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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:15

Électron libre au "gaullisme indépendant", Dominique de Villepin vient de se déclarer candidat à l’élection présidentielle de 2012. Homme d’État incontestable mais solitaire comme Jean-Pierre Chevènement, d’expérience politique diamétralement opposée à son condisciple énarque François Hollande, il pourrait bien être comparable à Michel Debré, malheureux candidat gaulliste à l’élection présidentielle de 1981.


yartiddv20111202J’ai une grande estime pour Dominique de Villepin. Il a une personnalité exceptionnelle, celle des visionnaires et des bâtisseurs. Il a également une grande culture historique et un style très sympathique et emphatique. Il a le talent d’être vu sous l’aspect d’un "déplaceur" de montagnes. En revanche, je me demande toujours ce qu’il fait dans la vie politique. J’ai l’impression qu’il y a une sorte de mur de cristal entre lui et la classe politique.


Surprise sur prise

Sa déclaration de candidature sur TF1 le 11 décembre 2011, confirmée par sa conférence de presse du 13 décembre 2011, a surpris tout le monde, probablement même ses amis politiques : aucun parti, aucun soutien (ses proches ont été nommés au gouvernement, en particulier Bruno Le Maire et Marie-Anne Montchamp), pas d’argent (ou très peu), pas de cohérence politique (quelles forces représente-t-il dans le paysage politique ?), et un peu de passif qui pourrait revenir violemment à la face des médias (implication plus ou moins vagues dans certaines "affaires" après être sorti intact de l’affaire Clearstream ; CPE ; dissolution de 1997 ; rivalité avec Nicolas Sarkozy etc.).

Il commence sa campagne électorale avec 1% mais les sondages d’après-candidature montrent un léger frémissement autour de 3% alors qu’il avait navigué assez longtemps en 2010 autour de 7% (même 10% parfois).

Évidemment, il serait mal venu de comparer sa candidature avec celle d’Hervé Morin même si, concrètement, il existe toujours une incertitude sur leur détermination à la maintenir, en sachant que les deux ne devraient pas avoir trop de mal à recueillir les cinq cents parrainages de maires.


L’anti-Hollande

Dominique de Villepin est exactement le contraire de François Hollande dont il a été le camarade à l’ENA (promotion Voltaire). L’un a occupé de nombreux postes au sommet de l’État (Affaires étrangères, Intérieur, Matignon) tandis que l’autre n’a jamais été ministre (un véritable talon d’Achille pour le candidat socialiste en période de grave crise mondiale).

yartiddv20111207Mais inversement, l’un ne s’est jamais soumis au suffrage des électeurs, pas même dans un petit scrutin municipal, alors que l’autre a goûté quasiment à tous les scrutins (sauf sénatorial : élections municipales, législatives, cantonales, régionales, européennes…).

L’un rejette les partis à la manière prétendument gaullienne (dans les faits, De Gaulle a créé le RPF et a initié la création de l’UNR) tandis que l’autre a dirigé l’un des principaux partis de gouvernement pendant onze ans, dont la moitié, environ, en période de responsabilité gouvernementale.


Un Chevènement de droite ?

S’il faut faire des comparaisons, il serait plus judicieux probablement de comparer Dominique de Villepin avec Jean-Pierre Chevènement.

Tous les deux ont occupé de très hauts postes gouvernementaux et personne ne leur refuse leur stature d’homme d’État (ce qui manque le plus à François Hollande). Comme Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement a occupé quelques hautes fonctions régaliennes (Défense, Intérieur) sans se désintéresser des questions économiques et sociales (Industrie, Recherche, Éducation nationale).

Mais tous les deux n’oscillent actuellement qu’entre 1 et 3% dans les sondages et donc, si tous les deux ont la qualité pour occuper la magistrature suprême (personne ne le conteste), ils ne peuvent cependant qu’assumer une candidature de témoignage pour cette élection présidentielle de 2012.

Eh oui, car si la présence de Jean-Pierre Chevènement est assez facile à comprendre (essayer d’influencer sur la campagne du PS), celle de Dominique de Villepin est la grande inconnue. Pourquoi veut-il témoigner ?


