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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 01:11

Finie la rivalité avec Jean-François Copé, finie la soumission à Nicolas Sarkozy. François Fillon a montré qu’il savait cogner dur contre le gouvernement, parfois avec une ironie mordante, et qu’il savait exprimer clairement son ambition présidentielle au service d’un projet solide. Métamorphose d’un suiveur en leader. Première partie.


yartiFillon2013022601C’était la semaine de rentrée politique de l’ancien Premier Ministre François Fillon après plus de deux mois de silence médiatique qui sortir des vapeurs de la crise à l’UMP : une (courte) intervention au journal de 20 heures de Claire Chazal le dimanche 24 février 2013 (où il n’a pas dit grand chose sinon ne renoncer à rien), une interview au journal "Le Monde" publiée dans l’après-midi du mardi 26 février 2013 et un grand meeting à la Mutualité de Paris, le même jour à 19h00.


Salle bondée

Le choix de la date et de l’heure pouvait surprendre (en pleine semaine, un mardi, à 18h30, juste avant les vacances d’hiver pour les Parisiens) : était-ce le meilleur moment pour mobiliser le plus de monde ? Paraphrasant André Malraux à propos du gaullisme, François Fillon a même remarqué, petite pique contre Jean-François Copé : « L’UMP est loin d’être la maison des Français qui se pressent dans le RER de 18 heures . ».

Pourtant, la foule a été au rendez-vous et la salle, qui compte deux mille sièges, remplie à craquer, beaucoup de participants devant rester debout. Non seulement François Fillon a réussi son pari de mobiliser ses troupes mais il a réussi à mobiliser un large aréopage de hiérarques de l’UMP : Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Gérard Larcher, Christian Poncelet, Bernard Accoyer, Hervé Gaymard, François Baroin, Jérôme Chartier, Éric Ciotti, Christian Estrosi, Gérard Longuet, Jean Tibéri, Pierre Lellouche, Jean Leonetti, Éric Woerth, Patrick Devedjian, Bernard Debré…

La "guest star" fut évidemment Nathalie Kosciusko-Morizet qui, par sa présence, a apporté son soutien à François Fillon tandis que ce dernier, réciproquement, a apporté le sien à la candidature de l’ancienne ministre à la mairie de Paris. Ce fut l’occasion pour François Fillon d’annoncer qu’il ne souhaitait pas concourir pour Paris, qu’il ne voulait pas cumuler les mandats et qu’il était favorable au renouvellement des générations.

yartiFillon2013022606

Ovationné lors de son arrivée dans la salle (la même où Nicolas Sarkozy avait annoncé sa défaite électorale le 6 mai 2012) et englouti par la mare jaillissante des journalistes et photographes, François Fillon a prononcé un discours très construit, très combatif, clair dans ses intentions, incisif, avec la prétention d’être le véritable leader de l’opposition (lire le texte intégral du discours ici).


Désormais à son compte

La mue s’est réalisée lentement, progressivement mais sûrement. François Fillon est un homme réservé, courtois, élégant et semble avoir toujours eu des scrupules lorsqu’il voulait avancer ses ambitions. Jusqu’à maintenant, il avait toujours cheminé dans le sillage d’un autre : Joël Le Theule (1978-1980), Philippe Séguin (1981-2001), Jacques Chirac (2001-2004) et Nicolas Sarkozy (2004-2012). Le voici maintenant libéré de ses parrains et seul, seul face à son ambition nationale.

Pour bien le faire comprendre, il a même dû décocher quelques flèches pour prendre son envol en solitaire ; que ce soit Nicolas Sarkozy ou lui, ils sont maintenant au même niveau, dans l’opposition, sans pouvoir de décision sur l’avenir de la nation : « Nos lauriers sont à terre. Il n’y a plus ni préséance, ni hiérarchie. (…) Ne cherchons pas d’excuses ou de sauveur suprême car en République, ce sont les citoyens eux-mêmes qui se sauvent ou qui se perdent. ».

L’entourage de Nicolas Sarkozy a même dû réagir en rappelant que les deux hommes ne seraient pas de la même catégorie. Pourtant, une telle réaction va dans le sens de François Fillon et a mis en valeur justement le début de cette aventure solitaire, histoire de faire comprendre que Nicolas Sarkozy appartient au passé comme Valéry Giscard d’Estaing a appartenu au passé depuis sa défaite du 10 mai 1981. Et malgré cela, l’avenir n’est pas vide.


Stature présidentielle

Aujourd’hui, François Fillon trace désormais son propre sillage avec une double cible : l’élection présidentielle de 2017 en passant par une primaire ouverte de l’UMP en 2016, primaire qui avait tellement favorisé médiatiquement le candidat socialiste en 2011.

Homme d’État, il n’a plus rien à prouver sur sa capacité personnelle à décider au plus haut niveau du pouvoir : « J’ai vécu dans l’intensité des responsabilités gouvernementales, au point de me sentir parfois dépossédé d’une part de moi-même. (…) L’épopée du Général De Gaulle, c’est elle qui avait fait de moi un militant… Trente-cinq ans plus tard, vous êtes à Matignon, dans votre bureau, face à votre époque. Les marges de manœuvre sont réduites à néant par la crise. (…) Le pays tape à votre porte pour qu’on l’aide et le protège. Vous l’aidez, vous le protégez du mieux possible, mais vient le moment où vous dites "non". (…) Mais ce "non" fait de vous un homme qui fait passer ses responsabilités avant ses intérêts. Ce "non" vous transforme. ». Il a également affirmé assumer tout le quinquennat précédent : « Nous avons évité à notre pays le drame que vivent les Grecs, les Espagnols, les Irlandais. ».


Un discours très réfléchi

Sur la forme, François Fillon a lu un peu trop souvent ses notes mais s’est montré globalement un bon orateur, lançant ses attaques en plein dans le mille ou distillant ses intentions personnelles bien plus clairement que d’habitude.

Sur le fond, son discours a été très bien construit intellectuellement, en n’étant pas seulement une critique du gouvernement actuel mais aussi un mode d’emploi pour construire son projet présidentiel. Son leitmotiv a été de vouloir trancher des nœuds qui minent la société française. On ne peut pas s’empêcher, bien sûr, de mettre en perspective cette construction avec le fameux "nœud gordien" de Georges Pompidou dont François Fillon se veut le lointain héritier.

yartiFillon2013022608

Prenons d’abord les critiques contre le pouvoir actuel.


Vous aimez Voltaire ? On nous prend pour Candide !

François Fillon a mis les rieurs à ses côtés en critiquant la nomination de Ségolène Royal comme vice-présidente de la BPI (la banque publique d’investissement). Elle est issue de la même promotion à l’ENA que le président de la BPI, Jean-Pierre Jouyet mais aussi de son ancien compagnon et actuel Président de la République François Hollande, de la directrice de cabinet de celui-ci (Sylvie Hubac), du Secrétaire Général de l’Élysée (Pierre-René Lemas) et du Ministre du Travail MIchel Sapin (même promo par ailleurs que Dominique de Villepin).

Il a été très dur ses les fausses promesses d’exemplarité : « Il est vrai qu’on vient de créer une Banque publique d’investissement. Mais c’est aussitôt pour en confier la direction à la promotion Voltaire. "Moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit exemplaire !". Je ne savais pas que madame Royal si experte des circuits financiers… Vous aimez Voltaire ? Vous feriez bien, car on nous prend pour Candide ! ». C’était pourtant prévisible dès le début de la campagne électorale.

yartiFillon2013022604

Cette petite phrase n’est pas venue par hasard : quelques heures auparavant, François Hollande décorait effectivement à l’Élysée, entre autres (il a aussi décoré Edgar Morin), un ancien de sa promo, Dominique Villemot, à qui il a dit, pour plaisanter : « Une fatalité pèse sur vous : vous êtes sorti de la fameuse promotion Voltaire de l’ENA. Toute distinction d’un de ses membres devient suspecte. Elle apparaît comme une faveur, une indulgence pour ne pas dire une connivence, un privilège. Je m’en voudrais presque d’avoir réussi le concours cette année-là si ça devait effacer la lucidité des commentateurs sur les mérites des anciens élèves issus de cette promotion qui ne me doivent rien, à qui je doit peut-être beaucoup. » (en disant cela, d’ailleurs, François Hollande ne s’est pas aidé, car décorer des personnes à qui l’on doit beaucoup, cela pourrait s’apparenter à du renvoi d’ascenseur, pour ne pas dire plus).


Il n’y aura plus assez de sapins

La principale critique a porté sur la politique économique désastreuse : « Les socialistes préfèrent demander aux ménages et aux entreprises de payer la note des déficits plutôt que d’exiger de l’État qu’il se serre la ceinture. (…) Le gouvernement stigmatise et surtaxe le capital mais supplie les investisseurs étrangers de venir sauver nos entreprises malades. Voilà la contradiction du socialisme : d’un côté, la démagogie fiscale dans l’Hexagone ; de l’autre, la course aux financements extérieurs. ».

François Fillon a violement fustigé les prévisions du gouvernement : « Il aura suffi de six mois pour pulvériser les hypothèses de croissance que le gouvernement avait érigées en objectifs centraux de son action. Le taux de croissance sera proche de 0% et le déficit de 3,7%. On appréciera au passage la nouvelle cacophonie gouvernementale, avec Fabius qui ouvre le bal en livrant son pronostic sur le taux de croissance, Moscovici qui voit passer les balles, et Ayrault et Hollande qui pédalent. (…) François Hollande s’était engagé à réduire le déficit. (…) Un engagement de campagne de plus aux oubliettes ! Le cimetière des promesses électorales non tenues s’étend chaque jour. Bientôt, il n’y aura plus assez de sapins ! ».


À côté de l’urgence

Autre critique, celle contre le mariage pour les couples homosexuels : « La récession nous guette, l’Europe stagne, et sur le plan intérieur, la France se déchire sur la question du mariage. Derrière ce mariage (…), je vois poindre une vision de la société à laquelle j’oppose ma conception de la République. Je veux parler de cette société où l’extension des droits l’emporte sur tout autre considération. (…) Je ne veux pas caricaturer tous ces sujets qui sont sensibles et sur lesquels aucune réflexion n’est en soi illégitime. Mais je pose une question : à quand un projet de loi où figure le mot "devoir" ? Il y a une dérive inquiétante à voir un gouvernement se pencher sur les attentes de chacun sans jamais s’interroger sur l’unité de la nation. ».

Craignant que la conception de la « citoyenneté à géométrie variable » du gouvernement n’entraîne le communautarisme et l’égoïsme, François Fillon voudrait un pays qui se sente solidaire : « Dans un monde de sept milliards d’habitants, tout notre objectif est au contraire de solidifier nos repères communs. Les soixante-cinq millions de François ne doivent pas être encouragés à dire "et moi, et moi, et moi", mais entraînés à dire "et nous" ! ».

Pour l’ancien Premier Ministre, le souci réel est la priorité de l’action publique : « Nous sommes sur la pente du déclin, et je n’accuse pas François Hollande d’en être le seul responsable, je ne l’accuse même pas d’être socialiste, je l’accuse d’être à côté de l’urgence ! ». Une phrase qui redonnait sens aussi à son évocation du suicide d’un demandeur d’emploi devant une agence de Pôle Emploi de Nantes ou à celle de la guerre au Mali.


Foucades ministérielles

François Fillon a tenu des propos sans concession contre les saillies intempestives du Ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon : « L’urgence n’est pas de créer des zones pour les vacances d’été mais de recentrer l’école sur les savoirs fondamentaux, sur l’apprentissage du respect des autres et de l’autorité, l’ouvrir sur le monde du travail, la placer au cœur de la République » pour observer : « Quelle autre école dans le monde vit au rythme des foucades d’un ministre qui affectent douze millions d’élèves et leurs familles ? ».


