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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 03:37

« Suite aux manifestations, le Président de la République s’est entretenu avec de nombreux élus et membres de la société civile. Le Président de la République demande au Premier Ministre et aux ministres compétents de se saisir des différentes composantes de ce sujet. » (Communiqué de l’Élysée le 7 juin 2020).


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On croit rêver quand on lit la première intervention publique (à peine en français correct) du Président Emmanuel Macron qu’on pourrait croire tout droit sortie du Pipotron ! Sur le "sujet", je n’attends pas du Président de la République qu’il énumère au peuple français une liste de mesures qu’il conviendrait de prendre, mesures construites après un lent processus de consultation. Christophe Castaner peut proposer quelques mesures, comme ce lundi 8 juin 2020. Elles peuvent avoir leur intérêt et leur sagesse, mais l’urgence politique, c’est un Président de la République, garant de l’intégrité de la République, qui rappelle immédiatement quelques valeurs, quelques principes. Il y a urgence, car le silence présidentiel dure depuis quinze jours !

Mais quel est le "sujet", justement ? L’actualité, l’événement déclencheur, c’est la mort horrible et injuste de George Floyd à Minneapolis, aux États-Unis. Les mots-clefs sont : violences policières, interpellation, plaquage ventral, discrimination, plus ou moins racisme. On peut rajouter la couleur de la peau. Cet événement ne marque pas seulement les États-Unis, il marque l’ensemble de la "communauté internationale" (jusque des pays "policiers" qui en profitent pour fustiger les États-Unis en leur donnant des leçons de démocratie !). En France, certaines personnes ont réagi, mais pour l’instant, ni Emmanuel Macron, ni Édouard Philippe. On est loin d’un Justin Trudeau qui s’est à moitié agenouillé pendant huit minutes pour rendre hommage à George Floyd.

Ce sujet a évolué en France par l’activisme d’organisations gauchistes pour certaines et communautaristes pour d’autres, en voulant transformer l’hommage à George Floyd en revendications communautaristes et en soutien à la famille d’Adama Traoré. Or, cet amalgame, sur l’autel d’une récupération odieuse de l’émotion suscitée par la mort de George Floyd, renforce la confusion des valeurs en France. Je vais m’expliquer.

D’abord, revenons à la mort tragique de George Floyd le 25 mai 2020. Tout, dans cet événement brutal, a fait que l’émotion allait être vive, car d’une part, les faits sont avérés et reconnus, d’autre part, ces faits sont particulièrement condamnables. Un homme soupçonné d’avoir acheté des cigarettes avec un faux billet de 20 dollars a été interpellé, il s’est laissé arrêter, mais le policier l’a immobilisé au sol en mettant un genou en pression sur la nuque pendant plus de huit minutes. Il appuyait encore quand George Floyd était visiblement déjà mort, asphyxié après avoir dit "Je ne peux pas respirer". Le plus choquant, c’était que la scène, filmée, montrait qu’elle s’est passée devant des dizaines de témoins, des passants, et que plusieurs d’entre eux ont averti le policier qu’il allait mourir s’il le maintenait ainsi. L’entêtement du policier a été assassin, il n’y a malheureusement pas d’autre mot. Du reste, ce n’était pas la première fois qu’il a commis des interpellations très violentes, mais il s’en était toujours tiré. Là, sa femme a immédiatement demandé le divorce, il a été révoqué de son poste puis inculpé de meurtre. Il paiera peut-être pour tous les autres, pour toutes les morts impunies.

C’est heureux que le monde entier ait réagi contre cette mort absurde, inutile. Manifestement, la vie de cet homme ne valait rien pour ce policier. Parler ici de violences policières est un fait, parler de racisme est une hypothèse fondée et probable, sinon certaine. Le fait que Donald Trump, dans sa finesse psychologique légendaire, ait dit que la baisse du chômage (imprévue) était un "grand jour" pour George Floyd (parti aux Cieux) est une récupération particulièrement odieuse, mais néanmoins, cela signifie aussi une certaine compassion, faisant de George Floyd plus un "ange" dont il rechercherait le soutien qu’un "ennemi" : il a pris fait et cause pour lui et pas pour les policiers démis de leurs fonctions (il a même demandé la priorité pour une enquête du FBI). En France, je ne doute pas que certains auraient soutenu le policier et auraient rappelé que George Floyd avait fait de la prison quelques années auparavant.

