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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:33

« J’ai besoin de dormir, de bayer aux corneilles. » (22 août 2014).


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Petit coup de projecteur sur Jean-Luc Mélenchon qui jouit d’un matelas électoral non négligeable dans les sondages (qui restent ce qu’ils sont). À 65 ans, Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une réputation contrastée : très bon orateur (l’un des rares, sinon le seul, à avoir une réelle éloquence dans les discours), il est dans les émissions de télévision ou de radio un peu "agressif" avec ses interlocuteurs.

Depuis une petite dizaine d’années, par une manœuvre exceptionnelle, Jean-Luc Mélenchon a réussi à faire croire aux communistes qu’il était communiste. C’était une opération gagnant/gagnant : le PCF n’avait pas de leader incontestable (et cela depuis Georges Marchais et Jacques Duclos !), et Jean-Luc Mélenchon n’avait pas d’appareil de parti, ni d’implantation territoriale, ni de militants à sa dévotion.

Cela s’était bien passé en 2012 et s’il a terminé plus faiblement que ce que laissaient entendre les sondages, il a eu la petite satisfaction de dépasser François Bayrou en recueillant 11,1% des suffrages exprimées (3,98 millions de voix).

Pour l’élection présidentielle de 2017, cela se passe un peu différemment. Certes, il conserve un fort niveau d’intentions de vote dans les sondages (autour de 12%), faisant jeu égal avec le candidat socialiste Benoît Hamon, mais il paraît beaucoup plus seul qu’en 2012. Annoncée le 5 juillet 2015, Jean-Luc Mélenchon a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle sur TF1 le 10 février 2016, en refusant le cadre de la primaire socialiste. Il a rejeté les appareils politiques (y compris le sien, le Parti de gauche) et a mis en place le mouvement "La France insoumise" (250 000 adhérents revendiqués au 17 février 2017, soit plus que les 192 179 adhérents revendiqués par le mouvement d’Emmanuel Macron au 15 février 2017).

La décision cruciale était celle des communistes. Sans l’appareil du PCF, la candidature de Jean-Luc Mélenchon aurait perdu en efficacité et en organisation. Mais comme il a refusé toute concertation, la direction du PCF (la "conférence nationale") a décidé le 5 novembre 2016, à 55%, de ne pas le soutenir, malgré l’appui de Pierre Laurent et de Marie-George Buffet. André Chassaigne, député communiste, se voyait bien candidat du PCF en 2017, il l’avait déjà souhaité en 2012. Finalement, consultés le 26 novembre 2016, les adhérents du PCF ont, au contraire, soutenu à 54% la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les relations entre le PCF et Jean-Luc Mélenchon restent encore ambiguës, car Jean-Luc Mélenchon veut investir des candidats de la France insoumise aux élections législatives contre des candidats communistes. Le PCF aurait intérêt à négocier directement avec le PS. Quant aux "discussions" entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ce fut un épisode assez pitoyable de caprices d'ego qui a occupé inutilement trois semaines. En réduisant l'écart avec le candidat socialiste dans les intentions de vote, l'ancien sénateur socialiste a relégitimé sa candidature.

Et pourtant, qui est vraiment Jean-Luc Mélenchon ?

Certes, il admire Fidel Castro et s’oppose au Tibet libre, considérant que la dalaï-lama est un dictateur en puissance, histoire de rougir un peu le trait, mais est-il vraiment si "rouge" que cela ?

Car à l’origine, le rouge était plutôt rose. Il était pendant un quart de siècle un apparatchik du Parti socialiste, très content de l’avoir été. D’ailleurs, comment peut-il se dire aussi violemment dans l’opposition à François Hollande alors qu’il l’a soutenu au second tour de l’élection présidentielle de 2012 dès le 22 avril 2012, dès 20 heures, et de manière inconditionnelle (pour faire barrage à Nicolas Sarkozy) ?

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Apparatchik socialiste ? Il a toujours vécu grâce à la politique. Une belle carrière typique des militants socialistes qu’on retrouve ensuite au gouvernement. La politique le nourrit depuis l’âge de 33 ans : conseiller général de l’Essonne de 1985 à 1992 et de 1998 à 2004 (vice-président du conseil général de 1998 à 2000), il était conseiller municipal de Massy à partir de 1983 (jusqu’en 2001), puis adjoint au maire de Massy de 1989 à 1995. Surtout, il fut élu sénateur de l’Essonne à l’âge de 35 ans (il a optimisé : à l'époque, on ne pouvait pas être plus jeune au Sénat).