C’est évidemment toujours facile de jouer au chamboule-tout quand on est dans l’opposition. Toutefois, François Fillon a passé une grande partie de son meeting, au contraire, à chercher des pistes de proposition pour redresser la France, que je détaillerai dans le second article consacré à cette intervention publique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er mars 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon n’est-il qu’un simple collaborateur ?
François Fillon, le sauveur de l’UMP ?
François Fillon à Matignon.
François Fillon, rigueur et vérité.
François Fillon candidat à la présidence de l’UMP.
L’UMP réconciliée ?
François Fillon et le syndrome Raymond Barre.
Discours de François Fillon à la Mutualité le 26 février 2013 (texte intégral).
Interview de François Fillon au journal "Le Monde" daté du 27 février 2013 (texte intégral).

yartiFillon2013022609
 



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-envol-presidentiel-de-francois-131639

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 21:21

(verbatim)


Discours de François Fillon de la Mutualité à Paris le 26 février 2013 (texte intégral)


 

 

Mesdames et messieurs,
Mes chers amis,

Nous sommes donc à nouveau là !
Vous êtes très nombreux ce soir, et c’est un message lancé aux Français.
Contre le désenchantement et le découragement, vous êtes en résistance.
Mais qu’est-ce qui vous fait tenir ainsi, se demandent certains ?
Eh bien, vous êtes des militants de la France, et pour vous, l’amour du pays n’est pas une valeur qu’on négocie à la hausse ou à la baisse au gré des circonstances.
Votre confiance et votre ténacité forcent le respect.
C’est pourquoi je vous dis qu’être parmi vous est bien plus qu’un plaisir, c’est un privilège.      

Merci pour votre loyauté et votre amitié, merci à vous, élus de Paris et de toute la France qui se sont joints à nous.
Nous sommes réunis pour réagir ensemble.
Nous avons tout perdu : l’Elysée, le gouvernement, le Parlement, mais nous avons notre honneur et nos convictions.
L’échec fait partie de la vie, et la démocratie est là pour rappeler que la République n’appartient à personne. C’est nous qui lui appartenons, et notre vocation est d’être toujours utile à notre pays.

Mes amis, comme vous, j’aime la France. Je l’aime de toutes mes fibres, et je l’ai servi durant cinq années.
J’ai vécu dans l’intensité des responsabilités gouvernementales, au point de me sentir parfois dépossédé d’une part de moi-même.
La politique peut vous broyer.
L’épopée du général de Gaulle, c’est elle qui avait fait de moi un militant … 35 ans plus tard, vous êtes à Matignon, dans votre bureau, face à votre époque.
Les marges de manœuvre sont réduites à néant par la crise.
Vous réformez dans l’urgence, parfois sans lisibilité. Et le pays tape à votre porte pour qu’on l’aide et le protège.
Vous l’aidez, vous le protégez du mieux possible, mais vient le moment où vous dites «non». Et vous savez que ce « non » fera mal, qu’il sera incompris.
Mais ce «non», fait de vous un homme qui fait passer ses responsabilités avant ses intérêts.
Ce « non » vous transforme.
Je me souviens que lorsque j’ai parlé de «faillite», j’ai suscité une sacrée polémique et attiré les mêmes critiques que celles que j’entends aujourd’hui au regard de ma stratégie.
Mais au fond de moi, j’étais soulagé d’avoir dit ma vérité.
Car c’est elle qui permet d’être cohérent avec soi-même et avec les Français.
Sans la vérité, les responsables politiques sont condamnés à subir cet écart dévastateur entre le temps de la conquête du pouvoir où tout peut être dit pour s’attirer des suffrages, et le temps de l’exercice du pouvoir où tout ne peut être fait.
J’ai cherché à être fidèle à cette exigence de vérité.
Ce ne fut pas toujours facile, pas toujours possible, mais du moins, je ne crois pas avoir été atteint par le cynisme.

J’assume ce quinquennat.
Je l’assume avec ses réussites et ses revers.
Nous avons évité à notre pays le drame que vivent les grecs, les espagnols, les irlandais.
Nous avons préservé les chances de l’Euro.
Nous avons commencé à déverrouiller la société française.
Autonomie des universités, réforme des retraites, service minimum, défiscalisation des heures supplémentaires, réduction du nombre de fonctionnaires, lutte contre l’insécurité: la France était tellement plus audacieuse du temps de Nicolas Sarkozy car Nicolas avait du courage, de la fougue, une vision.

Pour autant, nous pouvons avoir des regrets et il faut les méditer : celui de ne pas être allé suffisamment loin dans l’assouplissement du droit du travail qui reste un obstacle mortel à l’embauche des jeunes; celui de ne pas avoir débarrassé la France de ses pesanteurs réglementaires; celui de ne pas avoir refondé le financement et le fonctionnement de notre modèle social; celui de ne pas avoir défendu, comme il le fallait, l’idéal de la justice.

Nous avons perdu la bataille de la solidarité face à une gauche mensongère et perdu la bataille du bon sens face à une extrême-droite démagogique. La crise économique a fait le reste, et nos lignes ont été enfoncées.
Je regarde lucidement le passé, je regarde ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, et je m’en sens pour partie comptable car je ne me défausse pas.  

Non, je ne regrette rien de ces années de service, de fidélité, d’abnégation.
Mais ce chemin étroit a pris fin.
Nos lauriers sont à terre. Il n’y a plus ni préséance, ni hiérarchie.
La défaite présidentielle et législative nous remet tous à notre place, et il faut nous réinventer, nous désaccoutumer du passé pour repartir sur de nouvelles bases.
Ne cherchons pas d’excuses ou de sauveur suprême car en République ce sont les citoyens eux-mêmes qui se sauvent ou qui se perdent.  

Nous devons tous refaire nos preuves, moi le premier.

Quant à notre parti, l’UMP, il doit lui aussi se repenser de fond en comble.
Dix ans de défaites aux élections locales se soldent par une impressionnante hémorragie en hommes et en talents, et laissent apparaître de plus en plus d’espaces perdus sur la carte électorale.
Autrefois, les partis politiques étaient d’immenses chaudrons où se forgeaient les idées, les projets, les rêves d’action.
Ils reflétaient la société et la faisaient avancer.

Aujourd’hui tout se fait en vase clos.
Qui élabore les projets, les programmes ?
Qui reçoit les doléances des entrepreneurs, qui écoute les économistes, les philosophes, les chercheurs ?
Qui accueille et remotive les étudiants et les salariés ?
L’UMP est loin d’être la maison des Français qui se pressent dans le RER de 18 heures.

Ce qui se faisait autrefois à chantier ouvert, dans le chahut des salles de banquet et des tonitruants discours, se fabrique maintenant à quelques-uns, dans de petits cercles, à partir d’expertises, de séquences et de communicants.
Dès lors, comment s’étonner de la fracture entre l’opinion et la politique ? Comment s’étonner que l’administration et les médias aient pris les rênes du débat ?
 
Pourtant, le déclin des partis politiques n’est pas inexorable !
Notre ambition doit être de donner aux Français une raison d’adhérer à notre mouvement qui est fait pour eux et pas pour lui, qui est fait pour porter des idées et pas seulement acclamer ses leaders.

Pour réconcilier notre parti et le pays, nous partons de loin.
L’élection interne de novembre devait nous relancer, mais le processus démocratique a tourné au fiasco.
J’avais le choix : me taire ou me révolter.
Se taire, cela aurait été plus confortable pour moi et pour nous tous… Mais se taire, c’était accepter l’idée que la démocratie à l’UMP n’était qu’une façade.  Personne ne serait sorti grandi d’une telle capitulation morale.
Alors, je me suis battu pour rendre justice à nos adhérents et faire en sorte que ce qui s’est passé ne se reproduise plus jamais !

Je n’ai pas aimé ce combat qui nous a blessé, mais je l’ai mené pour nous tous. A présent, nous avons trouvé les moyens de sortir de cette crise douloureuse mais salutaire pour notre formation politique qui va refonder ses statuts et instaurer des règles électorales transparentes et exemplaires.
Le pouvoir de choisir reviendra pleinement entre vos mains, afin que jamais plus les adhérents et les Français n’aient à douter de l’UMP.

Pour ma part, je redeviens un militant parmi les militants.

Dans la direction collégiale, je n’ai aucun poste et n’en réclame aucun.
Je suis libre !
Certains en ont profité pour me prédire une «traversée du désert», comme si l’enfer s’ouvrait sous mes pas du seul fait de s’éloigner de l’arène pour prendre un peu de recul.

Le «désert», «l’enfer», «l’arène», la «guerre des chefs»… Pour faire le spectacle, les formules ne manquent jamais !

Je ne suis pas un novice en politique, mais que valent ces péripéties par rapport à cet homme qui s’immole devant Pôle Emploi; que valent nos fièvres partisanes par rapport à l’angoisse des salariés dont l’entreprise ferme ses portes; que vaut cette comédie par rapport à nos soldats qui risquent leur vie en Afghanistan et au Mali; que valent nos polémiques devant la sauvagerie de ceux qui n’hésitent plus à prendre des enfants en otages pour faire plier les démocraties devant l’obscurantisme ; que valent toutes ces bisbilles quand la seule cause qui vaille est de sortir la France de sa dépression économique, sociale et civique.

L’actualité politique peut tourbillonner, moi, je n’ai pas changé.
Ce que je crois, c’est que les circonstances sont décisives.
La vieille Europe est en train de sortir des radars de l’Histoire.
Chaque soir, nous nous demandons de quoi sera fait demain. Et chaque matin, en Asie, en Inde, au Brésil, des centaines de millions d’hommes et de femmes se lèvent en se disant que le progrès est à portée de leurs mains.
En Occident, nous ne savons même plus ce que ce terme signifie ! Pire que cela, l’idée même du progrès nous angoisse.

Je veux que nous retrouvions le goût de croire au progrès et de nous battre pour lui, et cette bataille exige plus de foi en nos atouts productifs, scientifiques, technologiques. Plus de foi dans notre capacité, tant de fois vérifiée au cours des siècles, à surprendre le monde par notre indépendance de ton, par notre culture, notre ingéniosité, notre art de vivre.

Notre premier ennemi est en nous: il est dans cette façon nocive de persifler notre propre pays, cette propension à douter de tout et de nous complaire dans la discorde.
Il est aussi dans cette façon lâche d’éluder les faits les plus têtus.

Il aura fallu 25 ans pour réformer nos universités alors que tout le monde savait depuis longtemps que leur organisation était caduque ; 15 ans pour commencer à réformer nos retraites malgré les rapports successifs qui tiraient le signal d’alarme.

Combien de temps faudra-il pour comprendre que la compétitivité est la mère de toutes les victoires ?
Combien de temps faudra-t-il pour réformer notre système social qui est à bout de souffle ?
Combien de temps faudra-t-il pour comprendre qu’une nation surendettée est une nation vulnérable ?
Combien de temps attendrons-nous pour responsabiliser nos concitoyens ?
Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.
Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé : de la cueillette des champignons à l’extension de votre terrasse, des conditions d’embauche d’un jeune à la surface  des escaliers de secours, de l’organisation des taxis à la gestion du personnel d’une PME.
Cela, c’est la marque d’une société qui se défie de tout, et surtout d’elle-même ! Or, une République sans confiance est une République civiquement faible.
Oui, mes Amis, combien d’années et combien d’illusions et de désillusions faudra-t-il pour comprendre que la France que nous aimons n’est pas éternelle ?   

Ce que je crois, c’est que la situation est périlleuse.
Voilà dix mois que François Hollande est responsable de l’Etat.
Notre pays s’enfonce dans les marais de la récession sans qu'aucune décision forte n'intervienne pour organiser son sauvetage.

Alors que nous devrions accélérer sur l’investissement, sur la compétitivité et le  désendettement, la France redevient championne d’Europe des impôts et des dépenses publiques.
La gauche promettait monts et merveilles.
J’ai rencontré les délégués syndicaux de Petroplus…
Pour eux comme pour d’autres, rien n’est pire que ces faux espoirs qu’on fait miroiter, rien n’est pire que ces rodomontades et cette mielleuse empathie de gauche qui masque l’hésitation des pouvoirs publics.
Mieux vaut la sincérité et l’action que la compassion et la communication !

