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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 00:16

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Interview de François Fillon le 19 avril 2017 au journal "Le Parisien"

FACE AUX ELECTEURS. A quatre jours du premier tour dimanche, François Fillon répond aux questions des lecteurs du Parisien/Aujourd’hui en France.

La campagne : « L’une des motivations qui m’animent, c’est le remords »

MOHAMED MAHI. Vous proposez beaucoup de choses. Mais vous auriez pu les faire lorsque vous étiez Premier ministre !

François Fillon. Vous n’avez pas totalement tort. L’une des motivations qui m’animent, c’est le remords. Celui d’une génération qui n’a pas eu le courage d’aller au bout d’une logique de réforme et qui s’est contentée d’améliorer les choses à la marge. En 2007, avec Nicolas Sarkozy, on a respecté notre programme, mais il n’était pas assez ambitieuxl, il n’y avait pas la suppression des 35 heures. Et puis, on s’est pris une terrible crise financière…

Mais pourquoi feriez-vous plus aujourd’hui ?

D’abord, à l’époque, le patron c’était Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, c’est à vous de choisir parmi la masse de candidats. Vous avez des choix révolutionnaires, ceux de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, de la continuité avec M. Macron et de l’alternance… le mien.

ÉLODIE DALLOCCHIO. François Bayrou a apporté son soutien à Emmanuel Macron, en demandant une loi sur la moralisation de la vie publique. Comment comptez-vous restaurer ce lien de confiance avec les Français ?

Il y a beaucoup d’hommes politiques qui font le concours Lépine de la meilleure proposition en matière de transparence. Moi, l’une des premières choses que je ferai si je suis élu, c’est de demander aux trois premiers magistrats français — le premier président de la Cour des comptes, le vice-président du Conseil d’Etat et le procureur général près la Cour de cassation — de faire des propositions en matière de lutte pour la transparence pour aboutir à une grande loi. Soit le Parlement la votera, soit je la soumettrai à un référendum.

VINCENT HIARD. On a l’impression dans cette campagne que les Républicains et le PS cherchent à entretenir le clivage droite-gauche. Mais il y a de bonnes idées à droite, comme à gauche. Et Macron l’a d’ailleurs bien compris…

Il y a des marqueurs de droite et de gauche qui perdurent. Si demain il n’y avait plus d’alternances, la démocratie finirait par disparaître. Dans l’état où se trouve la société française, je pense qu’il n’y aurait rien de pire qu’une forme de coalition droite-gauche qui générerait en face d’elle une seule opposition : l’extrême droite.

Mais quand vous étiez Premier ministre, il y a eu des gens de gauche dans votre gouvernement !

Honnêtement, je n’étais pas contre… mais ça n’a pas été une réussite. Quand on prend une personnalité de gauche dans un gouvernement de droite, ou l’inverse, elle est démonétisée au moment où elle accepte la mission. C’est pour cela que je suis plus favorable à l’ouverture à des personnalités de la société civile.

VIVIANE AUBRY. Si vous êtes qualifié au second tour, quel sera votre adversaire préféré ?

Celui que les Français me donneront. Je ne choisis pas. La seule chose que je constate, c’est que, si c’est le FN, ce sera le signe que le pays ne va pas bien.

Et la montée de Mélenchon ? Vous y croyez ?

C’est surtout le signe que la gauche est explosée en mille morceaux et qu’elle cherche à se raccrocher derrière quelqu’un qui a certes du talent, de la culture, qui est un vrai tribun, mais ses supporteurs seront peut-être moins nombreux à voter pour lui une fois qu’ils auront vu ses propositions.

Les affaires : « Je suis magnanime mais… »

Sylvain Carrière. Peut-on vous faire confiance pour mener des réformes qui peuvent difficilement être acceptées par les citoyens, compte tenu de votre image écornée par les affaires ?

Je comprends que vous me posiez cette question. Je considère que depuis deux mois et demi j’ai été accusé à tort d’emplois fictifs. Tout est faux ! Si cette accusation avait été juste, la justice, qui a été extrêmement rapide à mon égard, aurait déjà rendu son jugement. L’ensemble du système médiatique n’a fait preuve d’aucune réserve à mon égard, en m’attaquant matin, midi et soir, et en relayant n’importe quelle rumeur. Comme celles que j’ai encore entendues ces derniers jours…

Lesquelles ?

En ce moment, il y a des journalistes qui enquêtent chez moi, dans la Sarthe. J’aurais par exemple une Ferrari cachée dans une grange, j’aurais fait payer le repas d’enterrement de ma mère par de grandes entreprises, je serais intervenu auprès d’un recteur d’académie pour faire augmenter la note de mon fils au baccalauréat et ma femme aurait travaillé dans un cabinet ministériel il y a quarante ans… Tout cela est faux. Et cela va trop loin.

Mais pourquoi n’avoir pas réagi tout de suite, quand l’affaire est sortie, pour éteindre l’incendie ?

Parce qu’on n’est pas préparé à ça. Surtout à partir du moment où la justice s’empare du sujet une heure après la publication d’un article… Mais tout est allé tellement loin, que cela va conduire un certain nombre de Français à voter pour moi et à faire en sorte que je sois au second tour de l’élection présidentielle. J’en suis persuadé.

Allez-vous porter plainte contre ces gens ?

Je ferai tous les recours nécessaires pour dénoncer ce qui s’est passé. Mais je le ferai une fois que la campagne sera passée. Et si je suis élu président de la République, je demanderai une réforme sur la protection du secret de l’instruction. Que des agents de l’Etat violent la loi en permanence de cette façon, c’est insupportable.

Michel Chailloux. Depuis les révélations du « Canard enchaîné », des personnalités vous ont quitté. Que pensez-vous de leur attitude pendant la tempête ?

Je peux les comprendre. Le choc a été tellement violent. Moi-même, je me suis posé la question : est-ce que je devais continuer vu le contexte ? Je suis resté, car j’avais quand même aussi beaucoup de soutiens autour de moi. Mais je suis magnanime, je n’en veux à personne. Mon objectif sera même de ramener tout le monde si je suis élu. Ce qui ne veut pas dire que je n’aurai pas un petit jugement personnel sur certains comportements…

L’économie : « Le quasi-plein-emploi en cinq ou six ans »

Charlène Kalala. Vous prônez la suppression des 35 heures. Est-ce que cela n’ouvre pas la porte aux abus de la part des entreprises ?

On est le seul pays au monde à avoir les 35 heures, ce qui explique pour une part la faiblesse de notre croissance et l’ampleur du chômage. Il y avait deux solutions : repasser aux 39 heures ou alors laisser une liberté de négociation aux entreprises et aux salariés. J’ai préféré cette seconde option. Pour modifier les horaires de travail, il faudra que la majorité des syndicats ou que la majorité des salariés de l’entreprise soient d’accord. Personne ne pourra faire n’importe quoi. C’est très important d’introduire cette liberté pour permettre aux entreprises de s’adapter. Pourquoi tout le monde devrait travailler 35 heures ? Il y a des métiers qui sont plus difficiles que d’autres, des situations économiques différentes. Chez tous les grands pays voisins, comme l’Allemagne, il n’y a pas d’horaire légal de travail.

Sylvain Carrière. Etes-vous favorable à une plus grande flexibilité des contrats de travail ?

La flexibilité, c’est d’avoir des contrats de travail plus souples. Je propose de plafonner, par la loi, les indemnités de licenciement. Ces indemnités peuvent être élevées — mais il faut qu’elles soient connues à l’avance. Qu’elles ne soient pas laissées à la décision d’un juge, ce qui fait peser sur l’avenir de l’entreprise une grande incertitude. Ensuite, je suis pour la reconnaissance de « contrats de mission » qui puissent durer un, deux ou trois ans. Enfin, je suis favorable à un statut de travailleur indépendant. Je pense qu’il va y avoir de plus en plus de gens qui vont se mettre à leur compte. C’est le phénomène d’ubérisation. Sans contrôle, ce sera la foire d’empoigne. Il y a une autre solution proposée par notre Prix Nobel d’économie, Jean Tirole, qui est un contrat unique pour tout le monde mais qui fera varier le niveau de protection avec l’ancienneté. Un jeune aurait ainsi un contrat beaucoup plus précaire qu’une personne qui a de l’ancienneté. Je n’ai pas retenu cette idée dans mon programme, mais elle est sur la table.

Mais quels seraient les avantages pour les salariés avec un contrat plus flexible ?

Lorsqu’on est en plein-emploi comme nos amis allemands, les salariés sont en position de force. Mais ce n’est pas notre cas. Nos entreprises peuvent sélectionner leurs salariés. La clé de notre redressement, c’est la lutte contre le chômage. Je pense que passer de 10 % de chômage à 4 ou 5 %, ce qui est un quasi-plein-emploi, est possible en cinq ou six ans. C’est long. Donc, je propose de baisser immédiatement les cotisations sociales payées par les salariés ce qui fait augmenter le salaire direct. Je financerai cette baisse par une hausse de 2 points de la TVA.

Viviane Aubry. Emmanuel Macron souhaite que les salariés qui démissionnent bénéficient des indemnités chômage au même titre qu’une personne licenciée. Qu’en pensez-vous ?

Je ne comprends pas cette proposition. Les cotisations chômage des salariés et des employeurs sont destinées à indemniser le chômage, c’est-à-dire un accident de parcours. Là, il s’agirait d’indemniser les salariés qui décident de quitter leur travail au bout de cinq ans ! L’assurance chômage est en déficit de 10 Mds€. Et M. Macron nous explique qu’il veut réduire ce déficit sans proposer le début d’une mesure pour le faire, comme par exemple la réduction de la durée d’indemnisation ou la hausse des cotisations. Ce n’est pas en creusant le déficit qu’on va sortir des difficultés. Si je suis élu, je demanderai aux partenaires sociaux — qui continueront de gérer l’assurance chômage contrairement à ce que propose M. Macron qui veut la nationaliser — de négocier, mais je poserais une exigence : arriver à l’équilibre des comptes sinon le système va exploser.

Mohamed Mahi. Quelle serait votre première mesure pour éviter les délocalisations ?

Baisser, comme on ne l’a jamais fait, les charges et les impôts qui pèsent sur les entreprises. Je diminuerai de 40 Mds€ les charges qui pèsent sur le travail. Je supprimerai le CICE que je transformerai en baisse de charges. Et je veux que tous les niveaux de salaire soient concernés. Soit une baisse du coût du travail de 10 %. Deuxième chose, je veux que l’on puisse investir en France. Or notre fiscalité est deux fois plus importante que chez beaucoup de nos voisins. Certains disent : « Il faut faire payer les riches. » Moyennant quoi, ils n’investissent plus en France. Je veux aussi que l’on puisse déduire de ses revenus les sommes investies dans les PME afin que les Français deviennent actionnaires de leur activité. Enfin, je veux développer et améliorer la formation, notamment des jeunes.

Le voile, la laïcité : « Une prise de pouvoir des intégristes au sein de la religion musulmane »

Charlène Kalala. La femme n’est-elle pas libre de son corps ? Pourquoi vouloir faire une loi anti-burkini ?

FRANÇOIS FILLON. Je n’ai jamais proposé de loi anti-burkini ! Je fais partie au contraire de ceux qui disent qu’il ne faut pas légiférer sur ces questions. Mais ne nous y trompons pas : le burkini, c’est une provocation, une manière pour les intégristes de prendre le pouvoir au sein de la religion musulmane. Il y a trente ans, il y avait autant de musulmans en France et pratiquement pas de femmes voilées dans les rues. Pourquoi tout d’un coup autant de signes de repli sur soi ? Je souhaite que l’on combatte, avec les musulmans eux-mêmes, la montée de cet intégrisme. Je propose simplement l’instauration d’un dialogue entre l’Etat et la religion musulmane. Comme il y en eut un autrefois entre l’Etat et la religion catholique. Il faut que les musulmans acceptent les mêmes règles que les autres religions.

A l’université, il ne faut pas interdire le port du voile ?

C’est aux conseils d’administration des universités de décider de leur règlement intérieur. D’abord parce que les universités sont des lieux de liberté depuis le Moyen Age : la police n’a pas le droit d’intervenir dans les campus universitaires. Si on décidait d’une loi sur le port du voile à l’université, qui la ferait appliquer ? Personne. Je propose donc que chaque conseil d’administration décide. De manière générale, je propose que chaque adulte soit libre de s’habiller comme il veut. Mais la société française ne peut pas accepter de discrimination envers les femmes. Quand des femmes ne peuvent pas aller dans un café parce qu’elles n’y sont pas les bienvenues, que des médecins hommes ne peuvent pas soigner des femmes, on se dit qu’on est en train de reculer sur des questions fondamentales. Mais cela se combat par le dialogue.
Les retraites : « Un seul système pour tout le monde »

Charlène Kalala. Vous proposez d’augmenter l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Mais vous-même vous vous présentez à la présidence de la République à 62 ans…

Non, 63 ans ! Que suggérez-vous ? De le mettre encore plus tard ? Ce n’est pas par plaisir que je propose 65 ans. Nous sommes un des seuls grands pays d’Europe à ne pas avoir l’âge de départ à 65 ans. Pouvons-nous rester tout seuls avec les 35 heures et la retraite à 62 ans ? Non. Ou alors on va continuer à s’appauvrir, on aura de plus en plus de mal à payer les retraites avec de moins en moins d’actifs pour cotiser. Ce n’est pas très populaire de proposer cela mais c’est réaliste.

Pour combien d’annuités ?

Pour l’instant, on est à 42,5. Il est plus efficace de passer à 65 ans que d’augmenter le nombre d’annuités. Cela représente près de 20 Mds€ d’économies par rapport au déficit actuel. Et je propose d’augmenter toutes les retraites inférieures à 1 000 € ainsi que les petites pensions de réversion. Les retraites, ce n’est pas un système très sophistiqué, c’est une boîte dans laquelle on met les cotisations pour payer les prestations. Donc, s’il y a moins de cotisations, il y a moins d’argent pour payer les retraites.

Mohamed Mahi. Pourquoi ne pas faire une seule caisse de retraite, pour le privé comme pour les fonctionnaires ?

On a commencé à le faire en 2003, avec les 40 annuités pour les fonctionnaires alors qu’ils étaient à 37,5. Il y a donc eu un effort de fait sur les régimes spéciaux mais pas suffisant. Je suis favorable à un seul système de retraite pour tout le monde. Pour être sûr d’y arriver, si besoin, je proposerai d’inscrire dans la Constitution le principe d’égalité des régimes sociaux.

Et vous-même, à quel âge la retraite ?

Chacun est libre de voter pour quelqu’un de plus jeune ! Mais ce serait compliqué dans une société qui vieillit d’avoir toute une partie de la population non représentée. Le renouvellement de la politique ne passe pas par des règles et des lois, mais par les choix des électeurs. Quand on regarde ceux qui ont compté dans la vie politique française, on se serait privés de beaucoup de talents, comme le général de Gaulle.

Le fait de ne vouloir exercer qu’un seul mandat présidentiel ne va pas dans ce sens…

C’est autre chose. Je pense que la situation du pays est très difficile, et le président de la République doit jeter toutes ses forces dans la bataille pour réussir le changement. Car cela va générer des oppositions, or j’ai bien vu dans le passé que le désir d’être réélu conduit à ne pas prendre les décisions courageuses dont on a besoin. C’est pour cela que je ne suis candidat que pour un mandat.

La santé : « Laisser une réelle liberté aux médecins »

Élodie Dallocchio. La désertification médicale compromet l’égalité. Comment faire pour que tous les Français puissent avoir accès à la même qualité de soins ?

La question de la désertification est fondamentale. Avec l’éducation, l’offre de santé est la clé du développement des territoires ruraux et périurbains. Ma première proposition, c’est d’augmenter le numerus clausus dans les régions où il n’y a pas assez de médecins. Tout simplement parce que beaucoup de jeunes font leurs études dans une région et s’y établissent par la suite. La seconde est de faciliter l’association des médecins dans les maisons de santé. Une très belle idée gâchée par l’administration qui a voulu multiplier les normes et les contraintes : les médecins jugent désormais que les coûts des maisons de santé sont trop élevés et ils ne s’y installent pas. Il faut laisser une réelle liberté aux médecins. La troisième proposition, c’est une plus grande complémentarité entre les professions de santé. Des infirmières pourraient très bien faire certains actes réservés aux médecins, idem pour les pharmaciens ou les kinés. Enfin, il faut sans doute évoquer la question des incitations financières. Si des médecins acceptent d’aller dans des territoires désertifiés, on doit pouvoir mieux les payer.

Mohamed Mahi. Que comptez-vous faire pour les remboursements de la Sécurité sociale ? Et quid des mutuelles, qui sont de plus en plus chères ?

Je veux une meilleure répartition des rôles entre les mutuelles et la Sécurité sociale. Je vais créer une agence qui regroupera l’Etat, les représentants de la Sécu, des mutuelles et des professions médicales. Cette agence sera chargée de répartir les remboursements entre les organismes, de surveiller les coûts de fonctionnement des mutuelles afin d’arriver à un remboursement de 100% sur les dépenses de santé les plus onéreuses : l’optique, les prothèses dentaires, auditives et les dépassements d’honoraires. On peut y parvenir sans augmenter les cotisations en faisant des efforts de gestion.

Vous avez donc changé votre programme ?

Non, il était juste mal exprimé.


François Fillon, le 19 avril 2017.

Source : www.fillon2017.fr

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:17

« Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire (…). Nous sommes le pays des prix Nobel et des médailles Field, le pays des satellites et de la chirurgie cardiaque (…). Le monde nous connaît par la puissance de notre esprit, la grandeur de nos réalisations, une littérature incomparable. Nous avons triomphé des guerres, des défaites, des occupations. Nous sommes toujours là, toujours debout (…), et parmi les cinq premières nations du monde depuis plus de mille ans. Et l’on voudrait nous faire croire que notre place est au bord du chemin, à regarder mélancoliquement les réussites des autres ? » (François Fillon, le 9 avril 2017 à Paris).


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L’incertitude demeure à quelques jours du premier tour. Les sondages ont beau sonder tous les jours, avec les erreurs calculées, personne ne peut vraiment donner l’ordre d’arrivée des quatre premiers candidats à l’élection présidentielle : deux en tête mais dont les intentions de vote décroissent, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et deux en retard, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, mais dont les intentions de vote remontent ? Lesquels arriveront au second tour ? Les médias vacillent parce qu’ils ont peur qu’on leur reproche leur mauvais pronostic.

Quatre candidats et s’ils sont tous les quatre très différents, on pourrait les classer deux à deux : nouveaux candidats (Macron, Fillon) ; anciens candidats (Mélenchon, Marine Le Pen), déjà présents en 2012. Clivage plus important : voulant donner les meilleurs atouts à la France pour concourir à la mondialisation (Macron, Fillon) ; voulant sortir de tous les partenariats internationaux et en premier lieu, l’Europe (Marine Le Pen, Mélenchon). Ou encore : voulant plus d’autorité de l’État (Marine Le Pen, Fillon) ; prônant moins d'exigence dans le régalien, justice, police (Macron, Mélenchon).

En reprenant les onze candidats, on peut aussi "classer" les candidats par expérience ministérielle. Trois seulement en ont une : François Fillon qui a un CV qui dépasse en densité tous ses concurrents, Benoît Hamon dont les vingt-sept de fonction ministérielle n’ont pas abouti à grand chose, Jean-Luc Mélenchon, deux ans obscur sous-ministre, et Emmanuel Macron, deux ans à Bercy, et de son passage, il est resté une petite loi qui se voulait ambitieuse économiquement et dont il ne reste plus que les …"cars Macron".

Avant de gérer la France, c’est bien d’apprendre à gérer une collectivité territoriale, et là, c’est toujours le désert dans l’offre électorale. À part François Fillon qui a dirigé tous les types de collectivités territoriales (commune, intercommunalité, département, région, État à Matignon), ce qui n’a engendré aucune contestation sur sa manière de gérer, seuls Nicolas Dupont-Aignan a l’expérience d’une gestion municipale à Yerres, et Jean Lassalle dans une commune rurale. Aucun autre candidat n’a été à la tête d’un budget public, ne serait-ce d’une petite commune !

La logique politique voudrait donc qu’au second tour s’affrontent deux logiques politiques, et le chômage étant l’urgence prioritaire, le clivage devrait être en premier lieu économique. Si bien qu’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ou encore Emmanuel Macron à François Fillon n’aurait pas beaucoup de sens démocratique car, dans ces deux cas, une moitié des électeurs ne se sentirait plus représentée au second tour.

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Comme tout est possible, les sondages vont naturellement influencer les électeurs. C’est la logique du vote utile : on ne voterait pas complètement pour ses idées mais pour celui des candidats qui, sans être son préféré, serait le meilleur, selon soi, parmi ceux qui pourraient gagner l’élection. C’est assez tortueux car les sondages évoluent.

Ainsi, Benoît Hamon pouvait dire il y a deux mois aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon que c’était utile de voter pour lui car il était largement au-dessus du candidat de la France insoumise dans les sondages. Cette logique s’inverse maintenant que le rapport s’est inversé.

De même, Marine Le Pen étant donnée battue au second tour dans tous les cas de figure (ce qui ne signifie rien de la réalité électorale, j’insiste), ses électeurs pourraient imaginer voter pour un autre candidat proche de leurs idées capables de gagner le second tour, par exemple François Fillon pour les plus régaliens, ou encore Jean-Luc Mélenchon pour ceux qui veulent, au contraire, tout bousculer.

Quant à Emmanuel Macron, le favori, gagnant dans tous les cas de figure du second tour selon les sondages, il pourrait avoir des difficultés à être présent à ce second tour et des électeurs de François Fillon pourraient être tentés de voter Emmanuel Macron au premier tour pour éviter un second tour Jean-Luc Mélenchon vs Marine Le Pen.

Toutes ces considérations de billard à deux ou trois bandes sont tortueuses et ne sont issues que de l’évolution des sondages. Or, ces sondages évoluent aussi en raison de ces considérations. Le chat qui se mord la queue. Il faut se rappeler par exemple que le débat présidentiel du premier tour en 1995 s’était installé sur la rivalité entre Édouard Balladur (le grand favori) et Jacques Chirac, et finalement, ce fut Lionel Jospin qui arriva en tête du premier tour.

