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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 03:42

« Mes chers compatriotes, depuis plus de trente ans, nous parcourons ensemble un chemin inédit. Nous regardons en face notre histoire en Nouvelle-Calédonie, qui est une histoire coloniale. Et nous cherchons à la dépasser, pour ne pas qu’elle nous enferme. Nous savons aujourd’hui que nous sommes à la croisée des chemins. » (Emmanuel Macron, le 4 octobre 2020 à l’Élysée).



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Ce dimanche 4 octobre 2020, les 180 598 électeurs néo-calédoniens inscrits sur les listes électorales ont été convoqués pour le deuxième référendum sur l’indépendance, prévu par les Accords de Nouméa du 5 mai 1998 (lire plus précisément ici). Le premier référendum avait eu lieu le 4 novembre 2018 et avait dégagé une solide avance pour les partisans du maintien dans la République française avec une forte participation.

La participation à ce référendum de 2020 a été encore plus forte qu’il y a deux ans, puisqu’elle s’est élevée à 85,64% des inscrits (81,01% en 2018). En revanche, les résultats se sont très resserrés puisque les partisans du maintien dans la République ne sont plus que 53,26% des suffrages exprimés au lieu de 56,67% en 2018. L’apport en participation a donc plutôt avantagé les indépendantistes sur les loyalistes.

Si l’on regarde en absolu (nombre d’électeurs), en sachant qu’il y a eu un peu plus d’électeurs inscrits qu’en 2018 (174 165 en 2018, 180 598 en 2020), le nombre d’électeurs indépendantistes a progressé de 60 199 à environ 70 130 (au maximum, 72 290, je n’ai pas encore, à cette heure, le nombre de bulletins nuls et blancs). En gros, il y a eu entre 2018 et 2020 un apport d’environ 10 000 électeurs supplémentaires choisissant l’indépendance. Certes, comme la participation et le nombre d’inscrits étaient en hausse, il y a eu aussi une progression (en absolu) du nombre d’électeurs loyalistes, de 78 734 en 2018 à environ 81 130 (au maximum 82 374), ce qui ne fait qu’une hausse de 1 000 voire 2 000 électeurs, loin des 10 000 pour le "oui" à l’indépendance. À ce rythme-là, lors de l’éventuel troisième référendum avant 2022, les électeurs indépendantistes pourraient donc être majoritaires.

Cependant, pour l’heure, dans une courte allocution télévisée, le Président Emmanuel Macron a salué la victoire des loyalistes : « Les électeurs se sont exprimés. Ils ont majoritairement confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. En tant que chef de l’État, j’accueille cette marque de confiance dans la République avec un profond sentiment de reconnaissance. J’accueille également ces résultats avec humilité : j’entends la voix de celles et ceux qu’anime la volonté de l’indépendance et je veux leur dire : c’est avec vous, ce n’est qu’ensemble que nous construirons la Nouvelle-Calédonie de demain. ».

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Ce bémol présidentiel, la forte "résistance" du courant indépendantiste, a aussi été exprimé à propos de la campagne référendaire : « Cette deuxième campagne référendaire a certes connu des soubresauts ; elle a été marquée par davantage de tensions, d’oppositions. C’est la logique propre au référendum. ». Pourtant ces tensions n’étaient pas si présentes lors du premier référendum.

L’un des signes que les deux camps commencent à se "radicaliser", c’est justement la forte participation. Comme lors des précédents scrutins, il y a trois provinces, les indépendantistes sont largement majoritaires dans la Province du Nord et dans les Îles Loyauté, tandis que les loyalistes sont largement majoritaires dans la Province du Sud (Nouméa). Et cette mobilisation s’est faite au profit des indépendantistes.

Ainsi, la Province du Nord est passée de 86,0% à 88,7% de participation, et de 75,8% à 77,8% en faveur de l’indépendance. Les Îles Loyauté de 61,2% à 74,9% de participation, et de 82,2% à 84,3% en faveur de l’indépendance. Tandis que la Province du Sud est passée de 83,0% à 86,6% en participation, mais de 74,1% à seulement 70,9% en faveur du maintien dans la République. Ainsi, la lente progression des indépendantistes pourrait atteindre la majorité lors d’un troisième référendum, si, en face, aucun projet d’avenir au sein de la République n’est proposé pour intégrer complètement ceux qui, parmi les indépendantistes, se sentent encore trop exclu de la société et de l’économie.