La stratégie économique du gouvernement est mauvaise.
Le moteur de la consommation est noyé par l’augmentation des impôts.
Les socialistes préfèrent demander aux ménages et aux entreprises de payer la note des déficits plutôt que d’exiger de l’Etat qu’il se serre la ceinture.
On réembauche 65.000 fonctionnaires, on garantit à la fonction publique qu’elle n’aura plus de jour de carence en cas d’arrêt maladie, contrairement aux salariés du privé…
Ce renoncement est plus qu’une faute financière, c’est une faute morale car nos agents publics ne doivent pas donner le sentiment d’être dispensés des efforts fournis par tous les Français.
Je dénonce cette politique corporatiste qui accroit le fossé entre la France qui sert l’Etat et la France exposée qui sert notre économie.

Quant au moteur de l’investissement, il est paralysé par les récriminations incessantes contre les entrepreneurs et les investisseurs.
Le gouvernement stigmatise et surtaxe le capital mais supplie les investisseurs étrangers de venir sauver nos entreprises malades.
Voilà la contradiction du socialisme: d’un côté, la démagogie fiscale dans l’hexagone, de l’autre la course aux financements extérieurs.

Il est vrai qu’on vient de créer une Banque Publique d’Investissement.
Mais c’est aussitôt pour en confier la direction à la promotion Voltaire.
« Moi Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit exemplaire ! »

Je ne savais pas Madame Royal si experte des circuits financiers…
Vous aimez Voltaire ?
Vous feriez bien, car on nous prend pour Candide.


Contrairement à ce qui est dit, la croissance n'est pas au coin de la rue, et la France est la seule des grandes économies européennes dont le décrochage s'accroît.
Nous sommes enfermés dans une spirale déflationniste marquée par la baisse cumulative de l'activité et de l'investissement, de l'emploi et des revenus.
L'engrenage de la paupérisation s’accélère et notre PIB recule alors qu’il est en hausse aux États-Unis et en Allemagne.
Ni la faiblesse de la croissance, ni l'effondrement des marges des entreprises, ni la désindustrialisation, ne datent de l'élection de François Hollande…
Mais sa responsabilité est entière dans l’affaiblissement de notre appareil de production.

Il aura suffi de 6 mois pour pulvériser les hypothèses de croissance que le gouvernement avait érigées en objectifs centraux de son action.
Le taux de croissance sera proche de 0 et le déficit de 3,7%.
On appréciera au passage la nouvelle cacophonie gouvernementale, avec Fabius qui ouvre le bal en livrant son pronostic sur le taux de croissance, Moscovici qui voit passer les balles, et Ayrault et Hollande qui pédalent.


C'est grave pour notre crédibilité économique, mais sur le terrain politique ça l’est aussi.
François Hollande s’était engagé à réduire le déficit. «Moi président», 3% en 2013 !
Un engagement de campagne de plus aux oubliettes !  
Le cimetière des promesses électorales non tenues s'étend chaque jour. Bientôt, il n’y aura plus assez de sapins.

Fallait-il prendre des engagements de réduction des déficits pour avouer aujourd'hui qu'on continue à vivre à crédit ?
Fallait-il promettre de renégocier le Traité européen pour le ratifier aussitôt ?
Fallait-il parler de réduction des dépenses pour finir par admettre qu'on ne sait qu'augmenter les impôts ?
Fallait-il se boucher le nez devant la TVA compétitivité que nous avions mise en place pour annoncer une "réforme des taux" qui ne trompe personne ?
Fallait-il se poser en pourfendeur des banques pour présenter aujourd’hui une petite loi bancaire sans conséquences ?
Fallait-il aller plastronner devant les usines menacées de fermeture pour devenir le président des plans sociaux ? Fallait-il garantir aux Français que le chômage allait bientôt se stabiliser pour  devenir le Président du record absolu du nombre des demandeurs d’emploi ?
Fallait-il se poser en champion de la croissance en Europe pour accepter à Bruxelles un budget dicté par les réalités ? 
Mais qui va encore croire ce gouvernement ?
Sur la scène internationale, notamment en Europe, plus personne ne semble se préoccuper de ce qu’il dit.
Pourquoi ?
Parce que sa politique n’est exemplaire en rien : plus d’impôts, plus de dépenses publiques et pas de réformes structurelles… qui voulez-vous que ça impressionne ?

Le Président de la République ne comprend pas que l’Etat providence dont nous avons hérités des Trente glorieuses est à bout de souffle.
Nous l’avons maintenu sous perfusion en accroissant l’endettement; on l’a même surchargé de nouvelles responsabilités.
Les recettes nécessaires à son entretien n’existent plus, ou alors elles risquent d’engloutir l’essentiel de la croissance. Et la ponction finira de nous achever tous.
Cette vérité, le pouvoir actuel ne veut pas la regarder en face.
Du coup, le gouvernement nous rejoue en permanence « le Salaire de la Peur » : on conduit le pays comme on conduit un camion bourré d’explosif au bord des précipices.
A la moindre défaillance tout peut basculer, et la France se retrouver au banc des nations défaites, sommée d’accepter la potion amère que d’autres entreprendront de lui faire avaler sous la contrainte de Wall Street ou des investisseurs chinois.

Pour ses alliés, la France devrait faire partie de la solution, non du problème. Elle devrait être entraînante. Or elle se retrouve isolée.
Parmi les nations développées, elle est seule à poursuivre l'augmentation de ses coûts de production.
Seule à abaisser l'âge de la retraite quand tous les autres l'ont porté entre 65 et 69 ans.
Seule à surtaxer le capital.
Seule à refuser de réformer l’Etat.
Seule avec ses 35 heures.
Ainsi va la petite France de M. Hollande avec ses petites blagues et ses petites gesticulations, sans ambition, sans audace, sans cap… Normale ! 
Evidemment, la «normalitude» ne fait pas bon ménage avec l’exactitude allemande.
Le couple franco-allemand connaît la plus grave crise de ces trente dernières années.
L’anniversaire du traité de l’Elysée a révélé l’absence totale de volonté commune pour imposer un pilotage serré de la zone euro et imaginer une stratégie économique concertée.
La décision de David Cameron d’organiser un référendum sur l’appartenance de la Grande Bretagne à l’Union Européenne n’a fait l’objet d’aucune réaction commune de la France et de l’Allemagne.
 
En cherchant à isoler Angela Merkel dans le débat sur le Budget de l’Union, François Hollande a réussi l’exploit de permettre au Royaume Uni, pour la première fois dans l’histoire de l’Union Européenne, de dicter ses conditions.
François Hollande juge l’Allemagne à l’aune de la couleur politique de la Chancelière. C’est une faute car le pacte franco-allemand n’a jamais été un pacte partisan, c’est un pacte historique !

La récession nous guette, l’Europe stagne, et sur le plan intérieur, la France se déchire sur la question du mariage.
Derrière ce mariage pour tous que nous combattons au nom d’une tradition qui n’est pas démodée et qui protège la filiation, je vois poindre une vision de la société à laquelle j’oppose ma conception de la République.
Je veux parler de cette société où l’extension des droits l’emporte sur toute autre considération.

Le gouvernement nous parle du droit au mariage pour tous, du droit de vote des étrangers non communautaires, du droit de pouvoir se droguer dans des conditions dignes, du droit des prisonniers à pouvoir bénéficier de peines de substitution, et voici à présent qu’on évoque un droit à mourir en fin de vie. 

Je ne veux pas caricaturer tous ces sujets qui sont sensibles et sur lesquels aucune réflexion n’est en soi illégitime. 
Mais je pose une question : à quand un projet de loi où figure le mot «devoir» ?

Il y a une dérive inquiétante à voir un gouvernement se pencher sur les attentes de chacun sans jamais s’interroger sur l’unité de la nation.
Pour moi, l’intérêt général n’est pas la somme de toutes les requêtes ! Il est un axe autour duquel nous devons tous faire l’effort de nous adapter et de nous fédérer.
La France est déjà suffisamment émiettée et déboussolée comme cela pour ne pas attribuer à chacun le goût de se retrancher sur lui-même.
Je m’oppose à cette vision communautarisée, parcellisée, ghettoïsée de la vie française.
Je m’oppose à cette citoyenneté à géométrie variable.

Dans un monde de 7 milliards d’habitants, tout notre objectif doit être au contraire de solidifier nos repères communs.
Les 65 millions de Français ne doivent pas être encouragés à dire «et moi et moi et moi», mais entrainés à dire « et nous» !

«Nous plutôt que moi !», «tous ensemble plutôt que chacun pour soi !» : cela, c’est le cœur de la rupture culturelle que je voudrais enclencher avec vous.     

Le présent et l’avenir de notre pays m’alarment.
La France doit être plus compétitive pour échapper à la récession.
La France doit être rigoureuse pour libérer ses enfants du poids de la dette.
La France doit être réformée pour échapper à l’emprise du chômage de masse. 
La France doit être plus innovante pour se forger un avenir industriel.
La France doit être plus européenne pour répondre à la mondialisation.

Nous sommes sur la pente du déclin, et je n’accuse pas François Hollande d’en être le seul responsable, je ne l’accuse même pas d’être socialiste, je l’accuse d’être à côté de l’urgence !  
Que sera la France dans 4 ans ?
Si rien n’est fait, nous subirons une chute brutale du niveau de vie qui peut déboucher sur une conflagration civile qui peut mettre en péril notre pacte républicain.
Face à ce risque, face à un pouvoir impuissant, face à la montée du populisme et des extrémistes qui rêvent de rééditer le coup du 21 avril 2002, la reconstruction de la droite républicaine, unie et populaire, n'est plus une question partisane, elle relève de l'intérêt national !

Le devoir de l’opposition est de se préparer et de préparer la France à se relever.
Cela ne se fera pas avec des petits ajustements.
L’heure n’est pas au programme clé en main, mais je sais les nœuds que nous devrons trancher pour relancer notre pays.

D’abord, trancher le nœud qui nous fait hésiter entre le choix d’assumer la mondialisation et la tentation de la rejeter.
Notre ambiguïté nous démotive et nous trompe !
Il faut s’organiser pour être une puissance internationale, sinon nous subirons les coups qui sont réservés aux puissances régionales.
Etre une puissance internationale, c’est choisir l’Europe. Et la choisir vraiment ! En l’utilisant comme un levier décisif pour le rayonnement de la France.

Trop souvent, nous voyons l’Europe comme un mal nécessaire alors qu’elle est notre protection et notre tremplin dans le monde.
Trop souvent, nous la ressentons comme une mécanique, alors qu’elle est une civilisation millénaire.
L’Europe a besoin d’une vision, et la France a besoin d’un dessein stratégique.

Quels pourraient être nos objectifs ?
D’abord créer avec l’Allemagne un noyau dur politique.
Il faut – je pèse mes mots- une forme de confédération entre nos deux patries qui doit nous amener à créer un espace le plus homogène possible, en matière économique, fiscale et sociale.
Autour du cœur franco-allemand, la zone euro doit être dotée d’un gouvernement économique digne de ce nom qui fixe les buts communs, les calendriers et qui s’assure de leur respect par tous.
L’Europe à 27 doit quant à elle poursuivre son chemin sur la voie d’un marché unique aussi efficace que possible.
 
Et au-delà de cette Europe à 27, je crois à l’intuition du Général de Gaulle.
Il conviendrait de bâtir les structures d’une Europe continentale avec l’appui de deux Etats qui joueront un rôle crucial dans les prochaines décennies: je veux parler de la Russie et de la Turquie.

La première, la Russie, est soumise directement à la pression de la Chine et elle ne peut pas, un jour ou l’autre, ne pas s’interroger sur son destin européen.
La seconde, la Turquie, est à la frontière de toutes les tensions qui agitent le Proche et le Moyen Orient.
Elle ne peut pas, elle aussi et nous aussi, ne pas réfléchir à une association continentale.
En disant tout ceci, je mesure les débats et les crispations que je peux faire naître.
L’euroscepticisme et le repli sur nous mêmes sont tellement dans l’air du temps, mais l’air du temps ne fait pas l’Histoire. Il la subit !    