Ce fut ce mandat de sénateur qui l’a propulsé dans la vie nationale, du 2 octobre 1986 au 27 avril 2000 et du 26 septembre 2004 au 7 janvier 2010. Après avoir souvent bataillé dans les congrès socialistes (aux côtés notamment de Julien Dray), il a atteint le sommet en étant nommé sous-ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin, chargé de l’Enseignement professionnel du 27 mars 2000 au 6 mai 2002. Enfin, depuis le 14 juillet 2009, il est député européen, élu le 7 juin 2009 et réélu le 25 mai 2014.

À cet égard, comme ancien ministre, il fait donc pleinement partie du "système", il en a même assumé les responsabilités parmi les plus hautes dans la hiérarchie de l’État. Et il est entièrement introduit dans les cercles politiques, hors clivages.

Par exemple, le 31 août 2008, il fêtait les 50 ans du polémiste Éric Zemmour au château de Malmaison, aux côtés d’Isabelle Balkany et de Paul-Marie Coûteaux ! Éric Zemmour, qui l’aurait aidé à déjeuner avec Henri Guaino, alors conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, en 2010, dans le restaurant de l’Institut du monde arabe (selon "Le Point" du 18 avril 2012). Ce fut Henri Guaino qui aurait payé l’addition. Devenus complices, ils se tutoieraient et auraient encore eu une longue discussion le 23 février 2012  (dans les coulisses d’une émission politique).

Petite anecdote : on a reproché à Jean-Luc Mélenchon d’être un ami proche de Bachar El-Assad, ce qui, en ces temps de guerre civile en Syrie, n’est pas très flatteur. Il y a notamment une photo, qui a circulé dans les réseaux sociaux en 2012, de lui aux côtés de Bachar El-Assad. En tant que ministre, il avait alors représenté Lionel Jospin le 21 juin 2001 pour accueillir le dictateur syrien à l’aéroport d’Orly, mais leurs relations se sont limitées à cette seule politesse protocolaire. Son conseiller en communication a en effet déclaré au journal "Le Parisien", le 18 avril 2012 : « Matignon l’a appelé à la dernière minute, pour lui demander de se rendre à Orly. Mais hormis à la descente de l’avion, Jean-Luc Mélenchon ne l’a pas rencontré. Il n’a pas dîné avec lui et il n’y a pas eu de réunion sur les questions éducatives. Les rendez-vous étaient prévus avec Jacques Chirac, Lionel Jospin ainsi que Raymond Forni, le Président de l’Assemblée Nationale. » (Arnauld Champremier-Trigano).

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En revanche, son amitié avec le sulfureux idéologue d’extrême droite Patrick Buisson n’est pas une fiction. Il a eu beau démentir, minimiser, il est moins convaincant que le livre d’Ariane Chemin et de Vanessa Schneider (journalistes au journal "Le Monde") sur ce conseiller occulte "Le mauvais génie de Nicolas Sarkozy" publié le 18 mars 2015 chez Fayard, qui met en exergue cette phrase de Patrick Buisson lui-même : « Il y a l’avant-scène qui constitue ce que voit le public, les empoignades politiques, et puis, il y a le théâtre d’ombres. » (novembre 1987).

Et dans le "théâtre d’ombres", il y a ces relations étonnantes, déconcertantes même, entre Jean-Luc Mélenchon et Patrick Buisson complètement séduit par l’homme, le philosophe, l’historien, l’orateur, le gauchiste. Le livre des deux journalistes fait remonter au début de l’année 1993 l’amitié qui lie Jean-Luc Mélenchon à Patrick Buisson qui disait alors du futur candidat : « Mélenchon est l’un des derniers socialistes à se référer à une grille d’interprétation marxiste de l’économie et de la société. Paradoxalement, ce n’est ni un brasseur de vulgate, ni un adepte de la langue de bois. » (1993).

Très vite, Patrick Buisson a introduit Jean-Luc Mélenchon parmi les protagonistes récurrents du talk-show de LCI ("Politiquement show").

Le livre essaie d’expliquer les liens qui les unissent : « Qui comprend mieux un marxiste qu’un ancien "facho", un ancien trotskiste qu’un ancien de "Minute" ? Un siècle de culture politique les lie. Ils connaissent les mêmes chansons, celles des rouges et celles de bruns. (…) Combattre l’adversaire passe toujours par la connaissance intime de ses groupuscules, de ses scissions et de ses soubresauts. Leur ennemi au fond est le même : la sociale-démocratie. (…) Le combat doit d’abord se mener sur le terrain culturel, meilleure manière de soustraire les classes populaires à l’idéologie dominante et de conquérir le pouvoir. » (18 mars 2015).