Ce troisième référendum est politiquement inéluctable même si juridiquement, il pourra être un peu plus compliqué à organiser que les deux précédents. Néanmoins, il est l’une des conditions de l’Accord de Nouméa qui est un accord de paix que toutes les parties, les trois parties (indépendantistes, loyalistes, État), doivent respecter pour pérenniser la paix en Nouvelle-Calédonie.

Le plus dur est devant nous, car la société néo-calédonienne reste morcelée et nouveau référendum ou pas nouveau référendum, la Nouvelle-Calédonie devra, dans tous les cas, sortir du cadre institutionnel prévu par l’Accord de Nouméa. Il s’agira donc de préparer un nouveau cadre institutionnel, cette fois-ci définitif et pas transitoire, que ce soit dans le cadre de la France ou en dehors. Et ce cadre institutionnel devra également être approuvé par référendum, si bien que ce troisième référendum est doublement une nécessité : d’une part, les indépendantistes, renforcés par leur forte progression, le demanderont assurément ; d’autre part, il faut sortir de l’Accord de Nouméa d’ici à 2022 et donc la France voudra aussi ce référendum pour définir des institutions pérennes.

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C’est le sens de l’allocution présidentielle : « Il nous revient tous ensemble de préparer cet avenir. Le moment est en effet venu de répondre et d’appréhender les conséquences concrètes de tous les scénarios. Et l’État, sans se départir de son impartialité garanti par les Accords de Matignon s’engagera dans cette voie. (…) Nous aurons aussi besoin de l’ensemble des formations politiques nationales qui, dans le cadre du débat démocratique, auront à dessiner leur vision de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Je les y invite. (…) Nous avons, devant nous, deux années pour dialoguer et imaginer l’avenir, et pas seulement l’avenir institutionnel. ». (On notera au passage que dans deux ans, ce sera un autre quinquennat).

Et Emmanuel Macron d’énumérer les grands enjeux pour la Nouvelle-Calédonie : « Lors de ma visite en 2018, j’avais évoqué trois défis : l’indopacifique ; le développement économique ; le défi climatique dont on mesure chaque jour un peu plus combien il est prégnant, urgent. À ces défis, comme  ceux de l’éducation ; de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie ; du tourisme, des services et de la mer ; des alliances et des solidarités régionales ; de la sécurité au quotidien ; de l’égalité entre les femmes et les hommes, à tous ces défis, nous ne pouvons bien sûr répondre par "oui" ou par "non". Embrasser l’ensemble de ce qui permet de bâtir un nouveau projet sera au cœur des initiatives que prendra le gouvernement dans les prochains jours. ».

Tout le monde n’est pas Michel Rocard qui a réussi l’exploit d’en finir avec la guerre civile et de permettre un dialogue pacifique entre deux camps qui aiguisaient leurs antagonismes. Les tensions de 2020 pourraient s’amplifier et rendre la situation d’autant plus compliquée en Nouvelle-Calédonie que la bataille présidentielle va commencer sur tout le territoire de la République. Il y a une petite contradiction à refuser tous les séparatismes, comme Emmanuel Macron l’a répété dans son discours le 2 octobre 2020 aux Mureaux, et il a raison d’insister sur l’unité et l’indivisibilité de la République, et à institutionnaliser en Nouvelle-Calédonie la partition sociale en entités purement ethniques ou communautaires.

Tout le monde devra donc porter attention sur ce risque d’une nouvelle explosion de la violence. Le vivre ensemble, plus que jamais, va devoir se décliner rapidement et politiquement en Nouvelle-Calédonie. Pas sûr que ce soit un enjeu qui intéresse les Français hors de Nouvelle-Calédonie.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie : le vent du boulet ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 4 octobre 2020 sur la Nouvelle-Calédonie.
Résultats du référendum du 4 octobre 2020 en Nouvelle-Calédonie.
Nouvelle-Calédonie : bis repetita ?
Jean-Marie Tjibaou fut-il un martyr de la cause kanake ?
Nouvelle-Calédonie : un timide oui pour la France.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 4 novembre 2018 sur la Nouvelle-Calédonie.
Résultats du référendum du 4 novembre 2018 en Nouvelle-Calédonie.
Paris à l’écoute de la Nouvelle-Calédonie.
Discours du Président Emmanuel Macron le 5 mai 2018 à Nouméa.
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le 5 décembre 2017 à Nouméa.
L’assaut de la grotte d’Ouvéa selon Michel Rocard.
Jacques Lafleur.
Dick Ukeiwé.
Edgard Pisani.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201004-nouvelle-caledonie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nouvelle-caledonie-le-vent-du-227569