Le mieux pour les électeurs est donc de voter selon leurs idées politiques, leurs convictions, plutôt que selon une douteuse tactique électorale.

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Je m’arrête sur le choix du réalisme économique. La mondialisation n'est pas une idéologie, c'est une réalité. Deux candidats proposent des réformes en prenant comme base de départ cette réalité économique de la France plongée dans la mondialisation : Emmanuel Macron et François Fillon. Si l’un des deux se retrouve au second tour sans l’autre, il aura besoin des électeurs de l’autre, c’est évident.

Cela signifie que la rivalité fait rage entre ces deux candidats pour être celui qui sera présent au second tour, mais il faut que cette lutte ne soit pas trop définitive pour permettre le rassemblement au second tour. Du côté des électeurs d’Emmanuel Macron, cela ne semble pas trop poser de problème de se reporter éventuellement sur un vote Fillon au second tour. L’inverse est moins vrai : selon certains sondages, seulement un gros tiers des électeurs se reporterait au second vers le vote Macron, tandis qu’un autre tiers s’abstiendrait et un autre petit tiers voterait pour Marine Le Pen.

Le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il dit tout et son contraire à longueurs de meetings et d’interventions médiatiques, dans le plus grand style de son mentor François Hollande qui n’a pas osé se représenter. Il a même nommé un proche de la mouvance islamiste comme responsable de son parti dans le Val d’Oise, qu’il s’est empressé d’éloigner lorsque cela s’est su, mais sans vraiment donner sa position réelle sur le communautarisme islamique. Pourquoi ? Parce qu’il cherche à préserver l’ambiguïté le plus longtemps possible pour s’attirer les voix des contraires.

Le problème, c’est qu’une telle attitude ne fera pas une majorité à l’Assemblée Nationale. Aucun des soutiens dits de droite d’Emmanuel Macron ne va avoir une influence aux élections législatives, car Les Républicains et l’UDI ont signé le 14 mars 2017 une alliance électorale et leur cohésion est totale aux législatives (certains disent même que François Baroin tablerait sur une cohabitation entre Emmanuel Macron à l’Élysée et une majorité LR au parlement qui le propulserait à Matignon).

En dehors de François Bayrou qui aurait peut-être un petit groupe de députés indépendants, dans le cas d’une élection d’Emmanuel Macron, ceux qui auraient une influence aux élections législatives, ce seraient les soutiens des élus du PS et du PRG, et donc, essentiellement, des éléphants hollandistes : Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, etc. Rien à voir avec le ni droite ni gauche répété à l’envi par Emmanuel Macron. Ce serait une majorité typiquement "hollandiste", ce qui est assez paradoxal quand on connaît l’extrême impopularité du quinquennat de François Hollande.

Les mesures que propose Emmanuel Macron sont souvent des demi-mesures. Il ne réduit que de 10 milliards d’euros les dépenses publiques, ce qui ne supprimerait pas le déficit public. Le thème de l’endettement était pourtant très cher à François Bayrou, mais c’est sûr qu’il ne fait pas rêver. Emmanuel Macron préfère surfer sur une certaine démagogie, la seule mesure innovante qu’il propose d’ailleurs, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, ce qui non seulement supprimerait toute autonomie aux communes (qui sont aujourd’hui libres de fixer leur politique fiscale) mais également réduirait nécessairement leurs recettes.

François Fillon, lui, propose le plein emploi. C’est le seul candidat qui le propose. Au contraire d’un candidat qui propose le "plus d’emploi du tout", Benoît Hamon, au point de proposer un revenu de substitution, le revenu universel. C’est certes osé, d’imaginer que tout n’a pas été fait pour enrayer le chômage, contrairement à la fameuse formule de François Mitterrand, gourou du ni-ni. Pourtant, le programme de François Fillon s’est attaqué à tous les freins à l’emploi.

Son programme est-il anti-social comme ses adversaires l’affirment ? François Fillon a répondu notamment à Marseille le 11 avril 2017 : « Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ? Avec 6 millions de François qui pointent à Pôle Emploi, 2 200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social ! ».

Et d’énumérer ce qui pourrait renverser la tendance : « Moi, je me bats pour une France productiviste, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, ce faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis. Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et sur celles de nos enfants. » (11 avril).

Sur le plan extérieur, François Fillon a compris que la puissance économique était un paramètre de souveraineté nationale et d’influence internationale : « Le désendettement est la condition d’un État fort, respecté, maître de son destin. C’est un enjeu politique, parce qu’à travers la dette, c’est la souveraineté de la nation qui est en cause. C’est un enjeu moral, parce que ce fardeau, nous le faisons peser sur les générations futures. C’est un enjeu social, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière. » (9 avril 2017).

La situation internationale est très tendue. Après avoir bombardé la Syrie, Donald Trump est en train de menacer la Corée du Nord qui refuse d’être sous contrôle de la Chine et veut poursuivre son ostentation nucléaire. La Turquie se radicalise (référendum organisé le 16 avril 2017), les attentats islamistes se multiplient (en Suède, en Russie, en Allemagne, en Égypte, etc.), le monde est dangereux et difficile. Garder ses nerfs, savoir raison garder avec la dissuasion nucléaire sont des qualités indispensables : une expérience d’homme d’État pour la personne qui dirigera la France dans quelques semaines serait quand même la bienvenue !

François Fillon l’a exprimé de cette manière à la Porte de Versailles de Paris le 9 avril 2017 : « Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux. Et si nous continuons de nous affaiblir, tant de pays pour qui nous étions un modèle finiront par détourner les yeux loin de nous. Mais si nous nous relançons, une chance historique se présente à nous. Avec une Amérique désarçonnée par les dernières élections, un Royaume-Uni accaparé et préoccupé par le Brexit, une France qui aura retrouvé sa crédibilité se replacera au centre du jeu. Elle affirmera la liberté de sa voix et de ses choix. C’est le moment ou jamais de rassembler nos forces pour donner un coup d’accélérateur et s’engouffrer dans l’ouverture. L’Europe est à un tournant de son histoire et la responsabilité de la France est immense. ».

Avec de tels discours, François Fillon aurait dû avoir un boulevard devant lui. Il l’a eu d’ailleurs lors de la primaire LR. Mais le PenelopeGate qui a surgi fin janvier 2017 a changé la donne. Des soupçons sur son honnêteté ont considérablement terni son image. Ce qu’on lui reproche est mille fois moindre que ce qu’ont fait François Mitterrand ou encore Jacques Chirac, mais cela l’a privé d’une caisse de résonance sur son programme et d’une certaine crédibilité, même si aucun de ses actes comme chef d’un exécutif local n’a jamais été l’objet d’un reproche ou d’un soupçon quelconque.

L’idéal, évidemment, c’est d’élire un candidat qui soit à la fois honnête, compétent et efficace. L’essentiel dans le choix du candidat, c’est de savoir mettre les priorités sur ces qualités.

Emmanuel Macron est à l’évidence compétent. Son honnêteté, à ce jour, n’a pas été mise en doute. En revanche, son efficacité future laisse à désirer. Ses demi-mesures, ses positions ambiguës sur de nombreux sujets pour ratisser large, et son incapacité à convaincre qu’il pourrait bénéficier d’une majorité parlementaire cohérente et toute concentrée derrière lui est un handicap majeur, car ce fut déjà la cause de l’échec du quinquennat de François Hollande dont je ne peux mettre en cause la bonne volonté.

François Fillon a la compétence à l’évidence également, sa grande expérience d’homme d’État le rendra opérationnel immédiatement à la tête de l’État. Son efficacité paraît atteignable grâce à une alliance qui a su montrer, dans le passé, sa capacité à rassembler aux élections législatives. Enfin, effectivement, son honnêteté est mise en doute. La présomption d’innocence que sous-entend une mise en examen n’a aucun contre-effet sur l’effet médiatique d’une mise en cause personnelle, parce que ce n’est pas la légalité qui est en cause (et je ne pense pas qu’il fût en faute pour cela), mais sa moralité.

Lors de sa conférence de presse du 1er mars 2017, François Fillon s’était prêté à un exercice rhétorique qui pourrait d’ailleurs être utilisé pour d’autres occasions mais qui n’en est pas moins vrai : « La France (…) est plus grande que mes erreurs. Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse. Elle est plus grande que les emballements de l’opinion elle-même. Et c’est parce que je suis totalement décidé à servir cette France-là que je m’opposerai, de toutes mes forces, à ce que le hasard ou le calcul décident de son sort et de l’avenir des Français au moment d’une consultation décisive. Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser ! ».

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Le choix entre François Fillon et Emmanuel Macron, c’est le choix entre d’un côté une moralité mise effectivement en doute, mais une efficacité à redresser l’économie de la France reconnue de tous les grands acteurs économiques, et de l’autre côté, une honnêteté qu’on ne peut mettre en doute (aujourd’hui), mais une inefficacité inéluctable par son positionnement mi-figue mi-raisin et par la configuration institutionnelle qui lui apporterait, le cas échéant, une majorité sans cohérence politique, ce qui aboutirait à cinq nouvelles années d’immobilisme et de retard.

En somme, la campagne présidentielle rappelle que l’exercice du pouvoir ne peut exclure une certaine dose de cynisme. C'est regrettable. C’est loin d’être idéal car l’idéal, c’est bien entendu l’honnêteté à tous les étages, mais la politique, c’est l’art du réalisable, l’équilibre périlleux entre le souhaitable et la réalité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).


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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170224-fillon-macron.html

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:26

« Aucune intimidation ne fera plier notre volonté alors que depuis plus de deux mois, le plus incroyable système de dénigrement mis en place sous la Ve République tourne à plein rendement. En dépit de la situation économique, en dépit de la montée des périls extérieurs et alors même que des attentats continuent de se perpétuer sur notre territoire. » (François Fillon, le 27 mars 2017 à Nantes).


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La campagne présidentielle n’en finit pas de surfer sur le creux des vagues sans s’attarder au fond des choses, à savoir : quelle est la vision de la France de demain de chacun des candidats à l’élection présidentielle ? Au lieu de cela, il n’y a que des sujets périphériques qui détournent les électeurs des vrais enjeux (affaires, survie du PS, rassemblement de la gauche radicalisée, sourire du crémier, etc.). Pourtant, les électeurs se détermineront sur des enjeux de fond, pas sur la couleur du pantalon ou le prix des costumes.

On pourra regretter amèrement la campagne présidentielle de 2007, il y a dix ans. Il y avait eu un vrai débat de fond, sur des clivages bien particuliers, conséquence des personnalités très différentes des trois principaux candidats Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou qui ont véritablement renouvelé la classe politique dominée encore par Jacques Chirac, Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen, etc. Ces trois candidats ont entraîné à l’époque à la fois un fort mouvement d’adhésion militante (UMP, Désirs d’avenir, futur MoDem) mais aussi un mouvement de détestation personnelle et de rejet (quasi-passionnel).

Pour la campagne 2017, l’encéphalogramme est plutôt plat, au contraire de 2007. Certains candidats essaient alors d’en profiter pour mener le débat sur le clivage à propos de l’Europe. C’est un clivage qui avait été un grand facteur de division au sein du RPR à l’époque du Traité de Maastricht (1992) et au sein du PS à l’époque du TCE (2005). Les débats européens en France ont toujours été pollués par la politique intérieure et il faut bien avouer qu’il n’y a pas eu beaucoup d’enthousiasme politique en France depuis une vingtaine d’années pour la construction européenne, ce qui n’a pas empêché les gouvernements successifs de l’accompagner, plutôt mollement voire, parfois, honteusement. Sans compter que certains étaient contre l’Europe car ils voulaient plus d’Europe (allez comprendre !).

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Au moins trois candidats voudraient faire de cette élection présidentielle un référendum pour ou contre l’Europe : Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau. Pourtant, ils se trompent d’élection (ce ne sont pas des élections européennes) et surtout, ils se trompent de clivage.

Car les problèmes en France n’ont pas pour origine l’Europe ou pas l’Europe. Le chômage, les délocalisations, la désindustrialisation, ce n’est pas l’appartenance à l’Union Européenne ni à la zone euro qui est la cause de ces maux. C’est la globalisation des échanges qui concerne le monde entier et ces maux deviennent des maux français parce que la France n’a pas su s’adapter à cette évolution.

La preuve que ce n’est pas l’Europe qui est en cause, c’est qu’au contraire, l’Allemagne s’en sort très bien. Pareil pour l’équilibre budgétaire, le déficit public, etc. D’ailleurs, la zone euro a permis des taux assez faibles que la France n’aurait jamais obtenus seule avec le franc.

D’ailleurs, parlons de la souveraineté nationale. François Fillon répète dans ses meetings avec raison que la France n’aura pas de souveraineté économique tant que ses finances ne seront pas assainies et qu’elles dépendront de créanciers étrangers. Invité de la matinale de France Inter le 30 mars 2017, le journaliste spécialiste des questions européennes Jean Quatremer s’est interrogé sur le niveau de souveraineté de la France si elle reprenait le franc. Par exemple, dans le cas où la Deutsche Bank augmenterait ses taux d’intérêt, quelle serait la nature de la souveraineté de la France ? Jean Quatremer l’a évaluée à …trois secondes. Le temps pour la Banque de France de réagir et d’augmenter aussi ses taux d’intérêt.

Les causes réelles des problèmes français ne sont pas à l’extérieur des frontières françaises mais à l’intérieur : les gouvernements depuis trop longtemps ont toujours refusé de réformer notre système social qui doit nécessairement s’adapter aux évolutions du monde et de la technologie, et quand ils cherchent à le réformer, ils le font d’une manière si honteuse qu’ils ont du mal à l’expliquer et sont rejetés par les électeurs.

Invité d’Yves Calvi le 30 mars 2017 sur LCI, l’ancien conseiller de François Mitterrand Jacques Attali a expliqué qu’il existait deux idéologies très différentes du pessimisme ambiant en France. Il y a ceux qui considèrent que la France d’avant était mieux et qu’il s’agirait d’y revenir (retour au franc, etc.). Et il y a ceux, au contraire, qui trouvent que la situation actuelle leur est plutôt profitable, mais ils ont peur que cela ne dure pas et qu’elle se détériore. Ces deux pensées, très différentes, empêchent tout progrès et surtout, toute innovation car il faut surtout imaginer de nouveaux modèles pour adapter le pays aux évolutions du monde.

Une fois cela dit, quels sont les enjeux de l’élection de 2017 ? Certains veulent y voir le double enjeu du renouvellement et de la protection. Je crois bien sûr au besoin de protection, qui est double et, dans le clivage droite/gauche, qui est ambigu : la protection sociale de ne pas être déclassés, soi ou ses enfants, et la protection physique et matérielle de ne pas être dans l’insécurité.

Le besoin de renouvellement est bien sûr réel, c’est d’ailleurs ce qui a fait la popularité d’Emmanuel Macron, nouveau venu du paysage politique, mais y a-t-il un besoin plus grand de renouvellement que d’expérience ? Ce n’est pas évident. Vanter son immaturité politique peut inquiéter des citoyens déjà angoissés par un monde aux menaces multiples (terroristes, diplomatiques, économiques, migratoires, etc.). Le besoin de renouvellement a d’ailleurs été largement satisfait à partir du moment où Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Hollande, et dans une moindre mesure, François Bayrou, ne participent pas à l’élection 2017.

De nouveaux hommes, de nouveaux visages ont pris place, et finalement, ce sont ceux qui disent vouloir révolutionner les choses qui sont en fait les perpétuels candidats non renouvelés : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et je n’évoque pas les "petits candidats" dont la plupart (à l’exception de Jean Lassalle et François Asselineau) n’ont rien de "renouvelé".

Au-delà du renouvellement des visages, y a-t-il vraiment renouvellement des usages pour Emmanuel Macron ? Pas certain. Ceux qui ont vu son meeting à Marseille le 1er avril 2017 (10 000 personnes revendiquées) ont vu du bel ouvrage, une communication politique parfaitement au point, mais rien de nouveau. Il faut revoir les meetings du RPR d’il y a vingt-cinq ans pour revoir les mêmes militants crier "Chirac Président !" ou les drapeaux s’agiter (évidemment pas, à l’époque, sur injonction par sms d’un chef d’orchestre en coulisses).

Le renouvellement des usages chez Emmanuel Macron, c’est peut-être le creux de ses discours, où il ne précise rien de son programme, il n’explique rien de la manière d’appliquer ce qu’il prétend proposer… mais certainement pas sa cuisine politicienne pour les investitures aux élections législatives où il a affirmé le 28 mars 2017 vouloir donner une part égale aux candidats d’origine LR, d’origine centriste, d’origine PS. Cela ressemble plus aux combinaisons et manœuvres de la IVe République qu’à une pratique renouvelée de la vie politique, malgré l’appel à candidature qui a fait remonter 14 000 dossiers de candidature pour 577 circonscriptions !

À mon sens, c’est le double besoin de protection évoqué plus haut qui va dominer les attentes des électeurs. Pour simplifier, il concerne la protection physique (se prémunir de l’insécurité et du terrorisme) et la protection économique (avoir un emploi ou pas). En d’autres termes, les deux enjeux, ce sont le régalien et l’économique.

Or, pour répondre à ces deux défis, il n’y a que deux réponses possibles pour être efficace. Le régalien nécessite l’autorité et l’économique nécessite la liberté.

L’autorité, c’est celle de redonner un sens à l’histoire, de remettre la France dans son cadre millénaire (c’est une récurrence de François Fillon depuis un an), c’est de redonner fierté à l’identité française. L’autorité, c’est de permettre aux enseignants de ne plus avoir peur de leurs élèves quand ils arrivent en cours. L’autorité, bien sûr, c’est aussi de pouvoir retrouver une parole influente dans le concert des nations, face aux grands ensembles, face aux conflits.

La liberté, c’est la seule valeur qui permettrait de créer des emplois. Que des activités ou des emplois meurent est dans l’ordre des choses, les technologies évoluent, la société évolue, les besoins de consommation évoluent et c’est donc normal de ne pas vouloir tout faire pour continuer à produire par exemple des tubes cathodiques. Le problème en France, c’est qu’on sait mourir mais on ne sait pas naître. Or, il faut tout faire pour créer de nouvelles activités économiques. Cela signifie tout miser sur l’innovation (trop peu d’investissements et pas beaucoup français), et tout miser sur la liberté de créer, en se débarrassant de tous les carcans administratifs qui découragent ou délocalisent toute nouvelle idée.

Si l’on prend ces deux critères, autorité et liberté, on arrive vite à une analyse assez facile des cinq principaux candidats à l’élection présidentielle de 2017.

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Marine Le Pen est certainement crédible sur le registre de l’autorité, mais absolument pas sur le registre de la liberté. Au contraire, elle a repris le même programme économique que l’extrême gauche (au grand dam d’ailleurs de sa nièce).

Emmanuel Macron, au contraire, présente une crédibilité inversée : il l’est sur le plan des libertés économiques, on peut lui accorder qu’il sait ce qu’est une entreprise et comment créer de l’activité. En revanche, il n’a pas beaucoup de crédibilité sur le régalien et cela ne s’improvise pas, cela s’éprouve. Comment un jeune homme de 39 ans sans expérience pourrait-il inspirer l’autorité de l’État et de la France dans le monde moderne ? On s’effraie du rappel que l’un des premiers objectifs du Président de la République sera de lutter contre le terrorisme islamique et de savoir s’il faut continuer ou pas l’état d’urgence (rappelons que chaque changement de gouvernement entraîne automatiquement la fin de l’état d’urgence, c’était le cas pour la nomination du gouvernement de Bernard Cazeneuve).

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, parce qu’ils naviguent dans les mêmes eaux, se retrouvent dans une analyse similaire du point de vue du régalien et de l’économique. Parce qu’ils proposent des dizaines voire centaine de milliards d’euros de dépenses supplémentaires, ils empêchent toute initiative économique de se développer par une augmentation massive des impôts et taxes et de la dette publique. La liberté économique, seule créatrice d’emplois durables, n’est donc pas leur fort. Quant à l’autorité, ils ne peuvent en inspirer s’ils ne veulent pas réguler les flux migratoires ou s’ils montrent une certaine candeur face aux cyniques.

François Fillon a incontestablement l’expérience de l’autorité régalienne. Il n’a rien à prouver sur ce plan. Son livre contre le terrorisme islamique renforce cette crédibilité. Quant à l’éthique de liberté économique, il a accepté de reconnaître que son gouvernement entre 2007 et 2012 n’avait pas pris assez conscience des carences de la France pour libérer la création de valeur et l’initiative économique. Il l’a accepté de manière très humble, en allant quérir les conseils et avis de milliers de professionnels de tous les domaines pour savoir ce qu’il faudrait changer ou conserver et quelles seraient les priorités et les urgences. Son programme économique est le plus élaboré et aussi le plus motivé.

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On pourrait croire que l’autorité et la liberté seraient finalement deux notions contradictoires : l’autorité réduirait la liberté, et réciproquement. Précisons d’abord qu’il s’agit d’autorité régalienne de l’État, celle qui régule à l’intérieur et qui influence à l’extérieur, et de liberté économique, celle qui débureaucratise, qui libère les énergies, qui encourage l’innovation et la création. Ensuite, ces deux notions sont finalement fondées sur une même nécessité, le sens des responsabilités. Pas de liberté sans responsabilité. Pas d’autorité sans responsabilité.

La responsabilité est toujours une prise de risque, car l’assumer revient à dire en cas de problème qu’on se reconnaît coupable. Mais c’est aussi la seule voie du redressement, car sans assumer les réformes, le peuple ne suivra jamais (c’était le cas de François Hollande). C’est sans doute le pari de François Fillon. C’est un enjeu qui le dépasse. Qui dépasse sa femme, ses enfants, ses costumes coûteux, son patrimoine (plus faible du reste que celui de Jean-Luc Mélenchon). C’est aussi cela l’enjeu de responsabilité, celle de l’élu l’est aussi parce que ses électeurs sont responsables. On peut appeler cela également maturité démocratique.

