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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 02:22

(vidéo)

Pour aller plus loin :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201023-coronavirus-covid.html


Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020)




On présente souvent la période du COVID 19 comme inédite, pourtant il y a cinquante et un an, la grippe de Hong Kong partait de Chine pour se propager sur la planète ; une pandémie meurtrière, qui en quelques mois causait un million de morts.

En France, le virus fait plus de victimes que la Covid 19 : près de 35 000 morts. Pourtant, l'épidémie a laissé peu de traces : difficile de trouver des Français qui s'en souviennent, ou des archives qui y font référence ; pas la moindre déclaration politique non plus, du Président Pompidou ou de son Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, le virus H3N2 a traversé l'Histoire dans l'indifférence générale. Un constat sidérant, dans le contexte du coronavirus.

A travers des archives parfois drôles, à travers des témoignages forts de gens qui ont vécu l’épidémie, ou des analyses de chercheurs, de politiques ou de journalistes, nous allons vous raconter comment en cinquante ans, on à ce point bouleversé notre rapport à la Santé et à la mort, pourquoi on exige désormais autant d'un Etat sommé de nous protéger de tous les maux.

Un magazine de Céline Crespy

Intervenants :
- Pierre Dellamonica, virologue, CHU de Nice
- Pierre et Annie Sourzat, personnes ayant été touchées par la grippe de Hong Kong
- Joel Coste, médecin et historien
- Patrice Bourdelais, historien au CNRS
- Michèle Cotta, éditorialiste politique
- Antoine Flahault, épidémiologiste à l’Université de Genève
- Jean François Mattéi, ancien ministre de la Santé.

26 juin 2020
Source : LCP

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201016-grippe-hong-kong.html
 

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 03:01

« On les a tous envoyés chez monsieur Raoult, ils ont tous été soignés. » (Renaud Muselier, le 5 octobre 2020 sur BFM-TV).



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On ne peut pas comprendre l’opposition qu’il y a entre les élus marseillais (toutes tendances confondues) et le gouvernement depuis quelques semaines sur la politique sanitaire à mettre en place si on oublie les fanfaronnades récurrentes du professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée (Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille) et éminent médecin spécialiste des bactéries de réputation mondiale. En effet, pendant tout le printemps, au pire sommet de la crise sanitaire en France, Didier Raoult n’hésitait pas à dire (et il l’a répété devant les parlementaires des commissions d’enquêtes cet été) que, pour reprendre son simplisme, "on mourait moins à Marseille qu’à Paris".

Évidemment, si l’opposition classique entre Parisiens et Marseillais se faisait jusqu’à maintenant surtout sur le terrain du football, ce qui exacerbait peut-être la violence vespérale, mais n’avait pas de conséquences très graves sur le long terme, son déplacement sur le terrain sanitaire quand un virus encore inconnu quelques semaines auparavant est capable de tuer des dizaines de milliers de personnes en France et plus d’un million de personnes dans le monde à ce jour, a pu avoir des conséquences désastreuses sur la santé des Français en général.

En pointant du doigt, en septembre 2020, les Bouches-du-Rhône et la Guadeloupe comme territoires les "pires", c’est-à-dire où le coronavirus circulait le plus, le gouvernement ne pouvait qu’hystériser la fierté des Marseillais qui pensaient, probablement avec sincérité, qu’ils étaient les "meilleurs élèves" de la crise sanitaire. Bon, en fait, Paris a suivi rapidement Marseille et probablement que ce jeudi 8 octobre 2020 dans la soirée, le Ministre de la Santé Olivier Véran va ajouter de nouvelles agglomérations dans la liste des alertes maximales (ce qui n’est pas très étonnant). On peut donc comprendre que les Marseillais, premiers de la série et piqués au vif, aient pu se sentir stigmatiser même si les faits restent les faits et les indicateurs neutres restent les indicateurs neutres.

Didier Raoult est un homme très intelligent et très habile et évidemment, toutes ses déclarations publiques à l’emporte-pièce sont toujours accompagnées de précautions oratoires qui laissent planer, dans le texte, le doute, mais dans l’esprit de ceux qui l’écoutent, ces précautions ont explosé en plein vol de son écoute ou de sa compréhension. Résultat, il a mis beaucoup de monde dans l’erreur et surtout, il a politisé un domaine qui n’aurait jamais dû être politisé : la politique sanitaire, car finalement, tout le monde est pour le même objectif, à savoir protéger la santé des personnes et éviter le maximum de dégâts tant sanitaires qu’économiques et sociaux. Mais ce n’est pas en énonçant très platement cet objectif fort mais sans originalité qu’on construit une véritable politique sanitaire efficace. C’était l’objet de former un conseil scientifique pour conseiller en temps réel le gouvernement dans cette démarche et la demande de créer des conseils scientifiques locaux peut d’ailleurs avoir sa pertinence.

Je m’épargnerai les nombreuses déclarations publiques de Didier Raoult qui ont montré son éloquent manque d’anticipation sur cette crise, celles de janvier quand il considérait que l’épidémie était un problème sino-chinois (avec une pointe de condescendance pour le peuple chinois), puis pour dire que ce n’était qu’une grippette en février, puis pour dire en avril que l’épidémie était terminée, etc. Plus récemment, avec l’explosion du nombre de cas positifs, il a parlé de mutation du virus, une mutation qui aurait diminué sa virulence en août et maintenant, qui aurait au contraire accru sa virulence (un virus qui ne mute que dans les locaux de l’IHU Méditerranée). Après tout, c’est un chercheur et il a droit de se tromper. Le problème, c’est qu’il devrait plutôt en débattre avec ses collègues non profanes qu’en parler à des profanes avec le ton de faits établis.

Grand connaisseur des infections, le professeur Didier Raoult s’est débrouillé, au printemps, pour faire des dépistages massifs des personnes (un jour, il faudra savoir comment il a fait alors que tous les hôpitaux manquaient de moyens pour faire les tests PCR, ne serait-ce que sur le personnel soignant). En ce sens, cette démarche était cohérente et positive : dépister tous les porteurs de virus et les isoler pour éviter toute propagation. Les Chinois, sur l’isolement, sont nettement plus efficaces que les Français et autres, mais jusqu’où peut-on enfreindre les libertés publiques et le droit individuel de se soigner ou pas ?

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Lorsque Didier Raoult expliquait au printemps que la létalité était beaucoup plus faible à l’IHU Méditerranée que dans les hôpitaux parisiens, il oubliait de rappeler qu’il faisait dépister toutes les personnes qui se présentaient à son établissement, pas seulement les malades déjà bien atteints comme dans la région parisienne et au Grand-Est, et qu’il a pu donc dépister beaucoup de personnes testées positives mais asymptomatiques (donc, pas malades). Ce biais a fait mécaniquement que le taux de personnes qui mourraient du covid-19 sur le nombre de personnes testées positives était beaucoup plus faible à l’IHU Méditerranée puisque ceux qui étaient testés étaient beaucoup plus nombreux et que beaucoup d’entre eux n’étaient pas malades (au contraire des autres hôpitaux de France).

Or, la mauvaise foi du professeur Didier Raoult paraît aujourd’hui sans limite, car il y avait un autre biais, bien plus grand. En effet, le 5 octobre 2020 sur BFM-TV, Renaud Muselier, lui aussi médecin (comme la nouvelle maire de Marseille) et par ailleurs président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), a affirmé qu’il y avait eu beaucoup de cas positifs au conseil régional devenu un foyer de contamination, si bien qu’il les a envoyés se faire soigner chez le professeur Didier Raoult. Résultat, aucun au service de réanimation. "Le Figaro" a fait sa petite enquête pour vérifier cette information et a découvert …un biais important.

Ce qui a fait ce genre de titre le 7 octobre 2020, chez Orange Actualités par exemple : « Marseille : l’IHU de Didier Raoult ne dispose pas de lits de réanimation pour les patients atteints d’une forme grave du covid-19 ». Les bras m’en sont tombés !

L’IHU Méditerranée fait en effet partie intégrante de l’AP-HM (Assistance publique et hôpitaux de Marseille). Il peut hospitaliser et prendre en charge des patients qu’il peut éventuellement soigner, mais il ne peut pas les accueillir dans un service de réanimation. En cas de nécessité, c’est-à-dire, en cas de gravité, les patients sont transférés dans d’autres structures de l’AP-HM.

La dépêche indique en effet : « Alors que ces services en réanimation enregistrent les taux de mortalité liée au covid-19 les plus élevés, Didier Raoult a communiqué depuis le début de la crise sanitaire sur les excellents résultats de son institut en terme de mortalité dans son service. ». Et elle ajoute : « Les cas graves de covid-19 sont transférés en réanimation dans les services appropriés de l’AP-HM. De quoi expliquer le taux très faible de mortalité liée au covid-19 à l’IHU Méditerranée. ».

Ainsi, cité par Orange, le docteur Jean-Marie Forel, médecin au service de réanimation à l’hôpital Nord a confirmé : « L’IHU ne dispose pas de lits de réanimation, ni de lits de soins critiques. Il n’y a pas non plus de médecins réanimateurs ni de personnel formé à la réanimation. (…) Il n’y a pas de scanner et de matériel radiographie, tout est fait à l’AP-HM. ».

La dépêche continue (je la cite toujours) : « L’IHU faisant partie intégrante de l’AP-HM, les patients de l’institut d’infectiologie atteints d’une forme grave de covid-19 sont transférés dans l’un des services de l’AP-HM équipé pour faire de la réanimation. Un anesthésiste explique que des réanimateurs "passent tous les jours à l’AP-HM pour déterminer avec les médecins de l’IHU quel patient doit aller en réanimation". Et si un patient se présente aux urgences dans un état grave, "il ne va pas être hospitalisé à l’IHU, mais directement en réanimation". "Lorsqu’un patient se dégrade à l’IHU, il est transféré à l’AP-HM. Et si cela tourne mal, son décès est comptabilisé à l’AP-HM", ajoute-t-il. ».

Cette organisation (tout à fait respectable par ailleurs) explique surtout pourquoi, entre janvier 2020 et juin 2020, le taux de mortalité liée au covid-19 est quatre fois plus faible à l’IHU (0,6%) que dans les autres établissements de l’AP-HM (2,4%), selon les données du "Figaro", et que le taux encore plus élevé de mortalité liée au covid-19 dans les services de réanimation (entre 16 et 20%).

Au-delà de l’entêtement de Didier Raoult (l’ego, quand tu nous tiens !), des faux espoirs suscités par l’hydroxychloroquine, des déclarations très imprudentes de "fin d’épidémie" dès avril 2020 (!), cette seconde vague qui n’est que la poursuite de la première vague, en fait, est en pleine explosion en France. Ce mercredi 7 octobre 2020, on a enregistré le plus fort nombre de cas positifs en une seule journée depuis le déconfinement, 18 746 (et on sait que parmi ceux-là, certains vont en mourir), 80 décès pour la seule journée d’hier, et au total, 1 419 personnes en situation critique, en réanimation, alors qu’il y a moins de deux mois, c’était à peine plus du quart de ce nombre.

La crédibilité scientifique du professeur Didier Raoult est maintenant très faible ; seuls, quelques soucoupistes, complotistes et opposants hystériques à Emmanuel Macron lui trouvent encore quelque crédit pour nourrir leurs argumentaires oiseux et haineux. C’est dire à quel point la science, à Marseille, est tombée bien bas. Honte à lui d’avoir voulu jouer à celui qui en avait la plus grosse sur le dos de la santé et de la vie de ses contemporains !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les supposés "bons" résultats de l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult…
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

_yartiRaoultDidierE02




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201007-didier-raoult.html

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-supposes-bons-resultats-de-l-227647

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/10/08/38577647.html







 

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 03:29

Olivier Véran a-t-il raison de s’inquiéter ?



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La pandémie de covid-19 ne cesse de se développer dans le monde. Hélas, elle a déjà entraîné la mort de plus de 998 200 personnes à ce jour du samedi 26 septembre 2020 et le seuil très symbolique du million de décès sera franchi avant la fin de ce week-end. L’OMS a d’ailleurs déclaré que si de nouvelles mesures sanitaires n’étaient pas prises par les États, il était fort probable que le nombre de victimes monte jusqu’à 2 millions au moins.

On pourra toujours discuter des chiffres, mais a priori, ils sous-estiment forcément la réalité dans chaque pays. La plupart des pays ne comptabilisent que les décès à l’hôpital. La France est l’un des rares pays à aussi comptabiliser les décès dans les EHPAD et autres établissements médicalisés, qui correspondent pourtant à environ un tiers des décès. Et encore, aucune statistique n’a été donnée pour les personnes décédées du covid-19 à domicile, une étude l’avait évalué à près de 2 000 décès qui n’ont pas été pris en compte. Les courbes de mortalité sont aussi assez instructives pour prendre conscience de l’étendue des dégâts. En France, c’est très visible en mars et avril 2020.