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/20/38544152.html



 

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 14:03

(verbatim)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201004-nouvelle-caledonie.html






Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron sur la Nouvelle-Calédonie, le 4 octobre 2020 vers 15 heures


Françaises, Français,
Mes chers compatriotes,

Ce dimanche, près de deux ans après la consultation du 4 novembre 2018, les Calédoniennes et les Calédoniens étaient appelés à se prononcer sur l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, conformément à l’accord de Nouméa signé en 1998.

Avec une participation exceptionnelle, c’est un deuxième grand rendez-vous démocratique réussi, malgré les conditions plus difficiles, même si l’archipel est épargné par la pandémie.

Je salue aujourd’hui, tous ceux qui ont contribué à la réussite du scrutin : les maires, les agents de l’Etat, la commission de contrôle, les observateurs de l’ONU ; je salue les forces politiques qui ont nourri cette campagne.

Les électeurs se sont exprimés. Ils ont majoritairement confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. En tant que Chef de l’État, j’accueille cette marque de confiance dans la République avec un profond sentiment de reconnaissance.

J’accueille également ces résultats avec humilité : j’entends la voix de celles et ceux qu’anime la volonté de l’indépendance et je veux leur dire : c’est avec vous, ce n’est qu’ensemble que nous construirons la Nouvelle-Calédonie de demain. 

Cette deuxième campagne référendaire a certes connu des soubresauts ; elle a été marquée par davantage de tensions, d’oppositions. C’est la logique propre au référendum. Et si certains voudront certainement revenir sur ce qui a été dit, ce qui a été fait, je crois plutôt que nous devons saluer la réussite de ce deuxième scrutin et nous tourner vers l’avenir.

L’avenir, c’est la dernière étape de l’accord de Nouméa. Un troisième référendum est possible. C’est à vos élus du Congrès de le décider. L’État, fidèle à sa parole, se tient prêt à l’organiser si c’était leur choix.

L’avenir, c’est aussi la préparation quoi qu’il arrive — avec ou sans troisième référendum — de la sortie de l’accord de Nouméa qui interviendra d’ici 2022.  A terme, les dispositions transitoires inscrites dans la Constitution devront soit céder la place à des dispositions pérennes – si le choix du maintien dans la République est confirmé ; soit être retirées - si la Nouvelle-Calédonie choisit l’indépendance. 

Il nous revient tous ensemble de préparer cet avenir. Le moment est en effet venu de répondre et d’appréhender les conséquences concrètes de tous les scénarios. Et l’Etat, sans se départir de son impartialité garantie par les accords de Matignon s’engagera dans cette voie.

Il faudra que les forces politiques calédoniennes s’engagent, que les partisans du “oui” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences du “non” ; et que les partisans du “non” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences d’un “oui”.

Nous aurons aussi besoin de l’ensemble des formations politiques nationales qui, dans le cadre du débat démocratique, auront à dessiner leur vision de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Je les y invite.

Mes chers compatriotes, depuis plus de 30 ans, nous parcourons ensemble un chemin inédit. Nous regardons en face notre histoire en Nouvelle-Calédonie, qui est une histoire coloniale. Et nous cherchons à la dépasser, pour ne pas qu’elle nous enferme.

Nous savons aujourd’hui que nous sommes à la croisée des chemins. Nous avons, devant nous, deux années pour dialoguer et imaginer l’avenir — et pas seulement l’avenir institutionnel. Lors de ma visite en 2018, j’avais évoqué trois défis : l’indo-pacifique ; le développement économique ; le défi climatique dont on mesure chaque jour un peu plus combien il est prégnant, urgent.

À ces défis, comme à ceux de l’éducation ; de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie ; du tourisme, des services et de la mer ; des alliances et des solidarités régionales ; de la sécurité au quotidien ; de l’égalité entre les femmes et les hommes, à tous ces défis, nous ne pouvons bien sûr répondre par “oui” ou “non”.

Embrasser l’ensemble de ce qui permet de bâtir un nouveau projet sera au cœur des initiatives que prendra le Gouvernement dans les prochains jours.