Mes amis, il est également nécessaire de trancher le nœud qui nous fait hésiter entre la productivité nationale et la protection de nos acquis.
Ceux qui vous disent qu’on peut tout conserver en l’état sans faire de choix vous trompent.  
Si la croissance et l’emploi sont véritablement notre objectif absolu, alors assumons des changements de fond.

Il faudra décentraliser le dialogue social et sortir des 35 heures pour aller vers les 39 heures, en modulant le temps de travail pour tenir comptes des réalités économiques et des aspirations sociales.
Il faudra repenser notre fiscalité : celle qui pèse sur le travail, mais aussi celle qui pèse sur les ménages. Il faut d’un côté alléger le cout du travail et de l’autre élargir les bases fiscales et les simplifier.
Nous devrons nous réconcilier avec le capital et l’investissement, et cela ne se fera pas sans une double ambition: celle de respecter ceux qui créent des richesses et celle d’élargir les voies d’un capitalisme populaire.  
Nous devrons réformer radicalement la formation professionnelle en brisant les clivages et les chapelles qui gèrent le système.
Les règles qui régissent les professions réglementées devront être réformées car c’est toute une partie de notre activité nationale qui est bridée.

Universités et recherche: une nouvelle étape de leur autonomie devra être enclenchée, et elle devra assurer un lien quasi organique avec le monde économique qui a besoin de s’appuyer de façon concrète sur des qualifications intellectuelles et professionnelles.

Quant à l’Ecole, elle devra être la priorité de notre projet de redressement national.
Le pitoyable feuilleton des rythmes scolaires dont chaque épisode nous éloigne un peu plus de la «refondation» promise par François Hollande, est le concentré de tous les maux qui accablent l’école de la République.
Quelle autre école dans le monde vit au rythme des foucades d’un ministre qui affectent 12 millions d’élèves et leurs familles ?
Ce n’est pas de centralisme démocratique dont l’école a besoin mais d’autonomie et de liberté.

L’urgence n’est pas de créer des zones pour les vacances d’été mais de recentrer l’école sur les savoirs fondamentaux, sur l’apprentissage du respect des autres et de l’autorité, l’ouvrir sur le monde du travail, la placer au cœur de la République.

Mes amis,
Rien de tout cela ne sera possible, si le nœud des déficits publics et sociaux n’est pas tranché.
Cette schizophrénie nationale qui nous conduit à ne plus supporter les impôts mais à demander toujours plus à l’Etat et à la solidarité sociale ne doit plus durer.
Arrêtons de croire qu’il y a des trésors cachés que l’on peut débusquer pour rester une nation fraternelle.
La remise sous contrôle de nos finances publiques est impossible sans une profonde refonte de l'Etat-providence dont les dépenses atteignent 33% du PIB, soit près de 600 milliards d'euros, tandis que la dette sociale s'élève à 200 milliards d'euros et se creuse année après année.
L’Etat doit dépenser moins, et il ne doit pas hésiter à dire ce qui est prioritaire et ce qu’il ne l’est pas.
Il doit réduire ses effectifs et revoir ses structures.
Parmi elles, il y a le mille feuille de la décentralisation.
En dix ans, nos collectivités locales ont embauché 350.000 fonctionnaires supplémentaires et la redondance de leurs politiques s’est accrue.
Ni l’efficacité territoriale, ni la maîtrise des dépenses publiques, ni la démocratie locale ne sortent grandies par notre absence de choix. 
Nous n’échapperons pas éternellement à la fusion des régions et des départements et à celle des communes et des communautés.

Quant à nos comptes sociaux, ils sont en pleine dérive.
Notre réforme des retraites a permis d’éviter le crash financier de notre régime par répartition. Mais l’âge de départ à la retraite doit être relevé à 65 ans, en revoyant de fond en comble le travail des seniors qui doit être adapté à leurs capacités et leurs expériences.
Il faut engager un travail d'évaluation des dispositifs d'aide qui se sont superposés, à l'exemple du Revenu de solidarité active qui s'ajoute à l'impôt négatif institué par la prime pour l'emploi.
L’assurance chômage est menacée d’effondrement.
Qu’on le veuille ou non, la question de la dégressivité des allocations est posée.

Et puis, il faut trancher le nœud qui enserre notre civisme et nos responsabilités.
L’Etat ne peut pas tout faire et la République ne peut pas tout prendre à sa charge.
Il est temps que les citoyens prennent en partie le relais.
La sécurité pour tous et partout n’est pas négociable. La guerre à la délinquance et à l’impunité relève de la puissance publique.
Pas de faiblesse !  Pas de démagogie ! Un voyou est un voyou avant d’être une victime de la société.
Mais la police, la gendarmerie, la justice ne peuvent pas tout.
La sécurité, c’est aussi nous !
Pour moi, l’insécurité commence quand dans le métro un voyou agresse un voyageur et que chacun détourne les yeux.
Il en est de même pour l’instruction de nos enfants.
Avant de tout exiger de l’Ecole, bien des familles feraient mieux de ne pas détourner leurs yeux de l’éducation de leurs propres enfants.
Sur l’essentiel, l’Etat et ses services publics répondent naturellement présent !
Mais je voudrais convaincre les Français que tout ne peut pas venir d’en haut, surtout dans une période difficile comme la nôtre.
Depuis trente ans, nous avons augmenté la dépense publique souvent sans progrès décisif.
Pourquoi ?
Parce que nous oublions qu’une part de la solution dépend de chacun de nous, de notre éthique, de notre conscience morale et civique.
Nous devons donc refonder la société républicaine en commençant par le début, et je dirais par l’essentiel, l’esprit citoyen.

Enfin, il y a ce nœud qui étrangle l’unité française.
Il y a des moments en France, et il y a des lieux en France, où le sentiment d’appartenir à la même nation est complètement oublié et même méprisé.  
La faute est partagée.
Partagée par ceux des Français qui n’ont que faire de leur pays au lieu de le respecter comme tout citoyen loyal et responsable.
Mais elle est aussi le fait d’une immigration qui a été trop longtemps incontrôlée et qui n’a pas toujours su ou voulu s’approprier l’identité de la France.
Du coup, trop de nos concitoyens ont le sentiment de ne plus se sentir chez eux et bien des étrangers ne se sentent pas Français.
Il faut être clair !
L’immigration doit être réduite à son strict minimum en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques car il n’y a aucune générosité à laisser entrer des étrangers qui sont condamnés à la pauvreté et au déracinement.
Le mot assimilation – c’est-à-dire le goût et le devoir de devenir un Français comme tous les autres – doit être préféré à celui d’intégration qui n’est qu’une formule déguisée pour éluder le défi qui est devant nous, qui est d’unir la nation française.

Filtrer nos frontières, casser les ghettos et rénover les cités qui sont devenues des cocottes minutes, imaginer pour nos banlieues des incitations puissantes à la création d’entreprises, exiger de l’Islam comme de toutes les religions qu’il distingue la foi et la politique, tout cela est nécessaire mais ne servira à rien si nous ne redonnons pas à la France le patriotisme qu’elle mérite !

Le patriotisme est la seule façon de transcender nos origines, nos races, nos religions.
La droite républicaine est parfaitement dans son rôle lorsqu’elle défend l’histoire et les valeurs du drapeau tricolore qui appartient à tous ceux qui l’aiment.
Elle est parfaitement dans son rôle lorsqu’elle met en avant l’extraordinaire génie de notre pays qui a bâti des cathédrales, qui a inspiré l’Europe au siècle des Lumières, qui a porté sur les barricades de Paris et du monde l’étendard des droits de l’homme, qui a brillé et qui continue de briller dans les arts, les sciences et les technologies, qui oppose aux terroristes et aux tyrans sa force morale et militaire.       

Nous devons trancher le nœud du populisme qui confond patriotisme et nationalisme.  
Une large partie de l’Europe est traversée par un vent de démagogie et de xénophobie.
Contre la mondialisation, contre l’euro, contre les financiers, contre l’étranger… les voix de la radicalité sont différentes, mais toutes ont pour caractéristique d’improviser des réponses binaires qui n’en sont pas.
De l’extrême droite à l’extrême gauche, ce ne sont que des appels au protectionnisme, à l’exacerbation nationale, à la revanche sociale. Comme si la France pouvait trouver son salut dans le repli et la colère.
Etre populaire sans être populiste, c’est le défi des républicains que nous sommes !

Mes Amis,
Tous ces nœuds qu’il faut trancher et  toutes ces mesures que je viens d’évoquer sont difficiles à entendre, elles seront difficiles à faire accepter et à mettre en œuvre car elles remettent en cause nos acquis, nous placent en situation de responsabilité et d’effort.
Je ne doute pas que le cortège des conservateurs et des prestidigitateurs ne manquera pas de dire que tout cela peut être évité.
Les complices du déclin sont subtiles, et ils savent détourner notre instinct de survie… 

Peut-on les affronter en disant la vérité ?
Peut-on vaincre en allant à l’encontre de nos habitudes et de nos conforts ?
Peut-on battre la gauche, non par défaut, non par le biais des promesses intenables mais en voulant tirer la France vers le haut?
Les experts et les sondages vous diront que non.
Ils vous diront que la démocratie est ainsi faite que l’art de flatter et d’adoucir les esprits est le plus sûr moyen d’être élu; et en la matière, les socialistes sont passés maîtres.

On vous dira «non», et moi je dis «oui» !
Oui, nous pouvons faire partager à notre pays l’idée du redressement national, et il faut commencer maintenant !
Bâtir un projet pour relancer la France, construire une dynamique gagnante capable de rassembler les Français et de leur faire partager la volonté de se dépasser, c’est le défi qui m’obsède, c’est le défi que je porte en moi et pour lequel je suis déterminé.
C’est le défi que je me lance et que je vous lance ! 
 
Cette entreprise ne se fera pas en quelques mois, à la fin du quinquennat.
Il faudra du temps pour retrouver notre crédibilité, pour faire mûrir les esprits, pour enraciner nos convictions dans le cœur de chacun et pour changer la France de l’intérieur.
Je parle de la changer de l’intérieur, car on ne redressera pas notre pays du sommet et seulement avec l’UMP.
Nous devrons fédérer toutes les forces du pays.

Je veux aller vers la jeunesse qui se détourne de la politique, mais qui ne demande qu’à y croire.
Je veux soutenir les entrepreneurs pour les encourager.
Je veux redonner confiance aux agriculteurs et au monde rural qui ne sont pas les derniers vestiges d’une France disparue.
Je veux convaincre les ouvriers que la compétitivité est l’alliée de leur industrie.
Je veux débattre avec les syndicalistes pour régénérer le dialogue social.
Je veux nous réconcilier avec les intellectuels pour revigorer le débat politique.
Je veux réveiller la vocation des fonctionnaires qui servent l’Etat et le bien public.
Je veux être aux côtés des familles qui sont le creuset de la France qui veut de l’éducation, de l’autorité, du travail pour ses enfants.

Je veux que nous investissions ces zones périurbaines où les classes moyennes, de moins en moins en moyennes, se sont réfugiées en silence.
Je veux que nous réinvestissions les banlieues qui sont cadenassées par les bandes et les intégristes.
Dans nos cités, il existe des citoyens courageux qui en appellent à plus de République, plus d’instruction, plus de fermeté !
Ils ne votent pas Taubira !
A nous de les convaincre que nous sommes là: intraitables sur la sécurité, inflexibles sur l’unité nationale et la laïcité, décidés à ouvrir les portes aux initiatives.  

Je veux aller vers les abstentionnistes qui sont le premier parti de France.
Vers les électeurs modérés qui nous ont lâchés. Vers les électeurs du Front national qui pensent que la France est fichue. Vers les électeurs socialistes qui se mordent les doigts.
Je veux percuter les lignes partisanes; je veux écouter et débattre, convaincre et rassembler.
Je veux le faire sur nos valeurs, sans chercher à copier la gauche pour nous donner bonne conscience, sans chercher à dupliquer l’extrême-droite car on ne rassemblera pas la France avec des tactiques mais autour d’un projet solide et longuement muri.