Quelles motivations le guident ?

Car si l’homme est riche en verbe, il n’a pas de message politique particulier à adresser aux Français. À part le CPE et les émeutes, quelles sont les décisions qui ont marqué son passage à Matignon ? Aucune. Idem place Beauvau. C’est au quai d’Orsay qu’il a acquis une belle notoriété avec son fameux discours au Conseil de sécurité de l’ONU le 14 février 2003 contre la guerre en Irak. Mais si c’est un joli fait d’armes, c’est du passé, ce n’est en rien un projet d’avenir.

Or, une campagne présidentielle, ce n’est pas un retour vers l’arrière, ni bilan ni passé, c’est une projection vers l’avenir, un projet, une vision. Et le projet de Dominique de Villepin est bien court. Quelques mesures assez révolutionnaires, sans doute intéressantes à étudier, mais pas essentielles dans les enjeux d’aujourd’hui.


Assurancetourix ?

Wikpédia précise à propos d’Assurancetourix (personnage de la célèbre bande dessinée des aventures d’Astérix conçue par René Goscinny et Albert Uderzo) : « Assez grand, blond et solitaire, il aime vivre dans sa hutte perchée en haut d’un arbre pour composer des chansons que lui seul apprécie. (…) Quand il ne chante pas, Assurancetourix est un personnage très apprécié des habitants du village. Il est très sympathique et c’est un gai compagnon. ».

Pour la journaliste Raphaëlle Bacqué, qui est assez dure avec lui, Dominique de Villepin ne serait candidat que pour avoir une sorte d’assurance anti-affaires. Les dernières boules puantes envoyées par ses anciens amis de l’UMP quelques jours avant sa candidature ont pu en effet infléchir sa position au dernier moment (un effet miroir à la décision de Jean-Louis Borloo, ce dernier qui doit être bien soulagé de ne pas avoir à participer à cette rude épreuve).

yartiddv20111205Après tout, même si la justice française, forte de son indépendance, est capable de condamner un ancien Président de la République (à la santé très diminuée) à deux ans de prison avec sursis, on imagine quand même mal un juge faire intervenir dans une procédure judiciaire l’un des candidats à l’élection présidentielle durant le temps de la campagne. Même si, juridiquement, tout l’autoriserait, le juge pourrait convenir qu’il porterait atteinte tant à l’égalité entre les candidats dans une période cruciale de la vie démocratique qu’à la simple présomption d’innocence.

Sa candidature devrait-elle donc être comprise comme une assurance tout risque ?

En tout cas, Dominique de Villepin paraît déterminé, a réaffirmé qu’il ne renoncerait pas et qu’il ne se rallierait à personne. Une sorte de jusqu’auboutisme assez étrange quand on pèse aussi peu dans l’opinion publique.


À qui profite le "crime" ?

Si le pourquoi reste donc très énigmatique, le comment serait plus intéressant à anticiper. En d’autres termes, qui va être favorisé et qui va être défavorisé par la candidature de Dominique de Villepin ?

La gauche a évidemment des raisons de se réjouir de la multiplicité de candidatures à droite, dispersant ainsi le même électorat. Cette multitude confirmerait d’ailleurs que le candidat supposé de l’UMP ne serait pas incontesté.

D’autres insistent sur le "centriste" De Villepin.

Je m’étonne toujours de cette volonté journalistique à vouloir simplifier un échiquier politique : jamais Dominique de Villepin n’a revendiqué une "appartenance" au "centre". Il se réclame d’un gaullisme passé par les fourches caudines du pompidolisme et du chiraquisme dont il est, avec Alain Juppé, l’un des héritiers politiques.

Même si aujourd’hui, il pourrait y avoir une certaine proximité de vue entre Dominique de Villepin et François Bayrou, il ne faut pas oublier par exemple que le second avait voté la censure au gouvernement du premier à l’Assemblée Nationale le 16 mai 2006 pour protester contre l’affaire Clearstream.