Près de 33 millions de personnes ont été dépistées positives au coronavirus et plus de 7,5 millions cas sont encore actifs, pour la plupart des formes modérées voire asymptomatiques, mais plus de 64 000 personnes sont actuellement dans un état critique, en service de réanimation, dans le monde. Le rythme est d’environ 300 000 nouveaux cas positifs chaque jour et autour de 5 à 6 000 décès chaque jour. L’épidémie est loin d’être terminée parce qu’elle est depuis plusieurs semaines dans une sorte de palier qui n’en finit pas de faire des victimes.

En Europe, la situation est très contrastée. L’Allemagne a toujours réussi à limiter les dégâts humains, même si le pays compte quand même deux fois plus de décès qu’en Chine d’où est partie la pandémie. Même si, également, le nombre de personnes en réanimation est aujourd’hui en train de croître à nouveau. Ancienne "mauvaise élève" de l’Europe, l’Italie a réussi son déconfinement en limitant la propagation du virus par des mesures sanitaires très strictes (il suffit de prendre connaissance des amendes en cas d’infraction). Le Royaume-Uni aussi a pris récemment des mesures très strictes pour freiner au mieux la propagation du virus. En revanche, l’Espagne (qui a reconfiné une partie de la capitale) et la France, qui commence à sérieusement s’inquiéter, sont en pleine explosion des nouveaux cas positifs dépistés.

Faut-il s’inquiéter de la situation en France ?

Le départ du Premier Ministre Édouard Philippe qui avait pris en charge l’épidémie en France a eu un effet particulièrement préoccupant sur l’évolution sanitaire du pays : chargé de relancer le pays, le nouveau Premier Ministre Jean Castex (dont je reviendrai plus tard sur la prestation sur France 2) ainsi que le Président Emmanuel Macron ont placé toute leur énergie dans le redressement économique et social de la France. Et ce n’est pas un mal, car le pays en pleine récession avait besoin de cet électrochoc de 100 milliards d’euros.

Le problème, c’est que le déconfinement a été bien appliqué jusqu’à la fin du mois de juin, c’est-à-dire, jusqu’au début de l’été et surtout, des vacances estivales. Or, après trois mois de confinement et une sidération généralisée de la population, le besoin de détente non seulement était naturel mais il était aussi indispensable à un certain équilibre vital.

Si bien que pendant l’été, il y a eu un certain nombre d’incohérences : nouvellement élus ou réélus, de nombreux maires ont décidé d’obliger le port du masque même dans des espaces ouverts, cela pour différentes raisons que la plupart des médecins ont du mal à comprendre. D’autres incohérences ont aussi porté sur la réalisation massive de tests PCR pour dépister les cas positifs. En décidant que les tests seraient gratuits et possibles sans ordonnance, on a embouteillé tous les laboratoires d’analyse au point que les résultats arrivent comme la cavalerie, après la guerre, ici, après la période où la personne positive peut contaminer ses proches.

L’envolée du nombre de nouveaux cas quotidiens dépistés positifs à partir du début du mois d’août 2020 est assez impressionnante. Elle provient de l’augmentation massive du nombre de tests (on parle de 1,2 million de tests chaque semaine) mais pas seulement, car le taux positivité, lui aussi, augmente dangereusement, atteignant aujourd’hui environ 6% (6 personnes sont dépistées positives sur 100 personnes qui sont testées). Sur les trois derniers jours, près de 50 000 nouveaux cas positifs ont été détectés, ce qui fait de la France la championne d’Europe. Ce n’est pas un titre de gloire.

31 700 décès n’est pas non plus un titre de gloire. On ne peut pas reprocher au gouvernement ce triste chiffre et en même temps, refuser les mesures sanitaires qu’il veut mettre en place pour freiner la poursuite folle du virus.

Aujourd’hui, de nombreux services de réanimation dans les hôpitaux commencent à être sous tension. Les hôpitaux parisiens ont annulé 20% des opérations planifiées. Dans toute la France, près de 1 100 personnes occupent actuellement un lit en service de réanimation pour cause de covid-19, ce qui est une hausse significative depuis cinq semaines (le nombre a triplé en cinq semaines). Il faut compter environ trois semaines pour voir les effets d’une mesure sanitaire, entre les cas positifs détectés et les entrées en service de réanimation. Hélas, toute la population est désormais touchée, même les plus vulnérables. Et quand je dis vulnérable, ce n’est pas seulement les plus âgés. C’est aussi certaines maladies, ou même l’obésité, qui, jusqu’à l’année dernière, n’était en principe pas punie de peine de mort. Sauf si le virus mortel se propage.

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Et Olivier Véran dans tout cela ?

Moi, je lui tire mon chapeau pour le travail et la responsabilité qu’il assume. C’est vrai qu’aujourd’hui, il est un peu le monsieur tristus du gouvernement. Sa dernière conférence de presse le 23 septembre 2020 pour faire le point sur la situation sanitaire a marqué un tournant dans la politique du gouvernement. Il était temps. Il faut revenir aux fondamentaux. Toujours revenir aux fondamentaux : protéger les vies. Protéger efficacement les vies.

Olivier Véran est arrivé au gouvernement le 16 février 2020 comme Ministre des Solidarités et de la Santé pour remplacer Agnès Buzyn partie faire la campagne des municipales dans un pari incertain. Olivier Véran, qui a fêté son 40e anniversaire en plein confinement (le 22 avril 2020), connaît bien son ministère.

Médecin neurologue au CHU de Grenoble, également diplômé de l’IEP de Paris, Olivier Véran a été le suppléant socialiste de Geneviève Fioraso, députée de Grenoble et nommée au gouvernement de 2012 à 2015. Olivier Véran a retrouvé les bancs de l’Assemblée Nationale en juin 2017, cette fois-ci élu sur son nom propre dans la même circonscription (où avait été élu Alain Carignon) mais avec l’investiture de LREM. Il a été rapporteur général du budget de la sécurité sociale, ce qui en a fait l’un des meilleurs connaisseurs de la santé publique en France.

Son origine professionnelle peut expliquer pourquoi, dès le début de sa prise de fonction, la prise en charge du covid-19 a été faite principalement dans les hôpitaux en négligeant la force de frappe de la médecine de ville. Ce sera l’un des sujets de réflexion après la crise sanitaire, comment mieux prendre en compte les généralistes dans la politique de santé publique. Ils sont les premiers témoins de la maladie, celle avec la forme grave comme celle avec la forme modérée.

Durant tout l’été, Olivier Véran a alerté le gouvernement sur le risque d’une recrudescence de l’épidémie en France. Non seulement il n’a pas été écouté mais il a été dit que le Président Emmanuel Macron aurait exprimé son agacement sur la gestion des tests PCR. Une telle communication est particulièrement déplacée. S’il remet en cause publiquement l’action d’un de ses ministres, il faut aller jusqu’au bout et le démettre. Cela n’a pas de sens de discréditer publiquement et de le maintenir en place : quelle va être son autorité, aussi bien aidé ?

La reprise en main a eu lieu le 11 septembre 2020 avec une intervention de Jean Castex sur le front de la crise sanitaire. Olivier Véran est revenu sur le devant de la scène pour faire un point hebdomadaire de la situation sanitaire, le premier a eu lieu le 17 et le deuxième le 23 septembre 2020. À chaque nouveau point, un nouveau serrage de vis.

L’enjeu est géant puisque si les mesures de restriction n’étaient pas efficaces, il faudrait alors penser à un nouveau confinement, ce que personne ne veut parce que lui aussi a créé des dégâts sociaux et économiques. S’il y a bien une restriction des libertés, c’est dans l’éventualité d’un confinement, pas dans l’obligation du port du masque qui est une mesure assez peu contraignante par rapport au confinement.

Beaucoup de démagogues voient dans l’opposition aux mesures barrières, voire dans le refus de voir la réalité sanitaire gravissime, la possibilité d’une nouvelle notoriété et d’une nouvelle popularité auprès des personnes qui voudraient sortir de ce cauchemar de pandémie (ce que souhaite tout le monde). Le complotisme a pris également un nouvel essor, amplifié par les réseaux sociaux, accusant principalement les dirigeants politiques d’avoir "inventé" le virus pour contrôler la population (ce qui fait que chaque "opposant" dans son pays accuse les dirigeants de son pays, sans comprendre que la pandémie est un phénomène mondial qu’il faut bien combattre si on ne veut pas se retrouver avec des dizaines de millions de morts qu’on leur reprocherait le cas échéant).

Au-delà des maladresses et incohérences du gouvernement à trouver le juste équilibre entre le freinage de l’épidémie et le redémarrage économique (une mission impossible), il faut insister sur trois éléments.

Le premier élément, c’est que la liberté ne peut aller qu’avec la responsabilité. Liberté individuelle, responsabilité collective. Droits, devoirs. Jamais l’une sans l’autre. La responsabilité, c’est de ne pas mettre en danger de mort les autres, les proches, les moins proches, et cela par ses gestes. C’est exactement le même principe que la conduite sur une route : je ne suis pas seul sur la route, ma liberté est restreinte, on pourrait même me retirer complètement ma liberté de conduire si je n’avais plus de point sur mon permis (je serais alors un chauffard), tout cela pour ne pas mettre en danger la vie des autres usagers de la route.

D’où le deuxième élément : il ne s’agit pas d’avoir peur, la plupart des chauffards qui mettent en danger la vie d’autrui n’ont jamais eu peur ni de se tuer ni de tuer leurs proches embarqués dans la même galère. On n’agit pas par peur, les gestes barrières ne sont pas la conséquence de la peur. Si je porte un masque, ce n’est pas parce que j’ai peur d’attraper le covid-19, car mon masque ne me protège pas du virus. Si je mets un masque, c’est pour ne pas contaminer ceux qui m’entourent, car ce virus est bien étrange puisque beaucoup de personnes contaminées n’ont aucun signe clinique, aucun symptôme, ce qui fait que, sauf à me faire dépister tous les jours, je ne sais pas si, à un jour donné, je suis porteur du virus. Dans le doute, je fais donc attention, pas à moi, mais aux autres, à ceux que je croise, rencontre. Ce n’est pas la peur le moteur, c’est la solidarité et le respect de la vie des autres. Exactement comme lorsque je conduis sur la route.

Beaucoup de personnes se trompent, pensent que le masque serait une ceinture de sécurité alors que c’est une pédale de frein. Car il faut freiner la circulation du virus.

Le troisième élément, c’est que ne jurer que par la liberté individuelle est une erreur de bon sens et de lucidité. Elle a bon dos, la liberté, lorsqu’on se retrouve en soins intensifs, voire dans la morgue. Elle a bon dos lorsqu’on a des séquelles, lorsque les capacités respiratoires sont réduites. Elle a bon dos, la liberté, lorsqu’on perd des êtres chers à cause de l’irresponsabilité d’insouciants ou d’insoumis, ces pseudo-résistants qui pensent être résistants alors qu’ils ne font que faciliter la circulation du virus. Si l’on voulait reprendre l’analogie oiseuse de l’Occupation, ce seraient plutôt des collabos, ils facilitent l’expansion de l’ennemi, le virus.

C’est la même erreur de penser liberté quand on doit lutter contre le terrorisme. Les victimes du terrorisme sont heureuses de se savoir libres …dans un cimetière, ou à l’hôpital, parfois invalides à vie. La première des libertés, c’est de pouvoir vivre, la première des libertés, c’est que sa sécurité soit assurée, son intégrité physique et mentale, que sa personne soit protégée.

Pas de liberté sans responsabilité, mais aussi pas de liberté sans sécurité.

La communication du gouvernement doit être simple et rapide pour marquer les esprits. À cet égard, saluons les nouveaux clips qui mettent en scène une famille : un ado au lycée qui est avec ses amis, un adulte avec ses collègues de travail, aucun des deux ne font beaucoup attention aux gestes barrières. Les deux, de la même famille, vont voir leur grand-mère pour un anniversaire. Chaleur humaine et familiale. Sourire, rire, émotion, joie. Mais quelque temps plus tard, la grand-mère contaminée se retrouve en soins intensifs et lutte pour survivre. Le court-métrage est d’autant plus fin qu’on ne sait pas qui a transmis le virus puisqu’il y a deux possibilités (trois même), ce qui évite de mettre en accusation une catégorie particulière de la population (les étudiants, etc.).