C’est l’espoir du 23 avril 2017 : « L’Histoire nous apprend que les peuples se plaignent rarement dans les temps difficiles d’une excès de courage, de clarté ou de volonté. » (François Fillon, le 27 mars 2017).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 avril 2017)
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Pour aller plus loin :
Qui sera nommé Premier Ministre en mai 2017 ?
Macron ou Fillon ?
Le Pen et Mélenchon ?
La Ve République.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Choisir entre Fillon et Macron ?
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 19:20

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Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay

Mesdames et messieurs,

Je suis venu au Puy en Velay vous parler d’une question essentielle. Une question qui n’est ni de droite, ni de gauche, une question qui transcende les élections et qui pourtant est au cœur de celles-ci depuis toujours.

Je suis donc venu vous parler de l’identité de notre nation, je suis venu vous parler de la France.

Car l’identité n’est pas un débat pour les seuls universitaires, les seuls historiens. Non, c’est là une question française qu’il faut aborder franchement parce qu’elle touche nos concitoyens au cœur.

L’insécurité culturelle dans laquelle ces derniers se trouvent déboussole notre pays ; l’épuisement de l’idée de progrès et d’amélioration de la condition humaine le paralyse ; le totalitarisme islamique l’oblige à lui opposer des valeurs.

Oui, tout cela rend nécessaire et urgent de nous retrouver sur ce que nous avons en commun et que l’on appelle la France.

Il y a un bien étrange tabou dans notre pays qui résonne, ainsi que l’écrivait l’historien Marc Bloch, comme une étrange défaite.

Oui, on n’ose plus prononcer, aujourd’hui, les mots d’ « identité », de « France », de  « nation », de « patrie », de « racines » et de « culture ».

On est sommés de se faire discrets. Et bien non,  ensemble, nous prenons la parole.

Nous la prenons, en ces lieux inspirés, en ces lieux de mémoire qui incarnent notre pays au même titre que le Mont Saint Michel, Versailles, le musée d’Orsay, Chambord, le Pont du Gard ou Vézelay et tant d’autres.

Alors oui, je suis venu, parmi vous, parler de la France dont le projet est unique entre les nations.

Ma France à moi, elle est parsemée, comme la vôtre, de souvenirs personnels, de rencontres, de paysages. Au fond, c’est une affaire charnelle que les mots ne peuvent que partiellement ressusciter.

Ma France à moi elle est naturellement traversée d’Histoire, de culture, de gestes épiques. Chacun est libre d’écrire son roman national.

Ma France à moi est républicaine, mais je prends l’Histoire comme un bloc, avec ses grandeurs et ses faiblesses.

Ce n’est pas par hasard si j’ai choisi le Puy pour vous parler de notre patrie. C’est parce que je ressens ici, presque physiquement, charnellement, combien nous nous trouvons aux confluences de notre histoire, de nos racines et de notre géographie.

 

On a beaucoup dit que la France était d’abord une histoire et c’est vrai ; elle est un ensemble de valeurs humaines et de principes politiques et non pas une question ethnique ou religieuse.

Ces valeurs ne sont pas l’agrégation des spécificités de chacun. La France n’est singulière que lorsqu’elle est plurielle à condition que chacun accepte une entité collective qui préexiste à sa propre identité.

Il n’y a pas de France sans l’effort de se vouloir français, de se dire français, de se penser français.

Mais la France est aussi une terre, une mosaïque de territoires. Regardons la France, et pour commencer l’hexagone  presque parfait, merveille d’équilibre !

Trois façades maritimes : la Manche et la Mer du Nord ouvertes sur le monde anglo-saxon et l’immensité septentrionale ; la façade atlantique, qui nous ouvre depuis des siècles le grand large et nous livre ses aventures ; la façade méditerranéenne, foyer de civilisations parmi les plus vieilles et les plus riches de l’Histoire. C’est déjà beaucoup, c’est déjà exceptionnel !

Mais c’est aussi trois frontières terrestres : les Pyrénées d’abord, qui engagent la France dans cette immense ensemble qu’est le monde hispanique et latin.

Il y a la frontière des Alpes, vers l’Italie notre sœur, et au-delà l’Europe centrale, balkanique et orientale. Et puis il y a la frontière du Rhin, la plus ouverte, la plus dangereuse, la plus prometteuse aussi – ce monde germanique avec lequel nous eûmes tant de conflits et avec lequel nous avons encore à construire tant de coopérations.

Ajoutons que la France est, par son Outre-Mer, non seulement une puissance européenne mais aussi une puissance sur d’autres continents et d‘autres océans, et  qu’elle possède le deuxième domaine maritime du monde.

Autant de liens multiples, autant de facteurs que seule une grande politique peut combiner –mais qui pourraient aussi nous broyer : voilà pourquoi, si la France n’a pas une grande politique, elle n’est plus rien.

Un peu avant que ne soit érigée la cathédrale de Puy En Velay qui mêle le roman et le gothique, le byzantin et le mozarabe pour en faire un vaisseau de pierre dont l’ancre est jeté vers le ciel, un clerc rédigea en Normandie notre première chanson de geste.

Ce texte racontait l’épopée de Roland, qui combattit l’ennemi à Roncevaux. Le succès de la Chanson de Roland fut si considérable qu’elle s’étendit partout en Europe. Et ce, durant tout le Moyen Age. « Que jamais de France, ne sorte la gloire qui lui est attachée », écrit son auteur.

Bien sûr, notre pays, c’est une histoire, une légende parfois aussi mais la Tour du Pin ne disait-il qu’un pays sans légende est condamné à mourir de froid ?

Notre pays c’est des paysages, des traditions, une langue, une littérature, une culture, un drapeau, des institutions, des valeurs, des souvenirs partagés…

Tout cela forge une âme, une poésie française, ce que je nommerai une musique intérieure.

Mais par dessus tout, il y a cette certitude que la France n’est pas un fait clinique. « Une certaine idée de la France », disait de Gaulle.

Je crois qu’au cœur de cette « idée », il y a chez les Français l’instinct de la liberté et de la grandeur.

Regardez la devise au fronton de nos édifices publics et regardez celles des autres nations. Ces dernières parlent de Dieu ou de l’unité du pays mais nous, nous proclamons « Liberté, égalité, fraternité ».

Nous choisissons pour devise des mots qui portent un message universel. Et c’est bien ce qui nous caractérisent : cette idée que nous sommes une avant-garde, que nous ambitionnons d’émanciper le monde.

Parce que « Liberté Egalite Fraternité », ce ne sont pas des règles de management! La liberté, c’est Jeanne d’Arc, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, le Général de Gaulle !

L’égalité, c’est Olympe de Gouges, Rousseau, Jules Ferry !

La fraternité, c’est l’abbé Pierre, ce sont les médecins sans frontière !

Nous sommes ainsi. Et pas seulement depuis la Révolution française mais déjà à Bouvines quand le petit royaume de France se dressa contre les empires coalisés avec cet esprit de résistance chevillé au corps.

Voilà pourquoi le patriotisme n’est pas un gros mot. Voilà pourquoi il faut valoriser ce qui nous rassemble en tant que citoyens plutôt que ce qui nous distingue en tant qu’individus, il faut que l’École assume sa vocation unificatrice, il faut relancer l’intégration et l’assimilation.

Car enfin, comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dirait qu’elle n’a rien produit ?

Ce type de discours qui condamne notre héritage commun est irresponsable. Il nous désuni.

Lorsque nous reculons devant des revendications communautaires au nom d’un prétendu droit à la différence, nous sommes infidèles à nous-mêmes, infidèles à la citoyenneté, infidèles à l’égalité, à la fraternité.

Car par-delà nos origines, nos religions, nos régions, nous sommes d’abord et avant tout, français.

Il n’y a rien de choquant à dire que les étrangers qui s’installent régulièrement chez nous ont vocation à s’approprier l’héritage du pays des droits de l’homme.

Il n’y a rien d’outrageant à ce que notre patriotisme soit mis en partage. Et il est naturel que nous voulions que nos valeurs soient aussi les leurs.

Nous sommes une nation d’intégration. Et l’intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens.

Etre Français et vivre en France, c’est une chance mais c’est aussi une charge. Dans une grande nation comme la nôtre, chaque citoyen tient entre ses mains une part du succès de la France.

Je crois qu’ensemble, il est urgent de parler de transmission, d’histoire, de patrimoine et de culture.

Car qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose, l’incarnation d’une transmission ?

La transmission est un fil d’or qui court de générations en générations.

La transmission c’est passer le flambeau de main en main et préserver notre humanité de l’obscurantisme.

Quand une société se dit « à quoi bon transmettre », c’est le signe qu’elle se résout à sa fin. Qu’elle s’enferme dans un égoïsme de court terme qui sacrifie le devenir des générations futures.

Comment réveiller l’âme française, comment la faire partager, la faire aimer ? C’est l’une des questions centrales de notre temps.

J’y réponds avec d’autres en refondant notre République à partir de l’école, de la famille, de la culture.

Les enfants chinois apprennent par cœur la liste des dynasties qui ont régné sur leur pays durant trois mille ans et ressentent la fierté d’appartenir à une grande civilisation.

Nous devons redécouvrir notre héritage historique. Parce que l’Histoire et la géographie, c’est d’abord permettre à l’être humain de se mouvoir librement dans le temps et dans l’espace.

Enlevez lui ces deux dimensions, que lui restera t-il ?

Je veux sauvegarder, d’urgence les fondamentaux sans lequels on ne peut rien bâtir : l’apprentissage de la langue, de la syntaxe, de l’orthographe, de la littérature.

Plutôt que le déni de soi, proposons la connaissance de soi.

Plutôt que la négation des racines, proposons la mémoire partagée !

Mesdames et messieurs, vous savez bien que toute entreprise de redressement du pays doit répondre à cette interrogation simple: comment permettre à la France de tenir son rang dans la mondialisation ?

Vous savez bien que pour relever ce défi, tout ne se réduit pas à des réformes de structures aussi nécessaires et aussi urgentes soient elles, tout ne se résume pas, même s’il est  illusoire d’en faire abstraction à une querelle de chiffres.

Il faut bien avoir conscience que l’identité de notre pays est un levier considérable, que nous avons entre nos mains un trésor.

La mondialisation n’est pas une idéologie, c’est une réalité.

Qu’elle ait des conséquences, oui.

Qu’elle nous oblige à nous transformer pour rester dans la compétition, oui ! Je ne suis pas naïf.

Mais la solution la plus insensée, à mon sens, serait de nous retrancher derrière la défense illusoire d’une ligne Maginot et de renoncer à se battre en attendant la prochaine défaite !

Je crois profondément que la France est un acteur majeur du monde d’aujourd’hui, qu’elle a son mot à dire et des armes pour se défendre.

Dans un monde qui redevient de plus en plus binaire, de plus en plus dur, nous avons davantage qu’un chemin, nous avons un destin, celui auquel nous sommes assignés, non sans orgueil, je l’avoue, depuis des siècles.

J’ai parlé tout à l’heure de la Chanson de Roland, dans ce ce récit guerrier, au cœur de cette prose batailleuse, surgit tout à coup, l’expression « Douce France ». Déjà.

La même expression qui sera popularisée par Charles Trenet. « Douce France », ces deux mots sonnent juste.

Car, à l’inverse de ceux qui chargent notre patrie de tous les péchés – et notre pays en a certes – nous savons que la France peut être douce à ses enfants.

Elle n’est pas seulement la mère des batailles et des hauts faits d’arme. Avant d’être brocardé, le proverbe yiddish : « Heureux comme Dieu en France » a été une réalité pour les persécutés de ce continent qui recherchaient une protection et leur émancipation.

Douce France, c’est le souci de protéger le pauvre, le faible, le pèlerin.

La France, je l’ai dit, c’est une histoire, c’est une géographie, mais c’est aussi un ensemble de valeurs et de principes transmis de génération en génération comme des mots de passe ; c’est une certaine idée du monde et  pour le monde ; c’est une façon qu’ont les Hommes de la regarder et de la reconnaître ; c’est finalement une voix singulière adressée à tous les peuples de l’univers.

Singulière, pourquoi ? Simplement parce que le mot France réveille aux oreilles de multiples hommes, à travers les continents, une petite musique particulière. En Amérique latine, en Afrique, en Asie, en Europe centrale, autour de la Méditerranée, il évoque bien autre chose qu’un pays situé au bout du cap européen.

Si l’on apprend notre langue, quelquefois à grand prix, en Argentine ou en Pologne, s’il existe des listes d’attente pour s’inscrire a l’Alliance française de Shanghaï, de Tokyo, de Mexico,  ou bien au lycée français de Rabat ou de Rome, si Paris est la première destination touristique mondiale, c’est que la France est autre chose et bien plus qu’une puissance industrielle, agricole ou militaire.

« Jadis soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de la liberté, la France sera toujours le soldat de l’idéal » disait Clemenceau.

Je vous le demande, mesdames et messieurs : est-ce fini ? Ensemble, nous répondons « non » !

Si nous regardons cet univers tourmenté, il apparaît très clairement qu’il se divise dangereusement entre deux conceptions de l’Homme et de la Vie : d’un coté ceux pour qui tout se règle à la fin des fins selon des critères matériels.

En face de lui, s’est dressé une religion aveugle et aveuglante qui est, comme je l’ai écrit, un totalitarisme pur. Avant, il y eut le nazisme, le stalinisme…

Eh bien il y a heureusement entre les deux, une troisième voie est proposée à ce siècle : la voie française, soucieuse de l’Humanité de l’Homme, du libre arbitre, de la Raison, la voie de la culture, du doute, de la discussion, du compromis, du dialogue, la voie de l’équilibre, de la liberté des individus et des peuples.

Je crois sincèrement que cette voie-là, la voie française,  reste un espoir pour le monde du XXIè siècle.

Alors, ici au Puy en Velay, j’invite avec vous nos compatriotes  à l’aventure la plus passionnante qui nous soit donnée : nous plonger dans notre culture et nos savoirs.

Je les invite à vivre le projet de Charles Péguy, celui d’une culture « incorporée dans chaque citoyen français»

Où commence, où s’arrête la culture ? Elle commence quand les superstitions, les mythes, les coutumes sortent de la nuit pour devenir littérature, religion, peinture, art, spectacle.

Cette alchimie accompagne les aléas de l’Histoire.

Les cultures vivent, prospèrent ou meurent ; c’est une longue marche vers l’inconnu.

Elles peuvent disparaître sous les sables, couler au fond des mers, périr par les flammes.

Mais elles meurent surtout de barbarie et d’indifférence. Comme Palmyre en 2016.

Tous les islamistes du monde pourront toujours détruire le grand arc triomphal et le lion d’Athéna, jamais ils ne détruiront ce que cette civilisation a apporté d’original et d’unique.

C’est en étant le plus unique que l’on devient le plus universel, parce qu’irremplaçable.

Je ne crois pas aux génies apatrides.

Le général de Gaulle disait qu’« au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote ». Les grands succès sont toujours nourris par une éducation, une mémoire et des valeurs qui guident les peuples.

Les grandes cultures sont d’abord issues du génie des peuples.

Elles naissent là où la géographie et l’histoire leur ont permis de prendre racine, et où l’intelligence et la création ont élu leur terre promise.

La culture chinoise n’a rien à voir avec la culture turque ; la française ne ressemble pas à l’indienne; pas plus que l’anglaise à la russe. Chacune est une exception et vient du tréfonds d’un peuple.

La Culture est l’air que nous respirons. Elle est ce que nous sommes.

La Culture française est née de vingt siècles de recherche d’un équilibre singulier entre la passion et la raison, entre les racines et le ciel, entre la différence et l’universalité.

Qu’ont de commun Pascal et Voltaire, Hugo et Claudel, Poussin et Manet, Mansart et le Corbusier?

Ils ont en partage cette certitude qu’il nous appartient, à nous Français, de parachever le monde en y mettant de la raison, de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Le progrès a toujours pour origine un patrimoine, une somme de connaissances, un savoir-faire, sur lesquels les siècles à venir viennent prendre racine.

Il existe une voie française de la Culture qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre.

Sa survie nous concerne tous.

Nous devons transmettre la terre de Richelieu, la langue de Victor Hugo, la raison de Montesquieu, la vision de Claude Monet et de tous ceux qui ont vécu, aimé et défendu la vibration française.

Tant de peuples nous envient !

Avec nos 1000 musées, qui accueillent deux fois plus de visiteurs que le reste de l’Europe.

Avec notre patrimoine de 40 000 églises, romanes, gothiques, baroques, classiques, modernistes ! Avec nos châteaux de la Loire, de Versailles, de Fontainebleau !

Avec nos rendez-vous mondiaux, de Cannes à Deauville, d’Avignon à Montpellier, de Arles à Angoulême.

83 millions de visiteurs étrangers sont venus l’an dernier voir notre patrimoine et jouir de notre art de vivre. Eux ne doutent pas de ce que nous sommes.

Cette attention nous oblige.

Ne cédons pas un pouce de notre rang et de notre influence intellectuelle.

Le monde nous envie notre culture brillante.

Mais le modèle culturel français, c’est plus que cela : c’est la conviction que la culture doit être un service public, qu’elle se diffuse et s’apprend, et pour être légitime, qu’elle doit être partout accessible à tout un peuple.

Nous devons refonder notre politique culturelle

Via l’éducation, d’abord. En intégrant mieux l’enseignement des arts aux cursus éducatifs dès l’école maternelle. En articulant mieux l’histoire de l’art et l’histoire générale au collège et au lycée.

Donnons-nous les moyens de protéger notre patrimoine pour restaurer et mettre fin à la dégradation des monuments et objets d’art.

Au côté du ministère de la Culture, renforçons le rôle culturel des collectivités locales et du mécénat. Et pui, défendons notre langue française, voyageuse, subtile et combattante.

En 2030, il y aura 600 millions de francophones sur notre planète. Y a-t-il plus large horizon pour notre culture ?

Tout notre Projet est là, sur nos étagères, dans nos dictionnaires d’une langue française, portée depuis des siècles par des aventuriers, savants, coopérants, religieux ou militaires.

Elle est notre plus grand atout. Contre l’ensauvagement du monde, les migrations aveugles, les sectarismes communautaires, elle est à la fois une muraille et un phare, une citadelle et un forum.

Voilà, mes chers compatriotes, ce qu’est pour nous et doit rester pour les générations à venir la voix de la France et je dirai la grandeur de la France.

On connait la phrase de Malraux qui restera toujours pour les femmes et les hommes qui se tiennent debout, un talisman : «  la France n’est la France que si elle porte une part de l’espérance du monde ».

Eh bien oui, chers amis, ayons le courage de le dire, la France ne peut vivre sans la grandeur ! Si elle ne sait pas être une grande voix humaine dans ce monde que de multiples barbaries menacent, si elle ne sait plus porter devant les peuples la voix qui fait depuis Louis IX, Montaigne ou le père de Foucault, en passant par les Lumières, Châteaubriand ou Victor Hugo, si notre vieille nation oublie sa vocation universelle, alors elle n’aura plus de sens, elle ne sera plus rien aux yeux du monde, comme elle ne sera plus rien à nos propres yeux.

Alors soyons fiers mes amis d’être français.

Soyons fiers de notre culture, soyez fiers de votre histoire, soyez fiers d’aller vers l’avenir pour le conquérir car rien n’est plus noble qu’un peuple qui se dresse pour tenir son destin.

Vive la République, vive la France !

François Fillon, le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay.

Source : www.fillon2017.fr

 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 21:49

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Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier

Mes amis,

Merci, merci à vous toutes et à vous tous de foncer avec moi vers la victoire qui surprendra tout le microcosme.
Merci à tous les élus présents qui m’accompagnent et qui formeront, demain, la majorité nécessaire à l’action….

Chaque soir, comme ici, à Montpellier, je vois des foules de plus en plus nombreuses, des foules de Français courageux et libres qui veulent en finir avec l’échec, qui veulent l’alternance et qui ne veulent pas se laisser voler cette élection.

Cette élection n’est pas comme les autres.
Elle est sans équivalent par l’ampleur des enjeux sur lesquels les Français sont appelés à se prononcer.
Et elle est sans équivalent par l’ampleur des subterfuges déployés pour les occulter.
Tout est fait pour vous détourner de cette préoccupation qui est la plus essentielle au jour du scrutin suprême, celle du destin de votre pays.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous êtes conscients de ces enjeux et parce que vous n’êtes pas dupes de ces manœuvres.
Mais l’alternance n’est pas un but en soi !
Nous voulons l’alternance pour redresser notre pays.

L’état d’urgence est partout : dans ce fléau du chômage qui nous entraîne au bord de l’explosion sociale, dans nos finances publiques qui font peser sur nous le risque de la faillite, dans nos classes moyennes qui s’inquiètent de l’avenir de nos enfants, dans nos banlieues à la dérive, dans la France rurale qui se sent abandonnée, dans notre école qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, dans l’union européenne menacée de désintégration, dans cette guerre que le totalitarisme islamique a déclarée aux sociétés libres et en premier lieu à la France.

Que s’est-il passé pour que nous nous retrouvions dans cette situation déprimante qui a favorisé la montée des extrêmes à des niveaux jamais vus ?
Que s’est-il passé pour qu’un si grand nombre de Français aient les nerfs à vif au point de se tourner, dans un ultime geste de désespoir, vers les aventures les plus dangereuses ?
Pourquoi la France va-t-elle si mal et que devons-nous faire pour lui redonner confiance en elle-même ?
Voilà les questions fondamentales que nous devrions tous nous poser dans cette élection qui est l’une des plus cruciales de notre histoire.

Je suis venu pour vous apporter des réponses.
Je suis venu pour vous dire comment nous allons relever ces défis.
Je suis venu pour vous redonner espoir et pour vous montrer qu’avec de la volonté, en prenant des mesures énergiques, le renouveau est à portée de main.

Pour bien comprendre ce qui va mal, et pour bien comprendre le sens de mon programme, le sens de ma candidature, il faut se retourner un instant sur notre histoire récente.
Depuis 1981, nous avons laissé notre endettement croître dans des proportions irresponsables au lieu de réformer notre Etat.
Nous avons rigidifié notre marché du travail au lieu de lui insuffler la liberté nécessaire à une société de plein emploi.
Nous avons négocié à mots couverts notre modèle de laïcité au lieu de défendre ses valeurs qui sont au cœur de l’identité française.
Nous avons laissé l’Europe se transformer en technocratie au lieu d’en faire un instrument de progrès et de développement au service des nations.