Quelques scénarios alambiqués

La presse a envisagé plusieurs scénarios parfois antagonistes : par exemple, que Dominique de Villepin puisse accroître son petit capital d’intentions de vote pendant quelques mois (en en prenant au passage chez les sympathisants de François Bayrou) puis renoncer au dernier moment à la candidature (avec une raison honorable, intérêt national, manque improbable des parrainage etc.) pour le léguer (ce petit capital) au candidat officiel de l’UMP.

Mais cela pourrait être l’inverse : après un plafonnement rapide, Dominique de Villepin se désisterait… en faveur de François Bayrou qui ont le même discours sur le rassemblement des Français et l’union nationale (et François Bayrou est doublement plus crédible à ce sujet : candidat plus porteur électoralement et discours constant depuis au moins dix ans, ce qui n’est pas le cas de Dominique de Villepin).

Le plus probable reste pourtant son maintien comme candidat, quel que soit le niveau que les sondages lui donneraient dans les prochaines semaines. Parce que lorsqu’on croit avoir raison et qu’on est déjà à un certain niveau, rien ne peut décourager l’homme providentiel. Ni Don Quichotte.


La candidature de Michel Debré en 1981

C’était peut-être pour cette raison que me vient à l’esprit, selon moi, la meilleure analogie : la candidature de Dominique de Villepin en 2012 ressemble beaucoup à celle de Michel Debré (le père de Bernard et Jean-Louis Debré) le 26 avril 1981.

yartiDebreMichel01Rappelez-vous. Michel Debré fut le premier Premier Ministre de De Gaulle et c’est lui qui fut le Garde des Sceaux lors de la promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958. Donc, l’un des gaullistes les plus fidèles, les plus historiques, qui inspirent le plus respect. En particulier des autres gaullistes…

Comme Dominique de Villepin, Michel Debré a occupé Matignon et des ministères régaliens (Justice, Défense, Affaires étrangères) et également l’Économie et les finances. Il a eu la même fidélité pour De Gaulle que Dominique de Villepin pour Jacques Chirac.

La rédaction de la Constitution de la Ve République est l’équivalent du discours de l’ONU. Son comportement très contestable en faveur de l’Algérie française en 1962 est l’équivalent de l’entêtement de Dominique de Villepin en faveur du CPE au printemps 2006.

Le 30 juin 1980, Michel Debré, fort de son expérience et très déçu du comportement qu’il jugeait peu gaulliste de celui qui a repris le mouvement gaulliste, Jacques Chirac (en fondant un RPR dans un but uniquement antigiscardien), avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 1981. Sa candidature n’avait pas été prise très au sérieux par Jacques Chirac qui avait déjà réussi à lui faire renoncer à la tête de liste aux élections européennes du 7 juin 1979.

À 69 ans pour l’élection, Michel Debré, à un an près comme De Gaulle quand il est devenu Président de la République, pouvait malgré son âge afficher son grand atout, un brevet inattaquable de gaullisme authentique qui aurait pu séduire beaucoup de Français (nostalgiques).

Soutenu par Jacques Chaban-Delmas, Jean Foyer, Maurice Druon, Olivier Guichard et par quelques autres parlementaires du RPR (vingt et un députés et quatre sénateurs), Michel Debré espérait même convaincre Jacques Chirac de renoncer à sa candidature (pourtant inéluctable) et proposait déjà un « gouvernement de salut public dépassant les combinaisons partisanes » qui aurait pu plaire non seulement aux giscardiens mais aussi à des proches de Jean-Pierre Chevènement et de Michel Rocard.

Sa candidature avait été fortement encouragée par Valéry Giscard d’Estaing pour polluer celle de son rival Jacques Chirac. Au final, il y a même eu trois candidats gaullistes en 1981, en rajoutant la candidature de Marie-France Garaud (47 ans), ancienne proche collaboratrice de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, déclarée le 3 février 1981, le même jour que l’annonce de candidature de Jacques Chirac.

Nicolas Dupont-Aignan, qui a déclaré le 21 novembre 2011 sa ferme intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, pourrait par ailleurs être mis en parallèle avec la candidature très gaullo-souverainiste de Marie-France Garaud.