C’est à ce travail que je veux me consacrer.
J’ai un fils qui a onze ans.
Quel avenir puis-je lui promettre ?
Cette question, je la porte en moi lorsque je regarde la France.
Je souhaiterais qu’il grandisse dans un pays enfin débarrassé de la hantise du déclin.
Un pays audacieux, qui se réforme pour conserver la maîtrise de sa souveraineté.
Un pays à la fois moderne et respectueux de toutes ses traditions qui nous rappellent que notre histoire est profonde.  
Un pays où le dépassement de soi est encore possible. Où le goût de la liberté est plus fort que la peur de l’échec.
J’aimerais qu’il vive dans une France fraternelle, où les individus sont jugés sur leurs mérites et leur civisme et non sur leurs origines, leur puissance ou leur fortune d’un jour.
Je souhaiterais qu’il soit porté par les lumières de la culture et de la raison et qu’il échappe aux superficialités et aux brutalités de son époque.
J’aimerais qu’il se sente ébloui par nos paysages, et qu’il se souvienne des sentiers que nous empruntions ensemble le long de la Vègre.
Je souhaiterais qu’il soit fier de son pays et fier d’être citoyen d’une Europe brillante et protectrice.
Si je poursuis mon itinéraire politique, c’est pour tout cela, et c’est pour une certaine idée de la France à laquelle je crois et pour laquelle je veux me battre.

En 2016, il y aura des primaires ouvertes à l’UMP pour désigner votre candidat à l’élection présidentielle.
C’est encore loin, mais comment ne pas avoir ce rendez-vous en tête ?
Personne ne peut prétendre devenir l’homme de la nation. Cela ne se décrète pas !
C’est l’aboutissement d’un engagement qui n’a de sens que s’il est porté par un projet.
C’est un chemin exigeant et c’est un travail de tous les jours qui nécessite de nouer avec les Français une relation de confiance.

Si on veut servir son pays, si on veut le convaincre que votre démarche est intègre, on ne doit pas monter dans tous les trains qui partent.
Je sais que les Français ne supportent plus de voir les responsables politiques cumuler tous les combats, viser toutes les fonctions, courir après tous les postes.
C’est pour cette raison là que je vous dis avec franchise et amitié, que je ne veux pas être candidat à la mairie de Paris.
Ca n’est ni la peur d’affronter le suffrage, ni la crainte d’attaquer le bilan de M. Delanoë qui me conduise à ce choix.
C’est tout simplement qu’on ne peut pas tout faire, sauf à mentir, ce que je ne veux pas.

Etre candidat à la mairie de Paris, c’est s’engager auprès des électeurs à être maire de Paris et rien d’autre.
Or je veux essayer de servir mon pays et pas uniquement Paris.
Cette franchise, je la dois aux Parisiens et à tous mes amis de la capitale.
D’autres que moi auraient certainement joué sur tous les tableaux comme si c’étaient des tableaux de chasse.
Je ne crois plus à cette façon de faire de la politique.

Je serai à vos côtés pour gagner les municipales mais pas à votre tête.
J’irai partout où nos candidats parisiens me solliciteront, et partout en France où il faudra défendre nos couleurs dans ces élections municipales.  
Sachez-le et mettez cela dans votre âme de combattant: à Paris, je crois à nos chances de victoire parce que la gestion actuelle de la ville est poussiéreuse.

Paris vit avec de tout petits rêves.
La ville n’est plus, ni populaire, ni dynamique. Quant aux classes moyennes, elles ont été les oubliées de la gestion socialiste.
On a embouteillé l’activité et la vie des familles. Les touristes flânent pendant que les Parisiens sont à la peine. 
La capitale est barricadée, congestionnée, fossilisée, et l’espoir du Grand Paris est en train de couler.
 
Paris mérite une autre politique, une autre équipe.
J’ai choisi de soutenir la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet, parce que c’est une femme innovante qui a la volonté d’apporter des réponses aux questions qui se posent à Paris.

Maintenant, mes amis, je vais me consacrer pleinement à la tâche que je me suis assigné.
Je vais engager un tour de France, et j’entends nous donner les moyens de créer une dynamique collective.
France.9, l’association qui m’a soutenu dans tous mes combats devient « Force Républicaine » car c’est bien l’énergie de la République qui rassemblera et soulèvera la France.

Ses équipes vont être élargies, notamment aux parlementaires, élus et militants qui sont engagés depuis plusieurs mois à mes côtés.
Et à ce titre, je veux les saluer avec amitié, avec reconnaissance, et avec la certitude que notre aventure ne fait que commencer.

Notre organisation va être décentralisée: dans chaque département, Force Républicaine aura son antenne locale. 
Ses objectifs vont être revus : il s’agit d’attirer tous les Français qui ne se reconnaissent pas dans les structures actuelles et qui veulent contribuer à redresser le pays.
Au côté de l’UMP et pour l’UMP, j’entends ainsi ouvrir nos capacités d’attirer d’autres citoyens qui cherchent de nouvelles raisons de s’engager.

D’ici 2017, nous devons rassembler des milliers d’adhérents de toutes professions, de toutes sensibilités, qui seront autant de relais capables de prendre leurs responsabilités pour la France, capables d’aller au contact de nos compatriotes pour défendre un projet et des valeurs, capables de créer des synergies partout où règnent les divisions.  
Je veux que ces militants se sentent dépositaires d’une mission personnelle qui est de transmettre au pays leur foi et leur volonté.
Il faut que la vague du redressement national vienne des Français eux-mêmes, et ce sera le rôle de ces militants d’en être les aiguillons.

La politique est souvent à l’image du pays.

Lorsque les Français exigent la vérité, la vérité s’impose.
Lorsque les Français exigent les réformes, on arrête les réformettes
Lorsque le peuple est courageux, les politiques le deviennent.
C’est donc à nous tous de prendre en main la France car la France aura le destin pour lequel vous êtes prêts à vous battre.

Nous avons trois années pour réussir.
Mes amis, serai-je prêt le moment venu, et les Français seront-ils au rendez-vous?
Aujourd’hui, je ne le sais pas. Mais je me lance, et je vous demande à vous, qui m’avez si souvent témoigné votre confiance: êtes-vous prêts ?
Etes-vous prêts à marcher, à mes côtés, sur le chemin du rassemblement et de la reconquête ?
Etes-vous prêts à traverser les doutes, les attaques, les vents contraires ?
Etes-vous prêts à tenter cette aventure ?
Si vous l’êtes, alors nous irons au-devant de toutes les forces françaises, et nous les réveillerons, nous les entrainerons, et vous verrez qu’elles nous porteront au-delà de nos propres espérances.

Nous serons alors, tous ensemble, la République en action qui s’engage pour la France !     
Vive la France et vive la République.

François Fillon, Paris le 26 février 2013

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:15

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Interview de François Fillon au journal "Le Monde" daté du 27 février 2013 (texte intégral)




Vous êtes resté très silencieux depuis la crise de l’UMP. Quelle est votre intime conviction sur le résultat de l’élection du 18 novembre 2012 ? Vous a-t-elle été volée ?
Ma conviction n’a pas changé. Cette élection n’a pas été sincère, ni transparente. La démocratie s’est exercée dans des conditions qui n’étaient pas équitables. Ceci explique que, malgré ma volonté de préserver l’unité de ma famille politique, j’ai été amené à refuser ce résultat et j’ai exigé que de nouvelles élections soient organisées.
Surtout, j’ai obtenu que des changements importants soient apportés aux statuts et aux conditions d’organisation de cette élection et des autres à venir. La commission des statuts y travaille sérieusement.
Les procurations ont été annulées. Mais il y a encore beaucoup de choses à négocier, notamment la création d’une autorité totalement indépendante, qui a cruellement manqué dans cette crise.
Pour autant, je n’ai pas voulu provoquer une scission de ma famille politique. C’est la raison pour laquelle j’ai trouvé un accord avec Jean-François Copé. Nous le mettons en œuvre de façon globalement loyale et avec le souci de ne pas rouvrir les débats de personnes, afin de permettre à l’UMP de jouer pleinement son rôle d’opposant et de retrouver une voix qui a été affaiblie par cette crise.


Pensez-vous toujours que Jean-François Copé adopte un fonctionnement «mafieux» à la tête de l’UMP ?

Je pense que tout le monde a envie de sortir de cette crise. Nous en avons tous mesuré les conséquences à la fois pour le parti et pour les protagonistes, donc je ne doute pas qu’il y ait une volonté commune de ne pas retomber dans les mêmes errements.


Allez-vous jouer le match retour en vous représentant à la présidence de l’UMP, en septembre ?

Ce n’est pas du tout exclu. Je prendrai ma décision avant l’été. Cela dépendra de deux choses: d’abord, si on aboutit à un accord garantissant la transparence du nouveau scrutin qui ne soit pas faussé par l’appareil du parti.
Ensuite, il faudra voir si ma candidature permet de rassembler ou non. Il est hors de question de rejouer le même scénario que l’autre fois. Ce serait désastreux pour notre famille politique et les idées que l’on défend. Je pense que ce n’est pas du tout ce que veulent les militants de l’UMP.


Si vous n’êtes pas candidat à la présidence de l’UMP ni à Paris, ne courez-vous pas le risque d’être éclipsé d’ici à 2016, date de la primaire à droite pour la présidentielle de 2017 ?

Je vois bien tous les risques de cette stratégie, mais quoi qu’il en soit, je veux démontrer qu’on peut faire de la politique autrement, qu’on peut dire la vérité et gagner des élections. Je souhaite également lutter contre le rejet du processus démocratique, de plus en plus fort de la part des citoyens.
J’ai décidé de partir à la rencontre des Français de façon systématique pour écouter leurs attentes, leurs critiques sur mon propre bilan lors du précédent quinquennat. Je veux les convaincre de la nécessité de changements profonds pour éviter le décrochage de notre pays.
Dans un délai de moins de deux ans, je proposerai un projet que je mettrai en débat. Il sera concentré sur quelques réformes fondamentales.


Serez-vous candidat à la primaire de 2016 ?

Je vais tout faire pour l’être, en faisant en sorte que cela soit utile à mon pays.


Pourquoi ne pas annoncer dès maintenant votre candidature ?

L’heure n’est pas à annoncer une candidature, mais à construire un projet, que j’élaborerai évidemment dans l’hypothèse d’une candidature à la primaire de 2016 et dans la perspective de la présidentielle.
Je le dis de cette manière par souci d’humilité, au moment où des Français sont confrontés à des difficultés très sérieuses et ont compris que toutes les promesses de François Hollande ont volé en éclats. Venir leur parler d’une élection qui aura lieu dans quatre ans, c’est un peu incongru. Et en même temps, il faut s’y préparer, donc je m’y prépare.


Diriez-vous, comme Jean-François Copé, que si Nicolas Sarkozy revenait, vous seriez à ses côtés ?

Ce n’est pas une question de personnes mais de projet. On a perdu deux élections coup sur coup: la présidentielle puis les législatives. Cela veut dire que tout est à reconstruire. Nous sommes tous au même niveau et nous avons tous nos preuves à faire. Moi le premier.
Le débat qui doit s’ouvrir aujourd’hui est celui de la construction d’un projet et d’une relation de confiance avec les Français. Si Nicolas Sarkozy s’engageait dans cette voie et réussissait, je le soutiendrais. Mais aujourd’hui, la question n’est pas posée dans ces termes.


Et si c’est vous qui êtes le mieux placé, les autres devront se ranger derrière vous ?

Cela va de soi.


Faut-il ouvrir un droit d’inventaire sur le précédent quinquennat ?