Mais ce n’est pas tout.

A ces erreurs, on a superposé une idéologie qui les justifiait.

Depuis 1981, la gauche a placé ses pions sur le front de la culture et elle a verrouillé la pensée au point de rendre le débat impossible sur tous ces problèmes qui sont pourtant essentiels.

La liberté, l’autorité, l’identité, la souveraineté sont devenues des idées honteuses. Les gardiens du politiquement correct ont entrepris de les faire taire, par tous les moyens.
Cette situation atteint aujourd’hui son paroxysme, dans cette élection où aucun débat de fond n’a lieu, où tout est fait pour déplacer la confrontation sur le terrain des apparences et de la tactique, là où l’équipe sortante trouve son seul espoir de se maintenir, à la stupéfaction des Français qui en ont jugé le bilan désastreux.

Ce n’est pas tout encore.
A l’idéologie, s’est ajoutée la démagogie.
La gauche savait très bien que les caisses de l’Etat n’étaient pas infinies, mais peu importe, elle promettait toujours plus de dépenses, toujours plus de subventions, toujours plus de bonheur à coups de chèques en bois.
Mais la démagogie finit toujours par être sanctionnée par la défiance des citoyens et par l’incapacité à gouverner.
Au fil des ans, les désillusions se sont accumulées et sont devenues insoutenables, au point de briser le lien entre les Français et leurs représentants.

Alors, mes amis, quand j’ai décidé de me présenter à la présidence de la République, je me suis juré de le faire en ayant travaillé, en ayant étudié, consulté, écouté, en ayant bâti un programme précis, argumenté, cohérent, efficace, un programme sans démagogie, fondé sur le bon sens, fondé aussi sur l’exemple des pays qui vont mieux que nous.
Je me suis juré de ne pas jouer à l’illusionniste, de dire ce que je pense, même si cela ne doit pas plaire à tout le monde, et de proposer des choses que je ferai vraiment, et que je ferai rapidement.

Je n’ai pas passé ma vie à rêver que je serais président de la République, comme d’autres s’y voient dès le jardin d’enfants, mais j’ai consacré toute ma vie d’homme au service de mon pays.

Pendant toutes ces années, partout où j’étais, à tous les niveaux, les plus modestes et les plus élevés, je me suis battu, dans la mesure de mes responsabilités, pour donner une vie meilleure à mes administrés et pour faire progresser la France, pour la moderniser, pour la maintenir dans le peloton de tête des grandes nations du monde.
Je suis en colère quand je vois que nous sommes à la traîne, alors que les grands pays qui nous sont comparables sont au plein emploi, avec une croissance meilleure que la nôtre.
Je suis en colère quand je vois que la démagogie atteint des sommets dans cette campagne.
La démagogie de M. Macron qui dit oui à tout le monde et qui sera tout aussi incapable que M. Hollande de décider quoi que ce soit.
La démagogie de ceux qui inventent de nouvelles chimères, parce que les solutions concrètes ne rentrent pas dans le cadre de leur idéologie.
Les 32h. Le revenu universel. Le retour au franc. La fermeture des frontières. La VIème République…

Mais qui peut croire qu’on va créer des emplois, augmenter la croissance et le pouvoir d’achat, réduire notre dette, faire tourner nos usines en passant aux 32h ou en sortant de l’Europe ?
Comment est-il possible de prendre à ce point les problèmes à l’envers ?
Les maux de la France ne viennent pas de l’euro, ils ne viennent pas de l’Allemagne, ils viennent de nous, ils viennent de nos pesanteurs, de nos rigidités, de nos blocages idéologiques, et ils viennent des socialistes qui les ont aggravés !

Ayons le courage de nous comparer !
Ayons le courage de regarder ce que font les pays qui réussissent, et arrêtons de dire qu’à nous autres Français il serait impossible de faire la même chose !

Autrefois, l’on disait : impossible n’est pas français.

Aujourd’hui, on dirait que c’est l’inverse.

Diminuer la dette de l’Etat ? Impossible.

Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, qui sont celles de nos voisins mais qui sont aussi, tout simplement, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ? Impossible.

Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ? Impossible.

Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait une grande démocratie telle que le Canada? Impossible.

Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ? Impossible.

Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? Impossible.

Impossible, car M. Mitterrand l’avait dit : contre le chômage, on a tout essayé. Impossible, car M. Hollande, quant à lui, a dit plus récemment: on n’a pas eu de bol.
Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous !
Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !
Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ? Impossible.

Notre école dégringole dans tous les classements internationaux. En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant nous sommes loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête. D’année en année, nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences.
Bientôt, nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ? Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible…

Eh bien, moi je crois que nous sommes autant capables que n’importe quelle autre nation de renouer avec la croissance, de créer des emplois, de faire respecter l’autorité qui est nécessaire à toute vie en société, de résoudre nos problèmes sans regarder ailleurs, sans vendre des rêves et sans jouer aux apprentis sorciers qui veulent tout détruire parce qu’ils sont incapables de bâtir quoi que ce soit.

Je veux redonner à notre pays le sens du possible.
Mes solutions ne sont pas chimériques.
Elles sont concrètes et si je suis élu je les mettrai en place tout de suite, pour rattraper le temps perdu et pour donner le plus vite possible une impulsion décisive à notre économie.

Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement des capitaux français.


J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir et à créer des emplois, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je réformerai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.
Rien n’a changé.
Chaque année, nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser, nos dettes antérieures !
Notre dette atteint 2200 milliards d’euros, 100% du PIB.
La remontée des taux d’intérêt est un risque majeur que l’on sent poindre à l’horizon.
Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou considèrent que ce n’est pas grave.
Comment est-il possible que je sois le seul dans cette campagne à vouloir en finir avec le cercle vicieux de la dette publique, alors que c’est l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour restaurer sa crédibilité, pour redevenir une grande puissance européenne, et tout simplement pour assurer son avenir ?

Mon projet n’a rien à voir avec je ne sais quelle austérité.
L’austérité elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin malheureux de la Grèce.
Le jour où nous pourrons plus payer nos fonctionnaires. Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale.
Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire pour amadouer nos créanciers.

Mon projet je l’ai construit en pensant à tous les Français.
Je l’ai construit en pensant à ceux qui sont au chômage parce que les entreprises ont peur d’embaucher.
Je l’ai construit en pensant aux travailleurs dont les salaires sont écrasés par les charges.
Dès le 1er juillet 2017, je diminuerai les cotisations salariales, pour donner un gain de 700 euros par an à un couple qui travaille.
Je l’ai construit en pensant à ces ouvriers qui m’ont dit : les 35 heures, c’est bien beau mais on a toujours assez de temps pour dépenser l’argent qu’on gagne.
Je l’ai construit en pensant aux retraités dont les pensions sont si faibles alors qu’ils ont travaillé toute leur vie. M’augmenterai toutes les retraites inférieures à 1000 euros et les petites pensions de réversion.
Je l’ai construit en pensant aux artisans qui n’en peuvent plus du RSI. Je le réformerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.


Je l’ai construit en pensant aux professeurs qui n’arrivent plus à faire cours et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques fumeuses et inefficaces.
Je l’ai construit en pensant aux agents de nos fonctions publiques dans leur ensemble.
Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.
Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent des créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leurs salaires et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.

J’ai écouté les agriculteurs qui croulent sous les normes et qui ont le sentiment d’être traités avec suspicion alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.
Je leur simplifierai la vie.
J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.
Je ferai en sorte qu’ils soient reconnus comme des entrepreneurs à part entière.

J’ai écouté, partout dans notre pays, des Français de tous les métiers qui m’ont dit : laissez-nous libres, arrêtez de nous étouffer sous les normes et sous les taxes, et alors nous montrerons de quoi nous sommes capables !

Mais j’ai écouté aussi tous ceux qui m’ont dit à quel point leur confiance dans l’avenir était minée par le déclin de l’autorité.
C’est là encore tout un état d’esprit qu’il faut changer.
Des années de déconstruction idéologique ont conduit l’Etat à cesser de croire en sa légitimité et à cesser par conséquent d’exercer l’autorité qui lui revient.

Nous avons recruté des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, et pourtant jamais notre Etat n’a donné le sentiment d’être aussi impuissant à remplir ses missions régaliennes fondamentales.

A quoi sert-il de battre des records d’effectifs, si dans les banlieues toujours plus de quartiers sont inaccessibles aux policiers et aux pompiers, si dans les tribunaux toujours plus de jeunes délinquants ressortent libres, si dans les écoles toujours plus de professeurs entrent dans leurs classes avec la peur au ventre ?

C’est d’un même geste que l’Etat doit cesser d’empiéter sur la liberté des citoyens qui travaillent et qui entreprennent, et qu’il doit redevenir un pilier de l’ordre sans lequel la vie en commun est impossible.

L’Etat bureaucratique doit céder la place à l’Etat régalien.


Les forces de l’ordre doivent être entourées du respect de la nation et en premier lieu du président de la République.
J’ai écouté ce qu’elles m’ont dit.
Elles doivent pouvoir se consacrer à leur mission dans de meilleures conditions. Avec des outils technologiques performants, des locaux et des casernements qui soient dignes de l’importance de leur travail.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.

Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prisons interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.
Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.

Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.

Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.

Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires.
Je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Nous avons perdu le sens de l’autorité parce que nous avons cessé de croire en nos valeurs et en la nécessité de leur transmission.

Nous ne sommes pas seulement un pays, nous sommes une nation et nous sommes une civilisation.


La France qui a inspiré tant de pays partout dans le monde ne doit pas avoir honte chez elle.
Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.
L’immigration sans intégration, sans assimilation, doit être stoppée.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.
C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.

Ceux qui nous rejoignent le font souvent parce qu’ils ont entendu là-bas, dans leurs pays frappés par la misère et la dictature, des récits qui leur ont donné une haute idée de la France.
Mais ceux qui nous dénigrent le font trop souvent parce que des idéologues leur ont donné, ici, des raisons de le faire.
Ils se sont retrouvés dans un pays ouvert à tous les relativismes, incapable de dire qui il est, incapable d’être fier de tout ce qu’il a à transmettre.
Le défi de l’intégration ne sera gagné qu’avec l’autorité d’un Etat capable de défendre, d’affirmer les valeurs du progrès et de la raison.
Capable de définir, sans ambiguïté, ce qui est inacceptable.
Capable d’interdire les prêches emplis de haine.
Capable de rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.
Capable de dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est pour moi le sens premier de la laïcité.

Comme le fait le Talmud, chaque musulman de France doit pouvoir déclarer que « la loi du pays est ta loi ».
« La France, disait Emmanuel Levinas, est un pays auquel on peut s’attacher autant par le cœur, l’esprit que par les racines. »
Il y a de la place pour plusieurs amours dans un même cœur, mais une seule loyauté.
Nous avons tous un droit irrécusable à chérir nos origines, qu’elles soient languedociennes ou kabyles, mais notre seule fidélité doit être pour notre France.

Mes amis,
Il y a urgence à refonder notre école qui est au cœur de la transmission de nos valeurs.


Il faut remettre sur ses pieds tout un système qui marche sur la tête.
Ça veut dire mettre fin aux expérimentations hasardeuses des pédagogistes et redonner à l’école cette mission fondamentale qui est l’apprentissage des savoirs fondamentaux.
Ça veut dire en finir avec l’allègement permanent des programmes et des exigences, avec cette logique égalitariste qui détruit la vraie égalité des chances, car qu’est-ce que l’égalité des chances, sinon donner à tous les élèves, d’où qu’ils viennent, la possibilité de connaître et de comprendre ce que l’humanité a inventé, a découvert, a créé ?

Si nous continuons ainsi, où seront les ingénieurs, les scientifiques, et tout simplement les professionnels compétents de tous les secteurs dont a besoin une grande nation comme la France ?
On nous a tellement dit qu’il fallait remettre l’élève au centre du système.
Mais celui qui est au centre de la classe, c’est d’abord et avant tout le professeur !

Respecter l’élève, c’est faire qu’il sorte de l’école avec de vrais savoirs, avec un vrai bagage intellectuel, avec la capacité de choisir son métier quand il sera adulte.
Ce n’est pas lui faire croire qu’il peut construire tout seul son propre savoir et qu’il peut plaider la cause de ses fautes d’orthographe.
Ce n’est pas transformer les professeurs en animateurs dépourvus de toute autorité.

L’école sert à apprendre à lire, à écrire et à compter. Pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux, j’avancerai l’âge de la scolarité à cinq ans au lieu de six.


L’école doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.
L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.
Que dans certaines de nos écoles on s’interpelle suivant ses origines, c’est une régression de l’unité française, c’est une tribalisation de notre société !
Et cela je ne l’accepte pas car nous sommes d’abord tous français.
Je propose donc que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous égaux, tous Français. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

C’est une mesure de bon sens.
Là encore, regardons le monde autour de nous !
Je ne pense pas à seulement à tous ces pays anglo-saxons où vous savez bien que l’uniforme scolaire est la règle.

En Asie, en Afrique, en Amérique du sud, bref, dans tous ces pays pour qui le savoir est une conquête et l’école une chose sacrée, dans tous ces pays pour qui la discipline et le respect sont des valeurs nécessaires au développement, les élèves portent une tenue uniforme dans leurs établissements !
En France, la Guadeloupe, la Martinique et aussi la Guyane l’ont mis en place !
Cet uniforme scolaire, il reviendra à chaque établissement de le définir, comme il reviendra à chaque établissement d’inventer un état d’esprit, une communauté, un projet.

Au lieu d’une hiérarchie monolithique, trop souvent timorée, trop souvent éloignée des difficultés rencontrées sur le terrain, je veux qu’une plus grande liberté, une plus grande autonomie, une plus grande responsabilité soient laissées aux établissements scolaires et aux équipes qui les composent.
C’est cette liberté qui recréera les conditions de l’autorité dans l’enceinte des écoles.
Parce que les responsabilités seront plus directes, et pas diluées dans une chaîne infinie qui décourage la prise de décision.

C’est cette liberté qui redonnera du souffle à l’enseignement et à l’ambition de la réussite.

Il faut en finir avec ces grandes réformes pompeuses qui prétendent tout définir d’en haut, pour tout le monde, et qui ne satisfont jamais personne.
Pourquoi vouloir un jour que tout le monde fasse du grec et du latin, et le lendemain que plus personne ne puisse en faire ?
Il y a des élèves qui ont besoin d’un encadrement strict et d’autres qui en souffriront et ne s’épanouiront que dans une atmosphère plus libérale. Les cheminements de l’intelligence sont divers et il est normal que l’école respecte cette diversité.
Interrogez les grands mathématiciens, les grands physiciens, les grands chefs d’entreprise, les grands écrivains : il y a eu parmi eux des cancres et des premiers de la classe, des rêveurs et des bûcheurs.
Alors, je crois que les établissements doivent être libres de se choisir un style, une méthode, et les parents doivent être libres de choisir ce qui est le mieux adapté à leurs enfants.

Oui, je veux confier aux chefs d’établissement du second degré la possibilité de recruter une partie de leurs équipes.
Je veux valoriser les initiatives.
Je veux encourager les établissements publics et privés qui se battront pour la réussite avec des idées neuves, dans les zones urbaines sensibles et dans les territoires ruraux.

Je veux améliorer les traitements des enseignants, en maîtrisant les effectifs, en instaurant une part de rémunération au mérite, en donnant des possibilités de promotion accélérée aux professeurs des établissements difficiles, à ceux qui enseigneront une seconde matière et à ceux qui délivreront leurs cours dans une langue étrangère.

L’école qui devrait être le lieu par excellence de la reconnaissance des mérites et des efforts, est devenue celui du nivellement égalitariste par le bas aussi bien pour les élèves que pour les professeurs.
Et comment des professeurs qui souffrent de la dévalorisation de leur propre savoir peuvent-ils enseigner aux élèves qu’ils ont devant eux le goût de l’apprentissage et de l’effort intellectuel ?

Quel terrible paradoxe !

Il est urgent de remettre le système sur ses pieds en lui redonnant de la liberté, de l’autorité, c’est-à-dire en respectant l’intelligence de ceux qui se battent chaque jour pour transmettre notre patrimoine culturel et scientifique, et en réaffirmant bien haut la valeur de leur mission.

Mes amis,

Pendant des décennies, les Français ont pensé que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur. Aujourd’hui, ils pensent le contraire.
L’enjeu de cette élection, c’est de redonner des perspectives à la jeunesse.
Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.


Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.
Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a « pas de bol ».
Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça.
Et même si les voyages forment la jeunesse, je ne veux pas que l’expatriation soit pour vous le seul horizon de la réussite.
Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne. Mon ambition secrète n’était pas d’être président de la République, c’était de grimper tous les sommets de 4000 mètres d’Europe. Et je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.
Je n’ai pas fait de grande école, je n’avais pas de voie toute tracée, j’avais tout à inventer, tout à conquérir.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.

Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

L’avenir du travail c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.
Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde fait de révolutions en chaînes, dont celle du numérique.

Notre vie a déjà changé, elle va changer encore.
L’intelligence artificielle, l’impression 3D, la réalité augmentée, les nanotechnologies, la robotique, les progrès de la génétique, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente…

Saisissons-nous de ces progrès.
Ayons l’ambition d’être les premiers partout où nous pouvons l’être.
Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.

Je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.
Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.
Nous ne relèverons pas les défis de l’avenir en nous agrippant au statu quo.
Nous ne serons pas au rendez-vous du progrès avec nos vieux blocages, nos vieilles crispations, nos vieilles peurs.
Je veux porter l’audace du changement qui redonnera à la France sa grandeur et qui refera d’elle une force pour sa jeunesse.

Oui, la France doit renouer avec le sentiment de sa grandeur.
Je veux que la France fasse la course en tête.

Je veux que dans dix ans nous soyons la première puissance européenne.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.
La faiblesse n’est pas de mise.
Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.
Quelle est la mienne ?

C’est celle d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.
D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.
Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.
Le Président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.
Il n’est pas de domaine où la solitude du Président soit plus grande, pas de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requière autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.
Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Alignée sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du conseil de sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible mais la responsabilité de la France c’est de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.


J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdue en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralysent.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.
En un mot, mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis,
Nous sommes dans la dernière ligne droite.
Nous donnons tout.
C’est maintenant que tout se joue.
Les journées que nous allons vivre seront décisives et nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.
Cette bataille, nous pouvons la gagner et chaque jour qui passe, en voyant des foules toujours plus nombreuses, renforce ma conviction que nous allons la gagner !

J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.
Alors croyez-moi : la victoire vient à ceux qui y croient jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une conquête.

J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous avons un projet précis et puissant, un projet qui est le meilleur pour la France.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous aurons une majorité pour le mettre en œuvre.
Il faut que vous alliez partout pour dire que dans un mois, oui, dans un mois, notre pays peut se transformer enfin et qu’elle peut de nouveau étonner le monde.

Vous êtes des militants de la France.
Vous êtes le camp de la raison et de la nation.
Projet contre projet, argumentez, et vous verrez que le nôtre s’imposera comme une évidence.
Proclamez nos ambitions, affirmez vos valeurs, défendez vos convictions, brandissez-les comme un étendard.
La France debout, la France en tête, la France pour volonté et toutes nos volontés pour la France : voilà la devise de la victoire !
Vivre la République et vive la France !


François Fillon, le 14 avril 2017 à Montpellier.

Source : www.fillon2017.fr
 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 23:46

(verbatim)



Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse


Mes chers amis,

« Ô Toulouse », nous voici donc rassemblés pour dire à ceux qui en douteraient que la France est belle et qu’elle mérite que nous lui donnions autant qu’elle nous donne.

Merci à tous les élus ici présents qui m’accompagnent…

Merci à vous toutes et à vous tous pour votre fidélité et votre volonté de vaincre.

Cette volonté je l’ai aussi en moi et, tous ensemble, nous allons percuter les scénarios écrits par d’autres que nous.

Vous êtes la France libre, celle qu’on n’intimide pas, celle qui ne se résigne pas, celle qui ne se trompe pas d’enjeu : l’enjeu, c’est de redresser la France et plus de la gérer au fil de l’eau ; l’enjeu c’est de désigner un Chef d’Etat, et j’utilise ce terme de « Chef de l’Etat » à dessein, parce que la situation intérieure et internationale réclame de la force et du sang froid.

Au Moyen-Orient, la guerre fait rage et les Etats-Unis et la Russie ont engagé un bras de fer dangereux. Il revient à la France d’être la puissance qui parle à tous, la puissance qu’on respecte pour son indépendance et la sagesse de ses convictions.

Je suis prêt à assumer ce rôle.

Nous sommes 66 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants qui ont soif de réussite. 7 milliards d’habitants qui aspirent à bousculer la vieille hiérarchie des nations.

Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux.

Alors nous avons le choix : soit nous baissons les bras et dans dix ans nous ne serons plus qu’un musée de nos grandeurs anciennes, soit nous nous ressaisissons ensemble pour faire de notre pays le pays de l’action et de tous les succès.

Moi, j’ai choisi : mon objectif est de faire de la France la première puissance européenne d’ici à dix ans ! C’est-à-dire un pays qui produit, qui innove, qui donne du travail à tous ses citoyens.

Ici, à Toulouse, au cœur de notre industrie aéronautique et spatiale qui fait notre fierté, je dis que je crois à l’industrie !

Notre avenir n’est pas seulement dans une économie de services.

Il est aussi dans notre capacité à produire des satellites, des avions, des voitures, des trains, des bateaux, des matériels militaires, des biens de consommation, il est dans notre capacité à conserver notre indépendance énergétique, il est dans notre capacité à fabriquer français et à exporter français.

Ces dernières années, nous avons laissé l’industrie française s’affaiblir.

Nous avons toujours de grands leaders mondiaux mais ils produisent de plus en plus à l’étranger, pour éviter nos réglementations kafkaïennes et nos impôts paralysants.

Nous avons négligé l’honneur de l’industrie, l’honneur des travailleurs, l’honneur des ouvriers.

Je me bats pour les travailleurs de tous ces secteurs délaissés, qui refusent de voir le patrimoine industriel français s’éteindre ou passer sous la coupe des investisseurs internationaux.