Cela ne tient qu’à nous tous, les citoyens, d’empêcher la propagation d’une maladie qui a fait déjà suffisamment de morts pour qu’on la prenne au sérieux. Cela ne tient qu’à nous d’éviter d’arriver à de nouvelles extrémités étatiques, à un retour, d’une manière ou d’une autre, au confinement. À quoi cela rime de nier la réalité ? À souhaiter un nouveau confinement ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

_yartiVeranOlivierA01



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200926-coronavirus-covid.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-le-cap-du-million-de-227368

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/26/38556402.html







 

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 21:32

« La situation du pays est grave ! J’en appelle au rassemblement, à l’unité, mesdames, messieurs les députés. Aucun dialogue n’est rompu. Aujourd’hui (…), ceux qui me reprochent de prendre des mesures trop fortes pourraient être demain ceux qui me reprocheront de ne pas en avoir fait assez. Je veux redonner espoir ! Ces mesures, je l’espère avec votre soutien à tous, produiront leurs effets et nous vaincrons ensemble cette crise sanitaire ! » (Jean Castex, le 29 septembre 2020 dans l’Hémicycle).



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Avis de tempête pour le Premier Ministre Jean Castex. L’ancien monsieur déconfinement deviendra-t-il le monsieur reconfinement ? La situation sanitaire de la France est d’autant plus grave qu’une part de la population considère qu’il n’y a aucune gravité. Les Français ont l’habitude de considérer l’Allemagne comme toujours meilleure. C’est réciproque. Récemment, Angela Merkel a annoncé des mesures sanitaires beaucoup plus strictes, et son argumentation est une gifle pour la France : elle a dit que sans ces nouvelles mesures, l’Allemagne risquerait de se retrouver dans la même situation que la France ! Et pendant ce temps, en France, des zouaves nient la gravité de l’épidémie.

Et cette situation est de plus en plus préoccupante. Le 30 septembre 2020, on a atteint 1 238 personnes malades du covid-19 en réanimation, il faut rappeler que le 14 août 2020, il y a un mois et demi, il y en avait seulement 367, près de quatre fois moins, et cela continue à monter. Les décès aussi sont nombreux, on est proche de 32 000 décès au total (31 956 exactement), avec un rythme quotidien entre 50 et 100 décès (67 pour la journée du 30 septembre 2020).

Pour le gouvernement, c’est la quadrature du cercle. En débloquant 100 milliards d’euros pour un plan de relance économique massive, confirmé par la présentation du projet de loi de finances de 2021 par le ministre Bruno Le Maire le 28 septembre 2020, le Président Emmanuel Macron avait cru pouvoir sortir la France de la récession et lui faire retrouver la bonne santé économique d’avant la crise sanitaire (en février 2020, le chômage était à son niveau le plus bas depuis une douzaine d’années). Or, l’aggravation de la situation sanitaire bouleverse la donne : les mesures de restriction sanitaire vont à l’encontre des mesures de relance économique, et cette difficulté à choisir la priorité était assez visible depuis le début de l’été alors que de nombreux médecins avaient déjà alerté le gouvernement à la milieu du mois de juillet 2020 que la situation allait se dégrader.

En répondant à la question très incisive de Damien Abad, le très actif président du groupe LR à l’Assemblée Nationale, lors de la séance des questions au gouvernement le 29 septembre 2020, le Premier Ministre Jean Castex n’a pas montré le meilleur de lui-même car il a exprimé trop ouvertement son énervement qui n’allait pas avec un discours supposé consensuel et d’appel au rassemblement. La question de Damien Abad faisait état de nombreuses incohérences ou maladresses dans les mesures prises depuis le mois d’août 2020 pour freiner la circulation du coronavirus.

Or, l’énervement lui va très mal et les incohérences sont manifestes parce que, comme expliqué plus haut, le gouvernement voudrait privilégier la relance économique, mais elle ne peut cependant pas se faire si la crise sanitaire perdure et empire.

C’est vrai que l’acceptation ou l’acceptabilité par la population des mesures de restriction sanitaire, qui sont toujours pénibles et graves à prendre, dépend souvent du crédit qu’on porte à ses dirigeants. En Allemagne, le crédit de la Chancelière Angela Merkel est très fort alors qu’elle a beaucoup moins de pouvoir que l’exécutif en France (d’autant plus que le gouvernement est en grande coalition, et que le régime est exclusivement parlementaire).

Mais en Italie aussi, ancienne "mauvaise élève" et actuellement très bonne élève de la crise sanitaire, les mesures sanitaires sont respectées. D’abord parce que les amendes n’ont rien à voir avec celles de la France (c’est 800 euros, pas 135 euros, en cas d’infraction, c’est un peu plus dissuasif). Ensuite parce que le Président du Conseil, Giuseppe Conte a été une véritable révélation politique des deux dernières années et maîtrise de manière très surprenante (et au-delà de toute prévision) l’art de gouverner. Malgré l’esprit latin, malgré les mesures très strictes, on les respecte, dans ce pays.

D’ailleurs, dans plusieurs de pays, des mesures de reconfinement sont en train d’être prises, et jamais de gaieté de cœur (en Espagne, au Québec, etc.).

Les propos d’Emmanuel Macron devant des étudiants lituaniens le 29 septembre 2020 lors de son voyage à Vilnius sont particulièrement maladroits. En pointant du doigt que les jeunes générations sont sacrifiées pour préserver la santé des plus âgés, il a, à mon sens, plus cliver que rassembler, or, il y a déjà suffisamment d’esprits clivants pour en rajouter. Au lieu de constater ces différences de générations, il aurait dû au contraire insister sur la nécessaire solidarité entre générations mais aussi entre citoyens, car on peut être jeune et vulnérable au covid-19 (le moindre surpoids peut être fatal, quel que soit l’âge). Le premier rôle d’un État protecteur, c’est de protéger les citoyens les plus vulnérables. Sacrifier les plus vulnérables pour permettre aux plus jeunes de faire la fête la nuit est une aberration sans nom et donne une idée des valeurs morales qui l’accompagne.

Parmi les maladresses, il y a aussi eu ce début de polémique depuis une semaine entre les élus "territoriaux" du Sud et le gouvernement. En clamant la concertation mais en ne se contentant que de coups de téléphone, le gouvernement a raté l’occasion de concrétiser sa volonté, pourtant affichée dès le départ, d’engager une unité entre préfets et maires. Jean Castex a d’ailleurs rencontré les maires cette semaine, le 30 septembre 2020, l’association des maires de France présidée par François Baroin, le lendemain certains maires de grandes villes, avant une nouvelle déclaration du ministre Olivier Véran dans la soirée du 1er octobre 2020 (à 18 heures je crois). C’est d’autant plus regrettable que la semaine précédente, il y avait eu un vraie union entre élus et gouvernement à Marseille. Il ne faut évidemment pas rejeter la possibilité de "postures politiques" de part et d’autre, mais le faire sur le dos de la santé des Français me paraît particulièrement …malsain.

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Je voudrais terminer sur le passage de Jean Castex à la télévision. Il était l’invité de l’émission de Léa Salamé "Vous avez la parole" le jeudi 24 septembre 2020 sur France 2. C’était sa première grande émission politique depuis son entrée à Matignon. C’est désormais quasiment un rituel sur France 2, la chaîne invite le Premier Ministre à chaque mois de septembre depuis 2017 (sauf en 2019). Un débat avec la maire de Nantes (qui, comme beaucoup d’autres maires de grande ville, se sent pousser des ailes politiques), et beaucoup de pédagogie pour expliquer l’action de son gouvernement. Beaucoup de membres du gouvernement avaient fait le déplacement et ce n’était pas un hasard si, dans le cadre, le téléspectateur pouvait voir en arrière-plan Éric Dupond-Moretti à la droite de Jean Castex et Gérald Darmanin à sa gauche.

Malheureusement, tous ces efforts n’auront aucune conséquence car l’émission va se résumer à une réponse particulièrement incompréhensible à la question de Léa Salamé : est-ce qu’il a téléchargé l’application StopCovid comme le gouvernement, depuis le mois de mai, en fait la promotion ? Et la réponse a été au moins franche : non !

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Il aurait pu en rester juste au fait, c’est-à-dire "non", mais il l’a fait de manière doublement maladroite et très contreproductive.

Le Premier Ministre l’a justifié par son rythme de vie : « Malheureusement, vu les activités qui sont les miennes, vous les voyez ? ». Le journaliste Daniel Schneidermann a relevé évidemment cette maladresse dans sa chronique du 25 septembre 2020 intitulée : "Et Castex explosa en vol". L’éditorialiste était particulièrement remonté contre le "malheureusement" en insistant : « Malheureusement, donc, il ne prend pas le métro, bafouille-t-il quand Léa Salamé lui pose la question. "Malheureusement". Si ça ne tenait qu’à lui, il adorerait s’entasser dans le métro, notez bien. Éclat de rire sidéré sur les réseaux. C’est le retour du prix de la baguette ou du ticket de métro. Mais l’ombre de l’intubation en supplément. ».

Et Daniel Schneidermann a ajouté : « Comment, d’une émission de plusieurs heures du Premier Ministre à une heure de grande écoute, en présence de la moitié du gouvernement, ne restera sans doute dans les mémoires qu’une minute d’explosion en vol. Injuste ? Anecdotique ? Mais la séquence ne fonctionnerait pas aussi bien si, dans l’ensemble de l’action du gouvernement, ne se dégageait pas cette même impression d’amateurisme. ».

Mais je suis très étonné qu’à ma connaissance, personne n’ait épinglé Jean Castex sur sa plus grande maladresse.

En disant qu’il n’avait pas téléchargé l’application StopCovid parce qu’il n’allait pas dans le métro, Jean Castex a laissé entendre qu’il n’en avait pas besoin et que le métro était le lieu le plus dangereux et le plus à risque de se faire contaminer. Ce type de réflexion met en l’air tous les efforts du gouvernement pour dire justement qu’il n’y a pas de risque dans les transports en commun dès lors qu’on porte le masque et fait attention aux gestes barrières, et que leur continuité est justifiée puisqu’ils ne sont pas des foyers de contamination (d’ailleurs, cela semble vérifié avec l’analyse des foyers de contamination, ce n’est pas dans le métro qu’on se contamine). Ou comment le Premier Ministre détruit en une seconde l’argumentation pourtant constante de son gouvernement pour dire qu’il faut aller travailler et prendre les transports en commun.

Autant de maladresses peuvent faire comprendre la haute popularité de son prédécesseur Édouard Philippe (un sondage l’a placé à 59% de popularité !) qui est venu faire une visite de courtoisie très remarquée au Président de l’Assemblée Nationale Richard Ferrand le 30 septembre 2020. Édouard Philippe a connu une certaine populaire, malgré sa psychorigidité sur la réforme des retraites, le jour où il a reconnu très humblement qu’il ne savait pas répondre à certaines questions sur le covid-19.

D’ailleurs, l’une des exclamations des députés LR lors de la réponse de Jean Castex, hué en permanence, aux députés, le 29 septembre 2020, était : « Édouard revient ! » (Maxime Minot), tandis qu’une autre, moins flatteuse pour son successeur, était : « Il est très mauvais ! » (Patrick Hetzel).

Plus généralement, on peut se demander pourquoi il y a eu au début de l’été, en pleine crise sanitaire, un changement de Premier Ministre, car Jean Castex est une sorte de clone d’Édouard Philippe mais en moins bien. Édouard Philippe n’avait pas eu de mal à préserver l’unité nationale lors du confinement de mars à mai 2020, dispositif pourtant autrement plus contraignant que quelques fermetures de bistrots la nuit. La différence ? Peut-être l’expérience politique…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Jean Castex invité de Léa Salamé dans "Vous avez la parole" le 24 septembre 2020 sur France 2.
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 11 septembre 2020 à Matignon sur la crise sanitaire (texte intégral).
Jean Castex et France Relance.
Roselyne Bachelot, la culture gaie.
Éric Dupond-Moretti, le ténor intimidé.
Barbara Pompili, "l’écolo" de service.
François Bayrou sera-t-il le Jean Monnet du XXIsiècle ?
Secrétaires d’État du gouvernement Castex : des nouveaux et des partants.
Gérald Darmanin, cible des hypocrisies ambiantes.
Relance européenne : le 21 juillet 2020, une étape historique !
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 16 juillet 2020 au Sénat (texte intégral).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 15 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale (texte intégral).
La déclaration de politique générale de Jean Castex le 15 juillet 2020.
Composition du gouvernement Castex I.
Le gouvernement Castex I nommé le 6 juillet 2020.
Jean Castex, le Premier Ministre du déconfinement d’Emmanuel Macron.
Édouard Philippe, le grand atout d’Emmanuel Macron.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200924-castex.html

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/10/01/38564322.html



 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 19:32

(vidéo)


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200918-coronavirus-covid-masque.html

 

 


SR
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20200923-discours-veran.html


 

 

 

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 03:35

« Un élément suscite particulièrement notre inquiétude : pour la première fois depuis de longues semaines, nous constatons une augmentation sensible du nombre de personnes hospitalisées. Or les personnes qui arrivent en réanimation sont les mêmes qu’au mois de mars. Tout confirme que le virus n’a pas baissé en intensité, avec une proportion toujours aussi élevée de personnes âgées. Cela signifie qu’il n’y a pas de ligne Maginot : même si le virus circule principalement chez les jeunes, dont beaucoup ne présentent aucun symptôme, il finit inévitablement par toucher les plus vulnérables, pour lesquelles le virus présente un danger. » (Jean Castex, le 11 septembre 2020 à Matignon).