On doit toujours être lucide. Pour ma part, je vais faire le bilan de ma propre action. Nicolas Sarkozy fera son bilan lui-même. Je suis fier des cinq années passées à la tête du gouvernement car je pense que l’on a évité à la France une catastrophe à l’espagnole, à la portugaise ou à la grecque, ainsi qu’une dislocation de la zone euro.
Est-ce à dire pour autant que je n’ai aucun regret, aucun remords ? Evidemment non. Nous avons trop tardé à prendre des mesures radicales en matière de compétitivité. Mais c’est un reproche que je me fais à moi-même tant j’assume la totalité du bilan du quinquennat.
Les mesures que nous avons prises en matière de baisse des charges à la fin du quinquennat, nous aurions sans doute dû les prendre au début. La question du temps de travail, nous aurions dû la trancher…


La campagne présidentielle a été marquée par un tournant droitier. Celle pour la présidence de l’UMP également. Le regrettez-vous ?

Il y a, dans le pays, une aspiration à davantage de justice, à davantage de reconnaissance des mérites et une aspiration à plus d’ordre et de sécurité. C’est incontestable. Ce que nous avons voulu faire pendant la campagne présidentielle, c’est répondre à cette attente.
Certains sont tentés pour y répondre de transgresser le cadre républicain, ou de recourir aux maux qui ont toujours entraîné les pays dans la division et le déclin: la stratégie des boucs émissaires en visant les étrangers, l’Europe ou les chefs d’entreprise. Moi je m’y oppose. J’y suis d’autant plus hostile que je pense qu’il n’y aura pas de redressement national sans rassemblement et sans efforts partagés.


Sur quelles valeurs l’UMP doit-elle se reconstruire ?

Sur des valeurs d’autorité, de responsabilité et de liberté, qui nous ont toujours rassemblés. Le plus important, c’est de dire la vérité aux Français, en partant d’un constat réaliste de la situation pour les entraîner dans la voie du changement.


Que pensez-vous de la politique économique du gouvernement, qui a admis ne pas pouvoir tenir l’engagement de réduire le déficit à 3% en 2013 ?

Le gouvernement de François Hollande a multiplié depuis dix mois les erreurs stratégiques en matière économique, ce qui place la France dans une situation d’impasse. Il ne fallait pas détruire la totalité des instruments que nous avions mis en place.
En arrivant, François Hollande a fait sauter la réforme des charges sociales, il a supprimé pour des raisons dogmatiques les mesures d’économie que nous avions prises sur la dépense publique ou le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la défiscalisation des heures supplémentaires et maintenant la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires…
Tout cela est balayé, agrémenté d’un discours contre les entrepreneurs et les investisseurs inouï, comme on n’en avait pas entendu depuis bien longtemps.
Le résultat aujourd’hui, c’est que le gouvernement n’a plus de levier pour agir sur la croissance, que ce soit du côté de l’investissement ou de la consommation. Le gouvernement est impuissant et donne le sentiment de ne pas avoir de cap. François Hollande se limite à des habilités tactiques qui ne sont absolument pas à la hauteur des défis que le pays doit relever.
J’ajoute qu’il a durablement isolé la France par une attitude sectaire à l’égard de MmeMerkel en la combattant pour des logiques partisanes. Cela a culminé lors de la décision du conseil des ministres sur le budget européen où, pour la première fois, la Grande-Bretagne a obtenu tout ce qu’elle voulait.
Elle a dicté ses conditions à l’ensemble des pays, y compris à l’Allemagne, qui n’avait plus d’autre choix que de s’allier avec elle, puisque la France refusait toute coopération et tout effort économique. C’est un échec sur toute la ligne.


Par ailleurs, François Hollande a implicitement reporté d’un an sa promesse d’inverser la courbe du chômage en 2013…

C’était une promesse absurde. Comment pouvait-il prétendre que le chômage baisserait en 2013 alors que toutes les décisions qu’il prenait conduisaient à stopper le peu de croissance dont la France pouvait bénéficier? C’était soit de l’amateurisme, soit du cynisme.


Serez-vous candidat aux élections municipales à Paris ?
La réponse est non. Pour une raison simple: je pense que Paris a besoin d’une nouvelle équipe municipale pour dix ans, qui se consacre essentiellement à sa tâche. Paris est une ville en difficulté, qui décroche par rapport aux villes du monde qui vont dominer le XXIesiècle. C’est une ville qui n’est ni populaire ni dynamique après deux mandats de Bertrand Delanoë. Et c’est une ville où beaucoup d’habitants ont vu leurs conditions d’existence se dégrader.
Le défi d’un nouveau projet pour Paris doit être porté par un homme ou une femme qui s’y consacre vraiment, qui a l’intention d’y investir toute son énergie et pendant longtemps.
Je ne veux plus que l’on fasse de la politique comme par le passé, qu’on se serve des élections locales comme d’un marchepied pour les élections nationales. Pour moi, la politique, ce n’est pas une partie de chasse où il faut chaque année arborer un trophée pour prouver sa force.
Je dénonce les comportements qui consistent à servir des seules ambitions personnelles. Les Français sont dans une immense majorité hostiles au cumul des mandats. Il faut en tirer les conséquences et ne pas commencer à vouloir être candidat à toutes les élections comme si elles étaient des barreaux d’échelle à gravir.
Ayant choisi – après mûre réflexion – de préparer les échéances de 2017, je ne serai pas candidat à un autre mandat, quel qu’il soit. Cette franchise, je la dois aux Parisiens et à tous mes amis de la capitale. Durant les municipales, je serai partout à leur côté pour les aider à gagner, mais pas à leur tête.


Allez-vous soutenir Nathalie Kosciusko-Morizet ?

Nathalie Kosciusko-Morizet est une excellente candidature car c’est une femme innovante, qui a la volonté d’apporter des réponses aux questions qui se posent à Paris. Je lui apporterai donc mon soutien et ne ménagerai pas mes efforts pour l’aider à gagner Paris.
Elle a souhaité comme moi qu’il y ait une procédure de désignation à Paris permettant d’élargir le débat au-delà des militants de l’UMP. Je pense que c’est un bon choix, qui devrait d’ailleurs se rapprocher plus de l’idée d’états généraux de l’alternance que de primaire.
La question est autant de choisir une personnalité qu’un projet. J’espère que c’est dans cet état d’esprit que sera organisée la consultation des Parisiens, qui permettra d’apporter à Nathalie Kosciusko-Morizet une dynamique.


François Fillon interviewé par le journal "Le Monde" daté du 27 février 2013 et publié le 26 février 2013.


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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 07:08

Après deux mois de retrait, François Fillon fait sa rentrée politique cette semaine. Loin de faire la même erreur que Raymond Barre en 1985, il sait qu’il a besoin de contrôler l’UMP pour arriver à ses fins.


yartiFillon2013022401Invité du journal de 20 heures sur TF1 le dimanche 24 février 2013, l’ancien Premier Ministre François Fillon a montré sa fermeté et « [sa] détermination est totale » dans sa démarche politique, celle de « construire un projet de redressement national en allant à la rencontre des Français ». Et ce projet aura trois axes : « Il faut une rénovation de notre pacte économique et social (…) ; il faut une rénovation de notre pacte européen avec une entente franco-allemande qui soit à toute épreuve ; et il faut une rénovation de notre pacte démocratique à travers une organisation du territoire qui soit simplifiée. ».


Aucun renoncement

Ne renonçant ni à la présidence de l’UMP dont la première élection directe, le 18 novembre 2012, a noyé l’UMP dans une catastrophe médiatique, ni à la candidature à l’élection présidentielle de 2017, via éventuellement une primaire en 2016, François Fillon n’a cependant pas affirmé beaucoup de choses concrètes ce dimanche soir sinon son désir de montrer qu’il existe toujours, qu’il faudra toujours compter avec lui (comprendre : qu’il faudra que son rival Jean-François Copé compte avec lui), et que son silence pendant deux mois n’était dû qu’à la nécessité de prendre du champ et d’apaiser les tensions à l’intérieur de son parti.

Même s’il n’y a aucune ambiguïté sur les intentions, les paroles de François Fillon ne sont pas aussi tranchantes et affirmatives que celles d’éventuels concurrents : « Si en l’occurrence, c’est moi qui suis à même de mieux porter [le projet], eh bien, je me lancerai dans cette aventure. En tout cas, je vais essayer de m’y préparer. ».


Le syndrome Raymond Barre ?

Avant sa prestation télévisée, François Fillon avait fait l’objet d’une dépêche de Reuters (datée de la veille) titrant : « Le syndrome Raymond Barre menacerait François Fillon ».

La dépêche reprenait en fait les propos du politologue Thomas Guénolé qui s’inquiétait de la faible combativité de François Fillon : « Dans ce contexte, s’il ne veut pas que la flamme filloniste s’éteigne ou se restreigne aux parlementaires et élus locaux qui le soutiennent, François Fillon doit cesser de n’être combatif que quand il joue défensif. (…) Il doit affirmer son ambition d’être dès maintenant le chef de la droite, donc être au plus vite candidat à la prochaine élection du président de l’UMP et sonner le rappel des troupes pour répondre au besoin culturel et traditionnel qu’ont les militants de l’UMP d’avoir un meneur charismatique. ».

Et de conclure : « S’il ne le fait pas, il sera l’équivalent pour l’UMP de feu Raymond Barre, un homme moralement et intellectuellement estimé, mais qui ne suscite pas l’envie de le suivre. ».

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Admirant l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 1988 et ne doutant pas de la haute estime que François Fillon porte pour la personnalité de Raymond Barre, j’ai eu l’impression que ce papier était plus un compliment qu’autre chose, et finalement, il n’a pas expliqué grand chose sinon faire ressurgir la mémoire de l’ancien Premier Ministre de Valéry Giscard d’Estaing. D’ailleurs, ces deux anciens Premiers Ministres partagent avec Georges Pompidou et Lionel Jospin un exercice excessivement long et épuisant des responsabilités à Matignon, environ cinq ans.

Car quel est ce fameux "syndrome de Raymond Barre" ? C’est l’illusion de se croire encore sous un régime gaullien, à savoir, que seul compterait un homme (ou une femme) et le peuple, sans intermédiaire, avec un lien puissant qui pourrait les unir et permettre à l’un de représenter l’autre pour la durée d’un mandat présidentiel.

Le problème, c’est que cette idée originelle, fondement de la monarchie républicaine depuis 1958, n’est plus vraiment valable depuis au moins trente ans et l’élection de François Mitterrand. En effet, depuis cette date, jamais un candidat n’ayant à son service l’un des grands partis gouvernementaux n’a pu gagner une élection présidentielle.


Le régime des partis

Grands partis, cela exclut évidemment les petits (comme le MoDem de François Bayrou mais aussi les micropartis de Nicolas Dupont-Aignan, de Christine Boutin, de Jean-Pierre Chevènement, de Dominique de Villepin) et gouvernementaux, ce qui exclut le Front national de Marine Le Pen, le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon (le PCF fut autrefois un parti de gouvernemental, mais petit)…

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À son service, cela peut signifier le diriger directement, ce fut le cas de François Mitterrand (entre 1971 et 1981), de Jacques Chirac (entre 1974 et 1995), de Nicolas Sarkozy (entre 2004 et 2007), ou d’avoir son parti complètement impliqué à son service, ce qui fut le cas de François Hollande qui a dirigé son parti de 1997 à 2008 (un record après Guy Mollet).

L’erreur stratégique de Raymond Barre dans sa démarche présidentielle, c’est d’avoir négligé le rôle des partis. Et il faut bien admettre qu’à droite et au centre droit, les partis sont créés surtout dans la perspective d’un candidat à l’élection présidentielle. Le RPR était totalement consacré à l’ambition de Jacques Chirac, l’UDF à celle de Valéry Giscard d’Estaing (et plus tard, le MoDem à François Bayrou etc.).


Retour à la période du barrisme triomphant

Pendant la première législature à majorité socialiste de la Ve République (1981-1986), celui qui avait été l’un des Premiers Ministres les plus impopulaires de l’histoire était devenu l’une des personnalités les plus appréciées des Français (la popularité est toujours du côté des opposants en France, à quelques exceptions près qui n’ont pas suscité malgré tout une attraction électorale : Édouard Balladur et Lionel Jospin).