L’émotion est rassurante, aux États-Unis comme dans le reste du monde. Elle replace certaines valeurs humaines au centre de la politique, et le calendrier électoral américain est favorable à ce que la mort de George Floyd ne reste pas sans réponse efficace, car il n’était hélas pas le seul à mourir ainsi. Les élections présidentielles américaines vont encourager à réfléchir et agir pour que la mort de George Floyd ne soit plus jamais possible (on peut rêver).

Maintenant, passons en France. Ce qu’il se passe est très différent mais il se passe quelque chose. Profitant de l’émotion légitime pour George Floyd, beaucoup de militants ont voulu rappeler le sort tragique d’Adama Traoré, qui serait mort de violences "policières" lors d’une interpellation par les gendarmes le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Disons-le aussi : la mort d’Adama Traoré est une tragédie et n’était évidemment pas méritée, car quoi qu’ait pu faire Adama Traoré, la peine de mort est abolie, donc aucun délit et même aucun crime n’est passible de la peine de mort en France.

Les manifestations sont elles aussi un événement : réagissant à l’expertise médicale du 29 mai 2020 écartant la responsabilité des gendarmes, elles ont bravé le double interdit de la préfecture de police et de la crise sanitaire (pas de rassemblement de plus de dix personnes), et surtout, elles ont rassemblé le 2 juin 2020 environ 20 000 personnes alors que généralement, ce mouvement pour que justice soit rendue à Adama Traoré ne rassemblait que quelques centaines de personnes. D’autres manifestations ont eu lieu, toutes aussi interdites, les 6 et 7 juin 2020 à Paris.

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Dans la lecture de ces événements, ce qui est inacceptable est l’amalgame. Et j’en vois au moins deux ou même plus. L’amalgame est de la manipulation politique, souvent la récupération d’une émotion pour une autre cause que celle qui l’a suscitée. Quand il s’agit de la vie de personnes, c’est un procédé scandaleux.

Premier amalgame, la France est comme les États-Unis. Ce simplisme, associé à un antiaméricanisme primaire, dont antipatriotique, est véhiculé pour s’en prendre à l’État, au gouvernement, à la police, et plus généralement aux forces de l’ordre, voire à toutes les institutions. Il expliquerait le silence du Président de la République comme la confirmation de cette équivalence.

Or, c’est très différent pour toute une série de raisons. Disons seulement que la police américaine n’a rien à voir avec la police nationale française. Aux États-Unis, elle est délocalisée et le chef de la police locale est élu par les citoyens. On comprend que si une ville a une population, disons, "raciste", le chef de la police le serait "un peu", par électoralisme, ou serait choisi justement pour cette raison. En France, au contraire, les forces de l’ordre agissent sur des territoires qu’ils ne connaissent pas (certains parlementaires le leur reprochent et voudraient territorialiser la police nationale, mais je pense justement que c’est une bonne chose de ne pas être impliqués dans le territoire, ainsi, ils agissent avec les lois et les valeurs, sans considération de sentiment ou d’émotion.

L’autre différence, c’est que la violence est beaucoup plus ordinaire aux États-Unis qu’en France. Ce genre de mort par interpellation violente est plus de dix fois plus répandu aux États-Unis qu’en France. Il y a une raison : la possession d’armes à feu fait que la police américaine a peur d’une riposte et agi comme si la personne interpellée était armée et prête à riposter. Cela dit, les comptes d’apothicaire sont peu du registre des valeurs : une seule mort injuste ou évitable suffirait à condamner.

L’autre amalgame foireux, c’est de dire qu’Adama Traoré est George Floyd. La revendication que la justice agisse pour Adama Traoré est évidemment recevable. C’est scandaleux qu’au bout de quatre ans, les faits ne soient pas clairement établis. Que fait la justice ? Pourquoi est-elle si lente ? On pourrait parler de l’organisation de la justice, au même titre qu’on a parlé du système de santé et du fonctionnement des hôpitaux pendant la crise sanitaire. On ne peut dissocier "l’affaire Adama Traoré" du volet politique qu’elle provoque, et la justice paraît parfois plus rapide quand il s’agit de barrer la route à un candidat à l’élection présidentielle.