Quoi qu’il advienne, notre responsabilité collective sera de tenir le pacte scellé à Ouvéa en 2018, en plantant un arbre avec la petite Ginette : veiller les uns sur les autres pour le faire croître et préparer demain.

Alors continuons.

Vive la Nouvelle Calédonie.
Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le 4 octobre 2020 à Paris.


Source : www.elysee.fr/

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201004-allocution-macron.html


 

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 12:01

Le référendum du 4 octobre 2020 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie a été favorable aux partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française.

Cliquer sur le lien pour lire les résultats définitifs du référendum :
http://www.nouvelle-caledonie.gouv.fr/Politiques-publiques/Elections/Elections-2020/REFERENDUM-2020/Les-resultats

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201004-nouvelle-caledonie.html

SR

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201004-resultats-referendum-nouvelle-caledonie.html


 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 03:13

« À présent, j’invite chacun à se tourner vers l’avenir, j’invite chacun à se saisir des responsabilités exceptionnellement larges reconnues aux instances locales, pour construire la Nouvelle-Calédonie forte de son histoire et tournée vers demain. J’invite chacun à inscrire la Nouvelle-Calédonie tout à la fois dans la République et dans le destin océanique et indopacifique qui est le sien. » (Emmanuel Macron, le 4 novembre 2018).


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Qui sait aujourd’hui, du moins en métropole, qu’il va y avoir un nouveau référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie le dimanche 4 octobre 2020 ? En tout cas, il ne faut pas trop compter sur les grands médias pour en parler avant, peut-être, la veille ou l’avant-veille. On peut d’ailleurs déplorer l’extinction définitive de la chaîne France Ô sur le réseau TNT depuis le 24 août 2020 alors qu’elle avait joué un rôle non négligeable en 2018.

Les quelques mots mis ici en introduction du Président Emmanuel Macron, c’était à moins de deux semaines du début de la crise des gilets jaunes. Autant dire que la "séquence néo-calédonienne" (pour m’exprimer comme un journaliste) n’a duré que le temps du référendum, c’est-à-dire le week-end du 4 novembre 2018 et qu’elle fut vite oubliée par la suite (gilets jaunes, grand débat, réforme des retraites, pandémie de covid-19, récession et plan de relance économique).

À l’issue du scrutin du 4 novembre 2018, qui a joui d’une forte participation (plus de 80% des inscrits), les partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République française ont gagné plus que ce que les sondages laissaient penser, mais avec un score néanmoins assez serré pour ce genre de référendum : 56,7% en faveur du "non" à la question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?". Les indépendantistes ("oui") n’ont obtenu que 43,3% avec une participation de 81,0% (ce qui est remarquable, surtout à notre époque).

Inutile de dire que les habitants de Nouvelle-Calédonie considèrent la question de l’indépendance comme cruciale pour leur avenir, et c’est très compréhensible. Assurant une neutralité des pouvoirs publics (ce qui pourrait être discutable mais au moins, personne ne pourra reprocher au gouvernement d’avoir faussé le scrutin), Emmanuel Macron s’est félicité de son bon déroulement : « Nous avons garanti la loyauté et la sincérité de ce scrutin qui s’est fait sous le regard d’observateurs envoyés par l’Organisation des Nations Unies et les pays voisins. Je tiens ici à saluer l’engagement des forces politiques calédoniennes et des autorités coutumières kanak, dans une campagne responsable, respectueuse des points de vue adverses, veillant à chaque instant à éviter les tensions et à préserver l’acquis de trente années de dialogues et de paix. ».

Commentant les résultats, Emmanuel Macron a par ailleurs eu un mot d’apaisement pour les partisans de l’indépendance : « Je mesure la déception de ceux qu’anime la volonté de l’indépendance, ils ont pu l’exprimer dans les urnes. Et à ceux-là, je veux dire que l’État est engagé au côté de la Nouvelle-Calédonie, pour garantir dans la durée la dignité de toutes les composantes de la société autour des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Ces valeurs sont celles de la République française, comme elles sont celles de l’Océanie. Nous pouvons les partager au-delà de nos divergences dans l’humilité et dans le respect. ».

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L’avant-dernière phrase citée est un peu "oxymorienne" car en évoquant les différentes "composantes de la société", il laisse entendre que la société néo-calédonienne n’est pas "une et indivisible" (du reste comme la République qui, par sa Constitution, ne devrait en principe pas permettre l’indépendance).