Je me bats pour les travailleurs qui ont du courage face à l’adversité, qui sont fiers de leur métier. Pour ceux qui travaillent dur pour que leurs enfants vivent mieux qu’eux.

Ils ont droit au respect. Leur métier n’est pas moins noble qu’un autre.

On leur manque de respect quand on leur fait des promesses inconsidérées.

On leur manque de respect quand on renonce à défendre l’industrie française et européenne face aux règles bafouées du commerce international.

On leur manque de respect lorsqu’on prétend qu’avec la semaine à 32 heures on tiendra le choc de la compétition internationale.

On leur manque de respect lorsqu’on leur dit que le retour du franc sera favorable à notre outil industriel alors qu’il le privera des investissements nécessaires à sa survie et qu’il bouchera ses marchés européens.

On leur manque de respect lorsqu’on leur promet qu’aucune entreprise ne fermera, comme si l’Etat pouvait commander les carnets de commande.

Toutes ces balivernes ne sauveront pas notre industrie.

Ce qu’il faut faire, je vais vous le dire.

Il faut baisser les charges et les impôts qui grèvent le coût du travail pour le placer au même niveau que nos principaux concurrents européens, et pas seulement sur les bas salaires car nos ingénieurs doivent également être valorisés.

Je réduirai massivement les charges sociales et fiscales qui pèsent sur la compétitivité des entreprises françaises, et, parallèlement, je réduirai les charges payées par les salariés afin d’augmenter leur salaire net.

Il faut impérativement favoriser l’investissement qui est le nerf de la guerre pour que nos industries puissent innover et conquérir des marchés.

Je préfère un capitalisme français qui investit en France plutôt que de voir nos plus beaux fleurons rachetés par l’étranger.

Je réduirai l’impôt sur les sociétés, je supprimerai l’ISF, je permettrai la déduction de l’impôt sur le revenu jusqu’à 30 % des montants investis dans des PME et des start-up innovantes, j’orienterai 50 Md€ des encours des contrats d’assurance vie vers le capital des PME, et je favoriserai la transmission des entreprises familiales en suspendant tous les droits tant que l’entreprise reste dans la famille.

Si la France disposait d’un réseau de PME puissantes et exportatrices à l’égal de l’Allemagne, ce serait 1 million d’emplois de plus que nous pourrions offrir à nos jeunes.

Ce qu’il manque à nos PME c’est du capital, c’est de l’innovation, c’est de la souplesse, c’est des jeunes bien formés.

Le capital, je viens d’en parler.

L’innovation, c’est le crédit impôt recherche que mon gouvernement avait renforcé et qui s’est révélé être une réussite. Mais il faut aussi des liens beaucoup plus étroits avec les laboratoires de recherche et avec les universités.

Au sein de leur conseil d’administration, des entrepreneurs doivent pouvoir participer à la définition des cursus universitaires et des objectifs de recherche appliquée.

La souplesse, c’est le recentrage des 3.400 pages de notre code du travail sur les seules normes sociales fondamentales. Le reste doit être renvoyé à la négociation dans les entreprises, là où l’entrepreneur et les salariés savent de quoi ils parlent.

Il faut sortir des 35 heures, doubler les seuils sociaux, débureaucratiser la vie des entreprises.

Enfin, la formation de notre jeunesse est capitale pour nos industries. Le Bac pour tous c’est bien, mais un emploi pour tous c’est encore mieux.

Notre jeunesse, c’est un préalable, doit être réconciliée avec la valeur travail.

Franchement, est-on au rendez-vous de la jeunesse et de son énergie lorsqu’on vante les prétendus mérites du revenu universel ? Est-il enthousiasmant de lui proposer de travailler moins et de partir le plus tôt possible à la retraite ?

Le travail est une valeur d’émancipation, une valeur de liberté.

Le courage et le mérite sont des vertus qui appartiennent à chacun. Là où le travail est dévalorisé, ce sont les privilèges de la naissance qui commandent.

Je veux faire de l’apprentissage, de l’alternance, une voie d’excellence pour décrocher un travail. Il faut améliorer l’information des jeunes et des parents sur les formations et les métiers à l’échelle de chaque bassin d’emploi.

Il faut confier, non plus à l’Education nationale, mais aux Régions et aux branches professionnelles la gestion de l’enseignement professionnel. Et puis, il faut une exonération totale des charges patronales sur les contrats en alternance.

Mes amis,

Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire industrielle : la vapeur et l’électricité, l’atome, le nucléaire civil, la médecine, l’aéronautique, l’espace !

Je veux que la France soit à la pointe des industries du futur, et particulièrement dans la nouvelle révolution industrielle que représente le numérique.

Le pétrole du 21ème siècle est la data. Les drones, l’impression 3D et les objets connectés seront bientôt partout.
L’intelligence artificielle, la réalité augmentée, la blockchain, le data cloud, le machine learning nous font basculer dans une ère nouvelle.

Avec le numérique, les processus de création de valeur sont totalement transformés.

Le logiciel s’impose dans tous les business models.

L’économie s’organise en « plateformes ». La « disruption » est omniprésente.

Des centaines de millions de consommateurs connectés deviennent producteurs de données.

Des modèles d’affaires vieux de plusieurs décennies sont remplacés en quelques mois. De nouvelles activités et de nouveaux métiers surgissent à une vitesse époustouflante.

Les effets positifs de cette révolution en matière de santé, d’environnement, de qualité de vie dépassent notre imagination.

Avec le numérique, des centaines de milliers de nouveaux emplois apparaîtront.

Dans cette révolution, la France a des atouts exceptionnels : des entrepreneurs dynamiques, une recherche de niveau mondial, notamment en mathématiques et en informatique, des grands groupes solides et ouverts sur le monde.

Et pourtant nous sommes en retard, mais c’est rattrapable !

Il faut que le prochain Google naisse et se développe en France et en Europe ! Il faut que le CAC 40 des années 2050 soit peuplé de géants du numérique issus de nos start-up actuelles !

Tout cela est possible.

Nous avons un secteur culturel foisonnant, des artistes et des créateurs talentueux : devenons un leader mondial des industries culturelles numériques !

Nous avons l’agriculture la plus puissante d’Europe : soyons à la pointe en matière de numérisation des techniques agricoles !

Nous avons une santé et une médecine parmi les meilleures au monde : soyons à l’avant-garde de l’e-santé et de la télémédecine !

Nous sommes 26èmes sur 28 pays en Europe pour le déploiement du Très Haut Débit.

C’est inacceptable !

Je veux que, d’ici la fin du quinquennat, 100% du territoire soit couvert en Très Haut Débit fixe et mobile.

Nous lancerons la 5G dès 2020, conformément au calendrier européen. La France ne peut pas se permettre de retard sur cette technologie stratégique.

La formation au numérique tout au long de la vie est une nécessité absolue : Nous lui consacrerons un effort à tous les niveaux, au collège, au lycée, dans l’enseignement supérieur, dans la formation professionnelle.

Et je veux créer de nouvelles filières de formation, d’apprentissage et de recherche pour répondre aux besoins des entreprises dans les métiers du numérique, dans l’intelligence artificielle, la blockchain, la cyber sécurité, l’e-santé, le big data.

En France, nous ne manquons pas de start-up, nous manquons de « licornes » !

BlaBlaCar, OVH, SigFox, Talend, VentesPrivées sont de magnifiques réussites, mais restent des exceptions. Il nous en faut beaucoup plus !

Je veux créer un cadre juridique et fiscal qui permettra à nos entreprises de se développer chez nous. Elles ne doivent plus être contraintes d’aller chercher ailleurs les financements qu’elles ne trouvent pas chez nous.

Notre épargne ne doit pas rester stérile, elle doit fertiliser nos entreprises !

La sphère publique doit elle aussi s’engager dans la transformation digitale. Elle doit mieux accompagner les start-up et les entrepreneurs.

L’innovation ne naît pas dans les ministères mais dans les garages, les amphis des universités, dans les labos.

Bref, là où il y a un grain de folie et de rêve. Les entrepreneurs ont besoin de souplesse, ont besoin d’un droit à l’expérimentation. Et l’économie collaborative a besoin de liberté, d’initiative, de spontanéité. Il faut parfois savoir attendre avant de réguler.

En revanche, il nous faut aller plus loin dans la dématérialisation des procédures administratives.

Plus loin dans l’open data, dans « l’Etat plateforme ». Plus loin dans les partenariats entre sphère publique et start-up. Plus loin dans le rapprochement entre recherche publique et expertise industrielle.

Mais notre stratégie doit aussi être européenne.

Nous devons viser une véritable souveraineté numérique européenne.

Face aux risques de cyberattaques, je veux construire avec nos partenaires une véritable filière des infrastructures européennes du numérique, du microprocesseur jusqu’aux software.

Pour que nos start-up, avant de partir à la conquête du monde, aient accès à un vrai marché européen, comme leurs concurrentes américaines et chinoises, je prendrai des initiatives de coopération renforcée avec l’Allemagne pour doter nos deux pays et l’Union européenne d’une régulation unifiée et de normes et de standards communs, sans attendre que ceux des grands groupes américains s’imposent à nos entreprises.

Enfin, parce que nous n’avons pas vocation à devenir une colonie numérique, et que je crois à la concurrence loyale, j’agirai pour mieux prévenir l’optimisation fiscale des géants du numérique.

Il y a un domaine où toutes ces révolutions en chaînes produiront des progrès particulièrement décisifs : c’est le développement durable.

Le numérique, mais aussi les nanotechnologies, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente : à nous de nous saisir de ces avancées !

Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, les transports, les processus de production, le traitement des déchets.

Voilà les mesures essentielles au développement de l’industrie française. J’y ajoute la nécessité de se protéger contre la concurrence déloyale.

Assez de naïveté et d’angélisme en matière de commerce international.

Il n’y a pas de honte à utiliser nos droits de douane lorsque nos intérêts stratégiques l’exigent et lorsque la réciprocité des échanges n’est pas garantie.

Moi, je n’étais pas favorable et je ne suis pas favorable au projet d’accord de libre-échange avec les Etats Unis, du moins tant que les Etats-Unis continueront d’imposer la législation américaine sur toutes les entreprises européennes.

Il y a trois ans, une amende de 9 milliards de dollars est tombée sur une banque française pour avoir méconnu la législation américaine.

Des centaines d’entreprises européennes vivent sous la menace de sanctions similaires, complètement injustifiées au regard du droit international comme des règles européennes.

L’Europe doit s’organiser pour ne plus subir les règles du jeu américaines de façon unilatérale.

Faisons respecter nos lois fiscales par toutes les multinationales qui s’intéressent à notre marché intérieur !

Protégeons nos entreprises, nos PME, nos emplois.

Exigeons la réciprocité sur l’ouverture des marchés publics : l’Europe ouvre les siens à 95% aux entreprises étrangères, les Etats-Unis à 30% : c’est déséquilibré.

Enfin nous devons combattre le dumping social à l’intérieur de l’Union européenne en exigeant que le coût des travailleurs détachés soit strictement identique à celui des nationaux.

Voilà, mes chers amis, comment on doit agir pour notre industrie.

Je suis le seul à proposer cela.

Mes adversaires ont tous capitulé.

Ils ont renoncé à défendre l’idée de la production. Ils ont renoncé à l’industrie française.

Ils veulent accentuer la politique de réduction du temps de travail, alors que si aucun pays au monde ne l’a imitée, c’est bien la preuve qu’elle n’est en rien une solution.

Ils veulent fermer nos frontières sans se soucier des représailles ruineuses pour nos industries exportatrices.

Ils veulent alourdir notre droit du travail alors que c’est lui, par ses lourdeurs et sa complexité, qui dissuade les embauches.

Ils veulent taxer les robots, alors que nous en avons besoin pour être plus compétitifs face à l’armée immense des ouvriers asiatiques.

Ils veulent multiplier les dépenses et les aides publiques alors que nous sommes au bord d’une faillite financière qui seraient catastrophique pour notre pays, et en premier lieu pour les travailleurs.

Moi je veux réhabiliter le travail pour rendre possible la prospérité.

La France n’est pas devenue l’une des grandes puissances du monde par hasard.

Il a fallu des siècles d’acharnement au travail ; il a fallu le génie de nos entrepreneurs, de nos ingénieurs, de nos agriculteurs, mais aussi le courage de nos ouvriers.

Nous sommes les héritiers de ces générations de travailleurs. Nous sommes la somme de toutes leurs énergies qui se sont déployées pour aller chercher le progrès.

Rien ne nous autorise à penser que notre génération n’a pas, elle aussi, sa part d’effort à accomplir pour avoir sa place dans l’Histoire de France.

C’est cet effort collectif qui nous permettra de garantir notre solidarité sociale.

Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ?

Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2.200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social !

Moi, je me bats pour une France productive, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, se faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis.

Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et populaires et sur celles de nos enfants.

Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron…

Mais où est l’intérêt national dans tout cela, où sont les bases sérieuses de notre redressement économique et social ?

Nulle part ! Leur objectif est d’être élu quel qu’en soit le prix, ça n’est pas de redresser notre pays.

Mes amis,

Pour reconstruire la puissance française, nous devons consolider notre communauté nationale.

Et la première priorité, c’est de retrouver la fierté de notre histoire, de nos valeurs, de notre culture.

Je dénonce cette idéologie du déni de soi, ce discours pénitentiel qui fait douter les Français d’eux-mêmes.

Peut-on s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture, pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

Non, soyons fiers d’être français et redressons les piliers de la République !

Je veux mettre la France en ordre.

Dans trop de « quartiers », les dealers et les salafistes ont imposé leurs lois contre celles de la République.

Dans les zones rurales, on voit poindre une violence inédite.

La sécurité ne doit pas être luxe. Elle est un droit fondamental.

Pour nos policiers, gendarmes, militaires, je veux du respect. Du respect pour leur courage. Du respect pour leur uniforme.

Ils pourront compter sur moi. Je ferai voter une loi de programmation et de modernisation qui engagera les investissements, les effectifs et les équipements dans les domaines de la sécurité et de la justice.

Elle prévoira 1 milliard d’euros supplémentaires sur la durée du quinquennat. Cette somme importante permettra d’accroitre les moyens d’intervention.

Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.

Il faudra redéployer des moyens là où c’est absolument nécessaire mais il faut aussi changer cet état d’esprit qui nous a conduits à démanteler l’idée même de l’autorité.

Il faut le faire dans les familles qui doivent assumer leurs devoirs vis-à-vis de leurs adolescents qui partent à la dérive, si nécessaire en suspendant leurs allocations familiales.

Il faut le faire à l’école.

Beaucoup de nos professeurs n’arrivent plus à transmettre des connaissances, et se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques hasardeuses.

L’école, je veux la recentrer sur l’apprentissage des fondamentaux : apprendre à lire, écrire, compter, enseigner le récit national et les valeurs de la République.

L’école de la République, je veux la voir symbolisée par la tenue d’une tenue scolaire rappelant à tous les enfants de France qu’ils sont égaux, quelles que soient leurs origines et leurs conditions sociales.

Enfin, je veux que la République soit… française.

Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.

Autrefois, le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.

Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting-pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.

Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.

Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Ensuite, il faut rappeler que les valeurs de la République ne sont pas négociables.

Il faut prouver qu’un islam des Lumières, un islam de progrès, est possible. Nous allons le faire avec nos compatriotes musulmans qui doivent se soulever contre l’obscurantisme et nous aider à faire le ménage.

Je veux que l’Etat ait l’autorité nécessaire pour défendre les valeurs du progrès et de la raison.

Pour interdire les prêches emplis de haine.

Pour rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.

Pour dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est le sens premier de la laïcité.

Mes amis,

Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.

La faiblesse n’est pas de mise.

Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.

Quelle est la mienne ?

C’est celle d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.

D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.

Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le Président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.

Le Président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.

Il n’est pas de domaine où la solitude du Président soit plus grande, de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requière autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.

Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.

Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.

Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?

En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.

Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.

Qu’en a fait François Hollande ?

Aligné sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du conseil de sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.

Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible et on ne peut qu’y adhérer au nom de la révolte que nous inspire la cruauté du régime syrien. Mais la responsabilité de la France c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.

J’augmenterai les moyens de nos forces armées.

Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.

Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.

J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.

Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.

Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.

Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.

Mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes chers amis,

C’est maintenant que tout se joue. Nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.

Avant de partir au combat, les soldats de l’an II gravaient « Vive la Nation » sur l’acier de leurs sabres. Pensons à cette devise. Celle d’un peuple uni, toujours courageux quand il s’agit de surmonter les épreuves.

Je crois au souffle de la Nation qui pousse toujours nos voiles vers le large. Je crois à une Nation indivisible, fille de Jeanne d’Arc et de De Gaulle, souveraine par destin et universelle par vocation.

Nous voici donc, mes amis, non pas à la fin d’une campagne, mais au début d’une grande aventure !

Alors tous à l’action, regroupez vos forces, faire grandir votre fierté, libérez votre ardeur et faites de votre volonté l’étincelle de tous les volontés françaises.

Vive la République ! Vive la France !

François Fillon, le 13 avril 2017 à Toulouse.

Source : www.fillon2017.fr

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 06:57

« Il dit être réformateur ; a priori, il l’est moins que moi ! Il fait croire qu’il est seul et qu’il vient de nulle part ; en réalité, il a fait le programme de Monsieur Hollande, mais aussi une grande partie de sa politique… Il est parti pour une échappée en solitaire, mais ses équipiers ne sont pas loin. Qui sont-ils ? Eh bien, c’est toute l’équipe gouvernementale de Monsieur Hollande… Bonjour la nouveauté ! Macron, c’est le sortant. Macron, c’est le bilan de Hollande. Macron, c’est surtout le prototype des élites qui ne connaissent rien à la réalité profonde de notre pays. » (François Fillon, le 29 janvier 2017 à la Villette, à Paris).



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Il n’y a pas eu de bougie, mais le candidat et ancien ministre Emmanuel Macron a fêté le premier anniversaire de la création de son mouvement En Marche par sa participation à "L’émission politique" sur France 2 le jeudi 6 avril 2017, animée par Léa Salamé et David Pujadas. En un an, il est vrai, le trajet fut rapide pour cet inconnu de la classe politique il y a cinq ans qui a réussi à fédérer un nouveau parti politique de plus de 240 000 membres (242 730 revendiqués au 7 avril 2017) et surtout, qui est parvenu, au fil des semaines, à devenir le favori des sondages à l’élection présidentielle, une position pas forcément très confortable d’ailleurs.

Il était certes à l’aise car il a un réel talent dans la communication politique. Mais lorsqu’on essaie d’approfondir ses réflexions ou propositions, souvent, cela tombe en creux. C’est le cas de très nombreux sujets, et comme c’était l’actualité, le premier sujet était la Syrie.


Va-t-en-guerre en Syrie ?

La situation internationale est très tendue. L’armée syrienne de Bachar El-Assad aurait fait une attaque aux armes chimiques à Khan Cheickhoun le 4 avril 2017, ce qui aurait provoqué au moins 86 morts (dont 30 enfants). Lors de l’émission n’avait pas été connue l’intervention militaire américaine décidée par Donald Trump qui a fait envoyer 50 missiles sur une base aérienne syrienne tuant une dizaine de personnes (la Russie et par elle, la Syrie, ont été averties du raid, ce qui a permis de protéger leurs hommes et avions).

Qu’a dit Emmanuel Macron ? Qu’il fallait intervenir militairement contre Bachar El-Assad. Mais sans préciser où envoyer les bombes. Car aussitôt après, il a expliqué qu’il fallait que cela se fasse dans le cadre de l’ONU, donc, autant dire que cela ne se passera jamais puisque la Russie, alliée de la Syrie, y mettra son veto.

Les journalistes ont pourtant insisté pour faire clarifier la position d’Emmanuel Macron, mais sans succès. Pour le candidat, c’était un moyen de montrer sa fermeté régalienne à bon compte, puisque de toute façon, une intervention ne pourra jamais se faire dans le cadre de l’ONU.

Le lendemain, d’ailleurs, ses soutiens ont approuvé l’intervention américaine unilatérale, comme d’ailleurs des membres du gouvernement socialiste actuel (notamment Ségolène Royal). Pourtant, cette escalade de la violence, malgré l’émotion, n’est pas vraiment raisonnable et pourrait faire combattre directement des soldats américains contre des soldats russes, ce qui serait une première depuis plus de soixante-dix ans.

En cela, Emmanuel Macron ne se distingue pas beaucoup ni de François Hollande, ni de leur lointain prédécesseur socialiste, Guy Mollet, qui était un atlantiste notoire. Deux candidats défendent cette option très américaine de la guerre (imprudente) contre Bachar El-Assad, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Cela n’a pas empêché Emmanuel Macron d’insister sur les nuances, sur la complexité de la situation.


"Il faut être clair" + "mais en même temps"

C’est d’ailleurs une véritable marque de fabrique du "produit Macron" : la situation en tout domaine est si complexe que pendant les deux heures trente de l’émission, il disait systématiquement « Il faut être très clair en la matière. » comme si ce n’était jamais clair, ce qu’il disait (sinon, inutile de le préciser), et après un laïus, il lâchait un « mais en même temps » et il disait l’inverse.

Ce type de rhétorique, histoire de plaire à tout le monde, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, pourrait faire des sketchs hilarants à la Pierre Dac, mais là, ce n’est pas un spectacle comique, c’est une campagne présidentielle et l’histoire est grave, on le voit pour la Syrie ou les attentats (comme celui de Stockholm ce 7 avril 2017 après ceux de Saint-Pétersbourg et de Londres). Donc, cela ne fait pas rire.

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Je peux énumérer les sujets qui déclinent ce genre de réflexions qu’il veut considérer complexes mais qui sont surtout ambivalentes. C’est une sorte d’arnaque intellectuelle, certes assez habile, mais quand même un peu trop voyante (la chroniqueuse Charline Vanhoenacker l’a d’ailleurs dénoncé à la fin de l’émission).

La Syrie ? Il faut intervenir militairement contre Bachar El-Assad MAIS dans le cadre d’une résolution de l’ONU (donc impuissance : les Américains n’ont pas attendu l’ONU).

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Il faut le construire car les électeurs se sont prononcés par référendum MAIS je vais nommer un médiateur car les zadistes ne veulent pas évaluer les lieux et cela risque de provoquer des troubles à l’ordre public.