La différence entre les deux morts tragiques est que les circonstances de celle d’Adama Traoré sont particulièrement floues et expertises et contre-expertises nourrissent la polémique. Ce qui est inadmissible est de scander que les forces de l’ordre (ici les gendarmes, pas les policiers) sont des assassins alors que la plupart des expertises leur enlèvent la responsabilité dans la mort tragique d’Adama Traoré. On ne peut pas à la fois condamner l’absence ou la lenteur de la justice, l’absence de conclusion et vouloir faire soi-même les conclusions sur la responsabilité des forces de l’ordre dans la mort d’Adama Traoré.

Cela a abouti à des slogans extrêmes. Leurs amalgames sont doubles : la police est violente et tue, et la police est raciste. La violence policière est un sujet récurrent depuis la crise des gilets jaunes, et malheureusement, elle est surtout la réaction à une violence beaucoup plus grande et surtout assumée de certains manifestants. Parler de racisme de la police est peu soutenable. Individuellement, comme dans toute communauté humaine, il y a les failles, son lot d’imbéciles, son lot de malhonnêtes, son lot de racistes, évidemment, mais parler d’une institution raciste n’a d’autant moins de sens que la "diversité" se retrouve aussi dans les forces de l’ordre. On pourrait même prouver l’absence de racisme dans les victimes des gilets jaunes des violences policières : y a-t-il eu discrimination dans les actes de violence ? Et Cédric Chouviat ?

Certes, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a fait une étude sur le nombre de contrôles d’identités portant beaucoup plus sur des "personnes issues de la diversité" que sur les "autres" (je reviens avec tous ces guillemets). On peut imaginer l’agacement et même la colère d’une personne qui est contrôlée quinze fois dans la journée, c’est-à-dire, en gros, dont l’honnêteté est mise en doute d’office, pour la simple raison de la couleur de sa peau. Mais entre cette sorte de harcèlement administratif et la mort par interpellation, il y a un fossé dans le racisme.

J’en viens au plus important, à ces mots et expression "diversité", "issu de la diversité". Un jour, Nicolas Sarkozy avait gaffé parce qu’il avait maladroitement parlé d’une "apparence musulmane". Le peuple français est à la fois un et plusieurs. C’est l’ADN d’un organe, c’est un élément spécifique du corps humain, mais en même temps, il y a dans son code tout le corps humain, le corps humain est ici le peuple français, et un organe est un des citoyens constituant le peuple français.

Disons-le clairement, il s’agit avant tout de "couleur de la peau". C’est peut-être ce qui est le plus visible avant de connaître l’histoire d’un homme. En fait, non, la taille est encore plus visible, ou la couleur des cheveux, ou des vêtements, ou la longueur du nez, ou l’existence de lunettes, ou… bref, quand on n’a qu’un aperçu visuel d’une personne qu’on croise, il n’y a pas que la couleur de la peau.

Et le pire, c’est que la couleur de la peau, il n’y en a pas deux (blanche et noire), ni quatre (je rajoute jaune, rouge), mais quasiment autant qu’il y a d’êtres humains, sept milliards ! Et elle change, c’est une dynamique, il suffit de sortir de son bureau et d’aller au ski, dans les champs ou sur les plages pour le savoir. Alors, je reste toujours étonné par ceux qui voudraient diviser l’humanité, qui voudraient la catégoriser selon la couleur de la peau. Je comprendrais qu’on voudrait la catégoriser selon c@n/pas c@n même si je ne doute pas que les définitions sont toujours aussi subjectives les unes que les autres.

Je trouve sain que des dizaines de milliers de personnes se mobilisent en France (ainsi qu’à l’étranger) pour combattre le racisme, mais si je ne doute pas de la sincérité des intentions, il faut se méfier des discours. L’antiracisme peut devenir un racisme si l’on n’y prête pas attention. Le fait de vouloir représenter, parler au nom des personnes d’une certaine couleur de peau est, pour moi, aussi raciste que le fait de faire de la discrimination selon cette même couleur de peau. Pourquoi ? Parce que c’est la vision même de la société humaine qui est en cause. En considérant qu’elle est divisée en deux sociétés distinctes, l’une "blanche" et l’autre "noire", forcément conflictuelles, elle est une vision aussi raciste que celle qui veut "casser du noir", simplement, elle est d’un autre point de vue.