Le référendum du 4 novembre 2018 était une promesse du gouvernement de Lionel Jospin après la signature de l’Accord de Nouméa le 5 mai 1998, eux-mêmes révision des Accords de Matignon du 26 juin 1988 sous l’égide de Premier Ministre Michel Rocard. Dans cet accord, en effet, il y a eu la promesse de la France d’organiser un référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie d’ici à une vingtaine d’années, précisément entre 2014 et 2019. En outre, il définissait le "peuple kanak" comme "le peuple autochtone" et comme une "civilisation propre avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique". Mais aussi la légitimité des "nouvelles populations", notamment caldoches (d’origine européenne).

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Il faut rappeler qu’entre 1984 et 1988, la situation de la Nouvelle-Calédonie était catastrophique, une véritable guerre civile, des attentats, de nombreux morts et aussi une irruption dans le débat présidentiel au printemps 1988 avec le massacre de la grotte d’Ouvéa entre les deux tours de l’élection qui a opposé Jacques Chirac à François Mitterrand.

La situation en Nouvelle-Calédonie est donc toujours ultrasensible, et peut-être pourrais-je la comparer (très grossièrement) à celle de l’Irlande du Nord ? Avec une expérience de la paix un peu plus longue. En fait, grâce à Michel Rocard, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans un cercle vertueux depuis 1988, celui de la paix et du respect des "composantes". C’est même un cas d’école heureux, et absolument peu prévisible, celui d’une volonté commune (État et protagonistes néo-calédoniens) de tout faire pour assurer le dialogue, le respect et surtout, la paix.

Mais cette paix ne peut être durable que si toutes les parties en cause, et en particulier la République française elle-même, respectent leurs promesses. Et l’engagement est fort puisque les Accords de Matignon ont été approuvés par le référendum du 6 novembre 1988 (tous les citoyens français, même hors de Nouvelle-Calédonie, ont été convoqués à ce scrutin).

Un non-respect signifierait une trahison et personne ne pourrait imaginer ce qu’il adviendrait, d’autant plus qu’il s’agit d’une autre génération, trente années plus tard. Je peux continuer à faire le parallèle avec le problème majeur du Brexit, qui n’a rien à voir avec l’Europe mais avec l’Irlande : la recréation d’une frontière entre les Irlandais pourrait remettre en cause la paix depuis deux décennies. Boris Johnson aurait intérêt à y réfléchir profondément, pas conduire à rompre avec l’Europe ou trahir ses engagements du 31 janvier 2020, car après tout, ce n’est que diplomatie et commerce extérieur et cela se négocie et peut évoluer, mais cela peut conduire à rompre la paix en Irlande du Nord, et cela, ce serait beaucoup plus grave et conséquent.

C’est pour cette raison que depuis plus de trente ans, tous les gouvernements, quelle que soit leur tendance politique, ont respecté scrupuleusement les accords de paix en Nouvelle-Calédonie. Et c’est une grande sagesse de l’avoir fait. C’est même un modèle et l’on pourrait même imaginer que cela puisse être nobélisable comme signe exemplaire de pacification d’un territoire contesté (même si le problème néo-calédonien est très petit face aux très autres gros problèmes de paix dans le monde).

Mais alors, pourquoi y a-t-il un nouveau référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, à peine deux ans après celui du 4 novembre 2018 ? En raison de l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998, justement : en effet, il est prévu jusqu’à trois référendums d’autodétermination en cas de réponse négative aux deux premiers : « au cours du quatrième mandat (de cinq ans) du Congrès » (et à la demande d’au moins un tiers des membres du Congrès). Le "Congrès", c’est l’instance délibérative en Nouvelle-Calédonie (une sorte de conseil régional renforcé). Ce "quatrième mandat" correspond à la période 2014-2019.

L’article 217 de la loi organique n°99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie précise notamment qu’un deuxième référendum peut être organisé « à la demande écrite du tiers des membres du congrès, adressée au haut-commissaire et déposée à partir du sixième mois suivant le [précédent] scrutin » (hors période de renouvellement du Congrès) et une « nouvelle consultation a lieu dans les dix-huit mois suivant la saisine du haut-commissaire » (sauf en cas de renouvellement du Congrès).

