieu et Emmanuel Seigner.

L'actrice admire énormément la philosophe Simone Weil et Marguerite Duras. Elle refuse aussi la demi-mesure : « Je refuse ce que j’appelle le "complexe de la caisse d’épargne", cette petite réserve à côté, au cas où. J’aime la phrase de Bernanos  : "J’ai compris que vivre était un risque mais que c’était un risque à courir". C’est encore plus vrai à notre époque, où on cherche à traverser la vie et ses combats sans douleur. Tout ce qui m’a bouleversée dans la vie m’a donné envie de vivre encore plus ou de mourir tout de suite. » (22 novembre 2023 dans "Vanity Fair").

Fanny Ardant n'hésite pas à choquer par des déclarations qui peuvent sembler intempestives simplement parce qu'elle est mue par un sentiment d'extrême liberté. Parfois, elle, qui se sent simple et ordinaire, ne se rend pas compte que sa parole compte plus d'autres, en tout cas, plus qu'elle ne le pense et qu'elle devrait faire preuve d'un peu plus de prudence. Ainsi en est-il de l'expression de son antiaméricanisme et de son soutien à la Russie en 2017, sans rien connaître ni surtout comprendre la géopolitique (elle l'a reconnu : à chacun son métier, mais alors, pourquoi évoque-t-elle ces sujets ?).


On lui reprocha aussi ses fidélités à des anciennes stars du cinéma qui sont maintenant controversées : elle a soutenu ainsi Roman Polanski en 2022, Gérard Depardieu en 2023 (« Si vous trahissez votre ami, vous êtes une balance ! »), etc.
 


Interviewée par "Vanity Fair", Fanny Ardant a convenu qu'elle aimait les clivages : « C’est au cours de mes études à l’université que j’ai rencontré des camarades, des adversaires ou des alliés dans la façon de penser le monde, la politique. Une des grandes richesses de l’être humain, c’est la conversation. J’aime la dialectique. Même s’engueuler : quand on se dispute, il faut nourrir et étayer sa pensée pour argumenter et convaincre... S’exposer dans le verbe, se lancer dans la polémique, ça architecture la pensée, dès le plus jeune âge. (…) Toutes les conversations, les argumentations, les disputes me passionnent... J’ai toujours aimé parler à un enfant. Je mets toute ma force à leur faire aimer les loups. "Oui mais ils mangent les autres". "Et toi, tu manges bien du poulet". Plus difficile, j’essaye de leur faire aimer Dracula. "Mais tu le connais, Dracula ?" ils me demandent. "Oui, les jours de grand vent, j’entends quelqu’un qui frappe à ma fenêtre, j’ouvre, et là il y a Dracula qui dit  : 'Je veux entrer'. Et tu sais, il m’a dit que si j’avais n’importe quelle sorte de problème, il viendrait m’aider". Alors après, si je prends le métro avec cet enfant, et s’il me dit  : "Mais pourquoi tu t’assieds pas là  ?", je lui dis  : "Parce qu’il y a Dracula". Donc lui, sur ce strapontin vide, il ne s’assied pas, jamais. » (22 novembre 2023).

L'un de ses derniers films est sorti le 20 décembre 2023, "Ma France à moi" de Benoît Cohen ; elle joue une veuve, la vraie mère du réalisateur, qui prend sous son aile un réfugié afghan. Mais ce n'est pas son dernier film sorti puisqu'il y a aussi "Les Rois de la piste" de Thierry Klifa sorti le 13 mars 2024, avec Mathieu Kassovitz, Laetitia Dosch et Michel Vuillermoz ; Fanny Ardant y joue une sorte de mamie arnaqueuse chef de gang. Et elle a encore d'autres films en préparation pour continuer de faire rayonner son magnétisme fatal...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 mars 2024)
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Pour aller plus loin :
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Gérard Jugnot.
Comment va Alain Delon ?
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.













https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240322-fanny-ardant.html

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Du 07 février 2007
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