Dès 1983, il était clair que Raymond Barre, dont le sérieux et la stature étaient indiscutables, serait candidat à l’élection présidentielle de 1988. Des réseaux barristes s’activaient d’ailleurs discrètement sur tout le territoire pour tenir prêtes d’éventuelles troupes même avant la date prévue (réseaux REEL sous la direction de Charles Millon).

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Le problème était qu’entre temps, il y avait des élections législatives (en mars 1986) que l’alliance UDF-RPR aurait de grandes chances de gagner et qu’il y aurait cette situation institutionnelle inédite d’un Président de la République et d’une majorité parlementaire de bords opposés (la cohabitation). Raymond Barre, partisan de l’application stricte de l’esprit gaullien, s’opposait fermement à la cohabitation, considérant qu’une défaite aux législatives désavouerait le Président de la République et que ce dernier devrait alors remettre son mandat en jeu d’une manière ou d’une autre pour rafraîchir sa légitimité.

Or, à partir de 1985, il devenait clair qu’il existait des tensions au sein même de l’UDF sur cette question essentielle : les uns souhaitant gouverner le plus tôt possible, les autres considérant que la fermeté porterait ses fruits à la présidentielle. Le problème, c’est qu’il n’existait pas de parti barriste à proprement parler et certains lui ont même proposé d’en créer pour avoir un appareil consacré à sa future campagne présidentielle. C’était d’autant plus décisif que les élections législatives avaient lieu avant et devaient donc influer sur 1988.

Minimisant l’importance des partis et confiant dans sa popularité, Raymond Barre a refusé de créer son propre parti en 1985, et a même renoncé à conquérir une UDF qui n’était d’ailleurs pas vraiment un parti mais un conglomérat de partis (essentiellement le PR de François Léotard et le CDS de Pierre Méhaignerie) qu’il n’avait même pas tenté de contrôler, lui-même ou ses proches. Il pouvait certes compter sur la fidélité du CDS mais au PR, François Léotard, lui aussi très populaire, avait toutes les raisons (médiatiques plus que politiques) pour "rouler" à son propre compte.


Ni parti ni groupe parlementaire

Concrètement, Raymond Barre a très mal négocié avec Jacques Chirac les investitures des candidats aux législatives de 1986, négociations bien plus importantes avec un scrutin proportionnel à listes départementales qu’avec un scrutin majoritaire où les partis ont moins d’influence sur l’identité des élus. À ma connaissance, Raymond Barre avait imposé l’éligibilité de seulement trois candidats : François Bayrou, Christine Boutin et Bruno Durieux (qui fut nommé en 1988 ministre d’ouverture rocardienne).

Lorsque Jacques Chirac fut nommé Premier Ministre le 20 mars 1986 pour diriger le premier gouvernement de la cohabitation, Raymond Barre a vu certains de ses proches "aller à la soupe" : Pierre Méhaignerie, Bernard Bosson, Adrien Zeller, Jean Arthuis etc. avec cette argumentation : fallait-il refuser de gouverner alors que les électeurs les avaient élus ? et cette précision : la majorité était si faible (à quelques sièges) qu’il fallait une totale solidarité au gouvernement.

Dès lors, Raymond Barre ne pouvait plus s’appuyer sur une base parlementaire homogène. Le refus, entre 1986 et 1988, de constituer un parti barriste l’a ensuite empêché de faire une campagne efficace. Début 1988, les réseaux barristes étaient systématiquement en concurrence avec les fédérations départementales de l’UDF et des partis membres, si bien que la campagne de Raymond Barre suscita avant tout une série de rivalités à enjeux purement locaux. Malgré son impopularité (comme gouvernant), Jacques Chirac n’a eu aucun mal à dépasser Raymond Barre au premier tour du 24 avril 1988 grâce à la très redoutable mécanique du RPR, rouleau compresseur du "vote utile" et de "l’union". C’est cette déplorable expérience qui a convaincu François Bayrou dès 1998 qu’il fallait transformer l’UDF en véritable parti à vocation présidentielle.


Fillon sur les traces barristes ?

Si on revient maintenant à 2013 et à la perspective de 2017, François Fillon met-il ses pas sur les traces de Raymond Barre ? C’est clair que l’élection présidentielle de 2012 a eu un petit air de 1981, par l’élection d’un socialiste (assez rare historiquement) et par l’échec après un seul mandat d’un Président élu jeune, se représentant quinquagénaire, et discrédité par une crise économique internationale majeure.

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François Fillon a semble-t-il une popularité proche de celle de Raymond Barre, celle d’un homme qui ne fait pas rêver les foules mais qui a courageusement voulu dire la vérité aux Français. François Fillon bénéficie en plus d’un complément de popularité par la simple comparaison avec Nicolas Sarkozy dont le comportement avait beaucoup agacé même dans son électorat.

En revanche, François Fillon s’est délibérément éloigné de la stratégie gaullienne de Raymond Barre en voulant prendre d’assaut l’appareil de l’UMP dès juin 2012. Jean-François Copé, qui est à la tête de l’appareil depuis novembre 2010, se voyait très bien devenir le Chirac d’après 1981, à savoir, le leader qui deviendrait incontestable au fil des années d’opposition.

Pour François Fillon, il était donc nécessaire et urgent d’éviter cette évolution-là d’autant plus que, contrairement à la rivalité entre Jacques Chirac et Raymond Barre, il paraît totalement inconcevable qu’en 2017, François Fillon et Jean-François Copé puissent être tous les deux candidats à l’élection présidentielle (ce qui s’était passé malgré tout au sein du RPR entre Jacques Chirac et Édouard Balladur en 1995).

En se présentant à la présidence de l’UMP le 18 novembre 2012, puis, lors de la crise interne, en créant son propre groupe UMP bis à l’Assemblée Nationale, réunissant plus de 70 députés fidèles, François Fillon a créé un effet de loupe sur une démarche collective et pas solitaire (Raymond Barre se plaisait à se montrer seul, extraterrestre dans le microcosme parisien).


Et l’avenir ?

La logique voudrait donc que François Fillon soit de nouveau candidat en septembre 2013 pour la présidence de l’UMP. Il sait que Jean-François Copé voudra poursuivre sa propre présidence et il sait aussi qu’il n’y aura que lui pour le battre dans une élection interne, qu’aucun élu filloniste (comme François Baroin ou Valérie Pécresse) ne serait en mesure de l’emporter sur Jean-François Copé. La seule hypothèse qui pourrait entraîner son abandon serait le cas où Jean-François Copé lui aussi renoncerait à la présidence pour nommer une direction neutre (avec un Bruno Le Maire ou une personnalité "non alignée" comme lui).

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Ne pas avoir à son service l’appareil d’un parti, c’est être sûr d’échouer à l’élection présidentielle. Ségolène Royal, qui fut choisie candidate socialiste à l’encontre de tous les éléphants du PS, a eu cette malheureuse expérience de ne pas avoir un parti loyal ni fiable et malgré sa forte popularité et l’enthousiasme qu’elle a su susciter, elle n’a pas pu gagner.

Le temps fort de sa rentrée politique sera le meeting à la Mutualité, 24 rue Saint-Victor à Paris, mardi 26 février 2013 à 18h30.

La détermination de François Fillon est, selon lui, certes totale.
Mais pour l’instant, c’est bien Jean-François Copé et pas lui qui préside l’UMP !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 février 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Fillon n’est-il qu’un collaborateur ?
François Fillon, le sauveur de l’UMP ?
François Fillon à Matignon.
François Fillon, rigueur et vérité.
François Fillon candidat à la présidence de l’UMP.
L’UMP réconciliée ?
Jean-François Copé.
Nicolas Sarkozy.
Jacques Chirac.
Raymond Barre.
Pourquoi les plus ambitieux gagnent-ils toujours ?
L’élection présidentielle.

yartiFillon2013022407
 



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-fillon-l-election-131354

 



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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 07:00

Au bout d’un mois de calvaire et de chausse-trappes, les deux candidats à la présidence de l’UMP se sont entendus pour laisser l’année 2013 en jachère.



yartiUMPH01Dans la soirée du 17 décembre 2012, François Fillon et Jean-François Copé ont trouvé un accord pour mettre fin au conflit surréaliste qui plombait l’UMP depuis le 18 novembre 2012.

Il était temps car les deux protagonistes se sont considérablement affaiblis pendant ce mois de lutte. L’un, Jean-François Copé, inspire désormais moins confiance que Marine Le Pen ; l’autre, François Fillon, moins que François Hollande pourtant lui-même encore en perte de vitesse dans les sondages.


Que dit l’accord en sept points ?

(On peut lire le texte intégral ici).

1. Qu’une nouvelle élection du président de l’UMP aura lieu avant le début de la rentrée parlementaire d’octobre 2013. Concrètement, le premier tour pourrait avoir lieu le 15 septembre 2013 et le second tour le 22 septembre 2013. La campagne aurait lieu entre juillet et septembre 2013.

2. Une haute autorité choisie par le conseil national veillera au bon déroulement de cette élection et sera indépendante de la direction de l’UMP qui ne sera pas chargée de ce scrutin.

3. En cas de candidature, l’un des dirigeants de l’UMP devra se mettre en réserve durant le temps de la campagne interne.

4. Un comité de rédaction, composé en particulier des anciens Premiers Ministres, anciens Présidents de l’Assemblée Nationale ou du Sénat et des anciens secrétaires généraux, proposera de nouveaux statuts, un nouveau règlement intérieur et les règles pour l’organisation d’une primaire pour la présidentielle de 2017.

5. Une équipe dirigeante sera installée en début janvier 2013 et sera composée d’un président, de deux vice-présidents (dont un délégué) et de deux secrétaires générales (dont une déléguée).

6. Avec la mise en place de la nouvelle direction, les deux groupes UMP à l’Assemblée Nationale seront réunifiés.

7. François Fillon renonce à toute procédure devant la justice à propos de l’élection du 18 novembre 2012. Jean-François Copé aussi.

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Premières remarques

François Fillon a réussi à faire adopter le principe d’un nouveau vote grâce à son double chantage, celui de la scission du groupe parlementaire et celui d’un éventuel recours devant la justice civile. La démonstration a été faite qu’il était capable d’aller jusqu’au bout avec la constitution du groupe R-UMP. En revanche, il était peu probable qu’il déposât une plainte au Tribunal de grande instance de Paris dans la mesure où toute réconciliation aurait alors été impensable par la suite.

Cependant, c’est l’initiative de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale Bernard Accoyer le 11 décembre 2012 qui a été le catalyseur d’un accord, alors que Jean-François Copé, voulant gagner du temps, avait pourtant décidé de remettre en janvier 2013 toute nouvelle suggestion d’accord. Cette initiative aurait été désastreuse pour l’image interne de Jean-François Copé puisqu’il était convenu que ce mardi 18 décembre 2012, les 340 parlementaires auraient décidé dans une grande majorité pour un nouveau vote avant l’été prochain. Bernard Accoyer l’a rappelé sur i-Télé : « Nous nous réjouissons que notre décision de cette rencontre de tous les parlementaires ait pu presser à la solution heureusement trouvée. ».

C’est l’ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, très discret pendant toutes ces semaines, qui a été le principal ciment entre les deux parties. Ni Alain Juppé, ni Édouard Balladur, ni Nicolas Sarkozy n’ont été capables d’arrêter la surenchère de la querelle. Jean-Pierre Raffarin peut en ressentir une petite fierté personnelle.

La date de la nouvelle élection du président de l’UMP en septembre 2013 n’a aucun sens : soit l’élection proclamée du 18 novembre 2012 était à annuler et dans ce cas, le nouveau vote aurait dû avoir lieu dès que possible (mars ou avril 2013), soit l’élection était à confirmer et dans ce cas, le mandat du président proclamé aurait dû aller jusqu’à novembre 2015. Cet accord mi-figue mi-raisin avantagera en fait l’un et pas l’autre (voir plus loin).


La suite ?

