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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:39

« Les problèmes et les rivalités d’aujourd’hui doivent se résoudre par le dialogue, il n’y a pas d’autre solution. La victoire écrasante d’un seul camp n’est plus acceptable. Nous devons travailler à résoudre les conflits dans un esprit de conciliation, en tenant compte des intérêts de chacun… Je pense sincèrement que la violence a fait son temps. Seule la non-violence apportera de véritables solutions. » (Le dalaï-lama).


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C’est avec grand plaisir que j’ai appris, ce vendredi 7 octobre 2016, l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Juan Manuel Santos, Président de la République de Colombie, qui a signé il y a quelques jours, le 26 septembre 2016, un accord de paix avec la guérilla des FARC. Cet accord, en discussion depuis quatre ans, met fin à cinquante-deux ans de guerre civile en Colombie, dont le nom, pourtant, ne peut pas mieux symboliser la paix (même si son étymologie vient d’ailleurs).

S’il y a, en automne 2016, un processus de paix à encourager, c’est bien celui qui se déroule actuellement en Colombie, comme l’an dernier fut encouragé le processus de démocratisation de la Tunisie, expérience extrêmement isolée de démocratie pluraliste et pacifiée dans un pays majoritairement musulman (et ce malgré les attentats que le pays a subis).

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Pourtant, quelques jours auparavant, le 2 octobre 2016, le référendum qui devait faire ratifier l’accord de paix par le peuple colombien a été un échec (certes très serré). Or, l’échec provient surtout de personnes qui trouvaient que les FARC avaient des compensations trop importantes en échange de la paix, notamment la possibilité de s’intégrer dans le jeu normal de la politique et des institutions colombiennes. C’est sans doute pour cette raison que le Prix Nobel n’a été attribué qu’au seul Président Juan Manuel Santos et pas à son interlocuteur, sans qui il n’y aurait pas eu négociations ni accord, à savoir Timoleon Jimenez, commandant en chef des FARC, qui a félicité très sportivement le nouveau lauréat.

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On pourrait s’en étonner, alors que la plupart des Nobel récompensant des accords de paix sont attribués aux deux parties : Menahem Begin et Anouar El-Sadate, Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat, David Trimble et John Hume, etc. Même Nelson Mandela avait conditionné l’acceptation de son Nobel à son partage avec Frederik De Klerk, car il songeait que la réconciliation nationale serait assez difficile à amorcer de façon trop déséquilibrée.

Toutefois, dans le cas de la Colombie, on pourrait imaginer que c’est au contraire une belle habileté de n’avoir consacré que le Président colombien. Cela ferait taire les critiques de ceux qui, à l’instar de son prédécesseur Alvaro Uribe, rejettent toute concession à l’égard des FARC, en tout cas, toute concession trop importante. Le comité Nobel a ainsi suivi l’évidence (encourager le processus de paix en Colombie) tout en écoutant attentivement le peuple colombien qui s’est prononcé dans les urnes.

Pour Juan Manuel Santos, qui est à son second mandat présidentiel non renouvelable, donc, qui n’aura aucune préoccupation électorale susceptible de polluer son action pour les deux prochaines années (la fin de son mandat), cela lui donnera l’autorité morale autant que politique pour "rectifier" (je crois que c’est le mot utilisé) l’accord de paix afin de le faire admettre par l’ensemble du peuple colombien. Sa tâche sera donc de renégocier à la baisse les avantages que les FARC avaient réussi à obtenir.

Rien n’est jamais acquis, et les Accords d’Oslo, pourtant, là aussi, consacrés par le comité Nobel, ont montré que la paix n’était pas forcément facile à mettre en œuvre, même si les premières étapes, a priori les plus difficiles, avaient été franchies. Pour le cas de la Colombie, il semble que la bonne volonté des deux côtés reste largement majoritaire, c’est heureux.

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À propos de l’attribution du Prix Nobel de la Paix (on en dira ce qu’on veut, mais il a permis à certaines personnalités exceptionnelles de se faire entendre au niveau mondial et d’avoir encore plus d’influence au service de la paix), j’avais lu la veille de l’attribution du prix de cette année qu’une association avait proposé que Jacques Chirac soit lauréat du Prix Nobel, j’imagine pour son action contre la guerre en Irak voulue par les Américains.

J’ai lu aussi que Laurent Fabius avait été très sérieusement proposé cette année, pour être honoré du succès diplomatique de la COP21 (en décembre 2015). On sait que les préoccupations environnementales avaient déjà séduit le comité Nobel en 2007 qui avait choisi Al Gore et le GIEC. J’avais aussi appris que Nicolas Sarkozy avait été cité il y a quelques années, alors encore Président de la République, pour son implication en Géorgie.

Et soudain, me suis venue cette idée tout à fait plausible, bien que saugrenue : et si François Hollande avait été choisi, pour une raison quelconque (soutien face aux attentats, situation du Mali, etc., que sais-je) ? Seul contre tous en France, et auréolé à l’étranger, comme cela a été le cas très récemment lorsqu’il a reçu, le 19 septembre 2016 à New York, le prix du meilleur homme d’État mondial de l’année, qui « honore les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l’Homme ».

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Le Nobel pourrait alors avoir une influence électorale non négligeable, et cela de la part d’un organisme (le comité Nobel) qui est totalement étranger au peuple français. Cela pourrait être considéré comme une ingérence extérieure à la France. Comme l’a été l’attribution du Nobel à Barack Obama, en 2009, par prévention, avant qu’il n’ait agi. Cela dit, il est peu probable que cela ait eu une quelconque influence sur le peuple américain au moment de voter, lors de sa réélection en 2012.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 octobre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Juan Manuel Santos.
La paix entre le gouvernement colombien et les FARC.
Aristide Briand (1926).
René Cassin (1968).
Andrei Sakharov (1975).
Mère Teresa (1979).
Lech Walesa (1983).
Desmond Tutu (1984).
Élie Wiesel (1988).
Le dalaï-lama (1989).
Mikhaïl Gorbatchev (1990).
Nelson Mandela (1993).
Frederik De Klerk (1993).
Shimon Peres (1994).
Yitzhak Rabin (1994).
Yasser Arafat (1994).
Jimmy Carter (2002).
Al Gore (2007).
Irena Sendlerowa.
Barack Obama (2009).
L’Union Européenne, lauréate (2012).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161007-juan-manuel-santos.html

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/juan-manuel-santos-consacre-apotre-185334

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/10/08/34413453.html

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Amérique
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