En revanche, l’éventualité d’une troisième consultation populaire n’est pas très claire juridiquement, car le 15 mars 1999, le Conseil Constitutionnel a "retoqué" le texte en refusant les conditions de cette troisième consultation (décision n°99-410 DC du 15 mars 1999). Le juge constitutionnel a considéré que la troisième consultation devait se dérouler dans les mêmes conditions que la deuxième, mais aucune modification de la loi organique n’a été faite en conséquence, si bien qu’en cas de "non" à l’indépendance au deuxième référendum, il faudra probablement un texte complémentaire pour organiser le troisième référendum promis dans l’Accord de Nouméa.

Donc, en application de la loi organique du 19 mars 1999, un tiers des membres du Congrès pouvait, à partir du 5 mars 2019, demander un second référendum. Or, les élections provinciales du 12 mai 2019, chargée de renouveler le Congrès de la Nouvelle-Calédonie (un peu à la manière des communautés de communes lors des élections municipales, car les électeurs néo-calédoniens élisent d’abord les assemblées provinciales), ont fait élire 26 membres du Congrès favorables à l’indépendance (sur 54 au total). Le 24 mai 2019, l’indépendantiste Rock Wamytan a été élu président du Congrès avec 29 voix sur 54 grâce à l’appui des élus de "L’Éveil océanien" (parti des personnes originaires du Wallis-et-Futuna ayant obtenu 3 sièges). En revanche, le 28 juin 2019, le loyaliste Thierry Santa a été élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Dès lors que les indépendantistes ont obtenu plus du tiers des sièges, le principe du deuxième référendum était acquis, c’est-à-dire dès juin 2019 et selon l’Accord de Nouméa, il doit être organisé avant le 4 novembre 2020. Une première date a été fixée au 6 septembre 2020 après un difficile compromis obtenu le 10 octobre 2019 lors du comité des signataires de l’Accord de Nouméa. Mais le Premier Ministre Édouard Philippe a proposé le 29 mai 2020 aux différents élus néo-calédoniens de reporter la date au 4 octobre 2020, en raison de la crise du covid-19.

Dès juin 2019, effectivement, les élus tant indépendantistes que loyalistes avaient fait part à Matignon de leur souhait d’organiser un deuxième référendum. L’objectif des loyalistes était « d’organiser le deuxième référendum le plus rapidement possible afin de sortir la Nouvelle-Calédonie de l’incertitude et de lui redonner des perspectives sur le long terme ». La présidente de la Province Sud, Sonia Backès, qui a été reçue avec sa délégation le 29 juin 2019 par Édouard Philippe, voulait un référendum avant le mois de juillet 2020. Le haut-commissaire Thierry Lataste avait alors déclaré le 19 juin 2019 que le deuxième référendum aurait lieu après juillet 2020 en raison de la tenue des élections municipales prévues en mars 2020.

Le 27 juin 2019, Roch Wamytan s’est exprimé aux Nations Unies à New York lors d’une session du comité spécial de décolonisation (comité créé en 1961) : « Je tiens toutefois à vous exprimer ici mon inquiétude face aux difficultés qu’il reste encore autour des listes électorales spéciales, notamment celles pour la consultation à venir (…). Il est primordial que le peuple kanak et plus largement le peuple calédonien puisse exercer son droit à l’autodétermination lors d’un second acte d’autodétermination qui soit sincère, juste et transparent. En tant que président du Congrès, je souhaite d’ailleurs proposer à l’État français que la question des difficultés qui subsistent sur les listes électorales puisse être discutée lors du prochain comité des signataires de l’Accord de Nouméa prévu dans quelques semaines. (…) Je tiens à souligner ici (…) que pour les indépendantistes, il ne sera pas possible de discuter de l’ouverture du corps électoral pour les prochaines consultations (…). Nous considérons que les corps électoraux spéciaux doivent rester tels qu’ils ont été définis par les accords passés et tant que le processus de décolonisation n’ait pas abouti. ».