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Certains estiment que l’épidémie de covid-19 est terminée. Tout le monde le souhaite et les pouvoirs publics les premiers, mais il y a une sorte de déni qu’on retrouve aussi lors du deuil d’un être cher. On peut être là, juste devant le cercueil, dans la chambre funéraire, et se dire : non, il n’est pas mort (elle n’est pas morte), ce n’est pas possible. Pourtant, il y a les faits. Le complotisme peut se nourrir d’un éloignement des faits, éloignement géographie et éloignement temporel (par exemple : les hommes sur la Lune, c’est loin, il faut retrouver des "preuves", des témoins), mais pour le cas de la pandémie actuelle, elle est là, sous notre nez, comme le cadavre encore chaud de l’être cher. Le déni est une réponse psychologique classique, une étape mais normalement temporaire. Car le déni empêche toute prise de décision.

Or, le problème, c’est que depuis le début de l’été 2020, le virus circule à folle allure en France. Il ne s’agit pas de faire peur, il s’agit d’ANTICIPER, ce qu’on demande à tout gouvernement pour éviter les catastrophes à venir. Un politique avisé sait bien que les "opinions publiques" se retournent facilement au gré des événements. Même impopulaire, prendre des mesures courageuses sera reconnu par la suite, et ne pas les prendre sera au contraire fustigé ultérieurement. L’art de gouverner, ce n’est donc pas se réduire à répondre aux attentes sans cesse fluctuantes de "l’opinion publique", mais de servir l’intérêt général.

Le point sur l’épidémie de covid-19 en France de ce vendredi 18 septembre 2020 est à ce point de vue une note très pessimiste. Pour la première fois depuis mai, on retrouve presque un nombre de décès à trois chiffres : 154 morts du covid-19 (dont 32 dans les EHPAD et 76 un "rattrapage" dans les décès à l’hôpital), ce qui donne depuis le début de l’épidémie le nombre de 31 249 décès par covid-19. Sans compter ce "rattrapage", cela donne un nombre de décès quotidien de l’ordre de 50 à 80, ce qui est beaucoup qu’il y a un ou deux mois. Ce n’est hélas pas incohérent dans la mesure où la virulence du virus n’a pas varié, et à partir de la fin du mois d’août, le taux d’incidence chez les personnes vulnérables est monté (alors qu’auparavant, c’étaient surtout les plus jeunes qui étaient contaminés).

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Ce 18 septembre 2020 a été aussi le record du nombre de nouvelles personnes dépistées positives au covid-19 en un jour, 13 215 nouveaux cas. Nous avions franchi le seuil des 10 000 quotidiens il y a une semaine, et l’accélération se poursuit de manière inquiétante. Au plus fort de la première vague, une étude a estimé que ce nombre a dû atteindre 50 000 voire 100 000 par jour (mais à l’époque, nous n’avions pas les moyens de faire des tests de dépistage aussi nombreux).

Tous les cas positifs ne sont heureusement pas des malades, puisque, pour une grande majorité d’entre eux, ce sont des asymptomatiques. Mais cette hausse ne s’explique pas seulement par une augmentation du nombre de tests réalisés (1,2 million cette semaine), car le taux de positivité, lui aussi, augmente (autour de 5% ; c’est le rapport entre le nombre de cas positifs sur le nombre total de personnes dépistées en PCR).

Inquiétant aussi le nombre de personnes développant la forme sévère. En une seule journée, il y a eu 850 hospitalisations supplémentaires, et surtout, 100 entrées en service de réanimation, ce qui porte le nombre de lits en réanimation occupés par un malade du covid-19 à 827. C’est bien inférieur au pic du début avril (7 800) mais il faut rappeler que le 14 août 2020, le nombre total de personnes malades du covid-19 en réanimation était seulement de 367. En clair, dans les hôpitaux, en juin et début juillet, il n’y avait pratiquement plus d’entrées en service de réanimation, ou quelques personnes par semaine, maintenant, ce sont des dizaines par semaine. Et la durée du séjour en réanimation est très longue, plusieurs semaines.

La circulation du virus accélère et touche principalement les grandes métropoles. Une impression qui mériterait d’être confirmée, c’est que l’éviction d’Édouard Philippe de Matignon a eu une incidence sur la prise en compte de la crise sanitaire. Cette impression, c’est que Jean Castex semble plus préoccupé par la relance économique (et il n’a pas forcément tort, pas de santé publique si l’économie est vacillante) que par la crise sanitaire. Peut-être est-ce d’ailleurs un changement de paradigme provenant de l’Élysée ? L’idée qu’il faut préserver à tout prix la survie économique.

Or, le problème, c’est que si la situation sanitaire devenait critique (ce qui n’est pas heureusement encore le cas), il faudrait bien revenir à une forme de confinement, ce qui serait mortel pour l’économie. Israël a décidé d’un reconfinement général de trois semaines à partir du 18 septembre 2020, pour éviter des surpercontaminations durant cette période de fête (et pour éviter la stigmatisation de deux communautés bien particulières dans lesquelles le nombre de contaminations a explosé en raison de leur mode de vie).

Il y a eu une reprise en main du gouvernement le 11 septembre 2020 avec une déclaration solennelle du Premier Ministre Jean Castex n’apportant pas grand-chose de nouveau sinon l’expression de la gravité de la situation. La vraie innovation, c’est que les décisions pour ralentir la circulation du virus sont prises au niveau départemental par le préfet, en concertation avec les élus locaux, ce qui signifie en quelque sorte que, dans les "territoires", le Ministère de l’Intérieur a pris la main sur le Ministère de la Santé (ARS). Il serait même envisagé de nommé des "sous-préfets covid". Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran revient aussi sur le devant de la scène, après un été discret, pour présenter un point hebdomadaire à la presse, le premier a eu lieu le 17 septembre 2020.

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Chaque week-end, des grandes agglomérations vont être soumises à des mesures sanitaires plus strictes. Le week-end dernier, ce fut pour Marseille, Bordeaux et la Guadeloupe. Ce week-end, pour Nice, Lyon, Toulouse. D’autres villes ont été envisagées comme Paris, Lille, Dijon, etc. Bref, la cellule de crise du ministère travaille aussi sur des plans de reconfinement local, pour l’instant pas encore décidés (dans la région parisienne notamment). Le préfet de la région Île-de-France a recommandé ce 18 septembre 2020 de ne pas faire de réception de plus de dix personnes chez soi. Recommandé et pas obligé, car si c’était une contrainte, il faudrait alors mettre un policier à chaque domicile ou encourager les voisins à épier et à dénoncer, ce qui n’est pas, dans mes valeurs, un sens très élevé du civisme et du respect des autres.

Paradoxalement, le comportement des Français est plutôt respectueux des gestes barrières, la plupart portent leur masque lorsque c’est obligatoire, or, depuis la fin du mois d’août, il est souvent obligatoire même dans les rues, dehors. Le vrai problème concerne les réunions familiales, souvent sans masque, ou les soirées d’étudiants ou de jeunes, également sans masque.

Deux exemples, un en France, un à l’étranger. Des élèves infirmiers ont passé le concours et arrivent à l’année de stage à l’hôpital. Première réunion en amphi sans problème, distanciation physique et masque, mais le soir, fête étudiante sans masque, 13% ont été détectés positifs et les stages évidemment annulés pour ne pas exposer l’hôpital. L’autre exemple est plus grave, dans le Maine, aux États-Unis, un mariage a tourné au massacre. Des dizaines de contaminations, 7 décès et plusieurs foyers de contamination mettant en ébullition un État américain. Plus que dans d’autres circonstances, la responsabilité individuelle est essentielle en termes de solidarité.

Masque et rencontres sociales, ce n’est pas une question de peur, c’est une question de solidarité avec les personnes vulnérables. Les contraintes (porter un masque, reporter de quelques mois les fêtes familiales, etc.) sont rien par rapport à la perspective d’un nouveau confinement ou à celle d’une seconde vague aussi meurtrière. Les inconforts et les supposées pertes de liberté sont peu de choses comparées au traumatisme de plusieurs semaines voire mois à l’hôpital, avec des séquelles aux poumons, ou pire, sans sortie…

La pandémie de covid-19 est loin d’être finie, tant en France que dans le reste du monde. Au Royaume-Uni et en Espagne, on envisage des reconfinements ciblés. Le coronavirus continue à ravager la population mondiale. Au 18 septembre 2020, il y a eu plus de 955 000 décès du covid-19, soit plus de 5 000 en un jour, dans quelques jours, le million sera atteint et dépassé. La courbe des décès est depuis plusieurs mois en (affreux) plateau. Plus de 30,6 millions de personnes ont été dépistées positives au covid-19 dans le monde, ce qui fait un rythme quotidien de 300 000 contaminations.

Quelles sont les différences entre la situation actuelle et celle de février à mai derniers ?

Ce qui est mieux : c’est la manière de prendre en charge les patients atteints de la forme sévère du covid-19. Avec une meilleure capacité à oxygéner, certains patients n’ont plus à aller en réanimation maintenant, et dans tous les cas, on réussit souvent à éviter l’intubation. En réanimation, on a sensiblement réduit la mortalité par un traitement d’anticoagulants et de corticoïdes. Ce qui est mieux aussi, c’est les protections et les munitions : stock de masques, capacité de faire des tests massivement, même si, sur les tests, il y a encore des problèmes pour organiser les priorités et accélérer les procédés.

Ce qui est pire qu’au printemps, c’est que le système de santé est moins solide : le personnel soignant est démotivé, épuisé et risque d’être moins efficace en cas de nouvelles tensions. Il ne partira plus la fleur au fusil, parfois au péril de sa vie. De plus, si seconde vague il y a, elle aura une amplitude beaucoup plus basse qu’au printemps, mais il faudra compter aussi sur les autres maladies, car il n’est plus question de ne pas soigner les autres maladies (cancer, maladie cardiaque, etc.) ; une étude a estimé qu’au Royaume-Uni, il faudrait compter sur une surmortalité de 50 000 décès supplémentaires due à des maladies dont on a repoussé les traitements ou retardé trop longtemps le dépistage. Autre élément négatif : alors qu’au printemps, la vague était très localisée (Paris, quart Nord-Est), maintenant, elle est sur tout le territoire en métropole (notamment les grandes agglomérations), ce qui signifie qu’il n’y aura plus de région sans tension qui pourrait aider des régions sous tension. Enfin, en cas de nécessité de reconfinement, son acceptabilité sera probablement bien plus faible qu’au printemps, ce qui poser inévitablement des problèmes pour éventuellement le faire appliquer.

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement est toujours sur une ligne de crête qu’a rappelée Jean Castex le 11 septembre 2020 : « Face à cette épidémie, notre stratégie ne varie pas : lutter contre le virus en évitant de devoir mettre entre parenthèses notre vie sociale, culturelle, économique, l’éducation de nos enfants et notre capacité à vivre normalement. Oui, le virus est là pour quelques mois encore, et nous devons réussir à vivre avec lui sans nous laisser entraîner à nouveau dans une logique de confinement généralisé. La solution la plus simple et la moins contraignante, on la connaît : c’est appliquer scrupuleusement les gestes barrières. Cela dépend fondamentalement de nous. ».

Jean Castex a même eu l’occasion d’illustrer ses propos quelques temps plus tard puisqu’il s’est retrouvé le 12 septembre 2020 pendant plusieurs heures dans la même voiture que le directeur du Tour de France, et que ce dernier fut dépisté positif en début de semaine. Jean Castex, a priori, n’a pas été contaminé par lui grâce au port du masque et aux différents autres gestes barrière (qui se révèlent donc efficaces dans cet exemple précis).