Les retraites ? Je veux réformer les retraites MAIS je ne touche pas à l’âge de la retraite ni au nombre d’annuités (ce qui a pour conséquence soit d’augmenter les cotisations sociales, soit de faire baisser les pensions).

Les 35 heures ? Je suis contre les 35 heures MAIS je ne fais aucune loi pour y toucher.

Le nucléaire ? Je suis pour l’énergie nucléaire, le meilleur moyen d’éviter l’énergie carbone MAIS je veux diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité et je suis pour la fermeture de la centrale de Fessenheim.

L’ISF ? Je suis contre et je le supprime pour les actionnaires MAIS je le maintiens pour les propriétaires de biens immobiliers (tant pis si l’on manque de logements et d’investisseurs locatifs).

Les finances publiques ? Je dis qu’il faut réduire la dette publique MAIS je dis aussi que c’est en ce moment la meilleure conjoncture pour emprunter à faible taux et pour investir (50 milliards d’euros).

Bref, pour plaire et racoler les électeurs, je dis tout MAIS je dis aussi son contraire (au cas où).


Le programme Macron et la dette publique

Sur la dette publique, justement, le journaliste économique François Lenglet a fait quelques estimations du programme d’Emmanuel Macron, et quand il avait un doute sur l’estimation de certains coûts, il a pris les estimations d’Emmanuel Macron lui-même pour ne pas lui être trop défavorables. Et il a fait un essai de budget pour l’année pleine 2018 (la vraie première année budgétaire du prochain quinquennat).

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Il a calculé 34,0 milliards d’euros de recettes nouvelles du programme d’Emmanuel Macron, dont 21,5 milliards d’euros de hausse de la CSG (on le dit peu), 2,5 milliards d’euros de fiscalité verte et 10,0 milliards d’économies budgétaires (dont la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires). Mais il y aurait 70,1 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, ce qui ferait un coût du programme de 36,1 milliards d’euros à rajouter au déficit courant de 70,0 milliards, ce qui ferait qu’en 2018, au lieu d’être réduite, la dette de la France augmenterait de 106,1 milliards d’euros (en une seule année !).

En clair, Emmanuel Macron n’est pas près de résorber le déficit budgétaire (tandis que François Fillon a tablé dans son programme sur un déficit zéro en 2022).


"J’assume" + "aller sur un camion"

Le reproche fait régulièrement par les opposants d’Emmanuel Macron, et en particulier par les fillonistes, c’est de le considérer comme l’héritier de François Hollande à qui il doit tout (de sa notoriété politique à ses responsabilités dans l’État). Cela signifie aussi qu’il est le comptable du bilan du quinquennat Hollande. D'ailleurs, François Hollande l'a confirmé ce jeudi 13 avril 2017 dans une interview au journal "Le Monde", en souhaitant la victoire du fils qu'il aurait voulu avoir.

Il faut dire que si l’on regarde ses soutiens, ceux qui sont encore "dans l’actualité", ce sont surtout des élus ou ministres proches de François Hollande : Manuel Valls, Jean-Yves Le Drian, Bertrand Delanoë, Gérard Collomb, François Patriat, François de Rugy, Nicole Bricq, Thierry Braillard, Barbara Pompili, Daniel Vaillant, Malek Boutih, Christophe Caresche, Frédéric Cuvillier, etc. Les personnalités "de droite" ou même communistes qui ont rallié Emmanuel Macron n’étaient plus en situation d’avoir une réelle influence dans leur propre parti, au contraire de ces responsables socialistes ralliés.

Emmanuel Macron n’a pas caché évidemment sa trajectoire, qui l’a amené à conseiller le candidat François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012 puis à devenir son secrétaire général adjoint à l’Élysée du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014 puis son Ministre de l’Économie du 26 août 2014 au 30 août 2016. "Mais en même temps", il lui aurait dit deux fois "non", une fois en quittant l’Élysée pour désaccord et une autre fois en quittant le gouvernement.

En fait, la question aurait été : si Emmanuel Macron avait été tant en désaccord avec François Hollande sur sa politique qu’il a quitté son poste de collaborateur auprès de lui, pourquoi a-t-il donc accepté de revenir par la grande porte d’un ministère quelques jours plus tard ?

Sa démission du cabinet de François Hollane serait plutôt la conséquence soit de sa déception de ne pas avoir été nommé ministre dans le premier gouvernement de Manuel Valls, soit de ne pas avoir été nommé secrétaire général de l’Élysée lors du départ de Pierre-René Lemas qui a été remplacé par Jean-Pierre Jouyet, bon connaisseur des questions économiques et européennes et ancien ministre de François Fillon.

De même, sa démission de ministre ne provient pas d’un désaccord, sinon, il aurait dû démissionner au moins le 6 avril 2016 quand il a créé son parti En Marche. Sa démission le 30 août 2016 faisait partie de sa stratégie de campagne avant sa déclaration de candidature. Il avait d’abord besoin de savoir si sa candidature pouvait "prendre", ce qu’il a pu voir à la Mutualité le 12 juillet 2016. Pourquoi quitter le navire à quelques mois de la fin du quinquennat ? Pour les idées ? et c’était seulement à la fin du quinquennat qu’il s’en serait aperçu ?

Donc, sur sa proximité avec François Hollande, Emmanuel Macron dit : « J’assume ! » MAIS il n’a pas hésité à lui envoyer quand même un scud pour dire : « Que voulez vous que je fasse ? Je vais aller sur un camion et dire qu’avec moi, ça ne va pas fermer ?! » quand il a répondu au réalisateur François Ruffin sur son silence à propos de l’usine Whirlpool à Amiens (sa ville natale). Allusion peu courtoise à la campagne de François Hollande en 2012 à propos des salariés de Florange (rappelons qu’à l’époque, celui qui le conseillait dans sa campagne pour les affaires économiques s’appelait …Emmanuel Macron !).


Attaques contre François Fillon

Le meilleur moment de cette émission du 6 avril 2017 fut la confrontation avec Bruno Retailleau, proche de François Fillon, sur ses trajectoires en zigzags (Bruno Retailleau n’était d’ailleurs pas loin de comparer Emmanuel Macron à une bécasse !).

Emmanuel Macron a eu donc plusieurs fois l’occasion d’attaquer François Fillon, pas forcément de façon pertinente dans la mesure où les attaques arrivaient quand il avait du mal à s’expliquer sur le flou de ses intentions ou positions.

Ainsi, sur la Syrie, il a fustigé la supposée amitié de François Fillon avec Vladimir Poutine (en le mettant dans le même sac que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, montrant une communauté de vue avec Benoît Hamon), ou encore en évoquant ses costumes, et même en mettant en doute l’esprit républicain de son adversaire, lui reprochant à tort de remettre en cause la laïcité, d’être machiste, de vouloir revenir dans les années 1950, etc., typiquement ce qu’une "gauche qui se croit morale" reproche depuis des décennies à la droite quand elle est à court d’arguments.

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Emmanuel Macron a aussi reproché à François Fillon de ne pas avoir voté pour le Traité de Masstricht le 20 septembre 1992 (ce qui est vrai, François Fillon, proche de Philippe Séguin, avait suivi les positions de celui-ci, mais les deux ont été convaincus de l’intérêt de l’euro une fois mis en place). Ce qui fait doucement sourire, c’est qu’Emmanuel Macron non plus n’a pas voté pour le Traité de Maastricht. Parce qu’à l’époque, il n’avait pas encore le droit de vote, il n’avait que 14 ans !

Étrange aussi, cette phrase d’Emmanuel Macron qui se considère comme plus réformateur que François Fillon : « Fillon fait des petites réformes ! ». Un argument qui devrait rassurer ceux qui pensent que François Fillon bouleversera le système social français.


La "société civile"

Autre marotte d’Emmanuel Macron, la "société civile" par opposition à la "classe politique". Répétons une fois encore que je déteste cette expression qui laisse entendre que les personnalités politiques seraient soit des militaires, soit des membres d’un clergé. Non, la politique fait partie intégrante de la société civile (heureusement, pas de junte militaire au pouvoir ni de théocratie). Mais quelle en est la définition exacte ?

Lui-même, était-il de la "société civile" lorsqu’il est devenu conseiller du prince ? puis ministre ? Ou était-il dans le moule politique depuis suffisamment longtemps pour ne plus être "société civile" ? Christian Estrosi, Xavier Bertrand, Bernard Debré, Jean Leonetti, Bernard Accoyer ou même Jérôme Cahuzac sont-ils "société civile" ou seulement des élus voire ministres ordinaires ayant eu un métier ? Et Édouard Balladur ? Dominique de Villepin, jamais élu ? etc.

Emmanuel Macron, tout content de ses invités, a donc pu "montrer" aux téléspectateurs les 14 premiers candidats investis par lui aux élections législatives (là, on a bien un "centralisme démocratique", officiellement, c’est En Marche qui investit, mais Emmanuel Macron a plusieurs fois affirmé que c’était lui qui donnait les investitures). Son objectif est d’investir la moitié de candidats "issus de la société civile" et de nommer au gouvernement aussi la "société civile".

Et il a cité l’exemple de nommer un médecin au Ministère de la Santé. On lui a alors demandé s’il nommerait aussi un ouvrier au gouvernement. Alors, fidèle à sa politique du zigzag, il a fait deux pas de recul en disant qu’il ne faut pas non plus ne nommer que de la "société civile" et a montré un modeste agriculteur parmi ses candidats investis pour dire qu’il n’oubliait pas les ouvriers.

Nommer un médecin à la Santé ? Quelle innovation ! Sans revenir au temps de Clemenceau qui disait que la guerre était trop importante pour nommer un général au Ministère de la Guerre, cette idée de la "société civile" n’a rien de nouveau, elle date même, dans sa version moderne, de plus de quarante ans (si j’exclus l’épopée gaullienne un peu particulière).

Tous les Présidents de la Ve République ont usé de cette ficelle de la "société civile". De Gaulle s'en est servi pour utiliser les compétences de hauts fonctionnaires ou de grands ingénieurs. Valéry Giscard d'Estaing a été le premier à en faire un "usage" moderne, à savoir pour rendre le gouvernement à la fois plus représentatif (en le féminisant notamment) et plus populaire. Ses successeurs ont continué dans cette voie.

Charles De Gaulle : André Malraux, Maurice Couve de Murville, Edmond Michelet, Jean-Marcel Jeanneney, Pierre Messmer.
Georges Pompidou : Maurice Druon.
Valéry Giscard d’Estaing : Simone Veil, Françoise Giroud, Monique Pelletier, Lionel Stoléru, Raymond Barre, Marcel Bigeard, Jean-François Deniau, Louis de Guiringaud, Jean Mattéoli, Michel Debatisse, Jean Sauvagnargues.
François Mitterrand : Alain Bombard, Roger Bambuck, Hubert Curien, Haroun Tazieff, Alain Calmat, Bernard Tapie, Bernard Kouchner, Pierre Arpaillange, Roger Fauroux, Jacques Chérèque, Alain Decaux, Léon Schwartzenberg, Gérard Renon, Émile Biasini, Michel Gillibert, Kofi Yamgnane, Jean-Noël Jeanneney, René Teulade, Georges Kiejman, Nicole Questiaux, André Henry, Claude Cheysson, Pierre Dreyfus, Robert Badinter, Max Gallo.
Cohabitation Jacques Chirac : Jean-Bernard Raimond, François Guillaume, Georges Chavanes, Claude Malhuret,
Jacques Chirac : Guy Drut, Claudie Haigneré, Jean-François Lamour, Francis Mer, Dominique Versini, Thierry Breton, Azouz Begag, Corinne Lepage, Xavier Emmanuelli, Noëlle Lenoir, Luc Ferry, Christine Lagarde.
Cohabitation Lionel Jospin : Claude Allègre.
Nicolas Sarkozy : Frédéric Mitterrand, Bernard Laporte, David Douillet, Rama Yade, Chantal Jouanno, Jeannette Bougrab, Martin Hirsch, Fadela Amara.
François Hollande : Audrey Azoulay, Yamina Benguigui, Fleur Pellerin.

J’en ai probablement oublié, et en restant seulement de la période à partir de 1974, on constate qu’à part trois personnalités, aucun de ces ministres dits de la "société civile" n’est resté dans l’histoire des gouvernements et n'a beaucoup influené la vie politique. Ces trois personnalités d'exception sont Raymond Barre, Simone Veil et Robert Badinter.

Emmanuel Macron, recyclage de vieilles ficelles en même temps que des personnages politiques sur le déclin ?


Ambitieux dès l’âge de 20 ans

Emmanuel Macron a reconnu que dès le plus jeune âge, il avait voulu avoir un destin national et son ambition s’est plus aiguisée à partir de ses 20 ans. On ne doute pas que pour vouloir être candidat à l’élection présidentielle, il faut avoir une certaine dose d’ambition personnelle et de confiance en soi.

Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron était souvent en défensive, à se justifier souvent et à préférer prendre du temps pour expliquer son propre patrimoine (il a gagné beaucoup d’argent MAIS il a un patrimoine qui dépasse à peine celui de Philippe Poutou) à exposer comment il éviterait des délocalisations chez Whirlpool.

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Il n’y a aucun mal à cette dérive narcissique, tous les candidats sérieux à une élection présidentielle l’ont ou l’ont eue. Ce qui peut faire réfléchir, en revanche, c’est la capacité d’infantilisation et de condescendance qui peuvent apparaître dans les relations qu’il peut entretenir avec ses militants. Cela laisserait augurer qu’au-delà de l’apparence « atrocement sympathique » selon l’expression de Luc Ferry (ancien ministre "société civile") le 7 avril 2017 sur LCI, Emmanuel Macron pourrait se "giscardiser" pendant sa Présidence.

Car à part quelques conseillers en communication, quel est le véritable lien entre Emmanuel Macron et les Français ? C’est cela l’essentiel dans la désaffection des Français pour leur classe politique, le trop grand fossé entre les gouvernants et les gouvernés. En n’ayant jamais géré aucune mairie, conseil départemental ou régional, et en n’étant pas même élu en général, Emmanuel Macron n’a pas eu de contact ni d’histoire avec ses électeurs jusqu’à maintenant. Et à l’Élysée, ce sera trop tard, le contact sera forcément rompu à cause du protocole et de la sécurité.

Dans sa campagne, tout repose sur sa seule personnalité, rien sur son équipe de personnes sans doute très estimables mais soit inexpérimentées, soit provenant de la Hollandie, rien sur son programme en zigzag, sans tradition d’une philosophie politique, sans s’inscrire dans un mouvement historique, sans expérience du pouvoir (celle qui a déjà fait tant défaut à François Hollande et son premier Premier Ministre Jean-Marc Ayrault).

Emmanuel Macron est donc, en 2017, le représentant de ce mythe français de l’homme providentiel. Est-ce vraiment dans cette voie que les Français veulent avancer ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron, le clair-obscur.
Le soutien de Manuel Valls.
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
L’auberge macrospagnole.
Analyse du programme d’Emmanuel Macron.
Le programme d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Les onze candidats.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
L’héritier de François Hollande.
Autorité et liberté.
François Bayrou se maconise.
La démocratie française est devenue quantique (24 avril 2007).
La réduction du paquet d'onde centriste (10 mai 2007).
Comptes à débours.
Emmanuel Macron va-t-il dynamiter la présidentielle 2017 ? 
Emmanuel Macron est-il de gauche ?
Bernard Cazeneuve.
Benoît Hamon.
François Fillon.
Primaire socialiste de janvier 2017.
Les investissements productifs.
La France archaïque.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
François Hollande.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

_yartiMacron2017040606



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170406-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-le-clair-obscur-du-191645

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/13/35148279.html

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 00:15

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Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Echos"


Le temps des simples « déclics » est malheureusement passé pour l’économie française : ce dont la France a besoin, c’est d’une transformation profonde, je dirais presque d’une révolution. Mon projet est le seul qui soit suffisamment radical pour nous sortir de l’ornière économique creusée par le quinquennat de François Hollande et de son inspirateur, Emmanuel Macron. Nous n’avons plus une minute à perdre. La conjoncture économique mondiale est favorable, nos voisins ont su en tirer profit – en 2016, la croissance allemande a atteint 1,9%, celle de l’Espagne devrait être de 3,2%, celle du Royaume-Uni de 1,8%. La France, elle, peine à atteindre 1,1%. Les socialistes vont laisser le pays dans une situation catastrophique. Le déficit public n’est pas maîtrisé, la dette s’envole à près de 2 200 Mds€ et le taux de chômage stagne autour de 10%. Les normes s’ajoutent aux normes, les taxes s’ajoutent aux taxes pour asphyxier petit à petit nos entreprises et décourager nos travailleurs. Sur le plan économique comme sur beaucoup d’autres, le quinquennat qui s’achève est un immense gâchis, une succession d’opportunités manquées et d’errements politiques coupables. Il n’y a jamais eu de cohérence au sommet de l’Etat, sinon celle d’une synthèse molle qui restera la marque de fabrique du hollandisme. Son héritier, Emmanuel Macron, a pour seule ambition de plaire à tout le monde. Cette politique de l’immobilisme paralysera le pays pour cinq années de plus. Nos concitoyens le ressentent, la France ne peut pas se permettre un quinquennat de plus pour rien : notre mode de vie lui-même est menacé par la concurrence internationale et l’attrition de notre tissu industriel. Quant aux autres candidats, ils ont des projets économiques plus fous les uns que les autres. Madame Le Pen souhaite une sortie de l’Euro, qui serait catastrophique pour le pouvoir d’achat des Français et appauvrirait considérablement le pays. Messieurs Hamon et Mélenchon se complaisent dans les rêveries irresponsables de la gauche française : toujours plus de dépense – donc plus de dette –, et toujours moins de travail.

Face à ces folies ou à ces renoncements annoncés, je me présente devant les Français avec le seul projet économique responsable et crédible pour redresser le pays. Ma priorité est de rendre à l’Etat des marges de manœuvre, pour remettre notre économie sur le chemin de la croissance et, surtout, rendre aux Français pouvoir d’achat et emplois.

Tous les pays qui réussissent le montrent : une réforme énergique de l’Etat et des finances publiques permet de baisser les impôts et de libérer les acteurs privés. Dès les premiers mois du quinquennat, j’engagerai la réduction du déficit public avec l’objectif d’atteindre l’équilibre en 2022 et de commencer à résorber une dette qui a atteint des niveaux insupportables. C’est une question de souveraineté : je ne supporte pas que notre pays soit à ce point à la merci des banques et des marchés. Pour sortir de cette situation intenable, je baisserai immédiatement les dépenses publiques et ordonnerai une revue complète du rôle et des missions de l’Etat et des administrations publiques.

Cette nécessaire refonte de l’Etat s’accompagnera d’une libération de nos travailleurs et de nos entreprises du carcan normatif qui les étouffent. Je ferai sauter les principaux verrous aux initiatives et aux embauches : fin des 35 heures, refonte du code du travail, relèvement des seuils sociaux, plafonnement des indemnités prudhommales, suppression du compte pénibilité, encouragement du dialogue social avec de nouvelles règles pour les élections professionnelles… Il faut donner de l’air à ceux qui créent de la richesse, remettre l’initiative privée au cœur de notre modèle économique, renouer avec le plein emploi.

Libérer les énergies c’est également alléger le poids de la fiscalité, qui n’a jamais été aussi lourd dans l’histoire récente de notre pays. Mon projet est aussi celui de la rupture fiscale. Pour les entreprises, d’abord, afin de leur rendre la compétitivité dont elles ont besoin pour croître et embaucher. Je baisserai les charges de 25 milliards d’euros et je ramènerai progressivement l’impôt sur les sociétés vers la moyenne de l’Union Européenne c’est-à-dire 25%. Je mettrai en place un taux unique d’imposition à 30% sur les revenus du patrimoine. Je supprimerai l’ISF, cet impôt qui n’existe dans aucun autre pays, car c’est un préalable indispensable pour rétablir l’attractivité de notre économie ! Pour les ménages ensuite, par la diminution des charges salariales qui redonnera du pouvoir d’achat aux salariés, par le développement de l’intéressement dans les petites entreprises, par le relèvement du plafond du quotient familial et par le rétablissement de l’universalité des allocations familiales.

Cette refondation fiscale de grande ampleur ne pourra être menée que si nous avons le courage de faire les réformes que toutes les grandes économies du monde ont faites il y a des années. Le passage à 65 ans de l’âge légal de la retraite est à la fois juste et indispensable pour maintenir la soutenabilité de notre modèle et le pouvoir d’achat des retraités. Le passage progressif aux 39 heures dans les fonctions publiques permettra de revoir leur organisation avec un seul objectif : une meilleure efficacité et un meilleur service public. Le redressement des comptes de l’assurance chômage et la maîtrise des dépenses de santé, enfin, assureront la pérennité de notre modèle social et une protection efficace pour tous les Français.

Mon projet pour la France est à la fois ambitieux et crédible. Il a fait l’objet d’une consultation large avec des professionnels de tous les secteurs. Et il est financé à l’euro près. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec un projet qui ne fera pas porter à nos enfants demain le fardeau intolérable de nos dépenses d’aujourd’hui. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec la détermination d’en finir avec une fiscalité punitive, qui étouffe les entreprises et les travailleurs. Je suis le seul, enfin, qui se présente devant les Français avec le courage de réformer vraiment, contre les outrances dangereuses des extrêmes et les demi-mesures du hollando-macronisme.


François Fillon, le 13 avril 2017 dans "Les Echos".

Source : www.fillon2017.fr
 

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 23:11

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Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon

Mes amis,

Merci de votre fidélité qui me porte. Merci de votre courage qui me renforce. Merci de votre enthousiasme qui percera tous les remparts qui ont été placés sur notre route.

Merci aux élus ici présents qui incarnent notre unité et notre volonté d’agir pour la France…

Soir après soir, de réunion publique en réunion publique, vous êtes nombreux, à venir témoigner votre désir de changement.

Comme moi, vous venez dire ce soir : ça suffit !

Ça suffit le déclin de la France sur la scène internationale.

Ça suffit l’Etat faible.

Ça suffit la bureaucratie qui tue l’activité.

Comme moi, vous savez que la France vaut tellement mieux que ça.

La France est ce pays de 66 millions d’habitants accroché au bout d’un continent immense, ce pays petit par sa taille, mais si grand par son histoire et son influence.