C’est pour cela que toute démarche identitaire fondée sur la couleur de la peau me paraît très dangereuse. Elle alimente le racisme plus qu’elle ne le combat. L’élection de Barack Obama a même été très révélatrice. On a dit de manière inexacte qu’il était le "premier Président noir", mais en disant cela, on considère que si un seul parent est "noir", l’enfant est "noir". Il a été élevé par sa grand-mère "blanche", puis dans une belle-famille musulmane… Rien n’est simple, question identité (relire Alfred Grosser). La généralité, c’est le métissage : tout le monde, je dis bien tout le monde est le résultat génétique de métissages, parfois très anciens, mais c’est justement le principe de l’Évolution, et l’homo sapiens existe de façon très récente (30 000 ans, ce n’est rien à l’échelle de la Terre), croire en une "pureté" de "race" est doublement fautif, une faute scientifique doublée d’une faute morale.

Pudeur de gazelle : la France est très gênée par ce genre de débat car il est pollué par des racistes et des antiracistes qui sont, pour moi, dans des camps adverses mais sur le même terrain idéologique qui me paraît irrespirable car volontairement clivant.

Encore une fois, je trouve stupide cette catégorisation selon la couleur de la peau car de toute façon, personne n’y est pour rien, c’est un fait à la naissance (sauf pour Michael Jackson !!). Ce qui doit distinguer les êtres humains, ce n’est pas l’inné, c’est ce qu’ils ont fait ou pas fait, dans un environnement donné. À la limite, catégoriser la population selon la couleur du vêtement serait plus pertinent, car au moins, on choisit (ou pas) son vêtement. L’être en a une petite part de responsabilité. Ce qui n’est pas le cas de ce qu’il est à la naissance.

C’est ahurissant de parler en France de "privilège d’être blanc" (notion venue des États-Unis : "white privilege") et j’imagine que ce n’est pas ainsi qu’on éteint le racisme, on le rallume plutôt. Que peuvent penser des "gilets jaunes à peau blanche" qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts quand ils entendent qu’ils sont des "privilégiés" ? C’est absolument stupéfiant que le combat pour refuser la discrimination de personnes "à peau noire" entraîne une condamnation des personnes "à peau blanche", ou du moins, leur culpabilisation en général. C’est un racisme de voir le monde ainsi. Ce n’est pas un "racisme anti-Blancs", c’est le même racisme que le "racisme anti-Noirs", c’est de croire qu’on peut diviser l’humanité selon la couleur de la peau.

Comment le producteur Augustin Trapenard a-t-il pu accepter de lire le 4 juin 2020 à l’antenne de France Inter la lettre de Virginie Despentes ? Serait-ce lui faire trop d’honneur de l’évoquer ? La lettre commençait ainsi : « En France, nous ne sommes pas racistes mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. Pourtant, j’ai cinquante ans, j’en ai vu, des gouvernements. ». Elle n’a pas dû voir au bon endroit. Déjà, on serait tenté de réagir en disant que l’affirmation est complètement fausse, et en citant, pêle-mêle, Félix Houphouët-Boigny, ministre d’État de De Gaulle, excusez du peu), Christiane Taubira, Rama Yade, Roger Bambuck, etc. et même Gaston Monnerville, deuxième personnage de l’État pendant vingt ans, appelé le cas échéant à assurer l’intérim à l’Élysée, etc. Ensuite, on se dit que justement, les "racistes" les plus habiles ont toujours sous la main leur "Arabe de service", permettant de montrer que "voyez-vous, je ne suis pas raciste !". L’alibi.