Dans le Gers le 18 septembre 2020, le Président Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne s’agissait ni d’infantiliser ni de culpabiliser. Certes. Mais dans ce cas, il faut savoir se responsabiliser soi-même. Jamais le moment n’a été aussi crucial pour la responsabilité individuelle et la solidarité nationale. À nous de choisir !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 17 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 11 septembre 2020 à Matignon sur la crise sanitaire (texte intégral).
Ne nous masquons pas la réalité !
Les vrais émotifs du coronavirus.
À propos de l’obligation du port du masque.
Covid-19 : seconde vague ? La prudence s’impose …par le masque.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
La Charte de déontologie des métiers de la recherche (à télécharger).
Hydroxychloroquine : l’affaire est entendue…
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Rapport de Jean Castex sur le plan de déconfinement le 6 mai 2020 (à télécharger).
Protection rapprochée.
Discours de Claude Malhuret le 4 mai 2020 au Sénat (texte intégral).
Covid-19 : les trois inepties du docteur Claude Malhuret.
11 mai 2020 : Stop au covid-19 ! (et traçage ?).
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le jeudi 7 mai 2020 à Matignon sur le déconfinement (texte intégral).
Professeur mégalo (vidéo).
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Unitaid.
Déconfinement : les départements verts et les départements rouges, la confusion des médias…
Didier Raoult, médecin ou gourou ?
Le déconfinement selon Édouard Philippe.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200918-coronavirus-covid-masque.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/finie-l-epidemie-de-covid-19-227206

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/18/38540673.html




 

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 19:52

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200918-coronavirus-covid-masque.html

 

 

 


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http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20200917-discours-veran.html





 

 

 

 

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Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200903-castex.html



Discours du Premier Ministre Jean Castex le 11 septembre 2020 à Paris, sur la situation de la pandémie

11 septembre 2020 - Discours
Déclaration de M. Jean Castex, Premier ministre


Un Conseil de Défense consacré à la crise sanitaire s’est tenu ce jour autour du Président de la République. Comme nous le faisons à intervalle régulier, nous avons analysé l’évolution de la situation épidémiologique. Celle-ci fait apparaître une dégradation manifeste de la situation : le virus circule de plus en plus en France. Le taux d’incidence est monté à 72 cas pour 100 000 personnes, contre 57 il y a une semaine. Le pourcentage des cas positifs augmente.

Un élément suscite particulièrement notre inquiétude : pour la première fois depuis de longues semaines, nous constatons une augmentation sensible du nombre de personnes hospitalisées.

Or les personnes qui arrivent en réanimation sont les mêmes qu’au mois de mars. Tout confirme que le virus n’a pas baissé en intensité, avec une proportion toujours aussi élevée de personnes âgées. Cela signifie qu’il n’y a pas de ligne Maginot : même si le virus circule principalement chez les jeunes, dont beaucoup ne présentent aucun symptôme, il finit inévitablement par toucher les plus vulnérables, pour lesquelles le virus présente un danger.

Face à cette épidémie, notre stratégie ne varie pas : lutter contre le virus en évitant de devoir mettre entre parenthèse notre vie sociale, culturelle, économique, l’éducation de nos enfants et notre capacité à vivre normalement. Oui, le virus est là pour quelques mois encore, et nous devons réussir à vivre avec lui sans nous laisser entrainer à nouveau dans une logique de confinement généralisé.

La solution la plus simple et la moins contraignante, on la connaît : c’est appliquer scrupuleusement les gestes-barrière. Cela dépend fondamentalement de nous.

Je l’ai déjà dit, la période estivale a été marquée par une forme de relâchement que l’on peut probablement expliquer après les longues semaines de confinement du printemps dernier.

La rentrée est là. Nous devons impérativement respecter les règles de distanciation physique, nous laver régulièrement les mains, porter le masque, ce que l’immense majorité de nos concitoyens fait, en application des dispositions que nous avons prises, et je les en remercie.

L’autre pilier de notre stratégie, c’est dépister massivement et casser ainsi les chaines de contamination.

Nous réalisons aujourd’hui plus d’1 million de tests par semaine. C’est considérable. La France est ainsi devenu le 3ème pays qui teste le plus en Europe.

Cette très forte augmentation du nombre de tests est une excellente nouvelle. Elle a cependant entraîné des temps d’attente trop importants, nous avons parfaitement conscience, notamment dans certaines villes.

Attendre, ce n’est pas grave s’il n’y a pas d’urgence. Mais cela est problématique lorsque vous êtes prioritaire. Quand êtes-vous prioritaire ? Vous êtes prioritaire si vous présentez les symptômes de la COVID-19, si vous avez été en contact rapproché avec une personne positive et enfin si vous êtes un personnel soignant ou assimilé travaillant à l’hôpital, dans un EPHAD ou à domicile.

Pour ces personnes prioritaires, nous allons renforcer les circuits dédiés de dépistage. Ainsi, les laboratoires leur réserveront certains créneaux horaires et nous veillerons là où il y a des besoins, et notamment dans les grandes villes, à installer des tentes de dépistages qui leur seront également dédiées.

Pour les personnes testées positives et celles avec lesquelles elles ont été en contact, le Conseil de Défense a pris deux décisions pour améliorer la surveillance épidémiologique :

- première décision, 2000 recrutements supplémentaires seront effectués au sein de l’Assurance Maladie et dans les Agences Régionales de Santé pour réaliser ce qu’on appelle le traçage ;
- deuxième décision, sur proposition du conseil scientifique, la durée d’isolement sera ramenée à 7 jours, c’est-à-dire la durée pendant laquelle il y a un véritable risque de contagion. Il est primordial que chacun respecte strictement cette durée d’isolement qui donnera lieu à des contrôles.

Par ailleurs, le Conseil de Défense a porté à 42 le nombre de départements classés rouge, c’est-à-dire à circulation active du virus.

Ce classement n’emporte pas de conséquences automatiques mais il permet aux préfets, en lien avec les autorités sanitaires et les élus locaux, de déclencher des mesures supplémentaires de réduction des risques, notamment sur le port du masque, les rassemblements sur l’espace public, les grands événements ou les horaires d’ouvertures de certains commerces.

Comme je l’ai toujours dit, ces mesures ne doivent pas se décider depuis Paris, dans l’idée de s’appliquer partout, au même moment et de la même manière. Nous conserverons cette méthode qui devra nous permettre d’agir sans attendre que les choses se dégradent.

Dans deux métropoles – Marseille et Bordeaux – ainsi qu’en Guadeloupe, nous constatons une évolution préoccupante des contaminations, notamment chez les plus âgés, ainsi qu’un taux déjà élevé d’hospitalisation. Compte tenu des prévisions que nous pouvons faire à 3 semaines sur l’occupation des lits de réanimation, j’ai demandé aux préfets concernés de me proposer d’ici lundi, et après avoir mené les concertations locales nécessaires, un ensemble de nouvelles mesures complémentaires.

Nous continuerons à prendre les mesures adaptées et graduées en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et de son anticipation. Ainsi que je l’ai annoncé, le ministre des Solidarités et de la Santé reprendra ses points d’information réguliers. J’en appelle aujourd’hui solennellement au sens des responsabilités de chacune et chacun d’entre vous. Nous ne parviendrons à enrayer cette reprise de l’épidémie qu’en étant tous vigilants et solidaires. Je demande en particulier aux personnes âgées d’observer la plus grande prudence au quotidien. Faites attention, soyez très prudents. Pour quelques mois encore, nous devons faire preuve d’une responsabilité de tous les instants, d’un civisme exigent.

Demain dépend de vous, de nous.

Je vous remercie.

Jean Castex, le 11 septembre 2020 à Matignon, Paris.


Source : gouvernement.fr
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20200911-discours-castex.html

 

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 03:27

« Le masque est si charmant que j’ai peur du visage. » (Alfred de Musset, 1839).


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Ce qui est remarquable, c’est que les réactions par rapport au port obligatoire du masque sont au moins stables dans le temps, l’espace, le contexte. Depuis ce vendredi 28 août 2020 à 8 heures du matin, le port du masque devient obligatoire même à l’extérieur, dans la ville de Paris et en petite couronne, et dans quelques autres agglomérations (comme Marseille, Strasbourg, Toulouse, Nice, Bordeaux, etc.).

On pourra toujours dire que c’est inutile et c’est probablement inutile d’un point de vue sanitaire, le coronavirus se transmettrait plutôt dans les espaces clos non aéré, et donc, obliger les gens à porter le masque dehors, avec quelques absurdités (pour les motards, on a exclu dans l’obligation les cyclistes et les joggers, et dans les textes, les fumeurs et les mangeurs de sandwich pourraient être verbalisés…) pourrait paraître une mesure de santé publique inutile. Le très calme professeur Éric Caumes, loin de se laisser démonter par un Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV, le 28 août 2020, qui enrageait contre cette nouvelle obligation, après lui avoir dit que cette obligation était inutile, lui a concédé qu’il pensait que c’était stupide mais a insisté pour dire qu’il ne l’avait pas dit !

Mais il y a un monde entre la science et la gouvernance. Après le déconfinement, les Français se sont extrêmement bien comportés, ils ont respecté les gestes barrières, ont porté le masque là où il le fallait (même quand ce n’était pas encore obligatoire, dans les commerces, ce n’est obligatoire que depuis le 20 juillet 2020), et les courbes des contaminations en mai et juin 2020 ont été excellentes, le confinement avait atteint son objectif, enrayer l’épidémie (du moins en France, car malheureusement, elle est mondiale).

Et puis, avec la fête de la musique, avec le début des vacances estivales, il y a eu du relâchement. La courbe des contaminations a commencé à remonter dangereusement depuis la première quinzaine de juillet, jusqu’à nous retrouver, à la fin de ce mois d’août 2020, à une moyenne de plus de 5 000 contaminations par jour. Il y a même eu 7 000 en une journée la semaine qui vient de passer. Bien sûr, on peut dire que l’augmentation massive du nombre de tests de dépistage y est pour quelque chose (on a atteint un record cette semaine avec 900 000 tests par semaine), mais cela n’explique pas la hausse quasi-exponentielle des contaminations, ce que prouve également le taux de positivité qui, lui, aurait dû baisser à mesure qu’on augmentait le nombre de tests, et au contraire, celui-ci monte, il serait de l’ordre de 3,3% (nombre de personnes contaminées sur nombre de personnes dépistées).

Soyons clairs, comme le disent la plupart des médecins, la situation n’est pas catastrophique et on est loin de la situation du mois de mars 2020, mais elle reste cependant préoccupante car ce qui compte, évidemment, c’est le nombre de nouvelles hospitalisations et le nombre de décès. Or, depuis une quinzaine de jours, le nombre d’admissions en réanimation repart légèrement à la hausse, tandis que le nombre de décès reste stable (de l’ordre de 10 à 20 par jour avec quelques variations plus administratives que statistiques). Il faut compter deux à trois semaines pour avoir une réaction entre nombre de contaminations et admissions en réanimation, et encore un peu plus pour les décès, en sachant d’ailleurs que, heureusement, on sait mieux soigner les formes sévères (le taux de létalité chez les "malades sévères" a diminué par rapport à mars-avril).

On explique que la faible conséquence d’une augmentation des cas depuis le début de l’été sur le nombre de décès provient de la sociologie des personnes infectées, à savoir des personnes plus jeunes (les plus fragiles se protègent et font plus attention), ce qui peut se comprendre. Certains évoquent une mutation du coronavirus mais l’histoire n’est pas très claire, elle n’est pas claire déjà dans les comparaisons du taux de létalité entre les différents pays du monde, et les deux hypothèses (âge moyen des personnes touchées, mutation du virus) sont encore juste imaginées, peu prouvées et les deux peuvent intervenir en même temps. Néanmoins, l’augmentation du nombre d’admissions en réanimation devrait nous alerter : cette tendance est nouvelle. En une semaine, au début mars, les services de réanimation étaient passés de un ou deux cas à la saturation complète. Le caractère exponentiel fait que la remontée peut être très rapide et quand on le saura, ce sera trop tard.

Personne n’est madame Soleil mais tout le monde admet qu’un gouvernement doit se préparer au pire (ce qu’avait fait Roselyne Bachelot en son temps). Sinon, on le lui reprochera, c’est ce qu’on a reproché aux pouvoirs publics à la fin de l’hiver quand le covid-19 est apparu soudainement : ne pas nous être préparé au pire. Et le pire, c’est d’imaginer que la rentrée 2020 ne peut que faire empirer la situation sanitaire : les "jeunes", plus insouciants que les autres (ce qui est normal et gage de vitalité !), vont "partager" avec les moins jeunes, à leur lieu de travail, à leur lieu d’études, dans leur famille, et le risque est qu’au milieu du mois de septembre, des personnes beaucoup plus fragiles soient à leur tour contaminées et là, les sinistres courbes des décès remonteront inexorablement. Sans compter que l’arrivée de la (vraie) grippe, du rhume et d’autres virus saisonniers va particulièrement accroître les difficultés pour les médecins et encombrer les services d’urgences (faut-il rappeler que cette année, la vaccination contre la grippe aurait un double intérêt ?).