En début janvier 2013, Jean-François Copé sera donc conforté dans ses fonctions de président de l’UMP. Probablement que Luc Chatel sera le vice-président délégué, Laurent Wauquiez le vice-président, Michèle Tarabot la secrétaire générale et Valérie Pécresse la secrétaire générale déléguée. Ainsi, les deux équipes seront réunies en cogestion d’une direction provisoire pendant neuf mois avec comme but, en dehors de tenir l’opposition au gouvernement, de préparer un nouveau fonctionnement interne plus adapté à l’époque moderne.

Dès le lendemain de l’accord, Jean-François Copé s’est montré visiblement soulagé en se disant "heureux" tandis que François Fillon a annoncé qu’il prendrait sa décision d’être de nouveau candidat ou pas en juin tout en laissant entrevoir qu’il pourrait se représenter et qu’il n’abandonnerait pas ses fidèles.

La différence dans cette nouvelle élection, c’est qu’il y aura sans doute plus de deux candidats, avec des personnalités qui avaient refusé de prendre position mais qui n’avaient pas réussi à trouver assez de parrainages pour se présenter. Nul doute que des élus comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire auront forcément ces parrainages s’ils souhaitent encore devenir candidats.

Et François Fillon ? A-t-il fait une bonne "affaire" ? À mon avis, non. Soutenu par Alain Juppé, Édouard Balladur, Gérard Larcher et Bernard Accoyer dans sa volonté de faire un nouveau vote avant juin 2013, François Fillon a probablement perdu la partie. Pourquoi ? Parce qu’il a accepté le principe que Jean-François Copé reste président de l’UMP jusqu’en septembre 2013.

Ce dernier est d’ailleurs très explicite et n’hésite pas à récupérer à son profit l’accord avec une audace stupéfiante. Non seulement il a voulu souligner qu’il était à l’origine de l’accord (alors que c’était lui qui bloquait tout) mais il a montré aussi qu’il n’a jamais renoncé à sa légitimité de président de l’UMP : « C’est moi qui ai proposé une nouvelle avancée en disant à François Fillon, il faut en sortir, je propose donc d’il y ait une élection anticipée à la présidence de l’UMP dès la fin de l’été » pour finir par assurer : « Les militants voulaient que ça s’apaise, voulaient qu’on retrouve le chemin du collectif, et le rôle du président de l’UMP que je suis était de dire OK, d’accord, il y a besoin de retrouver ce chemin, je prends mes responsabilités, je propose une élection anticipée en septembre. ».

Comme on le voit, Jean-François Copé n’a lâché sur rien, et compte bien mettre à profit ces neuf prochains mois comme président non contesté de l’UMP pour asseoir tant dans les esprits et auprès des médias que dans les faits l’idée qu’il est le seul chef de l’opposition. L’existence politique de François Fillon sera donc plus fragile à assurer. Il sera d’ailleurs intéressant d’observer si les deux leaders reprendront la surenchère de radicalisation comme l’été 2012 ou si au contraire, Jean-François Copé étant suffisamment avisé, ce dernier se garderait d’en rajouter sur les pains au chocolat et autres scories du discours de droite décomplexée.


L’UMP de 2012, comme le PS du 2007 ?

L’épisode de novembre-décembre 2012 aura donc été pour l’UMP aussi dévastateur que celui du congrès de Reims en novembre 2008. Pourtant, l’UMP avait décidé de se mettre en ordre de bataille dès sa défaite électorale du printemps, sans attendre, au contraire du PS où son premier secrétaire de l’époque, François Hollande, avait tout fait pour prolonger son mandat d’un an et demi afin d’éviter le choc friontal des présidentiables (à l’époque, surtout Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal).

Finalement, l’UMP choisira sa direction définitive seulement au même moment, en automne 2013. Elle organisera également une primaire en 2016, comme le PS en 2011. La question concernant l’identité du futur candidat UMP à l’élection présidentielle de 2017 est cependant moins indéterminée qu’au PS de 2007. Il est clair qu’il ne reste que deux candidats vraiment crédibles et capables de gagner en 2017 face au Président sortant, Jean-François Copé et François Fillon. Les autres candidats susceptibles d’être crédibles (dont Xavier Bertrand) auront bien du mal, pendant seulement quatre années et dans l’opposition (donc sans aucune capacité d’agir) à prendre de l’envergure. Et même un retour de Nicolas Sarkozy paraît improbable, lui qui a montré qu’il n’avait même plus d’autorité sur son ancien parti (comme François Mitterrand au congrès de Rennes en 1990). Valéry Giscard d’Estaing non plus n’a jamais réussi à revenir dans la course présidentielle après 1981, et ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait.

Jean-François Copé peut savourer son accord.
François Fillon vient de lui faire un très beau cadeau de Noël…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 décembre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’accord Copé-Fillon du 17 décembre 2012 (texte intégral).
Jacques Chirac.
Nicolas Sarkozy.
François Fillon.
Jean-François Copé.
La désarkozysation de l’UMP.
Fillon vs Copé.
Le scénario catastrophe.
Un sérieux rival pour l’UMP ?

yartiUMPH03



 
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/ump-la-fin-du-desastre-vertigineux-127745

 

 

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 21:08

(verbatim)

L'accord en 7 points entre François Fillon et Jean-François Copé du 17 décembre 2012 (texte intégral)


« Jean-François Copé et François Fillon, souhaitant mettre un terme à la crise que connait l'UMP suite à l'élection de son équipe dirigeante du 18 novembre dernier, ont convenu de mettre en œuvre l'accord qui suit.

Outre la sortie de crise, cet accord vise également à jeter les bases d'une profonde réforme des statuts et du règlement intérieur de l'UMP, dont chacun convient que la rédaction doit être rénovée et modernisée. Cet accord constitue également la base nécessaire à la rédaction de règles visant à l'organisation de primaires permettant la désignation de la candidate ou du candidat de notre formation politique à l'élection présidentielle. François Fillon et Jean-François Copé conviennent que cet accord ne rend plus nécessaire l'initiative visant à consulter les parlementaires sur la sortie de crise.

1/ Une nouvelle élection à la direction de l'UMP aura lieu au plus tard avant la reprise de la session parlementaire ordinaire d'octobre 2013 et sera précédée d'une campagne électorale, qui devra se dérouler dans l'intersession.

2/ Une haute autorité sera chargée de veiller à la stricte égalité des moyens alloués par le parti entre les candidats, dirigera et organisera seule tout le processus électoral sans interférence possible de la direction, de son cabinet ou des services de l'UMP. Les conditions d'organisation matérielle d'une nouvelle élection (pas de procuration, mode d'élection, parrainages, etc.) devront faire l'objet d'un accord qui sera soumis à un Conseil national.

3/ Le Président de l'UMP et tout membre de l'équipe dirigeante, s'ils sont candidats à cette élection, devront se placer en réserve dès le début de la campagne électorale. Le président de l'UMP expédiera les affaires courantes sans intervenir dans le processus électoral. Les salariés de l'UMP devront respecter la même période de réserve.

4/ Il sera constitué un comité de rédaction des statuts qui sollicitera toutes les sensibilités et les mouvements pour proposer la réforme des statuts et du règlement intérieur, ainsi que la rédaction des règles liées à l'organisation des primaires pour la présidentielle.

Ce comité sera composé notamment des anciens premiers ministres du mouvement et des partis fondateurs, des anciens présidents des assemblées parlementaires et des anciens secrétaires généraux, membres du mouvement.

Sur ce dernier point il doit être acquis que le président de l'UMP, ou tout membre de l'équipe dirigeante, s'il décidait d'être candidat aux primaires, devrait se mettre en congés de ses fonctions. Les nouveaux statuts devront préciser les conditions de son remplacement.

5/ Une équipe dirigeante sera constituée. Elle comportera notamment, en plus du Vice-président délégué et de la Secrétaire générale, un Vice-président et une Secrétaire générale déléguée. Le reste de l'équipe dirigeante devra tenir compte de toutes les sensibilités et motions.

6/ L'équipe dirigeante ainsi constituée sera officiellement installée dans la première quinzaine de janvier et entrainera simultanément la réunification des groupes UMP à l'Assemblée nationale

7/ Cet accord vaut engagement réciproque, pour le présent et pour le futur, de renonciation à toute procédure contentieuse interne et devant la justice concernant les élections du 18 novembre 2012. »


 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:07

Né le 15 janvier 1919 à Lyon, Maurice Herzog fut diplômé HEC et résistant dans les Alpes comme Roger Frison-Roche. Durant la campagne des Alpes (hiver 1944-1945), il était capitaine de la 2e compagnie du 27e bataillon de chasseurs alpins, au sein de la 5e demi-brigade de chasseurs alpins. Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignaient les premiers le sommet de l'Annapurna, un sommet himalayen de plus de 8000 mètres. Pilote d'avion et gaulliste ayant toujours eu la confiance de De Gaulle, Maurice Herzog fut membre du gouvernement chargé de la Jeunesse et des Sports de 1958 à 1965 où il développa les MJC et les bases de loisirs en plein air. Député de 1962 à 1963 et de 1967 à 1978 et maire de Chamonix de 1968 à 1977, il fut également président du Tunnel du Mont-Blanc.

SR

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:50

François Fillon est officiellement président d'un nouveau groupe à l'Assemblée Nationale, faisant dissidence au groupe UMP dont ses membres sont originaires.

Les 68 membres du groupe sont, par ordre alphabétique : François Baroin, Jacques-Alain Bénisti, Bernard Brochand, Dominique Bussereau, Jérôme Chartier, Guillaume Chevrollier, Jean-Louis Christ, Dino Cinieri, Éric Ciotti, Jean-Michel Couve, Bernard Debré, Rémi Delatte, Dominique Dord, Marianne Dubois, Christian Estrosi, François Fillon, Hervé Gaymard, Annie Genevard, Guy Geoffroy, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Giran, Philippe Goujon, Claude Greff, Anne Grommerch, Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Françoise Guégot, Jean-Claude Guibal, Jean-Jacques Guillet, Michel Heinrich, Patrick Hetzel, Philippe Houillon, Charles de La Verpillière, Jean-François Lamour, Thierry Lazaro, Isabelle Le Callennec, Dominique Le Mèner, Alain Leboeuf, Pierre Lellouche, Jean Leonetti, Céleste Lett, Geneviève Levy, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Alain Marc, Alain Marleix, Philippe-Armand Martin, Jean-Claude Mathis, Jean-Claude Mignon, Patrick Ollier, Valérie Pécresse, Michel Piron, Bérengère Poletti, Christophe Priou, Frédéric Reiss, Arnaud Robinet, Camille de Rocca Serra, Sophie Rohfritsch, Paul Salen, Michel Sordi, Lionel Tardy, François Vannson, Jean-Sébastien Vialatte, Jean-Pierre Vigier, Laurent Wauquiez et Éric Woerth.

Apparenté : Claude Sturni.

SR



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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:34

Réunis ce mardi 27 novembre 2012, cent vingt parlementaires UMP soutenant François Fillon ont décidé de créer un groupe indépendant appelé Rassemblement-UMP en attendant d'être écouté par le camp Copé. Leur objectif est de refaire un vote dans les trois mois sous le contrôle d'une commission réellement indépendante. C'est aussi la condition pour arrêter la plainte judiciaire. Contrairement à ce qui se disait, le camp Fillon est donc soudé et ferme contre ce qu'il considère comme un coup de force de Jean-François Copé sur l'UMP. 74 députés ont pour l'instant signé la déclaration de ce nouveau groupe.

SR

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:30

La commission national de recours que François Fillon ne reconnaît pas comme instance légitime a annoncé ce lundi 26 novembre 2012 à 17h15 que Jean-François Copé a été élu président de l'UMP avec 86 911 voix contre 95 959 voix pour François Fillon. Il a annulé le résultat de trois bureaux de votes (deux à Nice et un en Nouvelle-Calédonie).

Cliquer sur le lien pour télécharger (en format .pdf) le procès-verbal officiel de cette instance :
http://www.u-m-p.org/sites/default/files/fichiers_joints/articles/2012-11-26_-_ump_-_cnr_-_deliberation.pdf


(Dans ce document se trouve la liste des recours pour les deux camps).

 


Sur la copéisation de l'UMP :
http://0z.fr/mQX48


SR

 

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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