Ne l’oublions pas, nous restons aux yeux du monde cette terre de la liberté, cette nation fière qui, parmi les premières, a affranchi son peuple de l’arbitraire. Nous avons été le foyer où s’est forgée une nouvelle façon de considérer la dignité de l’homme et ses droits imprescriptibles.

Mais la France est bien plus qu’un passé glorieux et des trésors du patrimoine humain. C’est aussi un pays où, sous la cendre, couve une énergie immense.

Un pays où s’épanouissent les sciences, où naît la créativité, où jaillissent les initiatives pour peu qu’on ne les tue pas dans l’œuf.

La France a tant d’atouts.

Elle fourmille de tant de talents.

Elle impressionne encore et attire tant de gens dans le monde entier.

Alors comment en sommes-nous arrivés à « cette situation de quasi guerre-civile », pour reprendre l’expression du directeur général de la sécurité intérieure que j’avais citée il y a quelques semaine, au grand dam des autruches du landerneau médiatique ?

Comment en sommes-nous arrivés à cette économie malade, tirée vers le fond par 6 millions de chômeurs, incapable de créer des emplois ?

Comment en sommes-nous arrivés à cet Etat accumulant depuis 40 ans les déficits au point de supporter aujourd’hui une dette de 2200 milliards d’euros, soit la totalité de la richesse produite en un an par notre pays ?

Qu’avons-nous fait de nos talents ? Pourquoi avons-nous jeté nos atouts au ruisseau ?

Mon diagnostic est que la France s’est laissée prendre dans une redoutable cercle vicieux.

La première cause est la bureaucratie. La bureaucratie, c’est la conviction que l’Etat peut et doit tout faire. Que la main de l’administration est toujours préférable à la main du citoyen. Qu’une circulaire est toujours plus utile qu’une initiative privée.

Cet étatisme a gonflé l’action publique depuis quarante ans.

A mesure qu’il a accumulé les échecs, l’Etat a dû promettre plus et étendre le domaine de ses actions. Il a voulu s’occuper de tout, avoir un regard sur tout.

Plus l’Etat promet et se disperse, plus il déçoit et mécontente. Et finira par ne plus être utile à rien, à force de gaspillage.

Les services inutiles neutralisent les services indispensables.

L’autorité intempestive brise l’autorité nécessaire.

La conséquence de la manie interventionniste, c’est l’insatiable besoin de moyens nouveaux.

Nos dépenses ont explosé, jusqu’à engloutir plus la moitié de la richesse produite chaque année. Oui, en France, la moitié du pays administre l’autre moitié !

C’est aussi un Etat qui entrave au lieu de faciliter. Qui enfonce au lieu de soutenir. Qui crée des labyrinthes au lieu de tracer des chemins.

Si la dépense publique faisait la croissance économique et le bonheur des gens, la France serait le pays le plus riche et heureux du monde !

C’est loin d’être le cas.

Les classes moyennes ont été les premières victimes du laxisme budgétaire et de l’absence de réforme. Depuis trente ans, elles n’ont pas vu les bénéfices de cette mondialisation qu’on leur vantait et qui, c’est vrai, a d’abord profité aux plus aisés.

Les classes moyennes ont vu le logement devenir plus coûteux, leur pouvoir d’achat laminé par les hausses d’impôts incessantes, les perspectives d’emploi se raréfier.

Surtout, elles ont perdu l’espoir. L’espoir d’une vie meilleure pour elles et leurs enfants. L’espoir que leurs efforts seront récompensées, que le travail paie. L’espoir que leur condition s’améliorera s’ils sont courageux.

Rien n’est plus terrible pour les classes moyennes que ce constat : la France a laissé son ascenseur social bloqué entre deux étages.

Alors qu’elle n’a que l’égalité à la bouche, l’école de la République n’a jamais été aussi inégalitaire. A mesure que les moyens de l’éducation ont augmenté, ses résultats ont décliné.

Hier, c’était dans l’école que se forgeait le sentiment d’appartenance à la nation, que se reconnaissaient les mérites.

C’était par l’école que chacun, s’il en avait le talent et la volonté, pouvait s’élever au-dessus de sa condition et échapper à tous les déterminismes sociaux.

Désormais, l’école ne veut plus voir la réussite.

Elle s’est érigée en machine à niveler, à mettre en scène une illusoire uniformité entre tous.

A travers ces classes moyennes qui souffrent, c’est la France entière qui est malade.

Elle est devenue une société bloquée.

Elle empêche l’embauche par son droit du travail trop rigide.

Elle décourage le travail par sa fiscalité confiscatoire.

Elle stoppe l’entrepreneur par son excès de règles.

Elle stérilise notre dialogue social par refus de réformer des équilibres négociés il y a 60 ans.

Est-ce un hasard si cette société bloquée est aussi celle du déni d’elle-même, de la fatigue morale et du relativisme ?

Nous avons laissé se développer des communautarismes qui risquent de balkaniser la Nation.

Les armes de la tolérance ont été retournées contre elle-même. La liberté est aujourd’hui détournée pour servir de prétexte à tous les enfermements.

C’est en son nom que certains veulent rétablir des barrières entre les citoyens, et en particulier en finir avec l’égalité homme-femme. C’est au nom d’une liberté dévoyée que certains veulent placer les lois salafistes au-dessus des lois de la République.

La folie meurtrière des terroristes qui frappent en France, en Allemagne, en Suède ou au Caire n’est au fond que l’expression de cette rupture de quelque uns avec notre contrat de civilisation. Elle est l’une des plus grandes menaces auxquels nous devions aujourd’hui faire face.

Face à ces constats, il y a ceux qui proposent de continuer.

Albert Einstein a dit : « la folie, c’est de refaire sans cesse la même chose en s’attendant à un résultat différent ». Bien des candidats à cette élection ont-ils perdu la raison alors ?

Pour remettre l’éducation sur les rails, il suffirait, pour eux, de continuer à déverser toujours plus de moyens et centraliser de plus belle.

Pour résoudre les problèmes que des dépenses sans cesse plus grandes n’ont fait qu’aggraver, rien ne serait plus urgent pour eux que de multiplier les dépenses nouvelles !

Pour pacifier nos banlieues, il suffirait d’y déverser plus d’argent et d’ouvrir plus grand les bras, sans oublier de s’excuser car la France serait, à les entendre, la seule vraie coupable des violences qui la minent.

A les entendre, la solution, c’est évident, c’est toujours plus d’emplois aidés, alors que seuls les emplois marchands sont pérennes.

C’est toujours plus d’impôts et de taxes pour alimenter le tonneau des Danaïdes des dépenses publiques.

C’est toujours plus de clientélisme en tout genre, pour faire plaisir à ses amis, à son électorat, et à quelques groupes de pression qui veillent jalousement sur leurs privilèges.

Ce n’est pas ma conception de la politique.

Voilà 36 ans que je suis au service de mes compatriotes. Je n’en ai pas honte, et je ne crois pas que l’inexpérience soit une vertu. Surtout s’il s’agit d’occuper la magistrature suprême, qui exigera en cette période difficile de l’expérience et de la volonté.

J’ai connu la foule des grands meetings, comme ce soir, mais aussi les arrière-salles de restaurant et les salles communales. J’ai été invité tant de fois dans la cuisine de ces fermes où on me conviait sans façon à partager une tasse de café noire.

J’ai entendu ces paroles justes des agriculteurs qui n’en peuvent plus des normes et qui travaillent deux fois 35 h par semaine sans pouvoir se verser un salaire décent.

J’ai entendu ces retraités qui ont travaillé toutes leur vie et qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

J’ai entendu ces classes moyennes qui sont la colonne vertébrale de la France s’insurger contre ces responsables politiques qui ne sont pas assez courageux pour défendre les valeurs familiales, pas assez fermes pour dissuader la violence qui entoure leurs enfants, pas assez ambitieux pour leur offrir un travail, pas assez rigoureux pour leur permettre de s’enrichir sans être immédiatement surtaxées.

Ces classes moyennes, on ne les entend pas, elles ne manifestent pas, elles ne cassent pas, elles demandent honnêtement leur part.

On parle d’elles de façon souvent péjorative en la qualifiant de « petite bourgeoisie ». Est-ce un crime d’avoir des valeurs, de chercher à protéger les siens, de vouloir développer son patrimoine, de respecter la loi, d’aimer tranquillement la France ?

Je suis l’interprète de ces classes moyennes, je suis leur candidat, je suis celui qui a le bon sens de vouloir valoriser le travail, l’autorité, la transmission de notre héritage culturel qui fonde notre maison commune, la France.

Mes amis, il y a une première condition au redressement de la France : c’est la volonté.

Quand tant d’autres sont les candidats du déni français, je veux être le candidat du génie français.

Car pour lutter contre le chômage, les remèdes existent.

Ils sont largement connus puisqu’ils ont été éprouvés par bon nombre des pays voisins. Non sans difficultés mais toujours avec succès. L’Allemagne, la Suède et tant d’autres ont réformé leurs politiques publiques durant ces quinze dernières années. Quelle idée nos dirigeants ont-ils des Français pour juger que la seule voie qu’il nous faut emprunter est désormais celle du renoncement ?

Car rien n’est fait. Rien.

Ni la baisse des impôts et des prélèvements sur le travail ; ni la flexibilité du marché et des contrats ; ni la création d’un statut de travailleur indépendant ; ni la sortie des 35 heures ; ni la libération de l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal comme l’agriculture, l’industrie, les services, la construction ; ni le basculement des crédits affectés aux emplois aidés vers l’alternance et l’apprentissage, ni la modernisation des fonctions publiques ; ni la refondation de notre système éducatif… Rien de tout cela n’est entrepris.

Au lieu de ça, ceux qui nous gouvernent nous rabâchent le fameux et fumeux « On a tout essayé » devenu à la sauce hollandaise cette incroyable excuse:  » On n’a pas eu de bol!  »

Avons-nous « tout essayé », vraiment ? En sommes-nous si sûrs ?

Et si pour une fois, juste une fois, on essayait autre chose, autrement, si on sortait du statu quo, si on évitait les envolées lyriques et les discours utopiques des siècles passés ?

C’est tout le sens de ma candidature que j’ai maintenue. Contre l’adversité, la calomnie, les intox.

Ma campagne, je n’ai pas attendu la présidentielle pour la conduire.

Mon projet a été établi non pas sur un coin de table en convoquant en catastrophe le dernier carré des experts mais en parcourant la France à votre rencontre.

J’ai vu tant d’entrepreneurs créatifs, tant de salariés et de fonctionnaires dévoués, tant de chercheurs étonnants !

Voilà pourquoi ce programme a été conçu, écrit, préparé avec vous, auprès de vous et donc, pour vous, pour la France.

Voilà pourquoi ma parole ne m’est pas soufflée par le microcosme, elle me vient de tous les Français qui m’ont fait partager leurs difficultés et leurs espoirs.

Et puis, en marge de ces belles rencontres qui nourrissent une vie politique, il y a eu une autre campagne tantôt souterraine, tantôt complaisamment étalé sur les tréteaux médiatiques où ma vie et celle de ceux qui me sont chers ont été étalés et disséqués. Une campagne qui a piétiné toute présomption d’innocence. Cette campagne-là, orchestrée par un système paniqué par l’idée que l’on puisse mettre en œuvre la révolution du bon sens, n’a fait que renforcer ma sereine détermination.

Oui, mes amis, j’ai chevillé au corps cette volonté de faire.

Parce qu’elle est la clé qui ouvrira la porte à l’espoir d’une France plus prospère. Parce que c’est elle qui guérira la France devenue l’homme malade d’une Europe elle-même menacée de désintégration.

Inutile de chercher d’autres responsables ou des boucs émissaires à notre renoncement. Faut-il que certains aient à ce point le mépris de la culture française pour oublier que c’est précisément cette volonté de faire qui, dans le passé, a sorti notre pays de la spirale du déclin et l’a hissé au premier rang des nations.

Cette volonté de faire qui a fait naître la France contre les empires.

Cette volonté de faire qui nous a donné la Renaissance, le Grand siècle, les Lumières, la Révolution française.

Cette volonté de faire qui nous a insufflé cet esprit de résistance et ce goût d’une France libre et cela, lorsque le totalitarisme nazi, comme le totalitarisme islamiste aujourd’hui, recherchait notre anéantissement.

C’est avec cette volonté de faire que je vous propose de renouer, ici et maintenant. Et tant pis si je vais faire ricaner ceux dont la profession est de ricaner. Ceux qui confondent esprit du temps et mode d’une époque. Ceux qui sont revenus de tout sans être allés nulle part. Ceux qui estiment normal le remplacement de la volonté de faire par la volonté de paraître comme si la politique était une question de casting et non de conviction, de marketing et non d’engagement.

Moi, je n’esquive pas. Je ne louvoie pas. Je ne finasse pas.

Nos compatriotes savent bien, vous savez bien mes chers amis que lorsqu’il s’agit de la volonté de faire, il n’y a pas un peuple de droite, d’un côté et un peuple de gauche, de l’autre.

Il n’y a qu’un peuple, le peuple français rassemblé dans les épreuves, capable de toutes les grandeurs dès lors qu’on lui fixe des objectifs précis et justes.

Alors oui, nous allons démontrer, tous ensemble, notre volonté de faire.

Nous allons nous détacher de ce corset de fer idéologique qui a mis à mal le goût du travail, le goût de la récompense du mérite, le goût de ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté.

Nous allons faire de notre pays celui de l’audace plutôt que celui de la bureaucratie, le pays qui investit dans l’avenir plutôt que celui qui est écrasé sous sa dette, le pays du dialogue social plutôt que celui des oukases, le pays des initiatives plutôt que celui des circulaires.

D’une société où tout est figé au nom d’un immobilisme mou qui saute sur son strapontin tous les matins en s’écriant « En Marche ! En Marche ! » pour ne pas avoir à avancer, nous passerons à une société de réformes, une société d’engagés et d’engagements.

Comment laisserions nous échapper cette chance historique qui se présente à nous aujourd’hui ?

Vous voyez, comme moi, formidable opportunité qui nous est offerte à nous autres Français d’affirmer la voix de la France avec une Amérique déboussolée par son président, une Grande-Bretagne en proie au Brexit et une Allemagne en pleine crise démographique et identitaire.

C’est une fenêtre historique qui s’ouvre pour la France.

C’est le moment où jamais de réunir toutes nos forces pour promouvoir, aider, accompagner le génie français parce que nos talents et nos inventeurs sont enviés partout dans le monde et pas assez dans notre pays.

Oui, je veux être le président d’une France qui respire à plein poumon, d’une France qui n’étouffe plus sous les injonctions, les réglementations, les prélèvements obligatoires, le politiquement correct.

Liberté de travailler, oser, innover, poursuivre ses rêves.

Telle doit être la feuille de route de tous ceux qui se mobilisent pour la défense du génie français contre les derniers défenseurs du déni français.

Je ne serai pas le président de l’austérité ou du sang et des larmes. Pour la simple raison que l’austérité, le sang et les larmes, les Français l’ont déjà aujourd’hui parce que nous n’avons pas su faire les réformes nécessaires.

Je serai le président de la liberté qui épanouit l’individu parce que les efforts de chacun seront payés de retour et que seule la liberté permet à une nation de rayonner.

La France n’est pas seulement un peuple ou une géographie, c’est aussi une civilisation.

J’ai de l’ambition pour mon pays parce que je suis ainsi fait que je vibre quand la France gagne, quand elle se surpasse, quand les Français donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Je veux être le président d’une France à nouveau maître de son destin, un destin choisi.

Si l’on suivait les politiques économiques des autres candidats, il ne faudrait pas attendre longtemps avant que le FMI se présente à notre porte et nous dicte ses conditions.

Si nous ne prenons pas un cap aujourd’hui, d’autres viendront demain tenir la barre à notre place.

Je veux être le président d’une France qui sera fière de l’héritage qu’elle laissera à ses enfants. Car c’est bien là l’ultime enjeu : la transmission.

Sans doute le plus beau mot qui existe avec celui de liberté. Car nous voulons transmettre davantage que des valeurs, bien davantage que notre expérience : ce que nous allons transmettre à nos enfants, c’est un pays d’avenir.

Nous pouvons faire de la France, dans dix ans, le premier pays européen.

Pour retrouver la prospérité, il faut libérer les formidables trésors d’énergie et les talents qui existent dans notre pays.

Je veux alléger les prélèvements amputent les salaires, pour qu’un même travail rapporte plus à la fin du mois.

Je veux baisser les charges pesant sur les entreprises pour qu’elles retrouvent de la compétitivité et puissent investir pour gagner des parts de marché à l’étranger et innover.

Je veux mettre un terme à l’utopie désastreuse des 35h qui sont une exception française que personne dans le monde n’a jamais songé à copier.

Je veux refonder le code du travail autour d’une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation.

Place au dialogue social, place au vrai référendum d’entreprise, place à la simplification des normes.

Je me souviens de cette rencontre avec un chef d’une petite entreprise qui me dit : « mon carnet de commande est plein, mais je préfère maintenant refuser des clients plutôt que d’embaucher, pour éviter de franchir le seuil fatidique des 50 salariés. »

Le gisement d’emplois qui est retenu par ces seuils est immense : je veux le libérer en doublant les seuils sociaux.

Redonner de la compétitivité à notre économie, c’est aussi revoir de fond en comble notre politique fiscale.

Cessons d’utiliser la fiscalité comme arme punitive et faisons-en au contraire un levier d’attraction des richesses. Faisons de la France une terre d’investissements, qui permettront à nos entreprises de grossir et de devenir des champions internationaux.

Il faut cesser d’opposer stupidement le capital et le travail.

Le capital doit être incité à financer l’économie.

Parce que des entreprises financées sont des entreprises qui ont les moyens de leur développement, et donc les moyens d’embaucher.

Plutôt que de les faire fuir en les surtaxant, nous voulons au contraire accueillir les capitaux et les talents du monde entier. Ils viendront à une condition : que la fiscalité cesse d’être confiscatoire et instable.

En mettant en place une fois pour toute une flat tax à 30% sur les revenus du capital, la France rejoindra la moyenne européenne.

Il faut enfin supprimer l’ISF, cet impôt le plus bête du monde dont nous avons l’exclusivité, par lequel la France croit punir les riches, alors qu’elle ne fait que se punir elle-même. Faut-il être fou pour préférer assommer les fortunes françaises que de ramper devant les fonds de pension étrangers.

Je veux un capitalisme français, qui investit en France, pour nos entreprises, pour nos start-up, pour nos emplois, et ce faisant, en disant cela, je me fais l’allié des ouvriers et des ingénieurs qui défendent leurs usines, l’allié des chercheurs en quête de financements pour faire vivre leurs laboratoires, l’allié des jeunes qui préfèreraient réussir à Lyon plutôt qu’à Londres.

La liberté refera aussi de notre école le creuset de l’excellence française et le levier de l’ascenseur social.

Il faut commencer par affranchir l’école des idéologues qui l’ont prise en otage.

Ces pédagogistes fumeux ont substitué leur novlangue à celle de la raison. Les parents eux-mêmes ne savent parfois plus comment épauler leurs enfants dans leurs devoirs.

Il faut réaffirmer l’objectif de l’école : transmettre des savoirs. Pas diffuser une idéologie.

Il faut la remettre au service de ceux pour qui elle existe : les enfants.

Et pour cela il faut la remettre entre les mains de ceux qui la font fonctionner : les enseignants, épaulés par les familles.

Je veux redonner de l’autonomie aux établissements et aux maîtres.

Car oui, j’ose ce mot de « maître » honni par les chantres d’une nouvelle éducation où le professeur ne devrait pas avoir l’air d’en savoir plus que ses élèves.

Un maître d’école n’est pas un tyran quand il s’affirme comme supérieur à ses élèves sur le plan du savoir, il est leur guide, ce que signifie d’ailleurs le mot pédagogue.

La vraie injustice, le pédagogue ne la commet que lorsqu’il fait croire aux enfants que le savoir et les notations sont relatifs.

La vraie iniquité, c’est de faire croire aux enfants que tous égaux veut dire tous identiques et de ne pas leur dire que le savoir libère. Car c’est alors, dans cette école égalitariste qui devient aveugle au mérite, que la reproduction sociale est la plus implacable.

Comment ne pas comprendre l’amertume de parents qui ont fait confiance à l’école et à l’université de la République, et dont l’enfant, une fois diplômé, ne trouve aucun travail car son diplôme est une récompense de complaisance ?

Quelle porte de sortie laissons-nous à ces classes moyennes si elles ne peuvent plus placer leur espoir dans l’éducation ?

L’excellence peut naître partout, dans toutes les écoles, toutes les familles, tous les milieux. Mais il faut se donner les moyens de la faire germer.

Il faut que cette formidable réussite républicaine par laquelle un enfant parvenait à s’élever socialement par le savoir par son travail soit à nouveau possible.

Et pour ce faire, il faut être exigeant sur la transmission des savoirs fondamentaux ; il faut protéger l’Ecole de la violence ; il faut le respect entre tous. C’est la raison pour laquelle je milite pour l’instauration d’un uniforme scolaire rappelant à chaque enfant qu’il est l’égal de l’autre.

Le logement est un autre grand motif d’inquiétude de beaucoup de Français. Les plus démunis ont de plus en plus de mal à avoir un toit. Les classes moyennes, quant à elles, voient leur souhait légitime de devenir propriétaire plus difficile à réaliser que jamais.

Pourtant, nous dépensons des milliards chaque année pour le logement. Avec quelle efficacité ? Le mal-logement s’étend, les listes d’attente pour l’accès au parc HLM s’allongent, le poids de l’habitat dans le budget des ménages s’alourdit, grevant un pouvoir d’achat qui n’avait pas besoin de ça.

Là encore, l’Etat fera mieux en simplifiant les normes, en raccourcissant les délais de procédure. Je donnerai un coup de fouet à l’investissement privé en soutien de l’investissement public, pour développer les logements intermédiaires.

La relation entre bailleur et locataire est devenue profondément déséquilibrée, ce qui éloigne les investisseurs de l’investissement locatif et accroît la pénurie de logements.