Jusqu’en fin janvier 1981, Michel Debré jouissait d’une cote d’intentions de vote dans les sondages similaires à celle de Jacques Chirac, autour de 8%, mais lorsque Jacques Chirac s’est déclaré, ce dernier lui a aspiré presque toutes ses intentions de vote.

C’est probablement le même effet que pourrait subir Dominique de Villepin (en partant de bien plus bas que Michel Debré) en février 2012, lorsque Nicolas Sarkozy partira explicitement en campagne.


Même les "grands" trébuchent…

Le résultat des courses fut catastrophique pour Michel Debré, pour ce qu’il a représenté dans l’histoire du gaullisme : le 26 avril 1981, il n’a même pas obtenu un demi million de suffrages exprimés, avec seulement 1,7%, relégué au huitième rang sur les dix candidats (Marie-France Garaud a terminé avant-dernière avec 1,3% tandis que Jacques Chirac a réussi à dépasser Georges Marchais en se hissant à la troisième position à 18,0%).

Une élection présidentielle est sans complaisance pour l’amour-propre des personnalités politiques. C’est l’amère expérience que pourrait en faire Dominique de Villepin dans quelques mois, à l’instar de l’un de ses prestigieux prédécesseurs, Michel Debré.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 décembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
République solidaire et le revenu universel.
Les moulins de l’UMP.
Sondage OpinionWay du 16 décembre 2011.
Sondage Ifop du 17 décembre 2011.
Sondage Harris du 17 décembre 2011.
Sondage OpinionWay du 21 décembre 2011.
Michel Debré (bientôt).
Le gaullisme politique.

yartiddv20111209
 

 

  http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dominique-de-villepin-le-don-106446

 

 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:32

Dans un sondage OpinionWay Fudicial pour "Les Echos" et Radio Classique publié le 21 décembre 2011, François Bayrou poursuit sa percée (sixième sondage consécutif) en grimpant à 14% des intentions de vote (soit +3%) et en se rapprochant de Marine Le Pen à 16% (-1%). Nicolas Sarkozy est à 24% (-1%) et François Hollande à 27% (-2%), leur écart se resserre. Réalisée entre le 16 et le 19 décembre 2011, cette enquête montre également que la candidature de Dominique de Villepin ne démarre pas avec 2% (-1%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :

http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway_fiducial_pour_radio_classique_les_echos_-_decembre_2011.pdf



SR

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 13:08

Dans un sondage Harris pour LCP publié le 17 décembre 2011, François Bayrou est à 11% des intentions de voix et confirme sa percée. En revanche, il est toujours loin des trois premiers candidats Marine Le Pen (19%), Nicolas Sarkozy (25%) et François Hollande (28%). Dominique de Villepin, quant à lui, arrive à 3% et se rapproche d'Eva Joly (4%) et de Jean-Luc Mélenchon (6%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/results_HIFR_elecpres2012_16122011.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.

SR

 

 

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 11:22

Dans un sondage Ifop pour "Le Journal du Dimanche" du 17 décembre 2011, François Bayrou se hisse à 11% des intentions de voix, soit +2,5% et confirme sa percée. En revanche, il est encore loin des trois premiers candidats Marine Le Pen (20%), Nicolas Sarkozy (24%) et François Hollande (27,5%). Dominique de Villepin, quant à lui, gagne 2% et arrive à 3,5%, rognant surtout l'électorat de Nicolas Sarkozy (en baisse de 2%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.ifop.com/media/poll/1711-1-study_file.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.


SR

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:34

Dans un sondage OpinionWay Fiducial pour "Le Figaro" et LCI publié le 16 décembre 2011, François Bayrou poursuit sa percée avec 11% soit +4% mais ne dépasse pas encore ni Marine Le Pen (17%), ni Nicolas Sarkozy (25%), ni François Hollande (29%) qui subissent chacun une baisse de 1%. Dominique de Villepin, quant à lui, gagne 2% et arrive à 3%.

Preuve également que François Bayrou a réussi à bien se différencier tant de la gauche que de la droite puisque 50% pensent que François Bayrou est proche de François Hollande et 47% pensent qu'il est proche de Nicolas Sarkozy, soit environ 50-50.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/111216-sondage.pdf


Ce sondage complète l'article sur la percée de François Bayrou dans les sondages.