Et en effet, lors du XIXe comité des signataires réuni le 10 octobre 2019 sous la présidence du Premier Ministre Édouard Philippe et en présence des principaux élus néo-calédoniens, la définition du corps électoral de 2020 a été un sujet très brûlant : « Le comité des signataires confirme le principe que les électeurs nés en Nouvelle-Calédonie et y résidant depuis au moins 3 ans sont présumés y détenir leurs intérêts matériels et moraux, ouvrant droit à leur inscription sur la LESC [liste électorale spéciale pour la consultation]. Sans changer la loi organique, le Premier Ministre propose que pour la prochaine consultation, un dispositif de détection exhaustive des électeurs concernés, associé à une démarche incitative de l’État à leur endroit, puisse venir produire les mêmes effets impliquant une inscription d’office. Chacun de ces électeurs sera informé de son droit et accompagné dans sa démarche d’inscription. ».

L’Avenir en Confiance et Calédonie Ensemble (les loyalistes) « estiment inacceptable qu’il y ait une différence de traitement s’agissant de l’inscription sur la LESC entre les personnes relevant du statut coutumier et les personnes de droit commun. À ce titre, l’Avenir en Confiance et Calédonie Ensemble ont demandé comme en 2018 une modification de la loi organique visant à inscrire d’office les natifs ayant une durée de résidence de trois ans. ».

Concernant la date du scrutin : « Après concertations, le Premier Ministre, en insistant sur le caractère irréprochable que devra revêtir l’organisation de la consultation, propose de fixer la date de la seconde consultation au dimanche 30 août ou au dimanche 6 septembre 2020. La date définitive sera fixée dans 15 jours, en fonction de l’analyse qui sera faite par les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Outre-mer, des conditions matérielles d’organisation. Ces dates permettent de consacrer l’ensemble des alternatives possibles visant à éviter la concomitance des échéances électorales nationales du printemps 2022, à préparer la sortie de l’Accord de Nouméa, et à envisager une éventuelle troisième consultation en 2021, ou 2022. » (10 octobre 2019). Ce fut donc la date du 6 septembre 2020 qui fut choisie.

Plus récemment, lors d’un bureau politique élargi du FLNKS, le 22 mai 2020, les élus indépendantistes ont demandé de repousser le référendum au 25 octobre 2020, c’est-à-dire pas très loin de la date butoir du 4 novembre 2020.

Si la situation sanitaire de la Nouvelle-Calédonie est très rassurante (au 25 septembre 2020, il n’y a eu 27 cas de covid-19, dont 1 seul encore actif, les autres guéris), ce n’est pas le cas dans le reste du monde. Lors du référendum du 4 novembre 2018, 250 délégués internationaux avaient été présents pour observer le déroulement des opérations électorales. Édouard Philippe a expliqué le 29 mai 2020 : « À ce jour, le risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote. En effet, notre capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour n’est pas assurée. ». Il n’est d’ailleurs pas sûr que la situation soit meilleure en repoussant seulement d’un mois. Mais l’objectif crucial et commun reste « d’assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum afin que son résultat soit incontestable et incontesté ».

En effet, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie avait pris des mesures sanitaires très strictes dès de début de la pandémie, en obligeant un isolement de trois semaines dont une semaine en hôtel pour les cas de covid-19. L’île au nickel reste particulièrement attentive aux épidémies après une grande épidémie qui avait ravagé la population kanak il y a plus d’un siècle. Dès le 31 janvier 2020, le Sénat coutumier avait appelé à la vigilance et le 17 mars 2020, après les premiers cas de covid-19, Hippolyte Sinewami Htamumu, le président du Sénat coutumier, avait déclaré : « La protection de la vie humaine, dans ce pays de 19 000 kilomètres carré comprenant seulement 260 000 habitants, mérite les décisions les plus draconiennes. Notre territoire peut en effet très vite se trouver "décimé", particulièrement ses villages ou ses petites îles peuplées de quelques centaines ou milliers d’âmes. » (cité par Patrick Roger dans "Le Monde" du 9 avril 2020). Un confinement très strict avec nombreux contrôles et verbalisation a été mis en place à partir du 23 mars 2020. Cette politique très ferme a montré son efficacité : aucun décès et seulement un nouveau cas (seul cas actif) au 25 septembre 2020.

Les élus loyalistes ont soutenu la date du 4 octobre 2020 et estimé que ce choix permettrait la tenue du troisième référendum avant les élections présidentielle et législatives du printemps 2022 (mais comme je l’ai expliqué plus haut, cela nécessiterait certainement l’adoption d’une loi organique complémentaire).