Résultat, ce fut très logique que Jean-Luc Mélechon fût présent le 24 septembre 2007 dans les salons dorés de l’Élysée lors de la remise de la Légion d’honneur à Patrick Buisson par le Président Nicolas Sarkozy. Il y avait également …Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Luc Mélenchon s’est justifié auprès de Marc-Olivier Fogiel le 17 février 2015 sur France 3 : « Aller à la Légion d’honneur de Patrick Buisson par Nicolas Sarkozy, c’est une gourmandise, un spectacle gratuit. J’y vais. Je vois le Président de la République qui dit remercier l’homme qui lui a permis d’être élu. C’est extraordinaire. ».

Si Patrick Buisson était le conseiller de Nicolas Sarkozy, il lui donnait aussi des conseils comme le raconte le livre : « Mélenchon a (…) pris l’habitude de consulter son nouvel ami avant chaque décision stratégique. Buisson met avec plaisir sa science des sondages à son service. Il est de ceux qui l’encouragent à quitter le Parti socialiste en 2008 [le 7 novembre 2008]. Les Français ne croient plus aux vieux partis, ces regroupements d’élus coupés de la base et de ses préoccupations, qui ne servent plus qu’à préserver places, postes et intérêts. "Toi, tu t’adresses au peuple", lui souffle-t-il. ».

Avant le livre d’Ariane Chemin et de Vanessa Schneider, la fuite sur l’amitié buissonnante avait été faite par "Le Nouvel Observateur" le 12 avril 2012, quelques jours avant le premier tour pour déstabiliser le candidat du Front de gauche. Sur BFM-TV et RMC, le 16 avril 2012, Jean-Luc Mélenchon a dû reprendre le contrôle de la situation face à Jean-Jacques Bourdin : « Nous nous sommes vus sur des plateaux de télévision sur LCI en 2007. Je ne suis pas ami avec monsieur Buisson, qu’est-ce que c’est que cette invention ? Et pourquoi vous me parlez de monsieur Buisson ? Après vous allez me parler de monsieur Dassault. Vous avez encore beaucoup de ragots comme ça ? Vous croyez que c’est intéressant de savoir si je suis ami de vos mondanités ? ». Ami de ses mondanités, plutôt !

Évidemment que cela pourrait intéresser ses électeurs potentiels, tout autant en 2017 qu’en 2012 ! Ce qui est d’ailleurs intéressant, ce ne sont pas les relations amicales en tant que telles, car après tout, chaque personnalité politique est une personne humaine avant tout et il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas de relations même en cas de divergences politiques, même profondes.

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Sur Facebook, Jean-Luc Mélenchon a lâché sa rancœur le 18 mars 2015 : « Pour stimuler la polémique et tâcher de faire des ventes, une histoire est inventée qui fait de moi l’ami personnel de monsieur Buisson et de lui mon confident et mon conseiller. Pure invention. (…) J’ai jouté de nombreuses fois contre monsieur Patrick Buisson sur des plateaux de télé et j’ai toujours apprécié son opposition à mes analyses. Je sais qu’il a apprécié mes réparties (…). Je n’ai aucune raison de dénigrer cet homme dont la distance politique avec moi n’a pas à être démontrée ni prouvée au motif que deux personnes mal intentionnées voudraient m’y contraindre. (…) Je dénonce le procédé utilisé pour conforter la thèse du PS selon laquelle nous serions des agents de la droite et de l’extrême droite (…). Telle est notre époque : certains médias aux abois que fuient les lecteurs n’ont imaginé d’autres recours contre leur déchéance que de fabriquer sans cesse du sensationnel à n’importe quel prix, y compris celui de la vérité et de la simple vraisemblance. ».

Ce qui serait plutôt instructif, c’est : pourquoi veut-il absolument les cacher, ces relations amicales ? Pourquoi refuse-t-il d’assumer des relations humaines qui s’établissent en dehors d’un plan de carrière et en dehors d’un plan de campagne, mais qui sont ce qu’elles sont. Certains y ont vu une collusion entre Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy pour empêcher François Hollande d’accéder au second tour en 2012.