SR

 

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 07:58

Un candidat réussit son entrée en scène : thèmes consensuels (union nationale, consommer français), anticipation (désendetter l’État), propositions concrètes (produire et instruire) et personnalité qui ne clive pas. Le point sur les premiers sondages juste après la candidature officielle de François Bayrou.


yartiCourage01Depuis la déclaration officielle de candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle de 2012, il y a une semaine (le 7 décembre), il semble incontestable que celui qui fut le "troisième homme" en 2007 a réussi un démarrage en beauté.

Quatre sondages concordants semblent en effet l’indiquer. Comme toujours, il est très important de rappeler qu’un sondage ne se lit qu’avec recul et réserve. Il n’est qu’une photographie instantanée de l’opinion souvent très changeante avec une marge d’incertitude non négligeable.

Cependant, comme je le répète souvent, c’est la dérivée et pas la valeur absolue qu’il faut analyser, en clair, la tendance (la pente). Et celle-ci est clairement ascendante pour François Bayrou, même après la déclaration de candidature de Dominique de Villepin le 11 décembre 2011 qui a surpris toute la classe politique.


Intentions de vote en progression (nombre à deux chiffres)

Deux études, LH2 du 11 décembre 2011 et CSA du 15 décembre 2011, apporteraient la confirmation d’une réelle inflexion (plus qu’un frémissement) dans les intentions de vote pour François Bayrou, se détachant nettement des "petits candidats" Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon et se rapprochant des trois "grands candidats".

Dans l’étude de LH2, c’est même un bond spectaculaire puisque François Bayrou atteindrait 13% (+6%) et rejoindrait Marine Le Pen (13,5%) qui semblerait sous-estimée par rapport aux autres instituts de sondage. Toutefois, les deux premiers candidats seraient encore loin devant, avec 26% (soit le double de 13%) et 31,5%, respectivement pour Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Chez CSA, le bond n’est que de 4% pour atteindre 11%, toujours en quatrième position derrière Marine Le Pen qui serait à 16% (donc, bien plus élevée que chez LH2). Nicolas Sarkozy et François Hollande obtiendraient respectivement 26% et 32%.

A priori, la candidature de Dominique de Villepin ne semblerait pas avoir impacté la situation actuelle dans l’opinion, mais c’est évidemment bien trop tôt de le confirmer, les prochaines semaines seront intéressantes à suivre dans les sondages, car d’ici une semaine, ce sera Noël et quoi qu’il advienne, la campagne politique sera en retrait jusqu’au Nouvel an. C’est justement en fin d’année et début de l’année suivante que les opinions commencent à se cristalliser et la situation sera vraiment clarifiée vers la fin février quand tout le monde sera explicitement en campagne.

À titre de comparaison, François Bayrou oscillait entre 7 et 9% en fin décembre 2006.


Bayrou, le plus populaire de tous les candidats de 2012

Dans l’étude d’Ipsos du 12 décembre 2011, qui correspondrait à une bourse de la popularité, François Bayrou viendrait de dépasser François Hollande (de peu) avec 50% d’opinions favorables et deviendrait le candidat déclaré le plus populaire de tout le palmarès (Nicolas Sarkozy est à 36% et François Hollande à 49%).

yartiCourage03Là encore, il s’agit d’être prudent puisque des personnes sûres de voter pour un candidat peuvent évidemment avoir de la sympathie pour un autre, mais l’élément intéressant est que François Bayrou est le candidat qui aurait le moins de rejet de tous les candidats déclarés (ou supposés) avec seulement 40% (François Hollande 44%, Nicolas Sarkozy 61% et Marine Le Pen 67%).

L’étude de l’Ifop du 15 décembre 2011 confirmerait cette divine popularité avec 64% de bonnes opinions, un saut de 7% en un mois, le plaçant devant tous les autres candidats (le suivant, François Hollande, n’obtient que 57% de bonnes opinions).


Les Français veulent l’union nationale

Point également très intéressant pour François Bayrou, dans l’étude de CSA, 55% des Français seraient favorables à un gouvernement d’union nationale pour résoudre les problèmes de la crise.