Le 12 juin 2020, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a dû confirmer cette date. Mais la polémique est partie vers la dérogation au code électoral voulue par le gouvernement français pour donner la possibilité du drapeau tricolore sur les documents de propagande électorale. Pourquoi une telle dérogation ? Parce que les indépendantistes ont le droit de mettre sur leurs affiches et tracts les couleurs du drapeau kanak. Pour les loyalistes, il est donc normal de permettre à ceux qui veulent rester en France de faire leurs documents de campagne en utilisant le drapeau français : France contre Nation kanak.

Le FLNKS avait en effet utilisé son drapeau en automne 2018 avec un titre très clair : "Affichons nos couleurs", ce qui n’était pas possible quand les couleurs étaient celles de la République française. Le FLNKS a eu beau jeu de dire qu’il s’agissait du drapeau de son parti et pas son drapeau national, et a considéré que la dérogation signifierait que les indépendantistes ne seraient « pas des citoyens français » (pourtant, vouloir l’indépendance, c’est justement vouloir ne plus être citoyens français). Selon le chef du groupe indépendantiste, Louis Mapou, avec cette dérogation, l’État voudrait prendre position et « introduire un biais, dont il n’a peut-être pas mesuré la portée, dans la validation du prochain scrutin ». Pour lui, le sujet était important : « Attention, nous sommes dans une discussion qui engage la sincérité du scrutin et on s’organisera pour aller au contentieux, pour dire aux observateurs internationaux qu’on n’est pas dans les clous. » (cité par Claudine Wéry dans "Le Monde" du 14 juin 2020).

Au contraire, Sonia Backès, l’une des leaders des loyalistes (et présidente de la riche Province Sud), il fallait clarifier les choses : « Il faut arrêter de faire croire qu’on peut être indépendant sans sortir de la France. Il faut que les Calédoniens comprennent que le référendum, c’est la France ou l’indépendance. ». Quant au député centriste Philippe Dunoyer (UDI), également favorable à cette dérogation, il y a vu cependant un grand risque : « On vient d’apprendre que le résultat sera contesté. C’est la conséquence d’une rupture du dialogue entre nous, un élément de crise, si ce n’est de crispation. Et c’est surtout l’exact inverse de ce qui nous a permis depuis trente ans de progresser. ».

Cette tension entre loyalistes et indépendantistes était palpable déjà le 18 mai 2020 quand l’un des responsables du FLNKS avait réclamé la démission du haut-commissaire Laurent Prévost (demande réitérée le 31 mai 2020 par un autre parti indépendantiste), en raison de la gestion de la crise sanitaire et économique. En effet, les indépendantistes ont accusé le gouvernement français de s’être ingéré dans la gouvernance néo-calédonienne autonome (il faut rappeler qu’avec l’industrie du nickel, immobilisée pendant la pandémie, la Nouvelle-Calédonie ne survit que par les aides de l’État).

Si, au soir du 4 octobre 2020, le "camp" qui aura perdu contestait les résultats du référendum, il serait à prévoir de fortes tensions qui nous ramèneraient peut-être à la situation d’avant les Accords de Matignon, c’est-à-dire, au pire, dans une situation de quasi-guerre civile. C’est pourquoi tous les protagonistes devront faire preuve de beaucoup de sagesse, d’esprit de responsabilité et de retenue au cours des prochains jours, car personne ne souhaite rompre cette paix qui était, jusqu’à maintenant, exemplaire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Article du journal "Le Monde" de sa correspondante en Nouvelle-Calédonie Claudine Wéry publié le 14 juin 2020 sur la Nouvelle-Calédonie.

Résultats du référendum du 4 octobre 2020 en Nouvelle-Calédonie (à venir).
Nouvelle-Calédonie : bis repetita ?
Jean-Marie Tjibaou fut-il un martyr de la cause kanake ?
Nouvelle-Calédonie : un timide oui pour la France.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 4 novembre 2018 sur la Nouvelle-Calédonie.
Résultats du référendum du 4 novembre 2018 en Nouvelle-Calédonie.
Paris à l’écoute de la Nouvelle-Calédonie.
Discours du Président Emmanuel Macron le 5 mai 2018 à Nouméa.
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le 5 décembre 2017 à Nouméa.
L’assaut de la grotte d’Ouvéa selon Michel Rocard.
Jacques Lafleur.
Dick Ukeiwé.
Edgard Pisani.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200917-nouvelle-caledonie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/nouvelle-caledonie-bis-repetita-227409

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/19/38542368.html







 

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