Cela, c’est l’hypothèse la pire. Car il y a une autre hypothèse, comme celle que le virus finalement, comme en mai, va perdre en virulence et que le plus dur est passé. Cette hypothèse n’est pas nulle, mais aucun fait n’indique qu’elle est la bonne. Les pouvoirs publics ne peuvent donc pas se permettre de rester sur un hypothétique optimisme malgré leur volonté de faire redémarrer l’économie.

Mais si c’est l’hypothèse du pire qui l’emporte, qu’adviendra-t-il ? Une nouvelle catastrophe sanitaire ? C’est clair qu’un reconfinement généralisé ferait encore plus de dégâts qu’en mars. Parce que celles des entreprises qui ont survécu difficilement au premier seraient achevées au second. Oui, le confinement est une atteinte aux libertés publiques. Non, l’obligation du port du masque n’est pas une atteinte aux libertés publiques, justement, c’est même la mesure qui éviterait un nouveau confinement, c’est donc la mesure de sauvegarde pour préserver nos libertés publiques. Il y a d’ailleurs une extraordinaire contradiction à critiquer le gouvernement de ne pas avoir su disposer des milliards de masques nécessaires en mars et, aujourd’hui qu’on les dispose, de refuser de s’en servir. À moins qu’il faille surtout critiquer pour critiquer. La vie des personnes vaut pourtant beaucoup plus qu’une posture politicienne.

Le problème avec la fin du confinement, et ses bons résultats sur le front sanitaire de la fin du printemps, c’est que beaucoup ont cru que le virus était parti ou que l’épidémie était derrière nous, ce qui était une erreur. Le virus circule toujours, malheureusement. Même la couleur verte des départements (il aurait fallu une autre couleur), cela ne signifie pas que le virus ne circule pas, mais qu’il circule peu (et petit à petit, tous les départements se mettent au rouge, ils sont déjà vingt et un). Depuis le milieu de l’été, la réglementation a donc durci. Il y a la nécessité d’une prise de conscience que rien n’est fini et que le pire peut encore être devant nous, hélas. Ce mardi 1er septembre 2020, jour de la rentrée scolaire, le port du masque est également obligatoire dans les entreprises, sauf dans un bureau individuel.

Les médecins confirment tous que le port du masque dans les milieux clos est très efficace. En fait, aucun foyer de contamination ne s’est créé au sein de collectivité portant le masque à l’intérieur, y compris dans des endroits à risques (comme les hôpitaux), si ces masques sont effectivement bien portés (il y aurait eu quelques relâchements même au sein de certaines hôpitaux), avec une exception, un call center (un centre d’appels) dont les employés portaient pourtant le masque, mais apparemment mal aéré et la contamination a eu lieu lors de la pause déjeuner avec (évidemment) retrait des masques et l’air chargé a contaminé les employés car pas il n’a pas été évacué assez rapidement.

A contrario, aucun foyer de contamination n’a eu lieu à l’extérieur, même sans masque : ni lors de la fête de la musique, ni sur les plages, ni au Puy-du-Fou (il me semble cependant que les 9 000 spectateurs étaient masqués)… Alors l’idée, très récente, d’obliger le port du masque à l’extérieur, dans les grandes agglomérations peut paraître stupide. En tout cas inutile sur le plan strictement sanitaire. Sur le plan politique, on peut comprendre pourquoi les maires et les préfets prennent ces mesures, histoire de montrer qu’ils agissent pour combattre l’épidémie et qu’on ne leur critique pas, plus tard, d’avoir été trop laxistes. Qui le leur reprochera vu ce qu’on voit pleuvoir comme critiques dès maintenant ?

Sur le grand public, il peut aussi y avoir un effet, la confirmation que non, l’épidémie n’est pas terminée et qu’il faut continuer à faire attention. Je ne sais pas si, sur ce plan purement psychologique, cela peut avoir un effet, mais je ne vois pas d’autre raison à ce genre de décision.

Et il y aurait aussi un autre moyen de renforcer cette attention : l’exemplarité. Or, ce qu’on voit sur les plateaux de télévision, ce sont des personnes très respectables qui dissertent …sans masque. Je comprends très bien que le plateau est très spacieux, un système d’aération très performant nettoie l’atmosphère, et que parler dans un masque n’est pas très évident, mais l’idée que cela donne aux téléspectateurs, c’est d’une nécessité très théorique du port du masque.

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Inutile de dire que l’exemplarité a son efficacité. Quand le Premier Ministre d’alors, Édouard Philippe, s’est exprimé dans l’hémicycle du Palais-Bourbon avec un masque le 23 juin 2020 pour répondre à une question, il a eu son petit effet. D’une part, on entendait aussi bien que s’il ne portait pas de masque, et il montrait que l’un des principaux personnages de l’État se soumettait aussi aux règles de déconfinement dans les entreprises (à partir du 22 juin). Tous ses ministres ont fait de même dans la semaine qui a suivi. Et ceux qui ont pu voir les réunions des commissions à l’Assemblée Nationale, auditions, discussions de textes, etc., tous les orateurs portaient le masque.

Cette exemplarité n’a pas semblé pourtant perdurer avec le nouveau gouvernement. Si effectivement, en juillet, les députés et les membres du gouvernement étaient présents dans l’hémicycle avec un masque, les orateurs ôtaient leur masque avant de s’exprimer (parfois, en le manipulant mal).

Dans les médias, l’exemplarité est mitigée. Avec le masque obligatoire dans la rue, les "envoyés spéciaux" sont obligés de faire leur reportage avec un masque (mais pas toujours). Dans le "Festival des festivals", diffusé en direct sur France 2 et France Inter, le soir du 27 août 2020, au parc de Saint-Cloud, l’animateur vedette Nagui se montrait ostensiblement sans masque et quand il allait voir le public, tous les participants étaient masqués sauf lui, qui se tenait pourtant très proche d’eux, il y avait un côté incompréhensible et assez méprisant (le masque, c’est bon pour le peuple, pas pour moi).

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En fait, c’est assez ordinaire de retrouver des réticences, si ce n’est des "résistances" dans le port du masque pour raison sanitaire. Le masque, ce n’est pas agréable à porter, ce n’est pas agréable à voir (un visage caché, l’absence de sourire, etc.). Pourtant, dans beaucoup de pays asiatiques, les gens ont pris l’habitude de porter le masque, soit à cause d’un risque d’épidémie, soit à cause de la pollution. Pourquoi ne serions-nous pas capables d’adopter les bonnes pratiques, temporairement ?

Ce qui est invariant, c’est qu’en France, on s’en prenne au gouvernement, au Président Emmanuel Macron, mais dans chaque autre pays (hors Asie), les citoyens s’en prennent aux dirigeants de leur propre pays. Il y a un côté surréaliste de ne pas vouloir comprendre que le problème n’a rien de national, n’a rien de politique, mais qu’il est sanitaire.

Mais dans d’autres contextes très différents, ce n’est pas nouveau non plus. J’ai eu l’occasion, dans une vie antérieure, de superviser quelques "fondeurs", c’est-à-dire, de personnes qui produisaient des échantillons de verre, avec une composition que je leur donnais à l’avance. Comme certains des composants étaient hautement toxiques (pas seulement cancérogènes, mais aussi mutagènes), je leur imposais de porter le masque (pas chirurgical, un spécialement pour cette utilisation) pour qu’ils soient protégés. Il se trouvait que certains travaillaient de nuit et je n’étais pas en situation de vérifier systématiquement qu’ils portaient effectivement le masque. L’un d’eux, assez ancien, me disait qu’il n’avait pas peur et qu’il avait déjà connu des situations plus dangereuses. J’avais établi un protocole sanitaire pour surveiller tout risque d’intoxication.

C’est le côté foi en son invincibilité qui peut induire en erreur : en avoir vu d’autres. Mais le virus, il s’en moque, il circule. Dans un microtrottoir (sur la nouvelle mesure à Paris), le 28 août 2020, une personne déjà d’un certain âge (donc plutôt à risques) expliquait qu’il n’avait pas besoin de masque, qu’il avait fait la guerre d’Algérie et qu’il n’avait peur de rien. Ben si, parfois, il vaut mieux avoir peur : la peur de se retrouver au service de réanimation, par exemple, surtout quand on est une personne "à risques".

Du reste, encore un qui n’a rien compris à ce qu’on explique depuis six mois : le masque ne sert pas à se protéger mais à protéger les autres, c’est pour cela qu’il faut que tout le monde le porte. Ce n’est pas une question de liberté individuelle mais une question de solidarité collective : la liberté individuelle d’une personne admise en réanimation est beaucoup plus limitée que celle d’une personne portant simplement un masque et pouvant vivre normalement.

L’entreprise est directement responsable de la santé de ses employés, mais si un employé refuse de se protéger et, surtout, de protéger les autres, faut-il le licencier ? appeler la police ? Le problème va se poser pour toutes les entreprises à partir du 1er septembre : s’il y en a qui refusent de porter le masque, surtout s’il est dans le management intermédiaire, que faudra-t-il faire ? Le licencier pour faute ? Et comment gérer les autres employés dont la peur pourrait alors augmenter et qui pourraient exercer leur droit de retrait ?

Droit de retrait (citation du site du gouvernement) : « Il n’incombe pas à l’employeur de garantir l’absence de toute exposition des salariés à des risques mais de les éviter le plus possible et s’ils ne peuvent être évités, de les évaluer régulièrement en fonction notamment des recommandations du gouvernement, afin de prendre ensuite toutes les mesures utiles pour protéger les travailleurs exposés. » (publié le 17 avril 2020).

On peut se rassurer sur les comportements d’aujourd’hui en France, qui sont les mêmes que dans d’autres pays (aux États-Unis, en Allemagne, par exemple)… et aussi, les mêmes qu’à d’autres époques, et en particulier, celle, terrible, de la fameuse "grippe espagnole" (très mal nommée) qui a commencé à sévir aux États-Unis en septembre 1918. Très rapidement l’épidémie a pris de l’ampleur avant de s’exporter en Europe et dans le monde, et beaucoup de villes ont réagi en imposant des mesures sanitaires.

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Ainsi, la ville de Seattle interdisait l’accès aux tramways de passagers qui ne portaient pas de masque, et cela a duré plus d’une année ainsi. Cette ville a eu beaucoup moins de décès que la moyenne. Au contraire, la ville de San Francisco a vu fleurir une association contre le port du masque (Anti-Mask League of San Francisco) créée le 25 janvier 1919 qui, au moyen de nombreuses pressions (réunions, journaux, pétitions) a conduit la ville à lever l’obligation du port du masque le 1er février 1919, en pleine seconde vague, ce qui a renforcé l’hécatombe.

Tous les gouvernements de tous les pays du monde sont toujours dans un équilibre instable, entre l’impératif sanitaire qui est hautement humaniste (j’insiste sur le mot), à savoir protéger la santé et la vie de leurs concitoyens, et l’impératif économique et social qui est de préserver les emplois et limiter la précarité des plus fragiles. Mais aussi un équilibre fragile dans les "opinions publiques" entre ceux qui ont peur du virus et trouvent que leur gouvernement n’en fait pas assez pour les protéger et ceux qui ont peur de perdre leur liberté et trouvent que leur gouvernement en fait trop.

Au-delà de l’inconfort de certains (pour le port du masque), il y en a d’autres qui dévoilent des valeurs qui n’ont plus rien d’humanistes : par exemple, que 30 000 morts ne vaudraient pas la peine de faire un confinement et mettre à zéro toute l’économie d’un pays. D’une part, les 30 000 personnes décédées et leurs proches les remercient de cette grande marque d’attention de leur part. D’autre part, ce n’est pas 30 000 morts, c’est bien plus, les 30 000 morts, c’était avec le confinement, et sans confinement, ce serait bien plus (certains chercheurs l’ont évalué, et il suffit aussi de voir les pays qui ont refusé un confinement rapide). Enfin, les pays asiatiques, ceux qui ont le mieux réussi à faire obstacle au virus, ils ont appliqué le confinement d’une manière encore plus strict qu’en France.

Je laisse le mot de la fin au docteur Philippe Klein, interrogé par LCI le soir du 28 août 2020. Il est directeur d’une clinique internationale à Wuhan, en Chine, et il se trouve que la ville a réussi à éteindre l’incendie viral puisqu’il n’y a plus eu de nouvelles contaminations depuis plusieurs semaines.