Or, l’union nationale est l’un des thèmes majeurs de François Bayrou et la relative popularité dont sa personnalité jouirait le placerait en bonne position pour devenir ce Président arbitre capable de dépressuriser la vie politique (cette fameuse "décrispation" chère au Président Valéry Giscard d’Estaing).


Crédibilité pour réduire la dette publique

En revanche, il est plus troublant de constater que, selon l’étude de CSA, François Bayrou ne serait pas encore très crédible dans sa capacité à réduire la dette publique (seulement 9% auraient confiance en lui pour cela, contre 19% à Nicolas Sarkozy et 22% à François Hollande).

yartiCourage02Pourtant, c’est lui qui est le candidat le plus rigoureux en matière budgétaire puisqu’il est prêt à dégager 100 milliards d’euros par des hausses d’impôts ou des économies de dépenses. Et surtout, c’est lui qui, dès 2007, avait insisté, voire martelé (c’était sa priorité !) qu’il fallait absolument désendetter l’État sous peine de grosse catastrophe (entre autres celle que nous connaissons depuis cet été). Il était à ce titre le premier défenseur de la règle d’or.

Dans son premier meeting le 10 décembre 2011 à Pau, François Bayrou rappelait : « J’ai été le premier défenseur de la règle d’or. Ceux qui auront le courage de faire l’histoire des dernières années verront que cette idée selon laquelle le peuple interdit à ses dirigeants de faire des déficits abusifs, autrement dit, d’être obligés d’emprunter pour boucler les fins de mois du train de vie de l’État et de la Sécurité sociale, cette règle d’or est déjà dans mon programme de 2002 ! ».

Il y a là, à l’évidence, un réel besoin de développement dans sa stratégie de communication pour convaincre les Français que la réduction de la dette ne pourra pas se faire uniquement avec des dépenses supplémentaires (candidat Hollande) ou le maintien de certaines niches fiscales qui ne se justifient pas économiquement (candidat Sarkozy).


Bayrou impose ses thèmes

Au lieu de tomber dans la facilité à jouer les Cassandre sur l’air "Je vous l’avais bien dit", François Bayrou impose au contraire des thèmes différents et imprime la campagne présidentielle sur l’union nationale et le produire français, sujets que n’ont pas hésité à reprendre tant l’UMP que le PS. Même Jean-Luc Mélenchon ne s’était pas exprimé sur le patriotisme du consommateur.

La candidature de François Bayrou redonne à l’évidence confiance à ceux qui doutaient de la politique. À lui de préciser son programme pour donner le plus d’éléments rationnels dans le futur guide de choix des électeurs.

Il y aura sans doute une surprise le 22 avril 2012


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 décembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Déclaration de candidature de François Bayrou (7 décembre 2011).
Pour une majorité du courage.
L’union nationale face à la crise.
Sondage LH2 du 11 décembre 2011.
Sondage Ipsos du 12 décembre 2011.
Sondage CSA du 15 décembre 2011.
Sondage Ifop du 15 décembre 2011.
2012, année particulière.

yartiCourage04


 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/vigilance-orange-pour-2012-y-a-t-106328

 

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 23:56

Dans le sondage Ifop pour "Paris Match" du 15 décembre 2011, François Bayrou a fait un bond de 7% en se hissant à 64% de bonnes opinions. Il est le candidat déclaré à l'élection présidentielle le plus populaire de France. François Hollande, quant à lui, baisse de 3% à 57%. Parmi les candidats déclarés (au 15 décembre 2011), viennent ensuite Dominique de Villepin avec 46% (+3%), Jean-Luc Mélenchon avec 46% (-4%), Jean-Pierre Chevènement avec 44% (+2%), Nicolas Sarkozy avec 40% (+3%), Hervé Morin avec 39% (-2%), Eva Joly avec 37% (-7%), Marine Le Pen avec 31% (+2%) et Nicolas Dupont-Aignan avec 21% (+4%).

La personnalité la plus populaire est Jacques Chirac à 73% (en hausse de 2%) juste avant le verdict de son procès (ce 15 décembre 2011) qui l'a condamné à deux ans de prison avec sursis.