Ancien militant mélenchoniste passé chez "l’ennemi" (le FN), Joël Locin a exprimé sa stupéfaction et sa colère le 19 mars 2015 sur "Riposte Laïque" : « Les bras m’en tombent, et la colère m’envahit. Non seulement mon ancienne idole était un cr@tin, ce que j’avais fini par comprendre, mais aussi un traître, utilisé par la droite pour mettre la pagaille à gauche. Et dire que j’ai consacré des années de ma vie, au détriment de ma famille, de mon travail, à militer pour ce guignol ! Comment Méluche a-t-il pu se laisser rouler ainsi dans la farine ? ».

Le journaliste Daniel Schneidermann, plutôt mélenchoniste, ne pouvait pas ne pas faire un parallèle historique : « Ah ! Il nous avait bien baladés, tous les gogos de la gauche, le Mitterrand (…). Il protégeait discrètement l’ignoble Bousquet de la justice, au nom de très anciennes solidarités, incompréhensibles pour quiconque n’avait pas connu la guerre. » (18 mars 2015).

Fustigeant le monde médiatique bobo, Jean-Luc Mélenchon s’est interrogé : « Au nom de quoi, quatre petits cire-pompes vont mettre en cause mon appartenance intellectuelle à cette gauche à laquelle je crois ? » (16 avril 2012).

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L’industriel Serge Dassault, Jean-Luc Mélenchon a sympathisé avec lui car tous les deux étaient sénateurs de l’Essonne, et cette sympathie a été révélée par deux autres journalistes, Stéphane Allies et Lilian Alemagna, dans "Mélenchon le plébéien" publié le 19 janvier 2012 chez Robert Laffont. Selon eux, Jean-Luc Mélenchon aurait aidé Serge Dassault (« grand industriel ») à se faire élire sénateur en 2004, puis aurait refusé de saisir le Conseil Constitutionnel sur une éventuelle incompatibilité de parlementaire comme gros fournisseur de l’État.

Même le tutoiement fait partie de ses reniements. Daniel Cohn-Bendit n’a pas compris sa réaction le soir du 27 novembre 2016 sur France 2 lorsqu’il l’a interpellé avec un enthousiasme juvénile à propos de la primaire socialiste : « Jean-Luc, si tu te présentes à la primaire, tu peux la gagner ! ». Très distant, Jean-Luc Mélenchon lui a froidement répondu ceci : « Monsieur Cohn-Bendit, est-ce que vous pouvez m’appeler par mon nom, et pas par mon prénom, s’il vous plaît. Nous ne sommes pas amis, ne jouons pas la comédie ! ». Vexé, Daniel Cohn-Bendit a refusé de poursuivre la conversation : « J’ai pas de question à lui poser. On s’est toujours tutoyés, s’il a pas envie, qu’il aille tutoyer Castro, et qu’il me f@ute la paix ! ».

L’ancien Premier Ministre Manuel Valls a basé sa candidature à l’élection présidentielle sur l’idée que la gauche ne devait pas être défaitiste et qu’elle pourrait atteindre le second tour en 2017. Paradoxalement, Benoît Hamon l'a emporté sur Manuel Valls le 29 janvier 2017. Jean-Luc Mélenchon serait-il plus apte à atteindre le second tour que Benoît Hamon ? Pas sûr, mais ce qui est sûr, c'est qu'aucun des deux n’y arrivera s’ils se considèrent d’abord comme des adversaires. Pendant ce temps, Marine Le Pen se frotte les mains…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-Luc Mélenchon, candidat autoproclamé aux amitiés mal assumées.
Débat Mélenchon vs Attali et Apparu (25 avril 2013).
Débat Mélenchon vs Cahuzac (7 janvier 2013).
Débat Mélenchon vs Copé (17 novembre 2011).
Débat Mélenchon vs Marine Le Pen (14 février 2011).
Mélenchon, allié objectif de Sarkozy (24 mars 2012).
Mélenchon sur TF1 (5 mars 2012).

_yartiMeluche2016A05


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161126-melenchon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-luc-melenchon-candidat-187349

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/02/22/34663835.html



 

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commentaires

ciib 01/04/2017 15:51

Dommage qu'il ignore totalement que ce sont les TPE et PME qui peuvent relancer l'activité et l'emploi en développant l'actionnariat populaire qui s'investirait dans les entreprises locales et régionales (il pourrait en avoir 5 à 6 millions) et qu'il ne faut pas décourager les petits épargnants à prendre des risques en devenant actionnaires des TPE PME locales et régionales avec le concept des minis bourses du CiiB créé par un ancien sydicaliste de la bourse de Paris voir les sites www.financement-alternatif.eu et www.ciib.fr

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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