Le médecin, qui a vécu toute l’histoire depuis le début puisque Wuhan fut le premier foyer de contamination, a expliqué qu’heureusement que le taux de létalité était de l’ordre de 0,5%, car malgré les retours d’épidémie, les dégâts humains, certes graves et importants, resteront quand même limités (même si évitables avec les gestes barrières dont port du masque). Mais si jamais on était confronté à un virus d’une virulence si forte que le taux de létalité soit de l’ordre de 10% à 30% (comme la "grippe espagnole"), alors, seule la Chine aurait réussi son examen de passage pour maîtriser l’épidémie. Les autres pays, peut-être trop démocratiques ? (ma question est évidemment provocatrice), seraient alors dans une situation aussi terrible qu’en fin guerre. C’est-à-dire, humainement ravagée.

Heureusement, une large majorité des Français a conscience de la gravité de la situation. À ceux qui ne l’ont pas, je leur souhaite de ne jamais être confrontés un jour, ni personnellement ni par l’intermédiaire d’un proche, à une forme grave de la maladie qui n’est pas, je le répète, et de loin, une "grippette"…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 août 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Ne nous masquons pas la réalité !
Les vrais émotifs du coronavirus.
À propos de l’obligation du port du masque.
Covid-19 : seconde vague ? La prudence s’impose …par le masque.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
La Charte de déontologie des métiers de la recherche (à télécharger).
Hydroxychloroquine : l’affaire est entendue…
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Rapport de Jean Castex sur le plan de déconfinement le 6 mai 2020 (à télécharger).
Protection rapprochée.
Discours de Claude Malhuret le 4 mai 2020 au Sénat (texte intégral).
Covid-19 : les trois inepties du docteur Claude Malhuret.
11 mai 2020 : Stop au covid-19 ! (et traçage ?).
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le jeudi 7 mai 2020 à Matignon sur le déconfinement (texte intégral).
Professeur mégalo (vidéo).
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Unitaid.
Déconfinement : les départements verts et les départements rouges, la confusion des médias…
Didier Raoult, médecin ou gourou ?
Le déconfinement selon Édouard Philippe.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200828-coronavirus-covid-masque.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/ne-nous-masquons-pas-la-realite-226746

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/08/29/38504548.html





 

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 03:30

« Le port du masque constitue, avec le respect des gestes dits barrières, une mesure de prévention et de protection efficace. J’ai donc proposé de rendre son port obligatoire dans tous les lieux publics clos, en particulier les commerces. Cela nécessite un décret. Pour ce qui est des locaux professionnels, cela suppose une évolution des protocoles sanitaires. Nous envisagions une entrée en vigueur au 1er août, car nous agissons dans une logique préventive, non sous l’empire de l’urgence. Mais j’ai compris que cette échéance pouvait paraître tardive et suscitait des interrogations. Le décret entrera donc en vigueur la semaine prochaine. » (Jean Castex, le 16 juillet 2020 au Sénat).



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Tout le monde (ou presque) connaît l’histoire de Sissa, ou une variante. Un roi, en Inde, qui s’ennuyait à en mourir, a voulu qu’on lui inventât un jeu pour le divertir. Sissa lui proposa alors un jeu d’échecs. Retrouvant goût à la vie par ce jeu, le roi, pour le récompenser, a annoncé à Sissa qu’il lui donnerait ce qu’il voudrait. Après quelques secondes de réflexion, Sissa, aussi sage que bon mathématicien, lui demanda alors seulement des grains de riz, ceux qui se trouveraient sur l’échiquier, avec la méthode suivante : un sur la première case, deux à la deuxième case, quatre à la troisième, huit, et ainsi de suite, chaque fois doublé. Le roi fut surpris par la grande modestie de Sissa et accepta… sans se rendre compte qu’il ne pourrait jamais honorer son engagement. En effet, avec la méthode préconisée, il fallait lui donner plus de 18 milliards de milliards de grains de riz, soit près de 300 milliards de tonnes de blé (2 000 fois la production annuelle mondiale !).

Pourquoi cette petite histoire ? Parce que l’exponentielle est une méchante fonction mathématique qui combat le bon sens et l’intuition. Dès qu’on met à une puissance positive un nombre supérieur à un, on obtient rapidement un nombre gigantesque. Or, une épidémie suit toujours une loi exponentielle : la puissance, c’est le nombre de relations entre les personnes ou plus simplement, le temps, et le nombre à mettre sous la puissance, c’est le fameux R0, ce nombre qui permet de voir si une épidémie progresse ou au contraire, s’épuise. Lorsque le R0 est supérieur à 1, cela signifie qu’au cours du temps, le nombre de personnes contaminées augmente, et ce nombre augmente toujours de façon exponentielle. C’est pour cela qu’en février 2020, on ne pouvait pas imaginer les dizaines de milliers de morts des mois suivants. Les Chinois, par exemple, ont bien appris de cette méchante loi exponentielle appliquée aux épidémies, pour quelques centaines de cas dépistés, ils ont par exemple reconfiné la ville de Pékin. C’est plus facile d’arrêter une épidémie ou un rebond à son départ, qu’après, car après, c’est trop tard.

Or, la France de la mi-juillet 2020 s’est réveillée ainsi, avec de nombreuses régions où le R0 a franchi le seuil de 1, un seuil d’alerte. Les régions touchées sont surtout celles des villégiatures estivales, ce qui n’est pas étonnant. C’est seulement l’augmentation mécanique du nombre de relations interpersonnelles qui a fait ainsi rebondir l’épidémie en France comme dans d’autres pays européens. La situation est encore sous contrôle dans les hôpitaux, mais ne rien faire équivaut à répéter le macabre scénario de la mi-mars 2020. Il fallait donc agir, ou plutôt, réagir.

Depuis le lundi 20 juillet 2020, le port du masque est devenu obligatoire dans les lieux clos recevant du public. Coïncidence, je me suis rendu ce jour-là à Argenteuil, la quatrième commune la plus peuplée de la région parisienne, connue notamment (pas seulement, heureusement !) pour quelques incivilités dans la circulation automobile (où certains panneaux demeurent des indications inconnues pour certains)… et à ma grande surprise, j’ai vu une très grande majorité de piétons porter le masque, même dans la rue, entre deux boutiques, et même, porter "bien" le masque, c‘est-à-dire recouvrant à la fois le nez et la bouche, même des enfants très jeunes le portaient. Cette observation peut évidemment se faire dans la plupart des villes de France.

Ce n’est pas une surprise : en France, la recommandation ne vaut rien et l’obligation est très efficace. C’est dommage mais comme cela que cela fonctionne. Il fallait cette obligation parce que les commerçants, qui avaient le droit, depuis le début du déconfinement le 11 mai 2020, d’interdire l’entrée de leurs clients non masqués, n’étaient pas des policiers et pouvaient se retrouver avec des difficultés récurrentes et ce dilemme : le chiffre d’affaires ou la sécurité sanitaire ?

En rendant obligatoire le port du masque, le gouvernement a fait de l’État le régulateur neutre des comportements, et les commerçants ne sont plus, ainsi, les rabat-joie ou les "flics" de service. Cela résout le problème d’autorité des commerçants (au même titre qu’après quinze ans de polémiques, la loi contre le port du voile à l’école, en 2005, a retiré du pied une épine aux directeurs des établissements scolaires qui devaient négocier avec les élèves chaque qu’un cas se présentait : la loi étant la même pour tous, il n’y avait plus à discuter et le problème a été réglé).

La différence entre recommandation et obligation est ténue : elle se limite au fait que si l’on ne suit pas la recommandation, on peut se faire verbaliser par la maréchaussée, à savoir, une amende de 135 euros. Comme à l’époque du confinement, insistons sur le fait que les amendes en France sont "faibles" par rapport à la plupart des pays étrangers, nos voisins, par exemple, en Italie du Sud, l’amende pour non port du masque est de 1 000 euros. Le bâton est souvent très efficace. C’est la différence entre le management participatif (le boss cherche à convaincre) et le management directif (c’est comme ça et c’est tout !).

Répétons aussi l’utilité du masque jetable ou lavable : il ne sert pas à se protéger, car il n’empêche pas la contamination au coronavirus du porteur de masque (seuls, les FFP2 peuvent protéger leur porteur), il sert surtout à éviter (à 98%, plus ou moins, selon la qualité du masque) de contaminer les autres, et cela parce qu’on peut être porteur asymptomatique et donc, ne pas savoir qu’on peut contaminer les autres (sans masque). Donc, on comprend très bien que porter le masque n’a de sens que si tout le monde porte le masque, pour protéger les autres. Un seul n’a pas de masque et l’épidémie peut continuer à se propager.

D’où l’importance d’une obligation et pas seulement d’une volonté individuelle qui, ici, entraîne des conséquences collectives parfois dramatiques. Chez les individualistes, il est difficile de penser que l’intérêt d’un groupe nécessite des contraintes à la liberté individuelle. C’est valable aussi pour le code de la route, on ne roule jamais seul et rouler au-delà de la vitesse maximale autorisée, par exemple, n’est pas seulement la pratique d’une liberté individuelle, cela impacte sur les autres, tant individuellement (les morts et les blessés sur la route qui n’ont eu aucune responsabilité dans l’accident) que collectivement (coût de la sécurité sociale, des assurances, des équipements routiers, des réparations automobiles, etc.).

Avant de rappeler pourquoi cette mesure et pourquoi si tardivement, évoquons rapidement deux sujets.

Le premier est une forme de pirouette dans un pays dont la propension aux passions est assez élevée. Pour empêcher une certaine "islamisation des rues françaises" ou, si l’on prend le phénomène par un autre bout, pour "protéger les femmes dans leur intégrité vestimentaire", les parlementaires ont légiféré il y a dix ans pour interdire le port de la burqa dans les espaces publics. Évidemment, la motivation officielle n’a pas pu être formulée de manière si crue, si bien qu’il a fallu trouver des termes législatifs pour ne pas stigmatiser une religion.

En effet, la loi n°2010-1192 du 11 octobre 2010 "interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public" a su trouver les termes neutres pour empêcher le port de la burqa : la dissimulation du visage. Et il faut vraiment ne pas avoir l’esprit perspicace pour ne pas penser aujourd’hui au port obligatoire du masque.

Heureusement, le législateur est sage et astucieux, et a pensé à (quasiment) tous les cas de figure. La loi n’interdisait déjà pas le port du casque de moto ou mobylette qui dissimule aussi le visage, ni non plus le port de masque de carnaval quand il s’agit d’une fête de même nom (j’imagine qu’à Halloween aussi, on a le droit de se déguiser en grosse citrouille !).

En effet, si l’article 1er est très court et très clair : « Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. », il est suivi d’autres articles pour en limiter la portée. Mais déjà dans la formulation même (très judicieuse) de cette phrase, il y a beaucoup de finesse : "une tenue destinée à dissimuler le visage" n’est pas "une tenue dissimulant le visage", et le masque chirurgical peut donc déjà être autorisé puisqu’il ne vise pas à dissimuler le visage mais à protéger les autres de la pandémie de covid-19.

Dès le second alinéa de l’article 2 de la loi du 11 octobre 2010 (dans le premier aliéna, on définit ce qu’est un "espace public"), le cas d’une pandémie est imaginé : « L’interdiction prévu à l’article 1er ne s’applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s’inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles. ». On sent que le législateur a tenu à imaginer tous les cas, le masque à souder en pleine rue, le masque des escrimeurs dans une compétition publique, le carnaval, etc.

Du reste, aujourd’hui, c’est moins coûteux de porter la burqa qui est interdite que de ne pas porter un masque là où c’est obligatoire, vu que l’amende prévue est seulement celle d’une contravention de deuxième classe (au lieu de quatrième classe). Mais il faut donc bien insister sur le fait qu’il n’y a aucune incohérence, ni incompatibilité ni opposition entre la mesure du port du masque obligatoire et cette loi de 2010 contre la dissimulation du visage dans l’espace public.

Le second point que je veux évoquer sera probablement ce que les commissions d’enquête parlementaires sur la gestion de la crise du covid-19 ont pris comme principale question : pourquoi la "doctrine" sur les masques a-t-elle été si changeante, si confuse, si contradictoire dans leur apparence ? En effet, au début de la crise sanitaire, les autorités publiques expliquaient que le grand public n’avait pas à porter le masque, et même, que c’était presque de l’incivisme car il fallait les réserver aux personnels soignants, aux malades et  tous ceux qui devaient travailler dans un contexte à risque (livreurs, etc.).