Cliquer à ce lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.ifop.com/media/poll/1709-1-study_file.pdf

(Ce sondage a eu lieu avant la déclaration de candidature de Dominique de Villepin).

SR




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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 06:45

Dans un sondage CSA pour "20 Minutes", RMC et BFM-TV (12e vague), le candidat François Bayrou fait une percée de 4% en atteignant 11% des intentions de vote. C'est moins que le sondage LH2 (où il fait jeu égal avec Marine Le Pen) mais cela confirme la même tendance à la hausse de François Bayrou.

François Bayrou fait une grande progression notamment chez les ouvriers et les retraités.

Autre signe intéressant pour François Bayrou, un des principaux thèmes de sa campagne est plébiscité : la volonté d'un gouvernement d'union nationale pour résoudre la crise (55%). En revanche, il peine encore à être crédible dans la capacité à réduire la dette (seulement 9% derrière François Hollande 19% et Nicolas Sarkozy 22%) alors que c'est aussi l'un de ses atouts d'avoir rappelé l'enjeu de la dette dès 2007.

Les intentions de vote pour François Bayrou en décembre 2011 sont supérieures (de 3% en moyenne) à celles mesurées en décembre 2006, à quatre mois du premier tour où il avait obtenu 18,6% des voix.

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage dans son intégralité (fichier .pdf) :
http://cache.20minutes.fr/pdf/2011/autres/sondage-csa-bfmtv-rmc-20minutes-vague-12-decembre-2011.pdf

(Ce sondage a été réalisé après la déclaration de candidature de Dominique de Villepin).

SR

 

 



 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 23:04

Dans un sondage Ipsos pour "Le Point" rendu public le 12 décembre 2011, la cote de popularité de François Bayrou (avec 50% d'opinions favorables) a grimpé de 4% et a dépassé celle, en baisse, de François Hollande (49%). Alors que Nicolas Sarkozy est en baisse avec 36%, François Bayrou est donc le candidat déclaré à l'élection présidentielle le plus populaire de tous. En baisse également, Arnaud Montebourg et Manuel Valls (candidats à la primaire du PS), Eva Joly et Marine Le Pen, tandis que Hervé Morin chute de 7% (seulement 20% d'opinions favorables) malgré sa déclaration de candidature récente (le 27 novembre 2011). Il est à noter que Dominique Strauss-Kahn, complètement déconnecté de la vie politique française, est toujours inclus dans les personnalités du palmarès et n'a que 23% d'opinions favorables (en hausse de 5%), au même niveau que Brice Hortefeux et Laurent Wauquiez.

Auprès des sympathisants du PS, François Bayrou recueille 56% d'opinions favorables (François Hollande 82%) et dépasse Eva Joly (45%) et Jean-Luc Mélenchon (44%), tandis qu'auprès des sympathisants de l'UMP, il ne recueille que 39%, loin derrière Jean-Louis Borloo (64%) et Rama Yade (57%).

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/rapport-barometre-politique-ipsos-lepoint-12decembre2011.pdf

(Ce sondage a été réalisé avant la déclaration de candidature de Dominique de Villepin.)

SR

 

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 19:59

Dans un sondage LH2 pour Yahoo rendu public le 11 décembre 2011 (7e vague pour l'élection présidentielle), François Bayrou double presque son score antérieur en atteignant 13% d'intentions de vote, se hissant presque à égalité avec Marine Le Pen (13,5%) alors de François Hollande (31,5%) accroît son écart avec Nicolas Sarkozy (26%) Jean-Luc Mélenchon est à 6,5% et Eva Joly à 4,5%. Quant aux autres, ils ont 1% ou moins, notamment Hervé Morin, Corinne Lepage, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan et Christine Boutin.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'étude complète (fichier .pdf) :
http://ddata.over-blog.com/0/56/25/34/rakotoarison/_blogSondageVague7LH2Yahoo20111211.pdf

(Ce sondage a été réalisé avant la déclaration de candidature de Dominique de Villepin.)

SR

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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Petites statistiques
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Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


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