Ouvrons les yeux sur ces faits tout simples que Madame Duflot n’a jamais voulu voir : en surprotégeant le locataire, on nuit à tous les locataires. En baissant d’autorité les loyers, on aggrave la difficulté des locataires à trouver un logement et on favorise une sélection sans cesse plus drastique.

L’accès au logement social doit être plus juste. En baissant le plafond des ressources, en rendant obligatoire le surloyer en cas de revenus supérieurs au plafond, j’accroîtrai la mobilité des locataires du parc et je rendrai le logement social à ceux qui en ont le plus besoin.

Mes amis, l’autorité est un autre pilier fondamental du redressement.

Il n’y a pas de vie, pas de prospérité économique, pas de société apaisée possibles sans respect, sans sécurité.

Ce respect, il s’append d’abord au sein des familles qui doivent être défendues, soutenues, aimées car elles sont le cœur de la France. Pour les familles, pour les classes moyennes au premier chef, je restaurerai l’universalité des allocations familiales et je relèverai le quotient familial.

Quant à l’Etat, il doit cesser de trembler devant les bandes et les minorités violentes.

Sous ma présidence, 10 000 policiers et gendarmes de plus viendront assurer le maintien de l’ordre. Les zones de non-droit seront réinvestis afin que la loi de la république s’y applique comme partout ailleurs sur le territoire.

La justice sera aussi dotée de nouveaux moyens, afin que la délinquance quotidienne qui pourrit la vie de nos concitoyens soit sérieusement combattue.

Oui, je maintiens que les délinquants mineurs devraient, dès 16 ans, pouvoir être traduits en justice sans pouvoir bénéficier de l’excuse de minorité.

Le rétablissement de la sécurité en France passera aussi par une guerre sans merci contre le terrorisme islamique. Les sanctions que je propose seront exemplaires.

Tout Français qui aura retourné ses armes contre son pays sera déchu de sa nationalité et son retour sur le territoire sera interdit.

Toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi sera condamnée à une peine pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison.

Toute personne appartenant à une mouvance intégriste sera expulsée.

Contre les ennemis de la République et de nos valeurs, ma main ne tremblera pas.

Elle ne flanchera pas non plus sur la question de l’immigration.

Nous sommes un vieux pays d’intégration. Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.

Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.

Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désuni alors que nous devrions tous nous serrer les coudes.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.

Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.

Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Mes amis, il est temps.

Il est temps de rompre avec l’immobilisme et les vieilles recettes.

Il est temps de libérer les Français des vieux carcans,

Il est temps de faire de notre économie un modèle envié par tous.

Il est temps que la France redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une Nation prospère et unie qui donne à tous les mêmes chances.

Cette France retrouvée est à notre portée. Mon projet est la clé qui nous la rendra.

Je sais qu’en politique la victoire n’est données qu’à celui qui donne tout, jusqu’au bout. J’y suis déterminé.

Mais j’ai besoin de vous.

Votre présence est une force.

Votre enthousiasme une promesse.

Soyez jusqu’au bout les ambassadeurs de notre projet.

Nous sommes ce grand peuple qui a toujours su se redresser pour conquérir un avenir nouveau ; ce grand peuple qui n’a jamais mis un genou à terre sans se relever plus fort et plus fier.

Si vous aussi vous croyez que la France vous a donné le meilleur de vous-mêmes, si vous aussi vous croyez qu’elle a un destin à accomplir, alors pas d’hésitation, engagez-vous pour elle !

Engagez toute votre âme, tout votre patriotisme, toute votre fierté.

Mes amis lyonnais, allumez toutes les feux de l’espérance, mettez la force de votre volonté au service de notre projet pour qu’elle devienne la volonté de la France.

Vive la République et vive la France !


François Fillon, le 12 avril 2017 à Lyon.

Source : www.fillon2017.fr
 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 23:17

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Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille

Mes chers amis,

Merci Marseille, merci à chacune et chacun de vous d’être là avec votre force qui décuple toutes les forces françaises.
Merci aux Bouches-du-Rhône, merci à la Provence pour leur soutien extraordinaire.

Dans vos voix j’entends le mot « liberté » et dans vos yeux, je vois le regard fier de ceux qui aiment la France
Je veux saluer tous les élus présents à mes côtés car c’est ensemble, droite et centre réunis, que nous l’emporterons…

Mes amis,
Nous sommes les héritiers d’une histoire millénaire que je vous propose de prolonger.
Une histoire de courage, de travail, d’audace scientifique et culturelle.
Une histoire de combattants, de résistants. Une histoire étonnante où nous avons rayonné dans l’humanité comme aucune autre nation.

Nos ancêtres ont parsemé notre pays de cathédrales et de châteaux. Nous sommes le pays qui a produit des chefs-d’œuvre de la littérature et de la peinture, admirés dans le monde entier.
Nous avons insufflé dans le cœur des peuples les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité.
Nous avons su devenir la 5ème puissance du monde.
Est-ce qu’un peuple qui a produit tout cela doit dépérir et finir en regardant vivre le monde par sa fenêtre ?
Tout ce passé n’est pas un lourd héritage, c’est un formidable encouragement.
Si nos ancêtres sont allés loin, nous pouvons aller loin aussi.
Si, à chaque moment crucial dans la vie de notre nation, ils ont su se redresser, nous nous redresserons aussi.
Pour cela, il faut retrouver la foi dans l’avenir et dans le progrès.
Le goût du progrès est un état d’esprit, c’est une dynamique de vie qui nous pousse en avant et nous conduit à inventer, à risquer, à oser.
Il est faux de penser que le passé était meilleur que le présent et plus confortable que ce qui sera demain.
Cette nostalgie française est trompeuse.
Nos grands-parents travaillaient 12 heures par jour ; tous les dix ans ils étaient arrachés de leur famille pour aller à la guerre ; l’espérance de vie ne dépassait pas 60 ans…
Et pourtant ces hommes et ces femmes regardaient l’avenir avec confiance.
Ils traçaient des routes, bâtissaient des barrages et des canaux pour maitriser la nature, ils découvraient dans le savoir des livres et l’instruction des écoles le pouvoir de la liberté, ils s’enthousiasmaient de voir la science et les technologies bouleverser leur existence.
Leur vie était dure, mais leur ardeur et leurs rêves d’amélioration les motivaient.
Aujourd’hui, nous sommes frileux, blasés.
Il est mortifère de trembler de tout, de penser que tout est fichu, que tout a été essayé, et au demeurant cela est viscéralement contraire à l’esprit français qui, tout au long de l’Histoire, s’est révélé exceptionnellement créatif et téméraire.

Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.
Souvenons-nous : en 1958, c’était la guerre d’’Algérie, les gouvernements valsaient ; la France était confrontée au déficit extérieur et budgétaire et se demandait comment « boucler ses fins de mois ».
Dès la première semaine de son mandat, le Général de Gaulle prend parti pour une « remise en ordre » sans laquelle, ce sont ses mots, « nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité ».
Le reste de l’histoire est connue : réduction drastique des dépenses, rétablissement spectaculaire de l’équilibre budgétaire, expansion sans précédent, âge d’or de l’industrie française.
Le progrès français est parfaitement possible et nous en avons tous les atouts.
Nous avons l’atout du nombre et de la jeunesse.
Nous avons l’atout de la productivité des salariés car malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.
Nous avons l’atout de l’éducation, de la formation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, nous tenons les premiers rangs : les Nobel français excellent dans la médecine, la physique, les mathématiques.
Nous avons l’atout des leaders économiques qui exportent et fédèrent autour d’eux les filières des PME.
Nous avons les atouts de la souveraineté nationale : l’agriculture qui assure notre indépendance alimentaire, l’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique, nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde, notre culture et la beauté de la France qui font de notre pays le foyer de toutes les admirations.
Avec tous ces atouts, comment ne pas croire dans l’avenir !
Pour renouer avec le progrès, il faut redonner à notre économie et notre société son carburant essentiel : la liberté.
Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.
Partout dans le pays, les Français m’ont dit la même chose : « on étouffe, laissez-nous travailler, oser, avancer, qu’on nous foute la paix ».

Oui, je veux être le président d’une France qui respire à pleins poumons, d’une France qui n’étouffe plus sous les injonctions, les règlementations, les interdits idéologiques.
Liberté de travailler, d’innover, de construire sa vie et conquérir ses rêves.

Pour cela, réformons l’Etat et invitons la société à s’investir ; allégeons le code du travail qui étouffe l’emploi ; ouvrons les champs du dialogue social dans l’entreprise ; célébrons le mérite de ceux qui se retroussent les manches et qui prennent des risques ; offrons à nos jeunesse le pouvoir de saisir sa chance ».
Aujourd’hui, au jeune qui veut se lancer, on rétorque « rempli le formulaire en trois exemplaires ».
A celui qui voudrait travailler plus on rétorque « va voir d’abord le syndicat !».
A celui qui voudrait ouvrir son commerce le dimanche, « analyse d’abord tous les articles de la loi, sans oublier les règlements annexes !».
Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé. Chez nous, mieux vaut en faire moins que prendre le risque d’en faire plus.
Cela, c’est la marque d’une société qui se méfie de tout, et surtout d’elle-même !  Comment voulez-vous que le progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?
Ici, à Marseille, il y a une énergie qui ne demande qu’à être délivrée.
Croyez-moi, ça n’est pas avec le programme communiste de M. Mélenchon et le retour au franc de Mme Le Pen que l’économie française va redémarrer.
Ces gens-là veulent nous faire croire que « c’est la sardine qui a bouché le port de Marseille ». Cela n’est pas sérieux.

Si je suis élu, je donnerai dès les premiers jours une impulsion décisive à la liberté, et je le ferai pour aller à la conquête de la croissance et du plein emploi. Oui, du plein emploi car contrairement à ce qui est dit on n’a pas tout essayé contre le chômage.
Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je favoriserai le référendum d’entreprise.
Je supprimerai pour nos agriculteurs et nos pêcheurs nos normes bureaucratiques qui se sont ajoutées aux normes européennes.
Je refonderai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !
Je suis un patriote : je préfère supprimer l’ISF et valoriser les capitaux français que de ramper devant les fonds de pensions étrangers.

Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ?

Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social !
Moi, je me bats pour une France productive, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, se faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis.
Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et populaires et sur celles de nos enfants.
Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron…
Mais où est l’intérêt national dans tout cela, où sont les bases sérieuses de notre redressement économique et social ?
Nulle part ! Leur objectif est d’être élu quel qu’en soit le prix, ça n’est pas de redresser notre pays.
Alors, oui, contre tous ces démagogues, j’oppose la vérité et la liberté.

Mais, mes amis, pas de liberté sans autorité.
L’ordre est un bouclier vital.

Lorsque les caïds font la loi, lorsque les citoyens honnêtes doivent baisser la tête devant eux, alors il n’y a plus de justice, plus de fraternité possible.
Lorsque l’argent de la drogue permet à certains d’exhiber en toute impunité des richesses crapuleuses au front de ceux qui triment pour gagner un SMIC, alors la valeur travail s’effondre.
Récemment, en région parisienne, des quartiers ont été saccagés par des bandes armées ; des voitures de police ont été incendiées avec des cocktails Molotov, ici à Marseille, on règle ses comptes à coups de Kalachnikov.
Pour en arriver là, il y a eu des renoncements.
L’idée même d’autorité a été démantelée. La tolérance est devenue laxisme, le laxisme est devenu impuissance, l’impuissance est devenue l’excuse.

Il faut le retour de l’ordre dans notre pays. Et pour cela, il faut défendre la sécurité.
C’est le premier des droits, celui qui conditionne nos libertés.
Je veux dire ici combien j’ai du respect pour l’ensemble des forces de sécurité, policiers, gendarmes, mais aussi sapeurs-pompiers.
J’ai du respect pour ces hommes et ces femmes qui assument fièrement leur vocation de servir leur nation.

Plus de 10 000 agents sont blessés chaque année et une dizaine d’entre eux trouvent la mort.
Ce sont pourtant des Français qui, comme nous tous, ont des familles, connaissent des joies personnelles… Ils ont tous quelque chose à perdre mais ils sont tous prêts à prendre des risques en s’engageant pour nous.
Cet engagement, ils le prennent parce qu’ils ont une haute idée de la France, comme tous nos militaires qui sont, eux aussi, prêts à défier le danger pour protéger nos vies.
En un mot, ils ont le sens de la nation.
Pourtant, ces femmes et ces hommes sont trop souvent critiqués, voire méprisés.
Contre eux, l’invective est toujours facile et il n’y a alors jamais d’excuse.
Je veux du respect pour eux.
Du respect pour leur courage.
Du respect pour leur uniforme.
Le 11 janvier 2015, les Français avaient rendu hommage aux forces de l’ordre pour leur action dans la lutte contre le terrorisme.
Certains s’étaient émus d’avoir embrassé des CRS.
Et puis la vie avait repris son cours avec ses caricatures manichéennes et ce discours anti forces de l’ordre qui fleurit dès que possible.
On ne peut avoir ainsi une conscience à éclipses.
C’est tous les jours que les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les soldats doivent être remerciés et respectés.

Sur le terrain – ils me l’ont dit lorsque je les ai rencontrés -, les agents des forces de l’ordre savent bien qu’il faut changer beaucoup de choses, à l’organisation de la sécurité et surtout à la conception de l’ordre dans notre société.
Trop souvent nos policiers et nos gendarmes n’ont pas les moyens concrets de mener à bien les missions pour lesquelles ils se dévouent.
Ils pourront compter sur moi. Je ferai voter une loi de programmation et de modernisation qui engagera les investissements, les effectifs et les équipements dans les domaines de la sécurité et de la justice.
Elle prévoira 1 milliard d’euros supplémentaires qui seront consacrés aux investissements destinés à accroître l’efficacité des forces de l’ordre, en leur donnant plus de moyens technologiques innovants, des outils informatiques performants, des locaux et des casernements dignes.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.
Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prison interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.

Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.
Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.
Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.
Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
Et je restreindrai les possibilités de libération conditionnelle, qui ne sera plus automatique, et ne pourra plus intervenir qu’aux trois quarts de l’exécution de la peine.
Restait, dans cet arsenal pénal, la question de l’excuse pénale de minorité à laquelle j’ai beaucoup réfléchi.
Est-ce que des mineurs de 16 ans et plus doivent bénéficier de la même clémence de la justice que les enfants au motif qu’ils n’ont pas encore atteint leurs 18 ans ?
La règle en vigueur a été prévue par l’ordonnance de 1945 à une époque où la délinquance des mineurs n’était pas celle d’aujourd’hui.
Cette règle est aujourd’hui bien connue, et les chefs de bande savent employer ceux qui n’ont pas 18 ans pour échapper aux poursuites les plus graves.
Et puis on rencontre sur le terrain beaucoup de délinquants chevronnés qui, ayant commencé très jeunes à sévir, sont déjà à 16 ans des multirécidivistes que l’impuissance de la justice ne peut qu’encourager à mépriser l’autorité de l’Etat.
C’est pourquoi, j’ai décidé de proposer la fin de cette excuse de minorité pour les jeunes de plus de 16 ans, afin de restaurer la crédibilité de notre système de peines.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires, cher Jean-Claude.
Ils doivent devenir les pivots de notre politique de tranquillité publique et de prévention : je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Mes amis, la principale menace contre notre sécurité vise aujourd’hui le cœur de notre civilisation européenne et en premier lieu la France. Je parle du totalitarisme islamique.

Il a encore frappé à Stockholm, après Saint-Pétersbourg et Londres.
Il a encore frappé, dans les églises coptes d’Egypte, dimanche, les chrétiens d’Orient, poursuivant là-bas son but génocidaire dans l’indifférence de l’Occident.
Cet arc de haine et d’obscurantisme s’étend du Bangladesh jusqu’à l’Afrique de l’ouest.
Il porte une menace directe sur notre territoire.
Je lutterai de manière implacable contre lui.
Les Français qui seront partis combattre à l’étranger contre nous seront déchus de leur nationalité, comme le permet déjà la loi, parce qu’ils auront renié leur patrie.
Les prêcheurs de haine étrangers seront expulsés.
Les associations s’inspirant du salafisme ou des Frères musulmans seront dissoutes.
L’immense majorité de nos compatriotes musulmans en ont plus qu’assez que des extrémistes sanguinaires viennent jeter l’opprobre sur leur religion, et répandre la mort dans notre nation.
A cette majorité silencieuse, je demanderai de l’aide pour extirper l’intégrisme de leurs rangs, je leur demanderai de nous aider à faire le ménage parmi les obscurantistes.

Le respect de l’ordre dépasse le cadre des enjeux de sécurité.
Il est aujourd’hui en question à l’école alors que s’y forment les futurs citoyens de notre pays.
L’école devrait être le lieu d’apprentissage des normes.
Les normes du savoir, pour apprendre à lire, à écrire et à compter, et pour connaître notre histoire de France.
Les normes de comportement, vis-à-vis de ses camarades, et vis-à-vis des enseignants.
L’école devrait être l’école du respect.

Assez de démission sur le contenu des savoirs, abaissé au plus petit dénominateur commun au mépris de l’ambition républicaine d’élever chacun à hauteur de ses mérites.
Assez de démission sur les exigences de comportement des élèves qui ne font plus la différence entre une salle de classe et la rue.
Les familles ne doivent pas démissionner de leurs devoirs.
Je rétablirai la loi qui permettait la suspension des allocations familiales si les familles n’assurent pas la présence de leurs enfants à l’école obligatoire, si, malgré les avertissements, elles ne réagissent pas devant les dérives de leurs adolescents.
Je demanderai aux établissements d’instaurer le port d’une tenue uniforme. Car, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs conditions sociales, je veux que tous les enfants de France se sentent égaux et solidaires.
Il est inacceptable de voir dans nos cours d’Ecole ressurgir les discours communautaristes et l’antisémitisme. Inacceptable de voir que le racisme s’étend, y compris le mépris anti-français.

Il retrouver les voies du rassemblement national et de la fierté française.
Il ne peut y avoir de rassemblement dans une société qui s’en prend sans arrêt à elle-même ; qui aime à se flageller et à s’abaisser au niveau de ceux qui l’accusent de tous les maux.
Je dénonce le discours de la culpabilisation qui veut saper l’histoire de la nation en antagonisant les mémoires.
M. Macron a commis une faute en présentant la colonisation comme un crime contre l’humanité. Entre Français et Algériens, on peut se parler franchement, lucidement, sans s’accuser du pire.
Il est temps de rappeler que le drapeau tricolore est suffisamment large pour envelopper tous ceux qui l’aiment, tous ceux qui sont prêts à le servir.
Nous sommes un vieux pays d’intégration. Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.
Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.
Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.
Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.
Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.
La France n’a pas pour autant vocation à être un pays fermé au reste du monde.
Nous continuerons de défendre notre tradition chrétienne de l’asile pour les victimes de persécutions, tout en réduisant les abus et les délais de traitement des demandes et en éloignant systématiquement les déboutés.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est dur, les menaces extérieures sont nombreuses.
Je protégerai la France.
Je protégerai les Français. Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par la force si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je lui ferai la guerre sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.
Le Président de la République doit avoir un cap.
Il doit savoir ménager ses alliés mais aussi construire des coalitions conformes à ces intérêts.
Il doit aussi savoir dire non.
Aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Aligné sur les Etats-Unis et sur une politique européenne convenue sans vision, la France manque à tous ses devoirs.
L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier du conseil de sécurité des nations unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.
La décision du président Trump de bombarder la Syrie est compréhensible mais la responsabilité de la France c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.
Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.
Président de la République je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.
J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion nucléaire.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.
Au Moyen Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis, la France est faite d’une seule communauté unie, rassemblée dans sa diversité : celle de la nation
Elle a une culture propre. Elle a une âme.
Elle n’est certainement pas un archipel de communautés qui voisineraient dans l’indifférence.

M. Macron est venu il y a peu ici à Marseille.
Lui qui n’aime guère que sa filiation à François Hollande soit mise dans la lumière a été jusqu’à s’inspirer d’un discours de campagne tenu par le candidat Hollande en 2012 à Marseille.
Comme lui, il a notamment cité une à une les nationalités qu’il estimait représentées dans la salle, dans la plus pure tradition du clientélisme du parti socialiste.

Eh bien moi je ne vous parle pas de vos origines, ni de votre religion, ni de votre passé : cela relève de votre histoire personnelle, de vos convictions intimes.
Seul compte ici ce qui nous rassemble et fait notre fierté commune : c’est notre qualité de citoyens français.
C’est en Français que nous vivons, c’est en Français que nous votons, et c’est en Français que nous réussirons à faire de notre nation la première puissance européenne, car tel est mon objectif.
Nous devons nous rappeler les mots que prononçait ici, à Marseille, le général de Gaulle, en 1958 : « Nous sommes un peuple qui s’est aperçu, au milieu du monde dur et difficile où il est, que ce qu’il avait de mieux à faire c’était de s’affirmer comme fort, comme uni, comme résolu et comme un peuple qui veut être respecté ».

Ces derniers jours, partout où je me rends, je vois des foules de plus en plus nombreuses : à Nantes, à Strasbourg, à Toulon, à Ajaccio, à Quimper, à Provins ; à Paris dimanche ; et ici à Marseille.
Les Français, partout, se lèvent pour dire leur fierté et leur volonté d’alternance.
L’avenir de notre nation est entre vos mains.
Les jours qui viennent sont cruciaux pour l’avenir de notre nation.

Il nous reste quelques jours pour terminer cette campagne à fond et pour passer devant ceux qui s’y croient déjà.
Jusqu’au dernier instant, on ne vous laissera pas de répit.
On cherchera à étouffer vos convictions sous les calomnies et les invectives.
On essaiera de vous dicter votre choix avec les sondages.
On vous intimera de renoncer comme si le vote était déjà fait.
Et jusqu’au dernier instant, vous vous battrez. Vous vous battrez parce que vous êtes les militants de la France.
Vous vous battrez parce que sans l’enthousiasme des Marseillais, jamais le chant de l’armée du Rhin ne se serait appelé « la Marseillaise ».
Alors Marseille, pas d’hésitation, pas d’indécision, maintenant, tous à l’action, tous vers la grandeur, tous vers la victoire et tous pour la France.

Vive la République et vive la France.

François Fillon, le 11 avril 2017 à Marseille.

Source : www.fillon2017.fr

 

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