D’un côté, les autorités encore aujourd’hui se retranchent derrière les consignes de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), martèlent qu’à l’époque, on disait que cela ne servait à rien (malgré l’expérience des pays asiatiques avec le SARS). De l’autre côté, beaucoup de personnes, j’ai été tenté d’en faire partie, imaginaient que le gouvernement avait adapté la "doctrine" au champ du possible, et à cause de la pénurie de masques, le gouvernement aurait donc dit que ce n’était pas nécessaire.

C’est Claude Weill, éditorialiste de "Nice-Matin" qui m’a convaincu qu’il fallait voir le problème à l’envers. Il pense que c’est parce que c’est au contraire la doxa française qui voulait que le masque était inutile pour le grand public qui a entraîné cette pénurie de masques, parce que l’État n’a pris en compte que les personnels soignants et les malades et pas toute la population dans ses stockages, commandes, etc. On laissera les commissions d’enquête parlementaires conclure à ce sujet qui est aussi délicat qu’épineux, mais cette hypothèse paraît la plus vraisemblable.

L’un des signes de cette doxa française, c’est que pendant plusieurs semaines, elle n’a pas été défendue seulement par le gouvernement, mais aussi, indépendamment, par de nombreux médecins chefs de service qui sont rarement des personnes qui cèdent facilement aux influences de l’État (au même titre que les mandarins d’autres corps de métier, journalistes, enseignants, etc.), l’indépendance intellectuelle de cette profession n’est pas discutable. Et si elle a été ainsi défendue par eux, c’est parce qu’ils n’ont jamais appris que cela. En d’autres termes, en mars, le gouvernement ne leur a pas dit : "dites que cela ne sert à rien car sinon, il n’y en aurait pas assez" (avec le nombre de médecins, on l’aurait su), mais c’est plutôt eux qui auraient dit au gouvernement cette doxa car ils l’avaient toujours appris comme cela.

Pour autant, je ne vois pas une contradiction entre l’absence d’obligation de port du masque en période de confinement (en pleine épidémie) et cette obligation en période de déconfinement : au contraire, le risque de circulation du virus est bien plus élevé en période de déconfinement que de confinement, le masque se justifie donc beaucoup plus car les occasions de contamination sont nettement plus nombreuses.

Venons-en maintenant au sujet du port du masque. Pourquoi si tardivement ? C’est probablement l’erreur du gouvernement. Cette erreur est probablement excusable car le gouvernement, et l’opposition, quelle qu’elle soit, aurait été au pouvoir que cela aurait été la même chose, est toujours sur une ligne de crête entre les priorités sanitaires (sauvegarder la vie de toute la population) et les priorités économiques et sociales (sauvegarder l’activité économique, et donc, l’emploi de toute la population active). Il aurait sûrement fallu mettre l’obligation en même temps que la dernière phase du déconfinement le 22 juin 2020. Le gouvernement a préféré réagir à agir, c’était peut-être mieux pour l’acceptabilité de la mesure : ne réagir que si nécessaire. Après tout, la date même du déconfinement, le 11 mai 2020, a paru (m’a paru) beaucoup trop tôt mais Emmanuel Macron a eu raison de prendre ce risque, il fallait bien un jour commencer à déconfiner et le plus tôt était le mieux dès lors que les services de réanimation dans les hôpitaux n’étaient plus saturés.

Or, il y a de nombreux signes qui montrent que la pandémie est loin d’être terminée.

Le premier signe est extérieur à la France, jamais elle n’a été aussi vive que maintenant. Ce mercredi 29 juillet 2020, il y a eu près de 300 000 cas nouveaux de personnes contaminées dans le monde (en tout, plus de 17 millions de cas), et plus de 7 000 décès dus au covid-19, 7 000 en un seul jour ! faisant monter le nombre de décès ce même jour à 670 000. Le million s’approche et sera forcément atteint, surtout que ces statistiques nationales sous-estiment généralement les dégâts humains (par exemple, en Espagne, certains "experts" tablent plus sur 45 000 décès que sur 28 000).

Aux États-Unis, la situation est tellement désastreuse que le Président Donald Trump a enfin mis son masque et le montre pour donner l’exemple. Il était temps ! Ce 29 juillet 2020, les États-Unis ont franchi le seuil des 150 000 décès, 154 000 exactement, dépassant désormais la France si l’on rapporte ce nombre au nombre d’habitants (465 décès par million d’habitants). En une seule journée, les États-Unis ont enregistré 67 000 nouveaux cas de contamination et environ 1 500 décès. Le Brésil est à peu près dans la même situation, près de 1 600 décès pour la seule journée du 29 juillet 2020 et 71 000 nouveaux cas de contamination, dépassant les 90 000 décès. L’Inde aussi est en situation très tendue, avec plus de 35 000 décès, près de 800 de plus en une journée et plus de 52 000 cas en une journée.

En France comme dans beaucoup de pays européens, probablement en raison des transhumances estivales, de nombreux foyers (plusieurs centaines) de contamination ont été détectés, parfois plusieurs centaines de cas, parfois plus encore. Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a d’ailleurs recommandé les Français, le 29 juillet 2020, de porter le masque aussi à l’extérieur si on doit traverser des zones avec beaucoup de monde, recommandation qui se transforme déjà en obligation pour le mois d’août dans le centre-ville de nombreuses villes de vacances (comme Saint-Malo). De son côté, le Premier Ministre Jean Castex a été sans doute maladroit lorsqu’il a voulu signer une convention et qu’on lui a dit de mettre un masque, il a répondu : pas de problème, je suis "pro-masque", ce qui ne signifie pas grand-chose (comme si le masque était une affaire d’idéologie), tout en le mettant …mal (en touchant avec ses mains l’ensemble du masque).

Comment expliquer autrement que par une opposition systématique ceux qui, aujourd’hui, râlent contre l’obligation du port du masque dans les lieux clos et qui, il y a quatre mois, râlaient pour la raison contraire, parce qu’on ne mettait pas assez de masques ? Tous les arguments sont bons pour s’opposer. Certes, il y a eu des carences (un désert industriel par exemple), des hésitations et des contradictions (plus le faits des "experts" médicaux que des politiques), mais il faut vraiment se rappeler que le virus était inconnu en décembre 2019 et que la réactivité a été finalement assez élevée en France si l’on compare avec des puissances comme le Royaume-Uni et les États-Unis.

Le pire est qu’aucun pays n’est épargné par cette pandémie, et ceux qui fanfaronnaient en se comparant aux premiers touchés (la France par rapport à l’Italie, les États-Unis par rapport à l’Europe, la Russie par rapport à l’Europe et aux États-Unis, etc.) se rendent compte aujourd’hui qu’ils doivent faire face, eux aussi, à cette crise sanitaire, et souvent dans des conditions moins bonnes. Même Madagascar, dont le Président se vantait de n’avoir aucun décès dû au covid-19 il y a deux mois et demi (et prônant une tisane miracle aussi efficace que l’hydroxychloroquine), vient de dépasser 10 000 personnes contaminées (10 748 cas au 30 juillet 2020) et a franchi le cap des 100 décès (105 au 30 juillet 2020), une augmentation répondant à l’insupportable loi exponentielle.

Mais revenons aux masques et terminons par deux réflexions rapides.

La première sur la gratuité du masque. Olivier Véran a annoncé que, dans les deux semaines, des masques gratuits seront distribués à 8 millions de foyers considérés comme les plus précaires. C’est mieux que rien mais on peut se poser la question du délai (pendant deux semaines, plus, puisque l’obligation a commencé le 20 juillet, ces familles ne devaient-elles donc pas se masquer ?), plus généralement du retard de réflexion sur la gratuité, pourquoi ne pas y avoir pensé en même temps que l’obligation (dont on a dû accélérer la préparation) ?

Et surtout, pourquoi pas la gratuité pour tout le monde, remboursé par la Sécurité sociale au même titre que les tests de dépistage (là aussi, cette gratuité a eu beaucoup de retard), puisqu’il s’agit de mesure de santé publique ? Pour les masques, j’ai lu dans un média que le coût, pour l’État, de la gratuité des masques pour tous serait de 300 millions d’euros. Je ne sais pas si cette estimation est pertinente ou pas, mais si elle l’est, voire si c’est le double, ce n’est rien par rapport aux 420 milliards d’euros que l’État va consacrer à l’accompagnement social et économique de la récession. La gratuité pour tous, si elle peut poser un problème d’équité (les plus riches n’ont pas besoin de cette aide, mais on pourrait aussi le dire pour le remboursement du paracétamol, des vaccins, etc.), ne pose pas de problème financier à l’État qui, chaque jour, jongle avec les milliards d’euros. À moins que ce ne soit qu’un simple problème de logistique : comment distribuer les masques gratuits ?…

Pour avoir une petite réponse, rappelons ce qu’avait déclaré Olivier Véran le 21 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale : « L’État a très tôt fait distribuer gratuitement cinq millions de masques par semaine via les centres communaux d’action sociale et les communes et il va reprendre cette distribution de masques gratuits pour le public précaire, notamment pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Par ailleurs, les deux millions de Français présentant une fragilité peuvent obtenir le remboursement des masques chirurgicaux achetés sur prescription en pharmacie. Les masques, nous les avons en quantité, et nous invitons les Français à les porter massivement. ». Il faut noter qu’en proposant des masques gratuits aux personnes fragiles, le ministre laisse donc entendre que les masques chirurgicaux les protégeraient, ce qui est faux, ils protègent leur entourage, ce serait donc plutôt à ceux qui côtoient les personnes fragiles que la gratuité devrait s’appliquer.

La dernière réflexion que je propose ici est cette idée que les jeunes ne se sentent pas concernés par la crise du covid-19 car généralement, ils ne développent pas de forme sévère, d’où leur imprudence, leur insouciance, leur "indiscipline". Bon, la première chose à ne pas faire, c’est d’avoir avec eux un discours moralisateur : "ce n’est pas bien de s’embrasser entre copains et copines dans une fête nombreuse la nuit". C’est un discours typiquement "adulte" qui ne peut avoir que l’effet inverse et renforcer le sentiment que décidément, les "vieux", ce n’est pas le même monde que les "jeunes".

Alors, certes, on peut tenter l’approche pédagogique : même si les jeunes ne risquent rien, en se contaminant (il semblerait qu’aux États-Unis, il y a même chez certains jeunes des "soirées covid" pour tenter de choper le coronavirus !), ils ne risquent peut-être pas grand-chose pour eux (même si régulièrement, on apprend que des adolescents et même des enfants en meurent, c’est quand même ultrarare), mais ils font circuler le virus qui peut atteindre ainsi leurs parents et grands-parents qui, eux, peuvent en mourir. Ce n’est pas l’égoïsme mais plutôt l’égocentrisme, ce n’est pas le manque de solidarité mais plutôt le manque d’imagination qui conduit les jeunes à l’insouciance, avec ce qu’il ne faut cesser de répéter : le masque ne protège pas son porteur mais ceux qui sont autour de lui.

Que vaut l’approche pédagogique face à trois bières voire plus ? J’exagère, et pourtant, il y aurait un argument beaucoup plus porteur, à mon avis : plus les comportements sont insouciants, plus le risque d’un nouveau confinement comme au printemps est élevé. Or, qui sont les principales victimes du confinement ? Pas les retraités, mais les jeunes, justement. Le coronavirus, c’est une partie perdant perdant : les plus âgés parce qu’ils risquent d’y perdre la vie, les plus jeunes, parce qu’ils risquent le chômage et la précarité. Cela signifie qu’il y a pas de fossé entre les générations dans cet enjeu, tout le monde est dans la même galère et c’est pour cette raison que les comportements covid (gestes barrières, masque, hygiène des mains, etc.) doivent être appréhendés comme un nouvel aspect de la solidarité nationale.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 juillet 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
À propos de l’obligation du port du masque.
Covid-19 : seconde vague ? La prudence s’impose …par le masque.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
La Charte de déontologie des métiers de la recherche (à télécharger).
Hydroxychloroquine : l’affaire est entendue…
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Rapport de Jean Castex sur le plan de déconfinement le 6 mai 2020 (à télécharger).
Protection rapprochée.
Discours de Claude Malhuret le 4 mai 2020 au Sénat (texte intégral).
Covid-19 : les trois inepties du docteur Claude Malhuret.
11 mai 2020 : Stop au covid-19 ! (et traçage ?).
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le jeudi 7 mai 2020 à Matignon sur le déconfinement (texte intégral).
Professeur mégalo (vidéo).
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Unitaid.
Déconfinement : les départements verts et les départements rouges, la confusion des médias…
Didier Raoult, médecin ou gourou ?
Le déconfinement selon Édouard Philippe.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200730-coronavirus-covid.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/a-propos-de-l-obligation-du-port-226094

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/07/28/38453041.html



 

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