Et puis, très vite, on se dit que cela devient puant, classer les ministres en fonction de leurs pigments de peau, surréaliste et surtout, c@n, très vite, on se dit qu’en répondant ainsi à coup d’arguments aussi stupides, on était tombé dans le panneau et que vouloir ainsi réagir, c’était aussi s’installer dans ce système dangereux de catégorisation selon la couleur de la peau. D’ailleurs, il y a eu des députés "à peau noire" plusieurs décennies avant que les femmes ("blanches" et "noires" confondues) n’aient eu le droit de les élire. Cela peut faire réfléchir…

Dans le débat public qui se développe depuis quelques jours, j’ai trouvé heureusement deux pépites de réflexion. Il faut insister : la pensée complexe n’est pas la plus simple à exprimer. La facilité intellectuelle se prête mieux aux jets (pour ne pas dire éjaculations) laconiques de Twitter.

J’ai ainsi beaucoup apprécié la réflexion de Caroline Fourest qui a parfois défendu des causes qui ne sont pas les miennes, mais qui a une cohérence intellectuelle qui fait du bien devant tant de confusions mentales dans le débat public. Elle explique ainsi qu’elle peut comprendre la colère de ceux qui sont discriminés car elle l’a été elle-même en raison de son orientation sexuelle, mais elle explique que la haine ne fait avancer aucune cause, aussi juste soit-elle.

Ainsi, pour soutenir la cause des LGBT, il était stupide et contreproductif de s’en prendre aux personnes hétérosexuelles. Il fallait au contraire convaincre que la reconnaissance de couples homosexuels ne gênait personne dans la société (je ne parle pas de l’adoption des enfants, c’est un autre sujet). Et c’est bien parce qu’il y a eu des personnes hétérosexuelles qui ont dépénalisé l’homosexualité que les personnes de même sexe peuvent aujourd’hui vivre ensemble en France (dans d’autres pays, on les condamne encore à mort). Toute avancée se fait sur un thème de rassemblement et pas de division. Malgré la colère.

De même, sur ce sujet de la violence policière avec suspicion de racisme, faire avancer la cause des personnes qui en seraient victimes n’est pas de fustiger les personnes "à peau blanche", mais de réfléchir sur l’interdiction ou un plus grande réglementation du plaquage au sol ou de l’utilisation des flashball, ou à imaginer un récépissé de contrôle d’identité, par exemple, ce qui serait utile à toute la population (Cédric Chouviat semblerait aussi être mort d’un plaquage ventral le 5 janvier 2020 à Paris, ainsi que Lamine Dieng le 17 juin 2007 à Paris). Unir et pas haïr. François Ruffin avait déposé une proposition de loi pour interdire le plaquage au sol, elle devait être examinée le 26 mars 2020, mais la crise sanitaire a bouleversé le calendrier parlementaire.

L’autre pépite, je n’en attendais pas moins de lui, c’est l’avocat chrétien du blog Koztoujours. Dans sa réflexion du 5 juin 2020 dont le titre est déjà largement suffisant : "Ni Blanc, ni Noirs, Français.", Koz s’indigne ainsi : « Je refuse d’être assigné moi-même à ma couleur de peau. Je refuse de m’excuser d’être ce que je suis, au-delà de ce que je choisis d’être (…). Je m’inquiète de voir les excès des uns pousser les autres à choisir un camp, sacrifiant la raison aux entreprises identitaires. Je m’inquiète car tous n’auront pas la ressource pour refuser la montée des extrêmes ou, si je ne craignais pas la référence cuistre, une forme de mimétisme girardien, déjà à l’œuvre. (…) Je n’ai pas combattu l’assignation identitaire par les uns, pour l’accepter par les autres. (…) Qui ne voit que l’identitarisme n’est que le cache-sexe du racisme ? Qui ne voit que ses promoteurs, des deux rives ou des deux faces, nous précipitent dans un conflit certain tant on serait irrémédiablement, immuablement, irrévocablement Blanc, Noir, à jamais divisés, avant que d’être Français ? ». J’y souscris totalement, évidemment…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 juin 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Mort d’Adama Traoré : le communautarisme identitaire est un racisme.
La guerre contre le séparatisme islamiste engagée par Emmanuel Macron.
Deux faces des États-Unis : George Floyd et SpaceX.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200607-adama-traore.html

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/mort-d-adama-traore-le-225020

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/06/08/38355371.html




 

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